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Voir la version complète : Croa Concours Webastro 2005


SeB2003
06/07/2005, 19h28
Forum destiné à recevoir vos CROA pour le concours Webastro 2005 UNIQUEMENT !

Le sujet du CROA est libre mais les observations dont il est question dans le CROA doivent être faites pendant la durée du concours.

Vous pouvez discuter et donner votre avis.. sur les CROA postés ici:

http://www.webastro.net/forum/index.php?showtopic=6185&hl=

Merci,

SeB B)

boris
08/07/2005, 14h24
Voici mon CROA :

Voilà un petit CROA de mes observations à St Augustin, 500m d'alt. Ciel superb.
IC 4665
Le 03-07-05 à 23h30.
p=>1 S=>2
Vue au J10*50 ( lidl ). Très bel amas aux étoiles éparsent. Il se situe près de Beta Ophiucus ( je crois que c'est BETA ). Des petites zones nébuleuses ont été aperçues. Ce sont des petits regroupements d'étoiles très raprochées.

M4
04-07-05 0h00
Vue au chercheur 6*30, a l'oail nue et au J10*50.
Epoustouflant au mak 127x107. Une "barre centrale" composé d'une petit dizaines d'étoiles est visible, caractérisant cet AG des autre. De nombreuses étoiles sont visible ainsi que différentes extensions "floues".

M51 ( NGC 5194-5 )
1h07
Visible aux J10*50, cette galaxie révèle toute sa splendeur au mak 127x107. Le noyau de la galaxie secondaire ( NGC5 195 ) est ponctuel. La galaxie primaire a un noyau assez gros et brillant au centre d'un halo. Il est contrasté et, à côté de ce noyau a été vue une étoile de mv.11 ( je ne suis pas sur de sa magnitude, demande vérification ).
Au bout d'une demi-heure d'observation, les bras spiraux ont été vues en vision décalé ; ils sont extrèmement faible ( non, ce n'est pas le RICAR bue avant... ).
Ils sont magnifiques et "tournent" dans le sens des aiguilles d'une montre. La partie relient les 2 galaxies n'a pas été vue.

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Le temps se couvre, on remballe et un gros orage arrive.
Fin du premier jour de dessin.

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05-07-06 0h06
S=>1 P=>1

Vue au J10*50
L'étranglement est facilement perceptible au mak 127x48. Elle ressemble réellement à un trognon de pomme!!
Des extensions ont été vue, celle de l'ouest étant plus grande mais moins lumineuse que celle de L'est.

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Fçin de la deuxième nuit d'observation . Les nuages arrivent, je remballes le matos. ( )

La 3eme nuit fut bouché et je n'eu pas le temps de faire de dessins durant la quatrième nuit, faute de temps ( salettés de nuages!! )

Je suis donc, dans l'ensemble content de cette rencontre, mais je regrette le mauvais temps.

En espérant n'avoir pas fait trops de fautes d'orthographes,

Astroamicalement

Boris

Ps=> j'aurais aimé agrémenté ce CROA de dessins, mais je ne sais pas comment faire, sachant que je n'est pas de site web.



@+

Boris

extra-terrestre
12/07/2005, 20h04
:orbite: Observation astronomique :orbite:

Parfois un regard vers le ciel coûte cher !c’est ce que j’ai remarqué après de bonnes observations de la lune depuis la terre,euh…c’est parce que ,comme je suis un extra-terrestre touriste,j’aime bien regarder le ciel depuis plusieurs lieux de l’espace .Mais, pour l’instant, je n’ai pas trouvé mieux que la planète bleue pour les observations astronomiques .Voilà,je suis entrain de regarder le ciel à23h23min au maroc,il n’y a pas de nuages et le ciel est très beau à voir .Je voudrais bien parler de façon 100% scientifique,mais avec de fabuleuses observations comme celle là ,on ne peut pas échapper d’un peu d’étonnement et de philosophie,c’est pas drôle,même les extra-terrestres sont très sensibles à la beauté miraculeuse .Euh…sans parler trop,voilà la lune,votre satellite naturel dans son 11ème jours terrestre,elle est comme une tranche de pastèque(mmm…vraiment ça donne faim !),en fait,j’aime bien les fruits terrestres .Mais ce que j’aime le plus,c’est la lumière de la lune qu’elle empreinte du soleil,elle a une couleur de sagesse et de joie (me voilà parler comme un vrai poète qui tombe amoureux !) , les terriens ne peuvent pas vivre sans lune,surtout lorsque le soleil leur tourne son dos !Sans oublier le scintillement des étoiles …d’ailleurs,je l’ai vois aussi sur ma planète natale,je les vois avec mes deux époux,euh…pardon,j’ai oublié de vous dire que chez nous,pour avoir des enfants,il faut que trois personnes se marient parce qu’il n’existe ni mâle ni femelle,mais cinq sexes différents…on parlera de ça plus tard. Puisque je n’ai aucun instrument qui sert à voir ma planète depuis là, j’essaie de regarder d’autres objets célestes ,heureusement l’univers est vaste!voilà une comète qui passe très vite ,sa chevelure qui n’est qu’un mélange de gaz donne de la magie à notre chef- d’œuvrer .Regarder le ciel depuis terre ,ça donne de l’enthousiasme et de l’espoir,et des questions sans réponses vous traversent la tête(pour moi c’est avec les pieds que je réfléchis),j’aurais bien voulu venir habiter sur terre,mais je ne veux pas être mortelle comme vous les humains.
Voilà mes époux qui me demandent de revenir. Après 3 millions d’années- lumières,je reviendrai terminer la description de ce monde magique,en attendant,j’essaierai de faire le tour de l’univers .
BONNES VACANCES !

:-/ je sais que c'est pas très scientifique,mais c'est la seule chose que je peux faire sans telescope.
merci :)

Modération : Déplacé dans le bon sujet ;)

Astro-Pépito

epsilonzéro
18/07/2005, 14h07
Le ciel de Normandie, deux yeux et des jumelles

samedi 16 juillet 2005

Il est 17h15, le corail Caen Paris s'arrête lourdement en gare de Bernay. Le pont du 14 juillet se termine, et je laisse les enfants avec leur maman chez les grands-parents pour quelques jours. Je m'installe confortablement dans un compartiment vide, je sors le PC, et maintenant que j'ai fait la bise à toute la marmaille, c'est vers la soirée d'hier que je m'évade... Une soirée que je vais vous conter, avec mes mots qui j'espère vous feront vivre en différé une tranche de ciel de province, et dont le but est de vous montrer que parfois, quand la nuit est belle, point n'est besoin d'instruments sophistiqués pour partir à l'aventure, et s'apercevoir combien nous sommes petits et ténus devant l'immensité.

Vendredi 15 juillet 23h30

Une superbe journée, la mer, les gamins qui batifolent dans l'eau, un spectacle de la patrouille de france, avec ses alphajets et leurs fumigènes aux couleurs du pays... Petit repas en famille, tout le monde est fatigué, ça creuse la Manche !
Dehors, c'est la féérie, le ciel est pur, la lune en quartier trône au dessus des pommiers, et les lueurs du jour finissant emportent Vénus et Jupiter vers l'horizon.
Je m'installe sur la terrasse, face au sud, dans le transat de ma belle mère, ô combien bienvenu pour un astronome avide de ciel !

Le ciel d'été apparaît lentement, immense, respectable. Le grand triangle, Arcturus, la grande ourse, tout le monde est en place pour le ballet. Devant moi, Antarès resplendit, oeil rouge du scorpion, géante en sursis, vivant ses derniers millénaires ou dernières secondes, consumant ses ultimes milliards de tonnes d'hydrogène. C'est pathétique une étoile en fin de vie, elle est là, telle nos anciens, nous contant l'histoire de l'infini, essayant de cacher pudiquement son age dans un éclat de chant du cygne. Elle concentre ses derniers instants de beauté, avant d'enfler démesurément, et de disparaître à jamais dans l'immensité sans repères de l'espace .

La nuit est maintenant bien noire, la voie lactée est allumée. Ce soir je n'ai pour instruments que mes yeux et mes jumelles 10x50, et une carte du ciel. Pas de télescope, de PC, de mise au point électronique, de mise en station. La monture, c'est le transat et mes bras!
Je suis maintenant attiré irrésistiblement vers ma belle, vers celle qui vibre dans mon coeur d'astronome, cette nébuleuse planétaire, témoin également d'un cataclysme stellaire. Depuis la pointe de la flèche, je remonte doucement vers Albiréo, et je la vois, mon trognon de pomme. Sa forme est à peine devinable, on voit disons une silhouette rectangulaire, assez bien définie, gris clair. Pas besoin d'en voir plus, je la connais la coquine ! mais là c'est un ravissement de la voir évoluer dans son contexte, en grand. On a toujours des vues rapprochées, grossissement maximal admissible, filtre OIII, etc... Là, c'est la détente, elle est au milieu de ses étoiles voisines, et du coup on la redécouvre environnée. Le léger tremblotis des jumelles lui donne vie. M27 n'est plus dans un oculaire, dans un champ, mais dans le ciel, en toute simplicité!
Depuis la flèche, je pivote vers l'ouest, et découvre le cintre, ce bel astérime à la forme si caractéristique. Discernerai-je une différence de couleurs entre les étoiles ? Presque, le crochet est plus jaune que que les six étoiles alignées ! le ciel est bien pur alors ! Ce petit astérisme, je l'avais découvert il y a une vingtaine d'année, alors que j'explorais le ciel aux jumelles. Sans carte, je l'avais appelé "la hache", sa forme me rappelant l'outil du bûcheron. C'est mon ami Serge qui m'a dit un jour, suite à une description que je faisais de l'objet "mais c'est le cintre, avec son crochet tourné vers le bas !". Donc le cintre, qui ne s'observe qu'aux jumelles, tellement il est étendu. Du reste il est parfaitement visible à l'oeil nu légèrement au dessus et à droite de l'empenage de la flèche.

Et c'est maintenant l'entrée dans la voie lactée. Aux jumelles, c'est magique, pas un répit, pas un coin de libre, tout est pris, elles sont les unes sur les autres. Des alignements, des formes, des nébulosités, des zones sombres. On se perd littéralement. Je remonte la voie lactée vers le nord et tombe sur Albiréo. La belle double, l'oeil du cygne me parait allongée, mais je ne sépare pas les composantes. Le bel orangé contraste avec la blancheur immaculée de ses voisines. Le cou du cygne, puis Deneb. Le losange en dessous de deneb, et je tombe dans la zone d'América. Dire que je distingue le golfe du mexique serait faux. Tout au plus des variations brutales de luminosité entre le fond nébuleux et les zones sombres, qui m'indiquent que quelque chose se trame dans le secteur... et comment !

Toujours en poussant vers le nord, je tombe en arrêt devant une myriade d'étoiles lumineuses et de magnitude semblables. Un amas ouvert, qui tranche nettement avec le fond de la voie lactée. C'est M39, à mi chemin entre Deneb et alpha cassiopée. Il est très puissant, et je pense que c'est aux jumelles qu'on l'observe le mieux, tout comme les grands amas ouverts de l'hiver et du printemps (M41 et M44). Quand on les observe au télescope, leur beauté disparait rapidement, pas assez de champ.

Dans la région de cassiopée, en suivant l'alignement de la branche alpha beta, je découvre une tâche floue, non résolue, c'est l'amas M52.

On revient maintenant vers le triangle d'été, et je cherche l'amas ouvert M26, voisin de gamma cygni, le centre de la croix. Rien à faire, la voie lactée est tellement présente que je ne parviens pas à le distinguer du fond.... Au dessus de Deneb, je redécouvre la belle double optique que j'observais étant gamin, le couple 30-31 cyg. C'est Albiréo en grand, une composante d'un bel orange vif et sa voisine bleue. Quel régal de pouvoir discerner aussi bien le contraste de couleurs aux jumelles !
Tiens, un satellite qui monte vers le nord. Iridium ? non, pas de flash, ah mais ça alors, trop fort, un deuxième satellite le poursuit, de même magnitude. Tous les deux sont d'une couleur orangée et de même vitesse. J'onserve avec amusement ces deux lapins de garenne qui font l'école buissonière, et qui courent dans les champs de la voie lactée, sans que l'un ne parvienne à rattraper l'autre. Il disparaissent doucement au nord, après avoir approché cassiopée. Je les perds dans la brume légère

La lyre maintenant. Véga, la reine de l'été, flamboie dans une nuit d'encre. Le triangle de la lyre entre juste dans le champ, et j'admire la double epsilon, celle qui nous sert de repère pour vérifier la collimation de nos grands instruments. Les deux compagnes sont jaunes et de magnitude similaires. Plus bas, au niveau de la base du parallélogramme, je reste un bon moment en arrêt, essayant de repérer une minuscule tache floue du nom de M57, mais en vain. Elle devrait être observable, mais le ciel est très légèrement brumeux. Bah, celle-ci, je lui ai déjà tiré le portrait au farceur !

En prolongeant l'alignement de la base du parallélogramme en direction d'albiréo, une petite tache bien ronde, faible. C'est M56, petit amas globulaire ! ouéééééééééé, un autre ! c'est incroyable ce que l'on peut découvrir aux jumelles en se baladant sans but dans le ciel !

Retour sur la flèche, et hop, je repère le fameux amas ouvert M71, qui au télescope ressemble plus à un amas globulaire. Il a d'ailleurs fait l'objet d'une discussion pour sa classification.

Repu du triangle d'été, je repose les jumelles et goûte à une vue d'ensemble à l'oeil. La voie lactée est assez forte ce soir, et les deux branches plongeant vers l'horizon sud se détachent clairement. Je pointe l'énorme bulbe clair de l'écu, et repère immédiatement le grand C caractéristique. Au bout de la branche se trouve l'amas du canard sauvage, M11. Il est énorme! globulaire ? ouvert ? seules des mesures de spectroscopie ont pu montrer que c'était un amas ouvert. Pas de résolution bien sur, mais tout de même une dissymétrie qui est bien nette. Je me souviens de l'avoir récemment observé au télescope. C'est un spectacle fantastique et inoubliable, grand champ, des étoiles partout. Grossissement 200 fois ? encore des étoiles partout!

Ce faisant, mon coeur se met à battre, la région du sagittaire et d'Ophiucus est proche. Par où commencer ?
Oui, la lagune, bon point de départ! c'est la M42 de l'été, immense. Elle est posée au sud, horizontale. Un petit alignement d'étoiles la traverse, et je distingue ses deux lobes. Cette lumière diffuse est complètement différente du flou des amas ouverts. Pas plus de détails. M20 dans le haut du champ n'est pas résolue, on discerne une lueur à peu près circulaire, très évanescente.

Je ne connais malheureusement pas bien cette région, et le défilé d'amas ouverts qui se présente à moi est un peu anonyme. En reprenant enuite une carte, je mets des noms sur les petits copains. M24, énorme boule lumineuse dans un des filaments de la voie lactée, et juste au dessous de l'amas du canard sauvage, je repère M26. Il est beaucoup plus ténu et faible !
Un monstre lumineux fait la nique à ses copains, M22, l'énorme amas globulaire, perché juste au dessus de la théière ou du seau à charbon du sagittaire. Son éclat est presque plus fort que M13, et il est surtout beaucoup plus étendu.

Ophiucus, immense constellation qui écrase le serpent. En partant de Rasalhague, on tire une ligne vers beta, on laisse une étoile sur la gauche, et on tombe sur une sorte de tour eiffel horizontale. Un concentré d'étoiles lumineuses. Afin de bien mémoriser sa position, je l'abandonne un instant et essaie de refaire le cheminement. Impec, celui là, il est en mémoire. Un bel amas ouvert parfaitement observable aux jumelles. Une vingtaine détoiles discernables.
Puis c'est le tour de trois amas globulaires dans le centre d'ophiucus. M9, très dense, une étoile floue, M10 en plein centre, et M12, assez lumineux, sur le segment qui relie Rasalhague à dzeta.

Du délire, je n'en reviens pas! je n'ai observé qu'une partie du ciel, et la moisson est déjà belle !

La lune finit de disparaitre à l'horizon, et je peux maintenant repérer M5, dans le serpent. Pas facile au télescope, mais aux jumelles il suffit de se laisser porter et on tombe dessus.

Vite, ne pas oublier M3, là bas à l'Ouest ! tout seul dans son coin, il resplendit !
Bon, M13 est au zénith, on bascule le transat, et on se régale de cette boule merveilleuse, le roi des maglos, mon assiette de couscous préférée, avec ses deux gardes à 120°.

Un coup à l'oeil nu sur cet alignement entre Véga et Arcturus, avec au premier tiers le trapèze parfait d'Hercule, et au second tiers la couronne boréale et son diamant qui brille de ses mille feux.

Et la rond céleste se poursuit, la grande ourse est en vue, nette, découpée. Eh oui, l'horizon nord est propre dans cette région, à la différence de mon sud parisien habituel. Pas de dégradé orange. Les sept rois brillent froidement dans le ciel. Quel contraste entre cette région et la région qui lui est opposée, au sud. Les constellations se détachent dans un ciel d'encre, qui leur donne cette sévérité que l'on retrouve dans le ciel d'hiver, lorsqu'Orion mène la danse.

M51 est là, bien à sa place, faible, mais les deux noyaux des soeurs siamoises sont piqués. Pas de nébulosité visible autour. M81 et M82 se dessinent faiblement, l'une au dessus de l'autre. Pas de forme visible, simplement deux petites taches oblongues dans le noir du ciel.
Une tentative sur M101, facile à situer, mais difficile à voir ! le triangle équilatéral Alkaid-Mizar-M101 est repéré, mais rien de visible. Vision décalée, vision directe, redécalée, on fait légèrement bouger le champ. Il semble bien qu'il y ait quelque chose à cet endroit quand même...

Réflexion philosophique: quelles sont les limites réelles de la vision et de l'autosuggestion ?
Hypothèse 1: je fouille le ciel sans but, et je tombe à l'endroit précis où devrait se situer M101, mais sans le savoir. Que se passe-t-il ?
Hypothèse 2: je connais mon ciel bien par coeur, et je suis pile au bon endroit, que se passe-t-il ?
Bonne question..... je pense que la réponse est: hypothèse 1: je ne vois rien et je passe mon chemin, hypothèse 2, je finis par entr'apercevoir quelque chose, mais l'ai-je vraiment vu ? ou c'est parceque je connais l'objet pour l'avoir observé au télescope ?
Mais après tout..... quel est l'objectif de la soirée ? un marathon messier avec une récompense à la clé, où là il faut impérativement s'escrimer les yeux à arracher trois photons, ou bien une flânerie d'amoureux du ciel, sans but précis, à la recherche de petites taches floues, d'alignements rigolos et d'un peu d'infini ?
Ce soir c'est clairement la flânerie, allongé sur mon transat, par une belle nuit de juillet. Il fait bon, légèrement frais tout de même, le ciel est propre, une très légère brume confirmée par un phare de boîte de nuit au loin. J'ai eu une illusion sur M101 ? pas bien grave, j'ai passé un bon moment, voilà tout, je n'en demande pas plus !

Donc M101 ou pas, je continue. La petite ourse est entièrement visible ! joli. Complètement enchâssée dans l'immense boucle du dragon. Je me baguenaude ensuite dans céphée et cassiopée, persée est derrière les arbres, tant pis pour le double amas, ce sera pour une autre fois !

Et je boucle la boucle sur notre voisine, celle qui nous envoie dans l'oeil sans oculaire des photons vieux de 2 millions d'années. La grande galaxie d'Andromède inspire le respect. Autant il est agréable d'observer de petites galaxies lointaines dans la Vierge ou la chevelure de Bérénice, mais elles ne sont accessibles qu'au moyen d'un bon vieux télescope. La technique vient donc prendre le relais pour nous les offrir.
Mais Andromède se déguste à la croque au sel, sans artifice. Point besoin de jumelles pour l'apercevoir. Allongé par terre, ou sur un transat, on observe la voie lactée, le bras de notre galaxie à nous.. Toutes les étoiles que l'on peut observer à l'oeil nu, a part Arcturus, sont nos cousines, elles sont notre proche banlieue. Les amas ouverts ou globulaires sont les faubourgs de notre cité galactique. Quelques dizaines de milliers d'années lumière, vite fait quoi !
Mais là, dans un trou, par une fenêtre, on aperçoit les lueurs d'un autre monde, d'un univers parallèle. Une galaxie qui ressemble à la notre, avec certainement ses soleils, ses Végas, ses Deneb, ses polaires, et qui sait ses planètes..... L'esprit s'envole, rien ne le retient plus. Deux millions d'années lumière.... le vertige.... on ne peut pas se le représenter. Voyons.. Paris Lyon, 450 km. Paris-Lune 400.000 km... mais là.... déjà année lumière, mais deux millions.... deux millions.... une deux, trois quatre cinq .... j'ai 38 ans... là c'est deux millions d'années... dinosaures, volcans, terre chaude (ou froide), les stalactites qui se forment et qui poussent de quelques millimètres... par siècle... 100 ans, un millimètre... infiniment lent, infiniment loin....
Et le célèbre refrain qui revient : elle n'existe peut-être plus depuis deux millions d'années. On la voit telle qu'elle était... dinosaures, volcans, fougères arborescentes...
Mais alors, en cet instant, comment est-elle ? elle a forcément évolué.. comment ? villes... avions...ordinateurs....
Et nous, si nous allions loin et instantanément, on remonterait le temps alors..... rêverie....

Et lentement, mon esprit revient de ce voyage vers notre soeur, il reprend sa toute petite place d'être humain, assemblage hasardeux de molécules et d'atomes, qui proviennent peut-être d'un même germe......

Les yeux remplis, l'esprit tranquille, reposé, je me relève doucement du transat, il est 1h30, la lune a disparu, le noir est total. Eclairée de façon subtile par la voie lactée, notre Terre tourne doucement dans l'infini, c'est parfait, le repos sera bien mérité !

duschnok
21/07/2005, 10h19
CROA 20 juillet 2005
hier soirée unique

j'étais en ville avec des amis (rassurez vous, je vais bien faire un croa... un peu spécial). Nous sommes dans ce qui est pour moi le meilleur bar de la planète, la cale sèche rue gambetta à toulouse (rhum arrangé = nectar des dieux pour moi)

bon, ça enfile, modérément mais ça enfile. je dis ça juste pour situer mon état d'esprit

il est 1H30, je suis.... plus tout à fait sobre, j'ai 40 bonnes minutes de marche pour rentrer à la maison, et le lendemain j'ai stage... allez, il est temps de rentrer. c'est alors que je vois le ciel

remarque un: au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, c'est la pleine lune.
remarque deux: je crois que c'est la pleine lune la plus lumineuse de l'année.

eh bien, m'attendant à un ciel blanchâtre aux reflets roses dûs à l'éclairage urbain, je vois.... un ciel bleu profond, proche du noir!!!!!!!!!!!!
pas de turbu, pas de pollution, un ciel limpide, d'une couleur à vous pousser dans les méandres profonds d'un rêve psychédélique. c'est la fête dans ma tête. Je repense à la veille, où de petits nuages pommelés couraient le ciel. Celui-ci était bleu, leur face inférieure était pour ainsi dire rouge fluo grâce aux gentils lampadaires toulousains, et la partie supérieur franchement blanche grâce à la lune... Un ciel de 14 juillet. Mais là, rien de tout ça.
je suis en pleine rue, un rien saoûl, et je vois une, deux....8 étoiles, alors que ma vue est barrée par les maisons de la ruelle étroite, sur un champ minuscule, avec au bas mot 30 lampadaires à la fois dans la gueule, et que je n'ai pas mes lunettes (très légère correction, mais pour voir les étoiles ça aide déjà pas mal).
il faut préciser qu'à ce moment je suis entre wilson et esquirol, c'est à dire plein centre.

Tout le chemin du retour, face au sud, je vois la lune en plein. Elle est ronde, lisse, parfaite... une image d'art. Le ciel bleu-noir me fait de l'oeil. J'ai vraiment l'impression de n'avoir jamais vu de bleu si pur, sans reflet rouge, de ma vie à toulouse (qui a being 13 ans). Me retenant de laisser une traînée baveuse sur le sol, je poursuis ma route. entre deux immeubles, je vois cassiopée qui vient rejoindre le cygne, jaloux de sa position dominante là-haut et du regard admiratif que lui portent les petits astronomes amateurs ici bas. Elle est nette, bien détachée, et pourtant à seulement 30 degrés max de l'horizon. je me dis que sans la lune, cette nuit là, on aurait vu la voie lactée en plein centre ville toulousain.
2H du mat, je vais pas tarder à arriver, toujours parfait. le ciel semble figé tant il est lisse, tant il n'y a aucun scintillement même sur l'horizon. C'en est presque surnaturel. je me prends à chercher des causes: il est tard, l'éclairage urbain est peut être à régime "faible" (certaines villes diminuent l'éclairage public entre 2 et 5 heures du mat... c'est flagrant à lyon, où on voit le ciel se rallumer comme une ampoule sur le coup de 5H). De plus, en été les toulousains fuient la chaleur. La ville est vide donc peu polluée.
Enfin, je continue mon chemin, marchant seul en plein milieu de la route vers ma destinée avec ce ciel de film de science fiction au-dessus de la tête. j'aurai été transporté dans une autre époque, sur une autre planète, en un autre lieu, que ça ne m'étonnerait pas plus que ça.

j'arrive à la maison. un/deux/trois/quatre/cinq verres d'eau pour se réhydrater (le rhum c'est bien bon mais contre la soif.... pas top) et hop, je sors direct dans le jardin. tant pis pour le stage. Par contre, je laisse biquet (mon télescope) dans sa boîte. en fait, il s'appelle biquet car j'ai un ami dont les surnoms sont "gros" (tout court, pas de le) et "biquet". Epais de corps et d'esprit (meuh non brice je blagueuh) son surnom va parfaitement pour la bébête.
mais ce soir, donc, biquet reste au lit.
boire ou sortir le tube, il faut choisube. j'ai choisi quelques heures plus tôt.

Donc, je sors dans le jardin avec mes lunettes de vue et mes jumelles qui, comme quoi les choses sont bien faites, dormaient tranquillement à 20cm de la porte du jardin, n'attendant que l'occasion de sortir.
Premier geste, je me tourne vers le nord. Le ciel est bleu noir: je n'avais jamais vu ça. Je suis au sud de toulouse, mon regard traverse donc tout le ciel urbain, eh bien pas une goutte de rouge. On en verrrait toutes les étoiles de la petite ourse. Ma bouche pend, j'arrose les fleurs odorifiques à l'odeur saisissante et musquée du jardin. Les étoiles sont presque nombreuses au-dessus de ma tête. hop là, il est temps de sortir les jumelles
Attention mesdames et messieurs, un peu de respect. Une petite courbette s'impose. Ces lunettes ont vingt ans, ont fait un peu de globe trottage, ont coulé (grâce à moi) au fond d'un port par huit mètres de profondeur, où le plongeur local est allé les repêcher sous, selon ses termes un mètre de vase. disons donc 20cm.
J'oriente les jumelles vers la lune. Elle semble d'une sphéricité parfaite. Je cale les caoutchoucs de chambre à air de vélo qui protègent et serrent les oculaires, un petit coup sur le fil de pêche qui maintient les deux moitiés ensemble par autre chambre à air interposée pour essayer de restaurer le parralélisme. Parfois ça marche, mais pas là. L'oeil gauche est handicapé par la vase qui est restée dans les lunettes, l'image est floue et baveuse. Donc, oeil droit.
PARFAIT. au 115/900 je n'aurais pas vu plus de détails. Et le 200/1000 dort à l'abri de mes gestes maladroits. La lune est belle, contrastée. le moindre cratère semble se découper, comme si ce que je voyais était rehaussé d'un vancittert parfaitement maîtrisé. Tout juste si le grossissement de 40x (je crois) des jumelles ne me révèle pas le drapeau laissé par armstrong et ses petits copains là haut sur la boule blanche. Je n'ai jamais vu ça.
revenons à l'oeil, plus lunettes de vue. Le contraste est saisissant, je n'avais jamais vu des mers aussi sombres et découpées sur des reliefs aussi blancs... c'est tellement net que j'ai du mal à voir le visage de sélénée car le flou artistique nécessaire à l'imagination n'est pas là.
il se fait tard. je reprends les jumelles, les tourne vers la voie lactée, cherche M57. je ne trouve rien. tant pis, il est temps d'aller se pieuter. mine de rien, on approche les trois heures du mat.

Je finis enfin la journée dans un final éblouissant, quand une force inconnue, une puissance astrale ancienne, peut être même cthulhu lui même, me retient par l'arcade sourcilière, le menton et le coude droit, et me rappelle solennellement au jardin dans un grand BONK.


la nuit, les portes vitrées sont transparentes...

lolomalin
19/08/2005, 13h56
Voici mon Croa pour le concours : (soirée du 12/08/05)



Comme beaucoup de monde ici, j'ai voulu à tout prix profiter de l'été pour observer les Perséides 2005. C'est ce que j'ai fait, avec des amis :

Nous étions donc 6, et après un repas simple, et l'installation des tentes, nous nous sommes mis en route (21h TU, environ) pour s'installer au point d'observation, à quelques centaines de mètres de la maison.
Avant de faire cette soirée, j'étais assez inquiet : l'année précédente avait été mauvaise... et la hantise que cela se repète me taraudait. Et puis finalement j'ai pensé que vers 3h ce serait optimal, et qu'on en aurait plein les mirettes... l'avenir me donnera raison.

Donc, nous voilà installés, certains dans leur sac de couchage, d'autres juste bien habilés. Comence donc l'habituelle présentation des constellations : bien plus difficile qu'il n'y parait pour des moldus !
La Grande Ourse, aucun problème; la petite ourse, pareil; Le Bouvier, déjà un peu plus délicat pour certains, mais j'avais pris des cartes pour les aider. Entre temps, la Lune disparait sous l'horizon : on y voit déjà mieux.

A peine fini de montrer le Bouvier, que déjà nous tombons sur plusieurs, que dis-je... que plusieurs poussières céléstes nous tombent dessus ! Il est à peine 21h30 TU !

Je poursuis mes présentations quand là, blocage : Pégase.
A l'annonce : "Voyez-vous un grand carré par là ?" (tout en montrant la position opportune, cela va de soi), beaucoup me disent "oui", d'autres "euh, ouais, mais attends, ah si ! ça y est !". L'un d'entre eux me dit même : "ça saute aux yeux", il ira loin dans la vie ce petit ...
Mais là, c'est le drame : "Non, je vois pas du tout là".

C'est Brice. Le malheureux ne voit pas, il regarde dans la bonne direction, mais ne voit pas. Il faudra dix minutes, des cartes, et l'appui de repères terrestres pour qu'il comprenne que le carré était bien plus grand qu'il ne le croyait...

Nous poursuivons la balade avec le Triangle d'été : Altaïr, aucun problème pour la localiser, mais la forme de la constellation elle-même est délicate à voir pour eux :
"Oui les deux étoiles de part et d'autre d'Altaïr, c'est la tête de l'aigle" "Non, la tête est là".

J'empeche de justesse une rixe et je passe à la Lyre, puis au Cygne.

Bon, voilà, on a fait le tour, et dans l'ensemble tout le monde a compris. Maintenant, j'explique sommairement le pourquoi du comment des Perséides.
Ils ont compris, c'est gagné.

Sur ces entrefaits, POUF, un magnifique bolide passe au dessus de nos têtes : certains d'entre nous ont eu l'impression qu'il se brisait en petits morceaux : assez impressionant comme sensation.

A partir de là, c'est du freelance : on se couche ou on s'assoit, et on se laisse aller à vagabonder parmi les étoiles filantes, qui zèbrent le ciel... Ahhhhh C'est BOOOO

Tout va bien quand soudain à l'horizon : un point rouge. Vous allez vous dire : "c'est Mars", mais je peux vous affirmer que non. Mars était bien reconaissable, bien plus haute et plus sur la droite par rapport à ce truc rouge.
Il était environ 22h30 TU, voire 22h45 TU. L'histoire aurait pu en rester là, si j'avais été le seul à le voir, et si il avait bougé et clignoté tel un avion.

Or là, tout le monde l'a vu, tout le monde a bien vu que ce n'était pas un avion, et tout le monde a vu que ce truc voyait sa luminosité croître, puis diminuer jusqu'a sa disparition. "Une étoile filante vue sous un angle de vue original ? suggerai-je"

La réapparition de l'objet me contredit : au même endroit ! et le même manège de luminosité variable... étrange, j'ai beau chercher ça ne ressemble à rien que je connaisse, je suis sur que ce n'est pas une étoile, pas un avion, pas un satellite...
Mais qu'est-ce alors ?

Aucune idée. Nous ne le saurons jamais, l'objet finissant encore une dizaine de fois son manège puis disparaissant une bonne fois pour toute. Nous n'avons pas non plus eu le temps d'aller chez moi chercher mon ETX (que j'avais pris le soin de laisser dehors pour ne pas déranger mes parents).

Pour nous, c'aurait pu être n'importe quoi... (à l'exception d'un avion ou d'un satellite) y compris un Ovni , bien que celui-ci ne semblait pas voler. J'estime qu'il se trouvait à plusieurs dizaines de kilomètres de nous, où alors à plusieurs centaines.

Un peu étonné par cela nous poursuivons cependant l'admiration de la pluie : de toute beauté, un vrai festival. On est loin des 100/h, mais à ce moment vers 23h15 TU, on atteint sans problème 30, 40/h.

C'est vers 0h30 TU que l'on décide de quitter les lieux pour retourner dans ma cour.

Vers 1h TU je décide d'essayer l'ETX70 sur Mars : bof plutôt décevant
je m'attaque à M57 : c'est mieux, l'impression d'avoir une étoile floue est là, c'est suffisant pour moi et pour les autres, que la fatigue commence à guetter.
Suivent rapidement (c'est juste pour un coup d'oeil) : M31, les Pléïades, M27.

Les étoiles filantes se multiplient : on est bien à 60 par heure.

C'est à ce moment qu'un bolide choisit de nous passer dernière le dos, espérant peut-être de ne pas se faire remarquer : raté, deux l'ont vu de face (ils discutaient à coté), et les autres ont perçu son éclat de dos !

Finalement, on boit un coup avec les boissons laissées dehors. On remballe le tuyau, et on va se coucher...

Ah vraiment, c'est de loin la meilleure nuit que j'aie passée : une ciel empli d'étoiles, fixes ou filantes, deux ou trois objets sympas, sans se casser la tête...
Le rêve, quoi

Décidémment, le meilleur instrument, c'est l'oeil nu.

syncopatte
29/08/2005, 14h00
C'est parti pour mon CROA-de-concours.
Le titre prévu était: «*Mars, le retour*». En fait, comme vous allez le constater si vous arrivez au bout du texte assez long, comme il y a un peu de tout ce sera:

(ceux qui préfèrent lire en imprimé trouveront en bas de la page un fichier .txt)

Vacances Astro 2005, CROA's & Cie.



Décor:
SE de la France, au Pays de Forcalquier, un terrain «*privé*», où depuis déjà une trentaine d'années le propriétaire construit petit-à-petit un refuge. Il y a de l'eau de rivière et de source, un frigo au gaz et de quoi cuisiner.
Ce n'est pas le luxe: pour les commodités une fosse septique entourée d'une pallissade en bambou. On prévoit un sac à douche qui après une journée au soleil offre une eau bien chaude, à prendre sous un arbre en fin d'après-midi.
Des amis viennent et vont, choisissent un coin ombragé pour planter leur tente.
Une tonnelle commune nous acceuille pour l'ombre diurne et les festivités nocturnes.
Un paysage superbe, faune riche et flore typique région calcaire sud. Et puis le ciel d'une pureté!

Personnages:
Quelques couples avec des enfants (entre 4 et 9 ans), des célibataires dont mon ami et chauffeur Bertje et comme Guest Star Olive de Marseille.

Instruments:
Blitziou (les jumelles de 7x50), Biniou (gros bino de 20x90) et Igor, dit «*le monstre*» (Seben 150/1400).

En avant la musique, voici le journal de bord!

PRELUDE

Quelques nuits d'observation avec le Cercle Astronomique de Bruxelles étaient prévues en Auvergne, près d'Ambert. Un événement heureux a retardé notre départ: une petite du nom de «*Jishi*». Elle avait reporté sa venue sur planète Terre de quelques jours et comme on voulait absolument voir sa petite frimousse avant de partir, l'étape Ambert est annulée, recta direction Forcalquier.

Vendredi, 5 août vers 22H, Bertje arrive avec la voiture déjà chargée à mort. Il monte et voit ce que j'ai préparé comme bagages: 2 tentes (une pour les instruments, une pour votre narrateur), une chaise et deux fauteuils pliants, le Space Seat, matelas autogonflant, sac de couchage, tuyau trépied monture, gros bino trépied photo, bibliothèque, quelques vêtements etc... Il me regarde en fronçant les sourcils:*«*C'est tout?*» Je lui réponds qu'il n'y a pas grand chose, même pas de Dobson de 250!

Le temps passe, le temps presse. Afin d'éviter les files sur Lyon et Avignon il y a intérêt à se dépêcher.
On entasse tout à la va vite dans la voiture et voilà enfin le grand départ vers des cieux cléments.
Trajet sans problème excepté les files qu'on voulait éviter. Tant pis, ce sont les vacances, pas s'énerver!
Trajet de nuit aussi mais comme co-pilote je devais me concentrer sur la route et ne pas trop regarder en l'air. N'empêche, c'est plus fort que moi, en traversant la France vers le sud avec quelques boucles vers l'est, bingo, je suis tombé sur Mars! Le pare-brise n'étant plus très propre à l'intérieur je me propose de le nettoyer, magnanime. Bertje ne se doutait pas qu'en fait j'en profitais pour admirer la Rouge et la situer dans l'espace. Bélier, Poissons, dans ces zones...allez, retour vers la route, encore 4-5heures de trajet à faire.

Arrivée au domaine vers 10H.
Repérage des lieux, j'installe ma tente dortoir à l'ombre d'un chêne et «*l'observatoire*» sur un plateau. La vue est bien dégagée.
Petite bouffe et puis sieste bien méritée.

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PREMIERE NUIT 6-7 août

Il est presque 23H, je monte vers l'observatoire et commence à installer le Space Seat, le télescope attendra demain, d'abord me familiariser avec le ciel d'ici. Les gosses les plus âgés montent aussi:*«*Tu es Docteur en Astronomie? J'peux regarder? Moi aussi?....*» Et des grandes pupilles qui regardent dans Biniou, et des petites mains qui se frottent aux lentilles.
Aïe, je leur laisse Blitziou car avec mon gros bino de 4 kg ça craint, danger casse.
Peu après les parents mettent les bambins au lit et se rassemblent sous la tonnelle autour d'une bouteille de pastis.

Minuit au pif.
Enfin seul avec l'infini (et avec ma gourde de survie: une petite réserve de pastis, déjà rallongée à l'eau de rivière).
Pour commencer me repérer dans cette miriade d'étoiles. A Bruxelles j'ai l'habitude de reconnaître assez facilement les constellations: on ne voit que les étoiles phares. Ici, par ce ciel pur et sans Lune j'étais ébloui par la quantité, la magnitude, à tel point que je ne trouvais pas Cassiopée!
Bon, la Grande Ourse OK, Polaris par là, donc Cas. ici, m'enfin, où est-elle? En pleine Voie lactée, je ne savais plus où mettre les yeux.
Un petit pastis et puis hop la bonne idée: j'ôte mes lunettes de myope et miracle, je ne vois que les plus brillantes et reconnais immédiatement mon ciel habituel.
Les repérages et alignements faits, les azimuts bien impregnés, mon orientation ancrée, un nouveau monde s'ouvre à moi.

Quand je pense que la passion astro m'est venue ici même, à Forcalquier l'année passée quand j'ai vu pour la repremière fois la Voie lactée depuis des années!
Me revoilà ces vacances-ci, avec un 150/1400, un petit et un très gros bino, avec des infos plein la tête glanées ça et là sur WA, dans les livres et magazines
Cette première nuit fût une révélation, je m'attendais au plaisir mais pas à ce point. Quel bonheur en perspective!

Au loin résonnent les rires des copains. Pas question de me joindre à leurs grivoiseries, j'suis bien là haut sur ma colline, peuvent toujours siffler!
En quelques heures de temps j'ai vu plus et mieux en ciel profond que pendant une année à Bruxelles.
M13, 31,51,57,22...plein plein plein!

Demain je monte le télescope, une collimation sur étoile artificielle me semble nécessaire pour commencer, ça va frapper!


INTERLUDE

Le Soleil me réveille gentiment vers 10 heures. Après cette première nuit d'observation mes rêves étaient doux, sereins. Pleine forme donc en ce petit matin (tout est relatif, quand on se couche à 5-6heures!)

Au programme: montage du télescope et collimation.
Tiens, où est passé le contre-poids? Je ne me rappelle pas l'avoir porté, Bertje non plus. Faut se rendre à l'évidence: dans la précipitation du départ histoire d'éviter les inévitables bouchons sur Lyon et Avignon, le contre-poids et sa tige sont restés à Bruxelles. Gasp! Damned! «*Sigh*»!

Bon, pas de panique, chaque solution a son problème. Une cigarette, un pastis, s'asseoir et réfléchir.
Pas question de l'utiliser sans contre-poids, la monture n'est pas des plus stables et je ne veux pas l'esquinter et la rendre encore plus branlante.
Débloquer les freins et l'utiliser à la Dobson, le tuyau en main? Faisable mais pas confortable.
Aaaah, que le diable emporte cette satanée distraction qui m'est propre!
Avec une tige filetée de 10mm au pif je peux m'improviser un contre-poids. Je vais voir le propriétaire des lieux avec la monture. Cinq minutes après il sort une tige de 10 de son cagibi, ainsi que des vieilles pièces de plomberie. Hop, vissage, c'est bien du 10, contrebalançage, scotcher la plomberie sur la tige et voilà le travail.
L'assemblage n'est pas esthétique mais ça marche. Faut fêter ça!
J'apporte le pastaga et plus tard, la bouteille étant vide et une autre entamée, je me suis sagement résolu à reporter la collimation au lendemain. A chaque jour suffit sa peine, une sieste s'impose avant d'attaquer ma seconde nuitée.

http://img146.imageshack.us/img146/2913/2observatoire26li.png

(remarquez le contre-poids)


SECONDE, 7-8 août

Là-haut sur ma colline je siffle un air de B. Marcello.
Le vent s'est enfin apaisé. Cela facilitera la tâche des pompiers qui combattent un feu de forêt qui sévit une vingtaine de kilomètres plus loin, direction par où soupire un Eole calmé.
La fumée cherche désespérément un nuage à qui causer. Il n'y en a pas, frustrée elle se dissipe lentement.
Tout est prêt, le crépuscule commence, que la fête soit!

Jupiter règne en maître sur l'horizon ouest.
Coup d'oeil dans le télescope. Houlàààà, pas moyen de grossir, l'oculaire zoom restera sur 24, une très sérieuse collimation s'impose. Biniou offre une meilleure vue, un comble pour le planétaire.
Je laisse Igor et Biniou, pends Blitziou au cou au cas où et scrute l'allumage des feux célestes.
Arcturus gagne, Véga vient en second, puis Altaïr et Deneb.
La Grande Ourse se dessine, les constellations prennent place, la Voie lactée se détache de la nuit qui s'installe.
Moi aussi, je m'installe dans le Space Seat avec Biniou.
Début de nuitée, je retrouve aisément les beautés aperçues hier. Ayant bien imprimé les alignements, les cheminements dans ma petite tête, le grand champ du bino me permet d'admirer sans devoir chercher. Mais vivement le socle tournant: faut se lever tous les 30-40 degrés (certes j'en profite pour me taper un petit remontant).
Tentative d'observation avec Igor: bof bof bof, pas moyen de grossir, champ étroit, non, je reste avec Biniou jusqu'a recollimation du monstre.

Vers 2H ça commence à cailler sérieusement. Je descends faire une petite pause en compagnie de Bertje et Peppie, seuls rescapés de la fiesta et qui avaient une conversation hautement philosalcoolofique à propos de la vie extraterrestre et des ondes cosmiques. Une rasade de Vodka citron ne suffisait pas à me mettre à leur niveau, aussi décidai-je de remonter sur ma colline (faut pas oublier que l'abus d'alcool rend la vision binoculaire impossible).
Drapé d'un sac de couchage, après avoir reçu des tonnes de compliments à propos de mon élégance vestimentaire, je me réinstalle bien au chaud dans le Space Seat. Orientation Voie lactée NE-Zénith.

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(le ridicule ne tue pas)

D'Albiréo je descends vers Céphée, l'étoile Grenat dans le collimateur.
Corindon rouge, ce petit rubis, à ce qui paraît serait la «*polaire*» de Mars. Ne serait-ce pas beau, une polaire comme ça mais en plus comme la notre sertie sur une bague enjolivée de petits brillants?
Voilà encore une bonne idée de cadeau cosmique à faire, je laisse mon esprit vagabonder et repense à mes soirées astromantiques. Hélas, qu'ai-je à offrir sous le ciel de Bruxelles par rapport aux trésors d'ici: les anneaux de Saturne, les perles de Jupiter, l'orangée d'Albiréo avec son saphir...mais pas de µCephei par exemple, ou tous ces amas ouverts ou globulaires qui ressemblent à un éparpillement de brillants sur un tapis de velours noir...rien de tout ça chez moi: juste un peu de poussière de quartz sur une serpillière orange délavée. Pollution, je te hais!

Ah! A Bruxelles on peut tout de même deviner la petit broche en forme de libelulle (comme dit Lafanet, NGC457), hop, j'y descends en passant par les bijoux de Cassiopée, la «*vaniteuse épouse de Céphée*». Pas étonnant cette vanité, parée de tant de pierres précieuses. Mythologie oblige, un petit bonjour à Andromède et notre voisine M31, haaaaah!
Puis son sauveur Persée.
C'est alors que je n'ai pas pu m'empêcher d'émettre un WAOUW qui a fait taire les grillons encore actifs. Je venais de voir Persée comme jamais auparavant! Dodo maintenant, j'y reviendrai demain.

PAUSE

Lundi 8 août. Igor a vraiment besoin d'être aux petits soins. Sa crise de jalousie à cause de l'arrivée de Biniou, le voyage, le trimbalage, le fait que je le trompe ouvertement en poussant des OOOOH, des AAAAAH, des Oh OUI OUI OUI avec la dernière. Le fait d'être affublé d'un contre-poids de fortune qui frise le ridicule.
C'en est trop pour le monstre. Faut le cajoler le pauvre.
.
Fin d'aprèm, je l'oriente soleil dans le dos. Tout comme on prendrait la température d'un malade, je lui mets l'oeilleton dans le PO...oufti, n'a jamais été aussi bigleux mon Big Igor!
Toutes les étapes y sont passées: regarder dans le tuyau et recentrer le secondaire qui était franchement décalé, puis ajuster les miroirs à l'aide de l'oeilleton. Le dégrossissement étant fait je grimpe un peu plus loin sur la colline et y place l'étoile artificielle. Résultat potable. Airy a l'air un peu défiguré mais je ne suis jamais parvenu à obtenir mieux. La Barlow intégrée rend cette opération quasi impossible probablement.
En bas la compagnie s'affaire au souper. Je rejoins la troupe pour l'apéro après avoir jeté un oeil sur le croissant sélène, pâlot mais visible. Elle va devenir de plus en plus envahissante notre Lune, pas oublier qu'elle grossit chaque jour en se déplaçant de 13° vers l'est et se couche de plus en plus tard.


TERTIO, 8-9 août

J'ai bien mangé, j'ai bien bu, j'ai la peau...on me signale la présence de garnements sur l'observatoire. Dare dare je monte, heureusement! Les gamins étaient en train de chipoter ce qui est chipotable, tripoter le tripotable. Biniou avait la tête en l'air et l'alignement du chercheur d'Igor était à refaire. Rien de bien méchant, des gamins c'est des gamins, impossible de les réprimander, en plus ils ont chopé le virus astro!
Ils ne le feront plus, c'est promis. Et chaque soir ils m'aideront à monter le matos migrateur: chaise pliable, valisette d'oculaires et accessoires, couverture et vêtements supplémentaires, cartes célestes et carnet de notes.
Ravis qu'ils sont ces petits papillons de nuit, en plus les parents les laissent veiller plus longtemps!

Un des gamins dit que Jupiter est sa planète préférée, ça tombe bien, elle est encore bien visible.
Cap sur Juju avec Igor. Les galiléens sont joliment alignés à l'ouest de la géante.
Aux gamins de regarder maintenant. Souvent les gens font un drôle de rictus en regardant par l'oculaire, comme si au plus qu'on ferme un oeil, l'autre verrait mieux.
C'est différent chez mes jeunes «*disciples*»: la grimace s'arrête au niveau du nez pour laisser place à une bouche mi bée mi sourire, une expression d'émerveillement donc, comme à la finale d'un feu d'artifice.

Bien vite Jupiter sort du champ, j'en profite pour expliquer l'effet de la rotation journalière terrestre, le mouvement apparent de la voûte d'est en ouest.
Moyen facile pour qu'ils ne se battent pas pour regarder: je centre la gazeuse et le premier regarde jusqu'à ce qu'elle disparaisse, recentrage et au suivant...ça m'a en outre évité les explications fastidieuses sur le fonctionnement de la monture équatoriale. Le «*maître*» doit avoir quelque chose d'un magicien pour entretenir l'enchantement de ses adeptes (ça ne sert à rien d'avoir quelque chose de Tennessee, on a tous quelque chose de Tennessee, c'est truc machin qui l'a dit).

Jupiter s'est couché et j'entends l'appel à l'ordre de la part des parents, faut que les gosses se couchent aussi. Je descends fissa négocier encore une petite demi heure de veille pour les enfants (et me chercher ma gourde de survie). Accordé!
Assis sur une bâche à la lueur d'une torche rouge, les questions fusent à propos de Jupiter et ses Lunes.
Consultation des éphémérides de ce mini système solaire qui a fait dire à Galilée «*Eppur si muove*»
On a vu de gauche à droite dans l'oculaire Ganymède, Io, Europe et Callisto. hormis Ganymède on les voit dans leur séquence naturelle.
Et cette remarque de Roeland, le plus âgé: «*Jupiter est peut-être la plus grande du système solaire mais si on enlève le gaz, que reste-t-il?*»
Héhé, ça promet à 9 ans! Je dis qu'on ne sait pas bien, un noyau rocheux en fusion sans doute.

La (bonne) demi heure passée, je descends avec les mômes qui s'empressent de raconter à leur parents ce qu'ils ont vu. Des parents qui eux s'empressent de les mettre au lit afin de rejoindre au plus vite les comparses sous la tonnelle.
Une pause s'impose, je reste un peu en bas. Marc, notre botaniste, nous fait un petit exposé sur la flore locale, sur la propagation des feux de forêt, la nature du sol...
Plus qualifié en entomologie, à mon tour d'éclaircir mes amis sur les différences entre ces bestioles qui nous rappellent à chaque instant qu'on est en pleine nature: criquets, sauterelles, grillons et cigales.
Le tout agrémenté d'un bon petit rouge du Lubeuhron voisin.

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Retour sur ma colline.
Retour sur Persée qui m'a tant charmé la nuit passée.

Au télescope pour commencer. Le double amas, puis alpha, alias Mirfak avec sa miriade de compagnes.
Passage sur M34 et retour vers Algol, qui signifie «*tête du démon*», modèle de variables à éclipse.
Ces noms d'étoiles nous viennent souvent de l'arabe. On doit beaucoup à ces astronomes du IX au XIV siècle, qui de Bagdad à Marâgha n'ont cessé d'améliorer l'oeuvre de Ptolémée!
J'en prends plein les mirettes mais le champ de Biniou est tellement attrayant que je laisse Igor contempler le ciel tout seul et m'installe dans le Space Seat.
Ce qui me plaît tellement dans Persée c'est le contraste entre les zones dans et hors de la Voie lactée.
Le passage d'un gris laiteux vers du noir profond parsemé d'une multitude d'étoiles à faire bleuir les Pléiades de jalousie.

Tiens, justement les voilà bien hautes maintenant. Comparaison avec les Hyades. Une préférence? Oui: le contraste avec l'orangé de l'oeil du Taureau voisin des Hyades n'arrive pas à compenser la beauté du camaïeu bleu des Pléiades. En plus les Pléiades avec leur 2° sont toutes réunies dans le champ de 3.4° de Biniou, c'est du plus concentré que les Hyades qui s'étalent sur 6° . En plus les Pléiades me font penser au module lunaire d'Apollo-11, celui que j'ai vu «*live*» sur la Lune quand j'avais 6 ans. Il y a des images qui restent gravées à jamais.

Retour vers Igor et direction Mars. Les astrologues diraient qu'une tempête astrale se prépare pour les Béliers car Mars est dans sa «*maison*».
Comment est-ce possible de croire en telles balivernes? Figurez-vous qu'il y a même des horoscopes pour animaux domestiques maintenant!
Bon, observation pure et dure: phase gibbeuse, calotte australe. Autre chose? Non, Igor a ses limites, faut pas rêver et espérer voir de jolies Martiennes batifoler dans l'eau pure des canaux (comment ça je raconte des balivernes?).
J'essaie de contrôler cette histoire de µCephei qui serait la polaire de Mars.
Aucune idée de comment m'y prendre, j'abandonne, la fatigue arrive...
Six heures du mat, l'aurore est là, le soleil va se lever, je vais me coucher.


INTERMEZZO

Un lendemain paisible, on va faire les emplettes.
En fouinant dans une librairie je tombe sur le «*Photo-guide du ciel nocturne*» de D&N, pas mal ce bouquin à première vue, je me l'offre ainsi qu'un guide des fleurs sauvages pour approfondir mes activités diurnes.
Le ciel se couvre, pas d'astro ce soir quoique: j'ai mon nouveau livre, je tire ma révérence et m'installe comfortablement dans ma tente, radio Zinzine en sourdine et je bouquine.
Vraiment un bon achat, ce guide est devenu un de mes livres de chevet.
Satisfait je me suis endormi assez tôt, j'avais pas mal de sommeil à récupérer.

Le temps est passé à l'orage les jours suivants. Beaux spectacles nuages-éclairs-étoiles. Le matériel était à l'abri sous une bache supplémentaire. Elle ne fût pas nécessaire, les éclaircies reprenaient le dessus, ça s'annonçait bien pour la nuit des étoiles filantes.

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NUIT DES PERSEIDES, 12-13 août

C'était au tour de Bertje et moi d'assurer la restauration de la tribu. Apéritif Bau (méthode champenoise) aromatisé à l'Amandine. Filets de dinde sauce champignons estragon avec purée, pas de dessert mais un pousse-café inventé par Bertje la veille. Tenez-vous bien: un subtil mélange sur-sucré, composé de Vodka, jus de citron, Amandine et sirop de framboise. La couleur me rappelle celle de l'étoile grenat de Céphée. Aussi je propose de baptiser ce cocktail «*Mucéphée*».
Devant la consternation de l'inventeur j'essaie d'éclaircir sa chandelle en montrant une parcellaire de la constellation. Il tombe sur sa voisine Camelopardalis, pense à «*je fume une Camel au bar d'Alice*» et tout fier d'avoir retenu le nom opte pour celui-ci. Soit, c'est à lui de décider, bon, voilà, dorénavant un «*Camelopardalis*» c'est aussi un cocktail.
J'invite l'assemblée à monter vers l'observatoire, on y va au complet, à 17.
La Lune atteint presque son premier quartier et attire tous les regards. Les gosses sont fascinés par le terminateur et rares sont les adultes qui parviennent à se frayer un passage vers l'oculaire. La méthode de laisser filer l'argentée du champ de l'oculaire d'Igor, recentrer et à chacun son tour montre son efficacité. Biniou est pour l'occasion monté en position d'observation debout pour les gosses, assise pour les grands.
Blitziou assure l'intérim.
Pas facile de rester zen quand on est seul avec 3 instruments et qu'il faut satisfaire 16 personnes qui s'enthousiasment les uns les autres, ajuster ici, rééquilibrer là, expliquer les constellations par ailleurs et compter les étoiles filantes par dessus!

Pfffiouu, j'ai eu chaud là, mais je content d'avoir pu un peu partager cette passion. Pas de casse. Pendant que les «*vieux*» couchent les «*jeunes*» je range déjà le matos. Les Perséides, vaut mieux en profiter à l'oeil nu. Pas de Mars donc cette nuitée, mais une soirée copieusement arrosée d'une pluie de Perséides et d'alcool comme vous le verrez par la suite.

Peu après on se retrouve sous la tonnelle, chaises direction le radiant.
Voeux et souhaits pour les uns les autres, observation pure et dure en ce qui me concerne.
Pas pour longtemps: l'esprit subversif de Bertje a proposé de boire une petite Vodka à la santé de chaque météore aperçu.
Dur dur pour mes mémoires: le reste de la soirée reste embrumé.
A ce qui paraît, j'aurais à 2 reprises vérifié la loi de Newton en me laissant choir dans les herbes et plantes sauvages. Cela pourrait s'avérer exact vu que le lendemain on a du se mettre à plusieurs pour retrouver mes lunettes, égarées quelque part dans le champ d'expérimentations gravitationnelles.
Je me souviens vaguement qu'une âme charitable m'a soutenu (moralement) ce soir-là pour rejoindre ma tente. Pas facile la vie de scientifique!


RETOUR AU CALME

Après cette nuit mémorable (si j'ose m'exprimer ainsi) le calme est revenu petit-à-petit: fin de vacances pour les amis. Ils sont obligés de migrer vers la grisaille du Nord, je me retrouve seul avec mon compagnon de voyage, on devient plus sage.

Les balades dans la Voie lactée avec Biniou me donnent immensément de plaisir. Je délaisse un peu Mars pour l'instant car je me suis pris trop tardivement à l'exploration du Sagittaire et du Scorpion, dont Antarès («*rivale de Mars*») est fort basse. Il est encore temps d'en profiter mais ça devient de plus en plus difficile car Madame Lune est dans les parages. Insomniaque elle ne se couche que vers 2H du mat, les veillées restent tardives. Le manque de sommeil? Boah, on a l'année pour se reposer des congés, non?
Faut profiter du ciel qui m'est offert ici. Mars sera bien visible à Bruxelles, RV octobre-novembre pour une observation sérieuse.
Question Lune je n'avais jamais imaginé une telle influence sur la qualité du ciel, que tant de petites merveilles se perdent dans la clarté sélène.
Donc première partie de la nuit consacrée à l'argentée, puis petite pause partie d'échecs le temps qu'elle descende assez sous l'horizon et enfin reprise du ciel profond.
La différence de température jour-nuit s'accentue. Vers 5-6 heures je rejoins ma tente en grelottant et me blottis dans ma couette. Avant le sommeil je récapitule mes observations et tiens mon journal de bord à jour, un p'tit dernier style Vodka puis extinction des feux. Je m'allonge et ferme les yeux, passe en revue les plus belles images restées en mémoire, une musique de choix aux oreilles.

Ah, une nuit c'était la troisième symphonie de Górecki, je la connais par coeur mais je ne m'en lasse pas. Une symphonie en 3 mouvements, triste et sombre au début. Un hommage aux victimes des camps de concentrations nazis. Le troisième mouvement par contre se termine en La majeur, des notes d'espoir, de délivrance, lumineuses comme la liberté fraîchement acquise.
Le Mistral s'est mis à accompagner l'accord final, le bruissement des feuillages s'intensifiait en harmonie avec la musique, le frôlement du vent sur ma tente augmentait mon sentiment de bien-être dans mon nid douillet.
Ce fût un moment de délice. Je voulais que le temps s'éternise, que cet instant dure.
Tiens? Une petite larme de bonheur?
Ben, oui, apparemment ça arrive aussi aux scientifiques endurcis, faudra consigner ce fait dans mon carnet de notes!


DES BELGES A MARSEILLE

Les jours passent, vite, trop vite. La Lune va bientôt atteindre sa plénitude et les nuages se font plus nombreux.
Par le biais de WA, Olivier13 m'a proposé de passer par Marseille. Proposition acceptée avec joie, RV le 17 au stade OM. Malheureusement Gibehem n'était pas libre, l'année prochaine peut-être?

Olive me reconnaît grâce aux photos du Trombi. Nous le suivons jusque chez lui et on planque la bagnole avec le matos dans son garage. Présentations: Bert, Olivier; Olivier, Bert; Patte, Olivier; Olivier, Patte; Bert, Patte; Patte...ah oui c'est bête, on se connaît déjà.
Alors, qu'est-ce qu'on fait main'nant? Plage!

Belges, amateurs de bière, Olive nous surprend avec une production locale: la Cagole.
Bien légère et fort rafraîchissante cette petite blonde. On discute astro évidemment, sauf le pauvre Bertje qui n'est pas encore accro. Donc, pour cette raison (et uniquement pour cela, Dieu m'en soit témoin), parfois on se permet de temps en temps de hazarder une digression en regardant et commentant brièvement les beautés féminines qui passent par là. Le fait que je les mate avec le chercheur 8x50 d'Olive n'a rien à voir avec de vils vices voyeuristes (que mon âme soit damnée si ce n'est vrai) non non non, ce n'est que pour apprécier la qualité de l'optique.

Petit plongeon dans la Méditerranée histoire de calmer les ardeurs causées par le soleil et en se séchant petite discut' à propos de la soirée astro.
Le coin d'observation d'Olive est à 40 km mais on peut pousser plus loin: la giga-lunette de Rocbaron vaut bien le détour.
Discut' en vain, les nuages ont eu le dernier mot: pas d'astro. Ainsi soit-il, soupir, mais ils ont donné un beau tableau en masquant partiellement le soleil. Vu à travers des lunettes solaires et le filtre Lumicon d'Olive ça valait la peine, pur style carte postale.

Nous voilà donc abaissés au rang de bêtes touristes, avec comme seul intérêt les nanas, la boisson et la bouffe.
Heureusement qu' Olive redresse la barre en nous emmenant vers les Calanques. Il nous fait voir ses lieux de plongée, d'escalade... C'est magnifique, pourquoi encore vivre au Nord? Pourquoi pas s'établir ici au Sud? Il y a tout pour être heureux!
Olivier n'idéalise pas Marseille. Il est vrai que la beauté d'un paysage s'estompe avec l'habitude mais il y a plus grave: Marseille souffre d'un abcès de petite délinquance et de grand banditisme. Peut-être pire qu'à Bruxelles? Aucune idée, mais encore une fois la différence de richesse entre les gens ou plus sommairement le fric peut pourrir un coin de paradis.

La nuit est tombée sur les nuages, on déguste des pizzas au bord de la plage en parlant d'un peu de tout mais pas de bagnoles, pas de foot, ni de gonzesses (quoique, à vérifier)
Ensuite se désaltérer dans un pub Irlando-Marseillais.
Oli est impressionné par notre capacité d'ingurgitation et déclare forfait. Il est vrai qu'au petit matin une petite réclame son papa.
Sur ce on se quitte, ce n'est qu'un au revoir...

http://img146.imageshack.us/img146/2369/6olive20ib.png

(Bertje et Olive)


EPILOGUE

Retour à Forcalquier vers les 3-4 du mat. Les nuages y sont aussi, pour l'astro les derniers jours semblent foutus, hormis le jeu de la quasi pleine Lune avec les moutons.

La route nous a tenu bien éveillés et ni Bertje ni moi sommes fatigués. On se tape un «*fly*» comme on dit à Marseille pour un pastaga et nous commençons une partie de «*bidanque*».
Faut que je vous explique là car vous n'y êtes pas du tout. Bidanque vient de l'association de 2 termes: «*bidon de 5 litres de vin vidé*» et «*pétanque*».
Chaque participant a 3 bidoules: une vide, une lestée de 33cl d'eau et une de 99cl, une canette de Kro sert de standard pour les 33cl. Le laichonnet, une bouteille plastoche de lait lestée du contenu d'un verre de Casanis d'eau, est lancée. Vous devinez la suite, il s'agit de projeter à tour de rôle ses bidoules au plus près du laichonnet. Tirer ou pointer avec ces bidons qui font blong blong blong en tombant fait déjà bien sourire, mais quand le laichonnet est resté accroché aux branches d'un petit arbre (Aubépine, Crataegus monogyna) c'était trop. Je me suis roulé, non, tordu de rire par terre.
La partie s'est arrêtée là, les abdominaux n'en pouvaient plus.

http://img146.imageshack.us/img146/8167/7bidanque29tt.png

(démonstration d'un tiré-pointé par Bertje)


Un peu de sérieux messieurs! Des trouées, Mars qui se pointe, qui se tire, ah non, sérieux hein! Faut essayer de suivre la Rouge jusqu'à l'aube, comme lors de mon «*premier Mars*», où je l'ai traquée tant qu'elle était visible.
Du coin de l'oeil j'aperçois un éclair au nord. Mentalement je compte les secondes: un...deux...trois...à quatre mon pote lache un pet tonitruant. 1200 mètres! Retour vers la terre, mort de rire.

Les larmes aux yeux, je pars dormir.

C'est fini pour l'astro à Forcalquier ces vacances, le retour du beau temps coïnciderait avec mon départ.
Bah, comme ça ma frustration de retrouver le ciel de Bruxelles sera un peu atténuée!



Forcalquier, le 20/08/2005.

sky35
29/08/2005, 15h32
CROA DE LA RENAISSANCE

Personnages : François (moi), le père de François, les astronomes amateurs du club d'astronomie de LAVAL, le guide et les deux marins

Eléments fictifs : -l'époque : 300 ans de moins
-les chemins cahoteux et poussièreux : c'était une belle route
-la soupe : c'était un bon repas mais assez cher
-télescope de 50 mm : il mesure en fait 150 mm


L'histoire se passe pendant la Renaissance et débute dans le pays de Vitré le 27 Août 1705. Un jeune astronome amateur et son père se rendirent dans le pays voisin, celui de Laval. Arrivés près du cours d'eau qui sépare la ville mayennaise en deux parties et plus précisément au siège de l'Observatoire Populaire de Laval, ils saluèrent les autres membres du club qui les attendaient depuis quelques minutes. François était membre de ce club depuis déjà trois ans et astronome amateur acharné.

1*http://img172.imageshack.us/img172/2435/logotype20opl5jf.th.jpg (http://img172.imageshack.us/my.php?image=logotype20opl5jf.jpg)

Les amateurs d'astronomie allaient partir pour Carteret près de Cherbourg dans le seul but d'observer le ciel en mer à bord d'une goélette.

2*http://img107.imageshack.us/img107/6792/lud0025ym.th.jpg (http://img107.imageshack.us/my.php?image=lud0025ym.jpg) http://img107.imageshack.us/img107/3053/lud0013ym.th.jpg (http://img107.imageshack.us/my.php?image=lud0013ym.jpg)

Après plusieurs heures de chemins cahoteux et poussièreux, il arrivèrent à bon port et notamment celui où se situait le bateau qui allait les amener en mer après une bonne soupe au bar du port.

3*http://img354.imageshack.us/img354/6218/lun9nb.th.jpg (http://img354.imageshack.us/my.php?image=lun9nb.jpg)

Il était 20 heures et 30 minutes heure solaire lorsque les dix-neuf amateurs et un guide prenaient place cinq par cinq dans l'annexe pour embarquer sur la "Mouette Noire" encore appelée "Neire Moâve" en patois normand.

4*http://img354.imageshack.us/img354/826/lud0044ur.th.jpg (http://img354.imageshack.us/my.php?image=lud0044ur.jpg)

Assis dans la magnifique goélette, le jeune astronome vit la côte normande s'éloigner et les étoiles scintiller comme il ne l'avait jamais vu car en pleine mer le ciel était extrêmement pur.

Le jeune homme écoutait passionnément le guide qui se tenait debout à côté du mât. Il indiquait aux personnes du groupe que l'on apercevait la Voie Lactée, sorte de traînée blanchâtre qui traversait le ciel de part en part.

François parcourait le ciel de constellations en constellations. Tout d'abord, il vit la Grande Ourse aussi appelée le Grand Chariot ou la Grande Casserole et apprit qu'elle portait un autre nom : les Sept Boeufs.

Grâce aux étoiles Merak et Dubhe de la Grande Ourse, il put répérer l'étoile polaire qui indiquait la direction du Nord et qui était très utile aux marins de la goélette pour se diriger en mer.

5*http://img300.imageshack.us/img300/9972/astr0049dw.th.jpg (http://img300.imageshack.us/my.php?image=astr0049dw.jpg) http://img300.imageshack.us/img300/6650/astr0040hj.th.jpg (http://img300.imageshack.us/my.php?image=astr0040hj.jpg)

Le manche de la "casserole" lui permit de localiser Arcturus et sa couleur orangée significative. Il repéra donc le Bouvier avec sa forme de cerf-volant puis la Couronne Boréale avec ses étoiles rangées en arc de cercle.

6*http://img300.imageshack.us/img300/3682/img07845xb.th.jpg (http://img300.imageshack.us/my.php?image=img07845xb.jpg) http://img300.imageshack.us/img300/7229/img0784t7fl.th.jpg (http://img300.imageshack.us/my.php?image=img0784t7fl.jpg)

Le guide expliqua aux personnes du groupe que les étoiles bleues et blanches étaient les plus chaudes et que les rouges étaient les plus froides. François remarqua la couleur rouge vif d'Antarès du Scorpion au raz de l'horizon Sud et le bleu de Véga située au zénith. Il savait que cette étoile appartenait à la Lyre et qu'elle formait le triangle de l'été avec les étoiles Altaïr de l'Aigle et Deneb du Cygne.

7*http://img222.imageshack.us/img222/412/img07653cw.th.jpg (http://img222.imageshack.us/my.php?image=img07653cw.jpg) http://img222.imageshack.us/img222/945/img0765t1dl.th.jpg (http://img222.imageshack.us/my.php?image=img0765t1dl.jpg)

Dans la multitude d'étoiles de la Voie Lactée, il distingua le W de Cassioppée et à l'horizon Sud, le Sagittaire.

Il montra à son père le carré de Pégase et la constellation d'Andromède située à ses côtés. Ils furent surpris de voir la galaxie d'Andromède et le double amas de Persée à l'oeil nu telles des taches dans le ciel.

La soirée à bord du bateau se termina par l'apparition de Mars suivie quelques minutes plus tard par celle de la Lune à travers les nuages bas de l'horizon.

La "Neire Moâve" rejoignit ensuite le port et par petits groupes, il débarquèrent. Chacun repartit de son côté pleinement satisfait de cette soirée durant laquelle ils avaient vu une dizaine d'étoiles filantes d'une magnifique beauté.

Mais pour François la nuit n'était pas finie. De retour dans sa maison, il prit son télescope, l'un des tous premiers de l'époque, et s'installa dehors. Son télescope de bois mesurait 50 mm de diamètre et il scruta la Lune tout en imaginant que plusieurs siècles plus tard, des hommes pourront peut-être y poser le pied.

Ensuite, il pointa les étoiles Mizar et Alcor puis l'étoile binaire Albiréo et aperçut les couleurs bleue et jaune des deux étoiles de ce couple.

8*http://img184.imageshack.us/img184/6405/astr0096zl.th.jpg (http://img184.imageshack.us/my.php?image=astr0096zl.jpg)

François décida d'observer la planète rouge car on disait tant de choses à son sujet et il aimait l'admirer derrière son oculaire.

9*http://img305.imageshack.us/img305/5397/scann11ef.th.jpg (http://img305.imageshack.us/my.php?image=scann11ef.jpg)

Lorsque la nuit fut bien avancée et que quelques nuages perturbèrent son observation, il regagna l'intérieur de sa maison et se coucha pour rêver d'étoiles et de ciel pur...


Récapitulatif des images :
1 : Logo de l'Observatoire Populaire de Laval
2 : photos de la côte du Cotentin prises avec un Canon A80 en automatique le 27/08/2005
3 : photo de la goélette prise avec un Canon A80 en automatique en soirée le 27/08/2005
4 : photo de l'annexe prise avec un Canon A80 avec flash le 27/08/2005 à 22h30
- photos prises avec un Canon A80 en parallèle au télescope Newton 150/750 en 400 iso avec un temps de pose de 10 secondes le 28/08/2005 :
5 et 6 : la Grande Ourse
7 : la Lyre
8 : photo d'Albiréo prise avec un Canon A80 au foyer du télescope Newton 150/750 avec un oculaire de 5 mm en 400 iso avec un temps de pose de 1 seconde le 28/08/2005
9 : dessin de Mars réalisé le 28/08/2005 à 4h HL au télescope Newton avec des crayons HB pour les zones grises et 2B pour les zones sombres

Astro-Pépito
03/10/2005, 21h17
CROA d'une éclipse réussie
Le lundi 03 octobre 2005, éclipse annulaire partielle (59 %)


Après deux semaines de discussion avec le prof de maths, passionné lui aussi par l'astro, la décision est prise : si le temps le permet, aujourd'hui, on change de salle pour en prendre une plein Sud, on prend le télescope du lycée, une feuille blanche, et hop projection oculaire, avec en parallèle deux paires de lunettes qui naviguent entre les mains des camarades.

Ce matin donc, je lève les yeux au ciel en début de matinée (environ 07h45) : arf, c'est nuageux :s L'Ouest est bouché, encore plus qu'au-dessus de ma tête. Ca s'annonce mal :-/

Une heure d'allemand (DS type Bac) dans une salle plein Est, ça me permet de divaguer en regardant notre étoile poindre doucement son nez et de penser à l'éclipse qui est en train de se préparer. L'Est est relativement dégagé ; pas mal de nuages d'altitude, quelques petits nuages menaçants, mais tout cela n'empêche pas le Soleil d'émerger. L'espoir commence à revenir :)

Une heure d'anglais maintenant. Toujours plein Est. Volets fermés de mon côté... Pfff, une heure peu intéressante en vue... Et effectivement, une heure peu intéressante. Je sens une sorte de stress m'envahir peu à peu, l'heure H approche et le temps a l'air de se maintenir.

Pause de 10h00. Le premier contact a eu lieu il y a 11 minutes déjà. Les nuages recouvrent le Soleil. Tant pis, je sors les lunettes et je tente, je suis trop impatient. Nada, que du noir :( Les copains qui m'accompagnent veulent voir aussi, idem. Bon, ben... Croisons les doigts !

Arrivée en maths. Comme prévu, on change de salle. Un bon point :)
Le prof se pointe avec le télescope (ne me demandez pas ses caractérisques, je n'en sais strictement rien - un 114/900 à vue de nez) et l'installe devant le tableau. Tout le monde s'assoit, chacun se pose des questions (dans le couloir déjà, j'ai eu droit à un flux ininterrompu de questions) sur le pourquoi du comment (tiens, on est dans une salle de philo en plus :be:). Le prof explique alors qu'aujourd'hui se produit un phénomène assez rare, une occultation (et pas une éclipse) de Soleil par la Lune, partielle chez nous et annulaire en Ibérie et en Afrique, qu'il faut suivre ça, etc... Le blabla introductif quoi.
Puis il me demande de faire, pendant qu'il installe le matos au fond de la classe, des schémas au tableau expliquant les différentes sortes d'éclipse (c'est plus commode de parler comme ça). OK OK. Je dessine très mal, mais tant pis ^^ Je fais donc mes p'tits dessins (avec du mal, je veux faire ça bien mais j'y arrive pas !pomoi!), et c'est reparti pour tout le blabla appuyé par les schémas. Je vous le passe, vous le connaissez :p
Je remarque alors que le temps vient de l'Est et non de l'Ouest comme à l'accoutumée. Excellent, c'est tout découvert à l'Est alors que c'est totalement bouché à l'Ouest. On a de la chance ! :)
"Eh regardez, on voit bien déjà !". Une voix s'est élevée brusquement depuis le fond de la classe. Tout le monde lève les yeux au ciel : effectivement, à travers les nuages, on voit nettement la Lune qui a déjà grignoté le Soleil. Les nuages nous permettent de regarder le spectacle comme ça, mais sans couleur. Un moment presque symbolique pour moi, c'est ma première éclipse (ben oui, j'ai loupé 1999 - qui passait pile chez nous mais j'étais sous les nuages de Gironde à cette date). Tous les autres ont encore 1999 dans la tête, on voit des sourires sur les lèvres :)
Allez hop, migration de masse vers le fond de la classe, je suis le premier arrivé :a:, le prof nous donne une image nette sur la feuille de papier, c'est grand, c'est voilé par les petits nuages qui forment des volutes autour du couple, bref c'est beau :d
Pendant ce temps-là, les lunettes circulent à toute allure dans la classe, chacun veut y jeter un oeil.
Puis, retour à nos places, on continue un peu le cours de maths sur les limites. Pas très intéressant et assez facile, donc on écoute tous d'une oreille lointaine. Les lunettes circulent toujours, la moitié de la classe regarde par la fenêtre. Le Soleil brille (en partie), la Lune avance, on est tous pris par le phénomène, un engouement que je n'avais même pas espéré imaginer !
A 10h59, je préviens le prof que le maximum est dans 3 minutes. Re-mouvement de migration, le moment est vraiment génial, on est tous rivés sur l'image agrandie ou réelle derrière les lunettes. Le temps est dégagé depuis 10 minutes, pile pour le maximum, coup de bol immense !
Une autre classe est venue observer à l'interclasse, ils sont heureux eux aussi :)
A 11h10 ça se recouvre un peu. Reretour à nos places pour quelques minutes en attendant que ça se dégage. Il est 11h15, le prof nous propose de faire des photos avec les portables. Bonne idée ça ! Allez hop, deux trois clichés à l'arrache. On verra bien ce que ça donnera ! Les passages nuageux seront visibles avec de la chance...

http://img216.imageshack.us/img216/8904/photo00698nu.th.jpg (http://img216.imageshack.us/my.php?image=photo00698nu.jpg) http://img203.imageshack.us/img203/2774/photo00700xg.th.jpg (http://img203.imageshack.us/my.php?image=photo00700xg.jpg)
Deux photos de ce que l'on voyait en cours de maths. Très sympa !

http://img203.imageshack.us/img203/227/photo00717hj.th.jpg (http://img203.imageshack.us/my.php?image=photo00717hj.jpg)
Et une prise à l'arrache derrière les lunettes. Dommage que ça soit minuscule sans zoom et pas précis avec le zoom :(

Les 10 dernières minutes sont passées les yeux dehors, en train de regarder la Lune s'en aller doucement.

11h25 sonne, c'est la fin du cours de maths. Je m'en vais, sans aider le prof à ranger. J'aurais ptet dû :p Peu importe, mon ventre crie famine, alors direction le self. Dans la queue, je profite des derniers instants du phénomène. Un coup avec les lunettes, un coup sans, les nuages assez épais me permettant de distinguer en ombre chinoise un croissant solaire encore assez marqué. C'est d'ailleurs comme ça que je dis au revoir à nos deux complices, cachés définitivement vers 11h45 par les gros nuages de l'Ouest. Un super souvenir :)

Je suis un peu déçu de ne pas avoir pu voir le premier et le dernier contact, c'est toujours fascinant, mais je vais garder longtemps en mémoire cette heure et demie de frisson séléno-solaire (un joli néologisme ça, non ? :p) !


Ca a été rapide, mais quelles émotions pour moi ! Voir tout le monde (ou presque) s'intéresser à ça, je ne l'aurais même pas imaginé ! Vraiment content d'avoir pu faire partager tout ça aux copains/copines, j'espère que certains vont s'y intéresser de plus près maintenant :)

J'ai été long, un peu trop même, mais j'espère que ça vous a plu pour mon premier CROA ! ;)

mesis
22/10/2005, 15h58
<span style="color:red]<span style="font-size:12pt;line-height:100%]Une belle soirée d'observation[/color][/color]


Un Samedi soir alors que la nuit commençait à se lever et que le jour faiblissait je me prépare pour une soirée d'observation.L'une des premiéres de la saison 2005/2006.
Ce Samedi là il faisait froid ,trop froid pour une soirée d'octobre.Je m'habille donc en conséquence :thee-shirt,colle roulé,pull en laine et manteau.Je me met sur la tête un bonnet juste si pendant le cours de mon observation la nuit se rafraichit encore plus.

J'emporte aussi un peu de nourriture des grany pour garder la forme et comme boisson du thé car même si je n'ai que 14 ans j'aime bien le thé.
Aprés m'être équipé je vais sortir ma lunette.Une meade de 60mm avec comme accessoires des oculaires 9 et 25mm ainsi que deux barlow 2 fois.


Je sors!Mon équipement me protége du froid mais au visage je ressens le froid.Ca glacerais un inuit.Malgré ce froid les conditions sont idéales.Je ne sais pas si c'est ça mais on dirait que le froid a chassé tout nuages.Il n'y en a pas un à l'horizon.Je choisis où mettre ma lunette et en attendant qu'elle se mette en température je vais chercher dans un logiciel d'astronomie la position des planétes et pourquoi pas quelques amas ou galaxies.Aprés avoir imprimé une feuille sur laquelle était imprimé le positionnement des planétes et autres éléments qui composent le ciel ,je vais voir dans un de mes livres pour savoir qu'est ce qu'on pouvait voir,puis je retourne dehors.A mon grand étonnement il ne fait pas plus froid que tout à l'heure.



Je commence a observé le ciel à l'oeil nu car avec des conditions pareille on peut observer de belles choses.Je regarde en premier la peite ourse pour me repérer.Je vois aussi céphée,androméde,cassiopé,la lyre et bien d'autres.Puis j'essaye de voir où se situe la galaxie d'androméde,les pléiades qui se situe juste à côté de mars;superbe spectacle.Je recherche aussi les planétes mais il n'y avait que Mars qu'on pouvait voir les autres c'était pluton,neptune et uranus qui on une magnitude trop faible.Je suis un peu deçu niveau planéte car j'aurais aimé voir d'autres planétes comme jupiter que j'avais vu cet été avec ses satellites ainsi que saturne avec ses anneaux.

Je prend aprés quelques minutes d'observations à l'oeil nu un bout de grany pour me revitaliser et un peu de thé ce qui m'a réchauffé un bon petit coup.



Il est environ 21h20 ça fait 20 minutes que j'observe toujours à l'oeil nu,je décide donc de commencer à observer aux jumelle pour me préparer à l'observation à la lunette.Je regarde les pléiades trés beau spectacle et je pense qu'au jumelle c'est mieux qu'à la lunette car on n'a une meilleure vue d'ensemble.Puis je regarde Mars voilà c'est pas extrordinaire j'ai hâte de voir à la lunette.Maintenant c'est au tour de la galaxie d'androméde ,trés beau spectacle déjà quelques détails.

http://fr.msnusers.com/p9iaitcbibu88i5l08irvb2mu0/Documents/Images%2FIMG%5F0869.JPG

22h00.Aprés plusieurs autres observations je me lance à la lunette et je vais chercher mon appareil numérique pour essayer de faire quelques photos à main levée,mes débuts en astrophotographie.Je pointe maintenant sur Mars et j'espére avoir une belle image.Je ne suis pas déçu.Rien qu'avec une barlow et un oculaire 25mm j'ai une image pas mal.Je mets donc une deuxiéme barlow.Super je suis vraiment content ça commence bien pour la saison.Maintenant je vais sur androméde,pareil super vraiment belle image.J'essaye une photo,oué,pas mal mais bon j'attends d'avoir le matériel pour me fabriquer mon adaptateur.

http://fr.msnusers.com/p9iaitcbibu88i5l08irvb2mu0/Documents/Images%2FIMG%5F0862.JPG

http://fr.msnusers.com/p9iaitcbibu88i5l08irvb2mu0/Documents/Images%2FIMG%5F0860.JPG

23h00.Aprés une heure d'observation à la lunette j'arrête mes parents veulent que j'aille me coucher.Vraiment j'ai passé une super soirée j'espére qu'elle seront toutes comme ça car je suis pleinement satisfait.


Quand je suis dans mon lit je fais quelques croquis de ce que j'ai vu ,histoire de garder en mémoire cette soirée mémorable.Toute la nuit je pense à ce que j'ai vu et je rêve que je découvrirais une exoplanéte ou une cométe qu'on appelerait comme moi.
Voici ce que j'ai peins:
http://fr.msnusers.com/p9iaitcbibu88i5l08irvb2mu0/Documents/Images%2FIMG%5F0854.JPG

Jeff Hawke
26/10/2005, 10h03
Automne en Quercy : Quelques jours dans le Triangle !
Mon cahier de notes d’observations. Avec des illustrations

Prologue : Nous sommes le samedi 24 septembre, c’est le milieu de l’après-midi et je viens d’arriver au milieu du Triangle Noir après 6 heures de route depuis Paris. Le gîte, loué pour une semaine avec un groupe d’amis amateurs d’étoiles, est un peu en hauteur avec une belle vue dégagée Est - Sud – Ouest. Il règne ici un silence assourdissant. C’est la campagne. Les constructions sont peu nombreuses et belles.

J’ai avec moi le Dobson Kepler 200/1200 et mes jumelles Oberwerk 15X70. Sont arrivés ou devraient arriver sur le site avec leurs propriétaires, une Takahashi FS102, un Celestron C8 et un C9, un NGT460…

Les prévisions météo ne sont pas excessivement optimistes et, ce samedi après-midi, le ciel Quercien est traversé de nuages bondissants agrémentés de répits bleu intense. Mais qu’importe, hardi petit et haut les cœurs ! Je suis bien décidé à tirer parti de la moindre éclaircie pour plonger dans ce ciel réputé pour sa sombreté.


Samedi 24 septembre : Quissac/Coursac
Samedi soir, je commence les premiers repérages des objets de la liste que j’ai établie à partir de Star Watch (chapitre sur l’automne), le bouquin de Philip Harrington. C’est mon programme pour ces quelques jours dans le Quercy.

Objet Type Constellation Difficulté Remarques

M52 Amas ouvert Cassiopée * Dessiner
Delta Cephei Double Variable Céphée *
NGC7789 Amas ouvert Cassiopée **
M103 Amas ouvert Cassiopée **
NGC457 Amas ouvert Cassiopée * Dessiner
NGC869 - NGC884 Amas ouvert Persée *
M15 Amas globulaire Pégase *
NGC7662 Nébuleuse planétaire Andromède ***
M2 Amas globulaire Verseau **
M72 Amas globulaire Verseau ***
M73 Astérisme Verseau ****
NGC7009 Nébuleuse planétaire Verseau ***
M30 Amas globulaire Capricorne ***
M31 M32 M110 Galaxies Andromède * Dessiner ?
M33 Galaxie Triangle ***
M76 Nébuleuse planétaire Persée ***
Almach Etoile double Andromède *
Alpha Persei cluster Amas Persée *
Algol Etoile variable Persée *
M34 Amas ouvert Persée **
Mesarthim Etoile binaire Bélier *
M74 Galaxie Poissons **** Défi
M77 Galaxie Baleine *** Dessiner
Mira Etoile variable Baleine **

La colonne ‘difficulté’ est l’estimation donnée par Philip Harrington. J’ai noté ce que je me lancerais bien à dessiner, et j’ai ajouté 3 cibles : M1 que je n’ai jamais vue, et qui devrait être accessible vers 1h30-2 h le matin, donc plutôt en fin de séjour car au début, il y aura la Lune à cette heure. NGC7331, galaxie « conseillée » dans Cloudy Nights (Small wonders : Pegasus) et Blue Snowball (NGC7662), une petite nébuleuse planétaire supposée être bleue et ronde, et pas très facile, du côté de Andromède – Pégase

Pour ce premier soir, le ciel est complètement dégagé, et le restera essentiellement jusque vers 23h - 23h15. La couverture Sud et Sud Ouest s’ennuage ensuite et la Lune fait son apparition vers 23h45…Je suis resté seul à observer M13 et M92, avec le Nagler 5 (240X). Joliment détaillés. J’imagine dessiner ça ! Peut-être avec le 9. Je ne suis pas encore décidé. Et je n’ai pas sorti, dans l’humidité, mon tout nouveau Sky Atlas field version ! Il faudra aussi que je voie ce problème de frontale rouge pas assez rouge…

Bon, ont été vus ce soir :

M52 : Amas ouvert, facilement résolu et aisément repéré aux jumelles comme une petite tache. Je suis du côté de Cassiopée, en direction de Céphée. Haut dans le ciel. Malgré une certaine humidité dans l’air, le ciel est splendide, la Voie Lactée imposante. Belle vision de cet objet au Nagler 31.

NGC7789 : Encore un amas ouvert à partir de Cassiopée.

M103 : Et encore un ! Repérage dans Cassiopée (près de Ruchbah). Cet amas est supposé avoir une forme de flèche. C’est à vérifier, je ne l’ai pas bien vu, c’est ça avec les amas ouverts, on n’est jamais trop sûr. Harrington parle d’un arc d’étoiles situé à proximité. Je verrai cela demain sur les docs, à la lumière…

Retour sur des objets « connus » : NGC457, le double amas, M31 et consorts (géniales en grand champ), M33 facile aux jumelles bien qu’encore assez basse sur l’horizon. M101 faible et basse elle aussi.

M15 : Un amas globulaire facile près de la tête de Pegase. Il est jumeau avec une étoile de magnitude 6 près de Enif.

Je n’ai, par contre, pas trouvé les nébuleuses planétaires M76 et NGC7662. Cette dernière doit pourtant être facilement localisée avec les détails donnés par le « Small Wonders : Andromeda » de Cloudy Nights. M76, elle forme un triangle rectangle avec Phi de Persée et une orange au Nord qui est le sommet droit. On verra ça demain.

Dimanche matin : Préparation pour la prochaine nuit étoilée. Ce soir ? Pas sûr…Lundi j’espére… Je vais continuer d’explorer Cassiopée avec M52, NGC7789 et M103 (Je jette un oeil dans le livre de JR Gilis pour voir à quoi il ressemble). M76 et NGC7662, je vérifie les chemins. Je veux aussi voir une galaxie, NGC7331, à l’angle droit d’un triangle rectangle avec Eta et Pi de Pégase. Je continuerai ensuite vers le Verseau et le Capricorne et chercherai M77 (que je n’ai pas trouvée cet été au Chili avec la TV60).
Autre objectif : Observer les amas globulaires du bas du Sagittaire qui est encore accessible en début de soirée. Je n’avais pas réussi à les voir cet été en Bretagne.

Soirée de dimanche : Trivial Pursuit….

Nuit du lundi 26 au mardi 27 : Le ciel s’est dégagé enfin, il reste quelques voiles mais cela ne s’annonce pas mauvais. Seul hic, une humidité d’anthologie, le tube du Kepler est déjà ruisselant alors que seule Vénus est visible en ce début de soirée. J’ai tout de suite filé sur M103, et ce coup-ci je vois bien la forme de la tête de flèche. Je ferai un petit croquis de mémoire le lendemain matin pour comparer ensuite à une image que je pourrais trouver dans la doc disponible ici, peut-être dans le Gilis.

http://img362.imageshack.us/img362/1705/m103crob22do.jpg

Je retrouve aussi NGC7789, amas un peu serré qui se résout assez bien en forçant un peu le Kepler, à 133X. Je pars ensuite à la recherche de mes cibles et me décourage un peu. C’est très humide et pas très plaisant d’aller feuilleter le Star Watch trempé, mettre les lunettes, positionner et allumer la frontale…Je renonce sur NGC7662 et parviens à trouver M76. La forme rectangulaire est évidente. Je profite de mon passage dans le coin pour trouver M34, amas ouvert assez étendu. Je trouve ensuite la galaxie NGC7331, petite et vue par la tranche... Du côté du Capricorne et du Verseau, M2, sur lequel je suis tombé un peu par hasard avec mes jumelles avant que celles-ci ne soient rendues inutilisables par l’humidité. Un petit globulaire, M72, et M73 juste à côté ((4 étoiles, petite chose intrigante, pourquoi est-ce un Messier ?) et un peu plus loin…NGC7009 ! La nébuleuse « Saturne ». La forme en est évidente, ainsi que la dominante verte. Superbe de finesse et de délicatesse ! Je ne pensais pas pouvoir trouver facilement cette petite nébuleuse… Je l’observe aussi dans la FS102 de Marc. Jolie ! Apochromatique ! Je réussis à voir – très faible – M74 dans les Poissons, et M77 après identification de la tête de la Baleine (la carte de repérage de Star Watch est assez pratique), galaxie pour laquelle j’ai eu un doute car je ne voyais que le centre, et les grossissements successifs semblaient ne rien changer. Mais ce point n’est pas une étoile, et il est bien à l’endroit indiqué par Harrington. Je vérifie le lendemain sur le Sky Atlas et relis la description de Harrington : J’ai bien vu M77.

L’humidité a fait fuir les autres membres du groupe, je reste seul. Le ciel est trop beau, et la Lune n’est pas encore levée, il n’est donc pas dans mes projets d’aller me coucher.

Et je trouve enfin NGC7662 ! Joie dans les chaumières ! J’ai détecté un point suspect avec le 31, et dès que je mets le 13, plus de doute. Un petit disque quasi parfait, vert-bleu (plutôt dans le vert je dirai). Je grossis jusqu’à 240 X pour bien voir cette forme circulaire de la nébuleuse planétaire. Très sympa. Ma satisfaction est grande mais je reste mesuré dans son expression, tout le monde doit dormir dans le gîte, je suis seul sous ciel noir du Quercy, au cœur d’une nuit digne des temps anciens. Au loin des moutons insomniaques bêlent. De temps à autre, un rapace nocturne survole l’observatoire du ciel profond….

Pour le dernier «inédit » de la nuit, ce sera M1 en fin de session (vers 1h30 - 1h40…). La Lune ne va maintenant plus tarder, et sa lumière me fera probablement rentrer dormir, mais pour le moment tout se passe bien, nonobstant l’humidité. Il ne fait pas froid, il y a des choses à voir, à admirer et à revoir. M1 est peu impressionnante. Une vague nébulosité. Il faut dire qu’elle est basse sur l’horizon. Ce sera une cible à détailler cet hiver. M33 est facile et il me semble deviner le sens de la « spirale ». M31 – 32 – 110 : C’est beau. Je me décide, je fais un dessin…de M110, M31 me paraissant un peu ardue pour une première tentative. Pas trop facile, le bloc est humide, je jongle avec ma frontale, les lunettes à mettre et à enlever en allant du Bic au Nagler et du Nagler au Bic. Voilà, c’est fait, 20 minutes de travail ardu et d’observation âpre, il faut des nerfs d’acier….On verra demain matin, en plein jour, ce qu’il y a sur ce croquis.

Je me fais plaisir avec M27 et M57 grossies à 240 X (je commence à prendre goût aux forts grossissements). M57 est facile à trouver avec les 15X70 qui ont fini par sécher un peu dans la maison. M15, bien résolu. Je tente les nébuleuses obscures Barnard 142 et 143 dans l’Aigle, d’après l’article de Sue French dans le Sky and Telescope de septembre. Je ne les vois pas. Article à mieux relire demain….Avant d’aller me coucher, plutôt heureux ma foi, je vais voir du côté de la Girafe et pense trouver la cascade de Kemble et NGC1502. C’est à vérifier car je ne suis pas sûr de l’emplacement. En tout cas, c’est bien beau.

Mardi matin : Je mets au propre mon dessin de M110. Un moyen sympa de replonger dans le voyage galactique de la nuit.

http://img360.imageshack.us/img360/6580/m1102lt.jpg

Ensuite, préparation de la prochaine nuit (ce soir ?).

http://img362.imageshack.us/img362/3237/cahier1bis9lt.jpg

Mardi 27 Septembre à mercredi 28 Septembre : Observation de 21 h à 2h. Malgré un démarrage maussade avec des passages nuageux (encore des moutons…) obstinément incessants, je persiste et, curieusement, vers 22h – 22h30 je ne sais plus très bien , seuls Jean-Yves et moi sommes encore dehors…Le ciel s’est finalement bien dégagé mais par contre, tout était encore très humide. Mes 15X70 ont été rapidement hors service (mais heureusement, pas le chercheur du Kepler). J’avais commencé à essayer de dessiner M57, interrompu par les nuages. J’ai plus tard essayé M103, dessiné M76 et revu M110 pour vérifier le dessin fait la veille. Au plan observations, la nuit fut finalement fructueuse. Voyons cela plus précisément.

J’ai retrouvé M52, NGC7789, M103. Peu à peu vient la familiarité avec ces objets. J’ai aussi, ce coup-ci, localisé avec certitude la cascade de Kemble et NGC1502, très petit amas ouvert. Repérage par triangulation via Alpha Persée et Capella. La cascade de Kemble est une vision féerique.

Je retrouve aussi NGC7331. NGC404, galaxie toute proche de Béta Andromède (Mirach) circulaire et facile, même avec Béta dans le champ.

Un tour sur M72, M73 et NGC7009 (Saturne). Très bien vu et confirmé M74 et M77, et trouvé M30 dans le Capricorne, qui est un globulaire pas énorme. Retour vers la zone Persée – Andromède pour trouver M34, et M76 que je dessine

http://img152.imageshack.us/img152/4699/test3tk.jpg

Je passe à nouveau un bout de temps sur M31 (Qui a dit qu’elle n’était intéressante qu’aux jumelles ? Non, non…Il faut l’observer aussi à plus fort grossissement – avec un grand champ si possible – il y a à voir, pour sûr !).

Vers la fin de la soirée, je me suis pointé sur le groupe M81 – M82 - NGC3077 – NGC2976, très faciles toutes les 4 malgré une faible hauteur sur l’horizon.

M1 n’est pas trop mal en grossissant un peu (9mm). J’ai aussi revu M2 qui est assez gros, et la petite série dans la Lyre (M57, M56, M27, M71) avant d’y aller.

Relevé des notes vocales prises au dictaphone :

Barnard 142 et 143 : E majuscule à l’envers, bien vu aux jumelles. La moitié du champ dans le 31, donc plus de 1°.

M2 : Pas trop mal résolu avec le 5. Assez gros, bien circulaire, assez étendu. Résolution en vision périphérique mais pas le centre.

M30 : Pas très gros, pas facile à résoudre. Extensions vers le bas, 3 extensions arachnéennes.
Cascade de Kemble : Très belle. NGC1502 : Pas très impressionnant. Avec le 13mm, 20 étoiles, 2 brillantes au milieu. Extension vers la droite d’une dizaine d’étoiles. Vague forme de flèche.

M71 : Commence à être résolu avec le 5 mm, des extensions.

M77 : Vraiment une galaxie miniature. A côté d’une étoile. Halo perçu en vision décalée

M74 : Super bien. Avec le 31. Magnifique, étendue, un peu longitudinale, un petit triangle à côté. Avec le 9, 1/3 du champ, soit 0.2 ° = 12’.

Mercredi 28 septembre : Deux fenêtres (brèves !) d’observation.
Première fenêtre : les étoiles sont là mais le ciel est médiocre, voilé. Tout d’abord une visite au Sagittaire pour les globs du bas : M54 et M69. Un doute persiste pour M70. Le ciel n’est pas terrible.
Je vais voir les objets de Cassiopée, M52, NGC7789 et M103. Puis Delta Céphée (double), Almach (double, la primaire est rouge-orangé et la secondaire est bleu-blanc), et Mesarthim (double, 2 blanches). Ca se couvre ! Ca se redécouvre vers 22h30. J’avais rangé, je ressors le matériel, faut pas mollir….Je retourne voir M76 et cherche en vain à voir les extensions. Je ne réussis pas vraiment à discerner les Barnard de l’Aigle (le E), ça semble un peu plus facile aux jumelles… Puis M74, la galaxie « difficile ». Elle est belle. Je la dessine vers 23h, mon troisième dessin !

http://img154.imageshack.us/img154/4096/m742ip.jpg

Je retrouve facilement M30 dans le Capricorne tant qu’il y en a…Ca se termine.

Jeudi 29 septembre : Soirée nulle, célestement parlant. Une brève éclaircie vers 22h. Je n’ai rien vu de particulier. Deviné Barnard 142/143 aux jumelles. Peut-être M76 aux jumelles… J’aimerais le vérifier demain soir en comparant avec le champ donné par le Nagler 31. Observé aussi M2…Bon, rien quoi !...

Préparation pour vendredi soir, la dernière nuit dans le noir de la France !

http://img362.imageshack.us/img362/5636/cahier21ic.jpg



Vendredi 30 septembre à samedi 1er octobre : C’est la dernière nuit. Le temps, très beau, très dégagé dans l’après-midi s’est assez brutalement couvert vers les 17 heures,…grrr….Mais le ciel s’est ensuite progressivement dégagé et c’est parti pour l’observation à partir de 20h30 (quelques nuages épars au début et ensuite très bien de 21h à minuit). Direction le Sagittaire pour bien compléter le programme d’été : Méticuleusement, avec le 13 (il est bien ce petit Nagler, le dernier arrivé dans ma collec..), j’ai repéré et identifié M54, M70, M69 et NGC6652. Je les ai ensuite retrouvés au 31 pour bien observer les situations respectives, l’environnement. d’étoiles de chacun. Je les retrouverai l’été prochain. Là, ils filent vers l’horizon. Bye les gars…

Les recherches :

Avec succès : NGC7331 – NGC7662/Blue Snowball (difficilement avec le 31, trouvée, perdue… J’ai fini par aller voir l’Atlas, maintenant c’est OK, je la tiens.) Pas pu trouver NGC7640, une galaxie supposée être toute proche de la nébuleuse. Depuis j’ai compris – après une discussion au café astro à Paris - que j’aurais du la chercher avec un plus fort grossissement. Ca rentre, petit à petit, ça rentre….
Je dessine M73, ce petit astérisme de 4 étoiles,

http://img223.imageshack.us/img223/56/m735it.jpg

…et je retrouve avec plaisir la verte NGC7009.

Sans succès : La galaxie NGC6946 et le globulaire NGC6939, dans Céphée. Je ne cherchais pas dans le bon coin ! Connaître nickel ses constellation est un minimum si on ne veut pas passer son temps le nez sur les cartes et la frontale en surchauffe.

Après plusieurs essais infructueux au cours de la soirée et pas mal d’efforts, je trouve enfin, entre M34 et Almach, la galaxie NGC891. Superbe ! Faible mais bien là, vue par la tranche. Je la dessine à 240X. Pas facile à ce grossissement, ça part vite ! Finalement la monture Dobson ce n’est pas forcément que des qualités.

http://img227.imageshack.us/img227/1957/ngc8916he.jpg

J’ai aussi pu voir 3 à 4 galaxies (petites !...) du quintet de Stefan dans le C8 de Fabrice, avec un suivi motorisé c’est vrai que cela facilite les choses….

Vers minuit, alors que les nuages vont bientôt amorcer leur retour néfaste, le ciel est encore plutôt bon, j’arrive à voir, en alternant vision périphérique et vision directe, M33 à l’oeil nu, en partant depuis la pointe du Triangle.

Ce sera ma dernière belle vision dans ce ciel du Quercy de l’Automne 2005.

Epilogue : Paris le samedi 1er Octobre, fin d’après-midi.

Oui la météo n’a pas été extraordinaire et même lorsque le ciel était dégagé, il y a eu pas mal d’humidité, mais cela dit, quel beau voyage là-haut ! Et j’ai aussi le sentiment d’avoir franchi une étape en commençant de dessiner ce que je voyais à l’oculaire, comme une façon de mieux voir, de mieux appréhender ces objets lointains. De pouvoir les mieux revoir ensuite, comme de vieilles connaissances…

Et je sors de cette semaine avec dans la tête l’idée d’acquérir un instrument de plus grand diamètre que mon 200, pour encore mieux plonger dans les cieux sombres, la prochaine fois…

Un 300 ? Un 400 ?...

Bibliographie sommaire:

Star Watch, Philip Harrington - John Wiley & sons, inc
J’observe le ciel profond avec une lunette de 60, Jean-Raphaël Gilis – Broquet
Cambridge Star Atlas, Will Tirion
Sky Atlas 2000, Will Tirion
Sky and Telescope, Sep 2005
Astrosurf, Septembre – Octobre 2005
Cloudy Nights – Small Wonders, Tom Trusock

Huygens
12/11/2005, 18h37
<u>Compte Rendu d’Observation Astronomique :
Pour le concours Webastro
C’est ma première</u>[/color]

Date : le Samedi 29 octobre à l’occasion de la Star Party pour la protection du ciel du Champ du Feu et pour la lutte contre la polution lumineuse en générale

Lieu : 5/5 Champ du Feu : c'est-à-dire, le seul endroit un peu vert en Alsace http://www.astrosurf.com/astrocdf67/ressources/carte_pollution_lumineuse_europe.jpg

Matériel : 0/5 :s Mon petit Meade DS-2114 AT 114/1000, deux oculaires (9 et 25mm / 31.75 au coulant) et pas de lampe de poche (ça commence bien), ni de raquette de commande (inutile)

Qualité du ciel :
Météo : 3/5 Passage fréquent de petits nuages. Certains reflètent de la lumière des villes en contrebas.

Lune : 5/5 Absente :be:

Turbulences : 4/5 RAS

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Les images sont trouvées sur Google et ne sont absolument pas de moi. Elles ne sont là que pour illustrer mes propos et rendre la lecture un peu plus plaisante.
J'ai sélectionné celles qui me semblaient le mieux illustrer mes observations, et non les plus "esthétiques"


____________


J’arrive au Champ du Feu, avec mon père. Le soleil n’est pas encore couché, je m’installe, entre un LX90 de 254mm et une énorme lunette dont je n’ai pas les dimensions et dont le propriétaire se trouve être un autre membre de mon club (SAFGA). En allant voir les autres instruments (plus de 80) je rencontre quelques personnes que je connais et avec qui je discute jusqu’à la tombée de la nuit.

Les choses sérieuses commencent.

Je ne connais pas encore très bien mon instrument que je n’ai pas depuis longtemps et avec qui je n’ai que rarement pu faire des observations corrects.

Je décide donc de commencer facile : les Pléiades se lèvent au Nord - Est. -oculaire 25mm- Elles étaient encore basses et je n’ai pas vu grand-chose -_-. Je suis donc un peu déçu de ne pas voir grand-chose, seulement une trentaine d’étoiles au compteur. Ce n’est pas grave, je reviendrai plus tard.

Donc, pour rester dans le facile : Andromède : Avec un peu d’aide de mon voisin j’apprends à pointer le carré de Pégase, direction Cassiopée, 1,2, 3 étoiles STOP !! on monte 1, 2, un peu à droite, ça y est, elle apparaît au chercheur. -oculaire 25mm- Quel spectacle !! elle remplit à peu près le champ de l’oculaire. On a envie de deviner le bleu de sa bordure. Bien sûr ce n’est pas un 300mm, mais on aime tellement la voir et se remémorer toutes nos connaissances sur cet astre. Petit bémol, pas moyen de trouver M32 à moins que ce ne fut un de ces 3 petits points lumineux que j’ai pris pour des étoiles. A l’œil nu, on la distinguait difficilement en vision décalée.
Quelques informations : Type : Galaxie en spirale
Distance Andromède - Voie Lactée : +/- 2.9 millions d'A/L
Découvreur : Al-Sufi
Galaxies satellites : M32 et NGC 209
http://www.skygrove.co.jp/eyebell/New_Folder/m31.jpg


Je commence à me rendre compte que des nuages, au nord, ramènent un peu de lumière et un chalet éloigné n’a rien trouvé de mieux que pointer un projecteur sur nous. Rien de grave, on voit bien la Voie Lactée à l’œil nu et en vision direct.


Je continue mon observation avec M13, l'amas globulaire d'Hercule. On m’aide en pointant la zone avec un laser, en effet, je n’avais pas réussi à la trouver tout de suite -on est un peu là pour apprendre-, je finis par la trouver. Elle apparaît comme un point un peu flou au chercheur et une petite nébulosité avec le 25mm, mais on distingue les principales étoiles avec le 9mm.
Quelques informations : Type : Amas globulaire
Distance M13 - Terre : environ 23 000 A/L
Découvreur : E. Halley (en 1714)
Nombre d'étoiles : environ 500 000

Après une petite pause sandwich qui m'a vallu d'être poursuivi par un chien "affamé" (enfin, il est quand même super gentil). Je décide de continuer avec Mars, « la rouge » :rover:. Mon autre voisin (avec le 254mm) en profite pour me faire une démonstration de collimation efficace (sur Polaris), c’est quand même mieux de voir ça en direct, maintenant je sais le faire ^^. Sur Mars et avec le 9mm, j’ai vu une tache noire que j’ai identifiée comme étant, si je ne me trompe pas, Syrtis Major.
Quelques informations sur Syrtis Major : Vaste région de plateaux cratérisés, est la formation la plus façile à reconnaître sur Mars (merci C&E !pomoi! )
http://mars.jpl.nasa.gov/gallery/atlas/images/sm.gif


Je retourne, vers les Pléiades qui sont maintenant très hautes. Avec la vision décalée, voilà une multitude d’étoiles.
Quelques informations : Type : Amas ouvert
Date de formation : il y a +/- 100 millions d'années
Evènement : proximité avec l'écliptique, ce qui entraine, conjonctions et occultations
http://www.plotinus.com/images/pleiades.jpg

Et pour finir en beauté, Orion commence, lui aussi, à prendre de la hauteur. Le temps commence à ce couvrir. Je termine donc avec ma préférée, M42, la grande nébuleuse d'Orion. Ce qui m’a surtout frappé, c’était le contraste entre la partie très lumineuse, pouponnière d’étoiles et le pilier sombre qui semble en sortir, c’est magique. M43, la nébuleuse du Mairan était aussi de la partie.
Quelques informations : Type : Nébuleuse pouponnière d'étoiles
Distance M42 - Terre : environ 1600 A/L
Dimensions : 20 A/L de diamètre
Découvreur : Huygens :banana:
http://www.astroimages.org/astrophotos/m42-2-14.jpg



Ma conclusion après cette soirée d’observation, c’est que ce qui compte en astronomie, ce n’est pas ce qu’on voit à l’oculaire, mais réellement les connaissances qu'on y ajoute.


____________



C'était ma première Croa, pour le concours Webastro 2005.... A vous les studios :spacecraft:

Littlesoket
17/11/2005, 20h25
Bonjour à tous,

De retour de vacances, je vous livre un Croa avec Gégé. ^^

Partis en Haute savoie pour les Lémanides mon mari et moi, je suis déçue par un temps couvert sur Vinzier. ( Décidement, deux rassemblements, deux fois le temps n'est pas bon ... :( )

Aprés discussions, rencontres, pic nic et boissons, nous décidons de ne pas en rester là. Nous nous verrons pour une nuit mémorable, ce mercredi soir, veille de fête nationale. ^^

Mercredi 13 juillet 2005 :

Aprés une aprés-midi au bord du rhône en haute Savoie, à faire bronzette et trempette pour les courageux ( l'eau est fraîche ) direction le plateau de retord dans l'Ain. C'est là que Gégé à jeté son dévolu.

<div align="center]http://img227.imageshack.us/img227/7742/img27763jc.jpg


http://img284.imageshack.us/img284/3550/img27842mz.jpg

Arrivée à 19h00, mise en place de la toile de tente pour Mme Gégé, qui a déjà les yeux qui pleurent des oreillers. Plantage des montures direction le Nord et direction la table et les sièges pour éviter une éventuelle hipoglycémie dans la soirée.

Il ne fait pas encore nuit, on observe un beau rapprochement de la Lune avec Jupiter. Mon mari s'essaye à la photo astro, c'est qu'il serait doué le bougre :b:

<div align="center]http://img275.imageshack.us/img275/3100/photodemonmari5bm.jpg


http://img275.imageshack.us/img275/5691/photodemonmarimoietmalulu6xj.jpg

La Lune toujours aussi belle, Jupiter danse de mille feux, elles décline mais garde de sa superbe !shifty!

<div align="center]http://img155.imageshack.us/img155/525/img28097tg.jpg

Quelques étoiles apparaîssent, Véga, Acturus, Antarés et ....... la Polaire. Allez c'est parti pour une mise en station. Gégé s'affaire sur son Orion Optics de 150 sur Sky view pro, il le met en station avec son viseur polaire ( qui je crois, ne l'utiliseras plus :be: ) et j'attends patiemment à coté de ma petite Lulu ( sky optic 80/480 ) sur ma grosse Heq5 pour qu'il m'apprenne à faire une croisée sur la polaire B) .

Chose faite, nous faisons un petit tour d'horizon sur les constellations alors visibles, la Lyre, le Cygne, la Grande Ourse, le Scorpion, le Sagittaire, le Dauphin ( si petite, par rapport aux autres :b: ), Cassiopée, Pérsée, bref presques toutes.

Allez aux tuyaux. Mon objectif à moi, ce soir, de la photo, de la photo et encore de la photo ^^ .
Gégé se concentre sur Albiréo, magnifique couleur, quoique les doubles ne m'interressent guère, mais c'est affaire de goût. Arnaud, mon casse croûte s'y interresse un peu, il nous a d'ailleurs fait une photo d'enfer que je vais proposer à AM, Rachel la moitiè de Gégé, s'est déjà emballée dans le sac de couchage sous la tente à scier du bois !shifty!

Petite photo avec le 300D au foyer du noble tuyau de gégé sur M57, perdue au milieu des étoiles, magnifique en grand champ. Puis vient le tour des dentelles du Cygne, roh :s je ne les avais jamais vues, qu'elles sont belles :b: . La Lune se couche, je laisse Gégé sur son tuyau, je vais voir ma Lulu, le 300d et direction Jupiter, M17, M20, M8 un amas ouvert dont je ne connais pas le nom bref que de belles choses, ma petite Lulu me montre de superbes choses à l'oculaire, le 300 d est là pour me montrer les couleurs. :p
Toutes les photos sont brutes, elles ne sont pas encore compositées ni traitées. Temps de pose variant de 45 sec à 120 sec, à 1600 ISO.

<div align="center]http://img330.imageshack.us/img330/299/img28499ky.jpg


http://img337.imageshack.us/img337/2599/52wl.jpg

Direction Hercule et M13, tiens Gégé aussi, on a eu la même idée. Je regarde M13 dans ma petite Lulu, oui bon cela reste une 80 mm ( vais donner raison à Seb avec sa 80 ed :( <_< !pomoi! ). Je vais regarder dans le tuyau de Gégé, :b: ouah, l'oculaire qu'il a mis là, c'est épatant, magnifiiiiiiiiiiiiiiiiiiiique.

La voie lactée est superbe, je m'attarde à regarder le ciel à l'oeil nu, spectacle de toute beauté. Le double amas de persée et M31 sont maintenant bien visibles à l'oeil nu. Il est 01h30, Arnaud est encore debout :b: , Gégé lui montre ces deux objets aux jumelles. Interressé mais sans plus.

Moi je continue mes allers et retours entre ma Lulu et le 300d et le 150 de Gégé. ( c'est du sport ). Arnaud nous fait un petit café avant d'aller dormir dans la voiture.
Clic sur le double amas de Persée puis peu aprés direction M31.

<div align="center]http://img294.imageshack.us/img294/9976/49bi.jpg


http://img204.imageshack.us/img204/5274/img29228qv.jpg

Il est 02h30, mes yeux se fatiguent, ils font de la rebellion, Gégé lui est en forme. Je fais quelques photos grand champ, range mon materiel et vais voir Gégé qui veut absolument me faire voir Uranus, malheureusement il n'y arrive pas, le ciel est peut être trop clarteux ( le lendemain en regardant la carte on se rendra compte qu'on etait à 60 km à vol d'oiseau de Lyon et à 20 km de Genéve, on comprend mieux pourquoi il ne faisait pas totalement nuit :confused: , mais on s'en fout le ciel etait beau ^^ )

Un petit tour sur Mars pour finir, on devine la calotte polaire mais il y trop de turbulences, il est 03h00 mes yeux ne suivent plus, ils ne veulent plus regarder, gégé rejoint rachel pour scier du bois ensemble, moi Arnaud dans la voiture.


Une belle nuit.

Au plaisir d'observer de nouveau avec toi Autruchon

Vanessa. ^^

ursamajor
20/11/2005, 13h57
Voici donc mon ... "oeuvre" ... :be:

<span style="font-size:24pt;line-height:100%]Compte Rendu d’Observation Astronomique[/color]


Phénomène observé : Rapprochement de la planète Mars
Durée de l’observation : Du 30 Juillet 2005 au 13 novembre 2005
Matériel utilisé :
- Lunette astronomique Fréhel 120/1000 (oculaire de 9.7 mm)
- Œil nu
- Appareil Photo numérique Canon IXUS 300 (selon la disponibilité)



L’astronomie, c’est le ciel, les yeux, la passion, mais on oublie aussi que l’astronomie, c’est aussi les calculs :s ! Je commencerai donc ce C.R.O.A. par le calcul de la date du rapprochement maximal Terre/Mars (périgée). Je vous conterai aussi quelques-unes de mes observations et je clôturerai ce C.R.O.A. par un résumé et un bilan de celui-ci. J’ai essayé de faire un maximum de photos, mais l’appareil ne m’appartenant pas, j’ai été assez limité … !pomoi!


A) Quelques informations sur l’astre observé, Mars[/color]

Quelle frustration que de préparer une observation et au dernier moment, voir tout son travail tomber … à l’eau, ou plutôt sous l’eau car la pluie fait son apparition et ne repart (avec les nuages ) qu’une à deux semaines plus tard :( ! Donc pour patienter, on lit et on trouve des tas d’informations sur Mars qu’il me semble utile de communiquer :) ! Cela ne sert à rien de prendre des photos ou de regarder des choses dont on ne sait rien (ou presque !) <_< .

<u> :>::" border="0" alt="icon_arrow.gif" /> Quelques chiffres sur Mars :</u>
- Diamètre :________________________________6 786 km
- Distance du soleil :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _227 940 000 km
- Vitesse orbitale____________________________24,13 Km/s
- Un « jour » :
* durée d’une rotation : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _24 h 37 min
* d’un levé de soleil à l’autre :____________24 h 38 min
- Masse (Terre = 1)_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _0.11
- Densité moyenne (eau = 1) :__________________3.95
- Pesanteur (Terre = 1) :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _0.38
- Températures de surfaces :___________________de – 120°C à + 25°C
- Structure : Planète tellurique, avec un noyau probablement composé de fer solide (s’il, avait été liquide, un champ magnétique aurait été détecté, ce qui n’a pas été le cas)
- Atmosphère : CO2 (majoritairement), Azote (N) & argon (Ar)
- spécificités : Plus grand volcan du système solaire (Mont Olympus ; 26 km de hauteur), nombreux cratères, chaînes de montagne et canyons (probablement dus à une présence d’eau). Sa surface est régulièrement balayée par des tempêtes de poussières.
- Satellites :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _2 (Phobos & Deimos)


<u> :>::" border="0" alt="icon_arrow.gif" /> Un peu d’histoire : </u>

Le nom de Mars a été donné par les romains, Mars étant leur dieu de la guerre et sa couleur rouge caractéristique rappelant cela (feux et destruction). Ses satellites n’y échappent pas, leurs noms ( Phobos et Deimos ) proviennent des chevaux du char du dieu en question, et signifient respectivement terreur et panique.
Ces derniers sont de forme irrégulière et se situent respectivement à 9 380 km et 23 460 km de la surface martienne. Du fait de l’attraction de la planète, Phobos devrait heurter sa surface dans quelques 50 millions d’années. En ce qui concerne la vie sur Mars, la question et toujours d’actualité et le fait que la présence d’eau liquide à 1 km de profondeur est une hypothèse sérieuse a pour conséquence de faire naître dans nos esprits bien des suppositions…



B ) Calculs Préliminaires[/color]

<u>1) Convertir les coordonnées données par le logiciel Winstar (degrés, minutes, secondes) en degrés décimaux :</u>

Pour cela, il faut prendre des coordonnées à intervalles fixes (içi, tous les dimanche à 2h00 entre le 25 septembre et le 25 décembre)
Cela est possible grâce à la formule suivante :
Degré +[ [ minutes + (secondes / 60) ] / 60] = degrés décimaux

Exemple, avec l’ascension droite du 25 septembre : 3° 25’ 17.9’’
3 + [ [ 25 + (17.9 / 60 ) ] /60 ] = 3,42 (arrondi à 10-2 près)

<u>2) Cela donne le tableau suivant </u> ( pour l’ascension droite et la déclinaison ) :

Dates ____________Ascension droite__________________________Déclinaison_______ ___________
_ _ _ _ degrés _ _ Minutes _ secondes_ valeur décimale_degrés_minutes_ seconde_ valeur décimale

25-sept _ _ 3 _ _ _ _ _25 _ _ _17.9 _ _ _ _ _ 3,42_ _ _ _ _ 16 _ _ _ 13 _ _ _ _ 7,10 _ _ _ _ _16,22
02-oct____ 3 _______ 26 ____14,1 ________3,44 _______ 16_____29_______25,3_______ 16,49
09-oct _ _ _3 _ _ _ _ _24_ _ _ 29,2 _ _ _ _ _ 3,40_ _ _ _ _ 16 _ _ _ 37 _ _ _ _ 49,2 _ _ _ _ _16,62
16-oct____ 3 _______ 19 ____46,4 ________3,32 _______ 16_____38_______12,3_______ 16,64
23-oct_ _ _ 3 _ _ _ _ _12 _ _ _23,9 _ _ _ _ _ 3,20_ _ _ _ _ 16 _ _ _ 30 _ _ _ _ 46,8 _ _ _ _ _16,50
30-oct____ 3________ 3_____2,9 _________3,05 _______ 16_____16_______34,3_______ 16,27
06-nov_ _ _2 _ _ _ _ _52 _ _ _44,8 _ _ _ _ _ 2,87_ _ _ _ _ 15 _ _ _ 57 _ _ _ _ 49,1 _ _ _ _ _15,95
13-nov____2 _______ 42_____40,8________2,70 _______ 15_____37_______58.0_______ 15,62
20-nov_ _ _2 _ _ _ _ _33 _ _ _ 56,9 _ _ _ _ _2,55_ _ _ _ _ 15 _ _ _ 21 _ _ _ _ 0,70 _ _ _ _ _15,35
27-nov____2 _______ 27_____21,4________2,45 _______ 15_____10_______32,2_______ 15,17
04-déc_ _ _2 _ _ _ _ _23 _ _ _20,6 _ _ _ _ _ 2,39_ _ _ _ _ 15 _ _ _ 8 _ _ _ _ 58,20 _ _ _ _ _15,14
11-déc____2 _______ 22 _____1,2 ________2,37 _______ 15______17_______21,6_______15,29
18-déc_ _ _2 _ _ _ _ _23 _ _ _ _17 _ _ _ _ _ 2,39_ _ _ _ _ 15 _ _ _ _35 _ _ _ _ 34.0 _ _ _ _ _15,59
25-déc____2 _______ 26______54 ________ 2,44 _______ 16______2_______39,1 _______16,04

Ces données proviennent des coordonnées locales données par le logiciel Winstar, et la différence avec les données provenant des coordonnées géocentriques est négligeable.

<u>3) Après avoir dressé un graphique et appliqué la méthode des tangentes, je trouve deux dates différentes : </u>

L’une provenant des valeurs d’ascension droite, l’autre de la déclinaison (cf. graphiques ; annexe). Ces mesures ont été faites à la main et les traits figurants sur le graphique ne sont la que pour illustrer la méthode utilisée :be: .

<u>4) Les dates trouvées sont les suivantes : </u>

- Le 4 novembre 2005
- Le 7 novembre 2005
>>>> Je cherche donc la date moyenne et je trouve le 5 novembre 2005 !ph34r!

<u>5) Vérification des données : </u>

La date officielle du périgée est fixée au 31 octobre 2005, ce qui me donne une erreur de 5 jours. De plus, le 5 novembre dernier, les éphémérides du lo