duschnok
21/07/2005, 10h17
CROA 20 juillet 2005
hier soirée unique
j'étais en ville avec des amis (rassurez vous, je vais bien faire un croa... un peu spécial). Nous sommes dans ce qui est pour moi le meilleur bar de la planète, la cale sèche rue gambetta à toulouse (rhum arrangé = nectar des dieux pour moi)
bon, ça enfile, modérément mais ça enfile. je dis ça juste pour situer mon état d'esprit
il est 1H30, je suis.... plus tout à fait sobre, j'ai 40 bonnes minutes de marche pour rentrer à la maison, et le lendemain j'ai stage... allez, il est temps de rentrer. c'est alors que je vois le ciel
remarque un: au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, c'est la pleine lune.
remarque deux: je crois que c'est la pleine lune la plus lumineuse de l'année.
eh bien, m'attendant à un ciel blanchâtre aux reflets roses dûs à l'éclairage urbain, je vois.... un ciel bleu profond, proche du noir!!!!!!!!!!!!
pas de turbu, pas de pollution, un ciel limpide, d'une couleur à vous pousser dans les méandres profonds d'un rêve psychédélique. c'est la fête dans ma tête. Je repense à la veille, où de petits nuages pommelés couraient le ciel. Celui-ci était bleu, leur face inférieure était pour ainsi dire rouge fluo grâce aux gentils lampadaires toulousains, et la partie supérieur franchement blanche grâce à la lune... Un ciel de 14 juillet. Mais là, rien de tout ça.
je suis en pleine rue, un rien saoûl, et je vois une, deux....8 étoiles, alors que ma vue est barrée par les maisons de la ruelle étroite, sur un champ minuscule, avec au bas mot 30 lampadaires à la fois dans la gueule, et que je n'ai pas mes lunettes (très légère correction, mais pour voir les étoiles ça aide déjà pas mal).
il faut préciser qu'à ce moment je suis entre wilson et esquirol, c'est à dire plein centre.
Tout le chemin du retour, face au sud, je vois la lune en plein. Elle est ronde, lisse, parfaite... une image d'art. Le ciel bleu-noir me fait de l'oeil. J'ai vraiment l'impression de n'avoir jamais vu de bleu si pur, sans reflet rouge, de ma vie à toulouse (qui a being 13 ans). Me retenant de laisser une traînée baveuse sur le sol, je poursuis ma route. entre deux immeubles, je vois cassiopée qui vient rejoindre le cygne, jaloux de sa position dominante là-haut et du regard admiratif que lui portent les petits astronomes amateurs ici bas. Elle est nette, bien détachée, et pourtant à seulement 30 degrés max de l'horizon. je me dis que sans la lune, cette nuit là, on aurait vu la voie lactée en plein centre ville toulousain.
2H du mat, je vais pas tarder à arriver, toujours parfait. le ciel semble figé tant il est lisse, tant il n'y a aucun scintillement même sur l'horizon. C'en est presque surnaturel. je me prends à chercher des causes: il est tard, l'éclairage urbain est peut être à régime "faible" (certaines villes diminuent l'éclairage public entre 2 et 5 heures du mat... c'est flagrant à lyon, où on voit le ciel se rallumer comme une ampoule sur le coup de 5H). De plus, en été les toulousains fuient la chaleur. La ville est vide donc peu polluée.
Enfin, je continue mon chemin, marchant seul en plein milieu de la route vers ma destinée avec ce ciel de film de science fiction au-dessus de la tête. j'aurai été transporté dans une autre époque, sur une autre planète, en un autre lieu, que ça ne m'étonnerait pas plus que ça.
j'arrive à la maison. un/deux/trois/quatre/cinq verres d'eau pour se réhydrater (le rhum c'est bien bon mais contre la soif.... pas top) et hop, je sors direct dans le jardin. tant pis pour le stage. Par contre, je laisse biquet (mon télescope) dans sa boîte. en fait, il s'appelle biquet car j'ai un ami dont les surnoms sont "gros" (tout court, pas de le) et "biquet". Epais de corps et d'esprit (meuh non brice je blagueuh) son surnom va parfaitement pour la bébête.
mais ce soir, donc, biquet reste au lit.
boire ou sortir le tube, il faut choisube. j'ai choisi quelques heures plus tôt.
Donc, je sors dans le jardin avec mes lunettes de vue et mes jumelles qui, comme quoi les choses sont bien faites, dormaient tranquillement à 20cm de la porte du jardin, n'attendant que l'occasion de sortir.
Premier geste, je me tourne vers le nord. Le ciel est bleu noir: je n'avais jamais vu ça. Je suis au sud de toulouse, mon regard traverse donc tout le ciel urbain, eh bien pas une goutte de rouge. On en verrrait toutes les étoiles de la petite ourse. Ma bouche pend, j'arrose les fleurs odorifiques à l'odeur saisissante et musquée du jardin. Les étoiles sont presque nombreuses au-dessus de ma tête. hop là, il est temps de sortir les jumelles
Attention mesdames et messieurs, un peu de respect. Une petite courbette s'impose. Ces lunettes ont vingt ans, ont fait un peu de globe trottage, ont coulé (grâce à moi) au fond d'un port par huit mètres de profondeur, où le plongeur local est allé les repêcher sous, selon ses termes un mètre de vase. disons donc 20cm.
J'oriente les jumelles vers la lune. Elle semble d'une sphéricité parfaite. Je cale les caoutchoucs de chambre à air de vélo qui protègent et serrent les oculaires, un petit coup sur le fil de pêche qui maintient les deux moitiés ensemble par autre chambre à air interposée pour essayer de restaurer le parralélisme. Parfois ça marche, mais pas là. L'oeil gauche est handicapé par la vase qui est restée dans les lunettes, l'image est floue et baveuse. Donc, oeil droit.
PARFAIT. au 115/900 je n'aurais pas vu plus de détails. Et le 200/1000 dort à l'abri de mes gestes maladroits. La lune est belle, contrastée. le moindre cratère semble se découper, comme si ce que je voyais était rehaussé d'un vancittert parfaitement maîtrisé. Tout juste si le grossissement de 40x (je crois) des jumelles ne me révèle pas le drapeau laissé par armstrong et ses petits copains là haut sur la boule blanche. Je n'ai jamais vu ça.
revenons à l'oeil, plus lunettes de vue. Le contraste est saisissant, je n'avais jamais vu des mers aussi sombres et découpées sur des reliefs aussi blancs... c'est tellement net que j'ai du mal à voir le visage de sélénée car le flou artistique nécessaire à l'imagination n'est pas là.
il se fait tard. je reprends les jumelles, les tourne vers la voie lactée, cherche M57. je ne trouve rien. tant pis, il est temps d'aller se pieuter. mine de rien, on approche les trois heures du mat.
Je finis enfin la journée dans un final éblouissant, quand une force inconnue, une puissance astrale ancienne, peut être même cthulhu lui même, me retient par l'arcade sourcilière, le menton et le coude droit, et me rappelle solennellement au jardin dans un grand BONK.
la nuit, les portes vitrées sont transparentes...
hier soirée unique
j'étais en ville avec des amis (rassurez vous, je vais bien faire un croa... un peu spécial). Nous sommes dans ce qui est pour moi le meilleur bar de la planète, la cale sèche rue gambetta à toulouse (rhum arrangé = nectar des dieux pour moi)
bon, ça enfile, modérément mais ça enfile. je dis ça juste pour situer mon état d'esprit
il est 1H30, je suis.... plus tout à fait sobre, j'ai 40 bonnes minutes de marche pour rentrer à la maison, et le lendemain j'ai stage... allez, il est temps de rentrer. c'est alors que je vois le ciel
remarque un: au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, c'est la pleine lune.
remarque deux: je crois que c'est la pleine lune la plus lumineuse de l'année.
eh bien, m'attendant à un ciel blanchâtre aux reflets roses dûs à l'éclairage urbain, je vois.... un ciel bleu profond, proche du noir!!!!!!!!!!!!
pas de turbu, pas de pollution, un ciel limpide, d'une couleur à vous pousser dans les méandres profonds d'un rêve psychédélique. c'est la fête dans ma tête. Je repense à la veille, où de petits nuages pommelés couraient le ciel. Celui-ci était bleu, leur face inférieure était pour ainsi dire rouge fluo grâce aux gentils lampadaires toulousains, et la partie supérieur franchement blanche grâce à la lune... Un ciel de 14 juillet. Mais là, rien de tout ça.
je suis en pleine rue, un rien saoûl, et je vois une, deux....8 étoiles, alors que ma vue est barrée par les maisons de la ruelle étroite, sur un champ minuscule, avec au bas mot 30 lampadaires à la fois dans la gueule, et que je n'ai pas mes lunettes (très légère correction, mais pour voir les étoiles ça aide déjà pas mal).
il faut préciser qu'à ce moment je suis entre wilson et esquirol, c'est à dire plein centre.
Tout le chemin du retour, face au sud, je vois la lune en plein. Elle est ronde, lisse, parfaite... une image d'art. Le ciel bleu-noir me fait de l'oeil. J'ai vraiment l'impression de n'avoir jamais vu de bleu si pur, sans reflet rouge, de ma vie à toulouse (qui a being 13 ans). Me retenant de laisser une traînée baveuse sur le sol, je poursuis ma route. entre deux immeubles, je vois cassiopée qui vient rejoindre le cygne, jaloux de sa position dominante là-haut et du regard admiratif que lui portent les petits astronomes amateurs ici bas. Elle est nette, bien détachée, et pourtant à seulement 30 degrés max de l'horizon. je me dis que sans la lune, cette nuit là, on aurait vu la voie lactée en plein centre ville toulousain.
2H du mat, je vais pas tarder à arriver, toujours parfait. le ciel semble figé tant il est lisse, tant il n'y a aucun scintillement même sur l'horizon. C'en est presque surnaturel. je me prends à chercher des causes: il est tard, l'éclairage urbain est peut être à régime "faible" (certaines villes diminuent l'éclairage public entre 2 et 5 heures du mat... c'est flagrant à lyon, où on voit le ciel se rallumer comme une ampoule sur le coup de 5H). De plus, en été les toulousains fuient la chaleur. La ville est vide donc peu polluée.
Enfin, je continue mon chemin, marchant seul en plein milieu de la route vers ma destinée avec ce ciel de film de science fiction au-dessus de la tête. j'aurai été transporté dans une autre époque, sur une autre planète, en un autre lieu, que ça ne m'étonnerait pas plus que ça.
j'arrive à la maison. un/deux/trois/quatre/cinq verres d'eau pour se réhydrater (le rhum c'est bien bon mais contre la soif.... pas top) et hop, je sors direct dans le jardin. tant pis pour le stage. Par contre, je laisse biquet (mon télescope) dans sa boîte. en fait, il s'appelle biquet car j'ai un ami dont les surnoms sont "gros" (tout court, pas de le) et "biquet". Epais de corps et d'esprit (meuh non brice je blagueuh) son surnom va parfaitement pour la bébête.
mais ce soir, donc, biquet reste au lit.
boire ou sortir le tube, il faut choisube. j'ai choisi quelques heures plus tôt.
Donc, je sors dans le jardin avec mes lunettes de vue et mes jumelles qui, comme quoi les choses sont bien faites, dormaient tranquillement à 20cm de la porte du jardin, n'attendant que l'occasion de sortir.
Premier geste, je me tourne vers le nord. Le ciel est bleu noir: je n'avais jamais vu ça. Je suis au sud de toulouse, mon regard traverse donc tout le ciel urbain, eh bien pas une goutte de rouge. On en verrrait toutes les étoiles de la petite ourse. Ma bouche pend, j'arrose les fleurs odorifiques à l'odeur saisissante et musquée du jardin. Les étoiles sont presque nombreuses au-dessus de ma tête. hop là, il est temps de sortir les jumelles
Attention mesdames et messieurs, un peu de respect. Une petite courbette s'impose. Ces lunettes ont vingt ans, ont fait un peu de globe trottage, ont coulé (grâce à moi) au fond d'un port par huit mètres de profondeur, où le plongeur local est allé les repêcher sous, selon ses termes un mètre de vase. disons donc 20cm.
J'oriente les jumelles vers la lune. Elle semble d'une sphéricité parfaite. Je cale les caoutchoucs de chambre à air de vélo qui protègent et serrent les oculaires, un petit coup sur le fil de pêche qui maintient les deux moitiés ensemble par autre chambre à air interposée pour essayer de restaurer le parralélisme. Parfois ça marche, mais pas là. L'oeil gauche est handicapé par la vase qui est restée dans les lunettes, l'image est floue et baveuse. Donc, oeil droit.
PARFAIT. au 115/900 je n'aurais pas vu plus de détails. Et le 200/1000 dort à l'abri de mes gestes maladroits. La lune est belle, contrastée. le moindre cratère semble se découper, comme si ce que je voyais était rehaussé d'un vancittert parfaitement maîtrisé. Tout juste si le grossissement de 40x (je crois) des jumelles ne me révèle pas le drapeau laissé par armstrong et ses petits copains là haut sur la boule blanche. Je n'ai jamais vu ça.
revenons à l'oeil, plus lunettes de vue. Le contraste est saisissant, je n'avais jamais vu des mers aussi sombres et découpées sur des reliefs aussi blancs... c'est tellement net que j'ai du mal à voir le visage de sélénée car le flou artistique nécessaire à l'imagination n'est pas là.
il se fait tard. je reprends les jumelles, les tourne vers la voie lactée, cherche M57. je ne trouve rien. tant pis, il est temps d'aller se pieuter. mine de rien, on approche les trois heures du mat.
Je finis enfin la journée dans un final éblouissant, quand une force inconnue, une puissance astrale ancienne, peut être même cthulhu lui même, me retient par l'arcade sourcilière, le menton et le coude droit, et me rappelle solennellement au jardin dans un grand BONK.
la nuit, les portes vitrées sont transparentes...