Jeff Hawke
27/08/2005, 18h43
Samedi 6 Août, vers 10 h (heure locale) Santiago du Chili. Voilà qui représente pas mal de chemin depuis le Cap Sizun que nous avons quitté pour Paris le mercredi, pour entamer le vendredi quelque chose comme 2 4 heures de voyage, avec un vol sur Francfort pour prendre un Airbus 340 de la Lufthansa (l'Airbus 340 est très bel avion, stable et silencieux, mais la classe Eco de Lufthansa est du genre boite à sardines...), une escale technique à Sâo Paulo et après l'été breton, voilà l'hiver chilien. Il fait frais, le ciel est gris. Il n'y aura pas d'étoiles ce soir depuis Santiago, mais demain un avion de Lan Chile nous emmenera vers le Nord, à Antofagasta, et de là nous partirons avec l'équipe chilienne (guide chef d'expédition, équipe, chauffeur cuistot...) vers l'Altiplano.
Dimanche soir Oasis de Tilomonte. Au Sud de San Pedro de Atacama, cette île de verdure au milieu du désert, est à un peu plus de 2000 m. Pour démarrer l'acclimatation à l'altitude. La nuit tombe vite, vers 19h, c'est le tropique (du Capricorne). Le froid aussi. Et le ciel austral aussitôt surgit, avec Alpha et Béta du Centaure et la Croix du Sud. Je suis heureux de la revoir celle-là. Dès que la nuit sera plus établie, j'irai saluer la boite à bijoux aux jumelles.
Par rapport à la Bretagne, j'ai troqué la TV76 pour la TV60 avec un petit pied photo léger (muni d'une tête pas terrible, à mouvements saccadés et peu précis...). J'ai emmené le Panoptic 22 et les Naglers 9 et 3.5. J'ai aussi, bien entendu, mes Oberwerk 15X70. J'étais au taquet pour le bagage à main. Et aussi pour le poids total du bagage en soute. Pour la documentation : A walk through the southern sky de M Heifetz & Wil Tirion (encore lui...le cartographe stellaire omniprésent), éditions Cambridge. c'est un très bon petit bouquin pour apprendre à s'y retrouver dans ces constellations étranges. Et j'ai des copies (à usage privé...) couleurs du Cambridge atlas.
Bon, disons-le, le ciel est très vite génial. J'ai du mal à ne pas m'extraire du repas du soir au bivouac, avec le groupe et l'équipe (Pisco en apéro, vin chilien, poissons, le Chili est un pays maritime, il y a plein de poissons succulents) pour m'éloigner des feux. Je dîne avec mes jumelles autour du cou.... Et commence à me balader dans les constellations de par ici : La Mouche, la Carène, le Pavo, le Centaure bien sûr, magnifique, le Loup, Ara, le Triangle Austral...Je teste et commence à pratiquer mes alignements. Je compte observer un peu avec la TV60 ce soir, mais je sais que le froid, l'altitude, le décalage horaire,... tout cela risque d'abréger ce premier voyage au pays des merveilles.
21 h : Sitôt à l'écart des feux du camp, je suis littéralement entouré d'un ciel incroyable : une Voie Lactée d'un horizon à l'autre, avec des structures complexes, sombres et claires, le Scorpion au zénith avec M6, M7 NGC6231 clairement visibles dans leur extension, à l'oeil nu, et pas en décalé...en direct, paf ! Le Sagittaire, M20, M24 !
Evidemment, et malgré la préparation livresque faite à Paris, je suis un peu perdu dans ce ciel. J'explore quand même la vallée des merveilles en descendant dans la Carène à partir de l'alignement Gamma et Delta de la Croix du Sud : il y a les Pleïades australes d'un côté et la nébuleuse Eta Carina de l'autre, précédées d'amas ouverts (I2944, NGC3572 et NGC3532, d'autres plus petits...). Et au-dessus de la Croix, Oméga, ce bon vieux monstre globulaire et NGC5128 que je retrouve (j'avais vu cette galaxie depuis le Sahara marocain avec la TV60 en février dernier) et qui apparaît bien, dans la lunette et aux jumelles, comme pas régulière en son centre.
Il fait vraiment noir, de chez noir. En retournant vers ma tente dans le froid - il y a du vent, brr... - je me prend les pieds dans un sournois caillou de l'Atcama et me rétame avec mes jumelles autour du cou et la TV60 (fixée à son pied photo).... malin ! La TV60 est sauve mais les jumelles ont pris un peu de sable du désert sur un des objectifs. Je ne vais pas nettoyer ça ici, pas question de rayer l'optique ou d'abîmer le traitement anti-reflets. On fera avec.
Vers 3 heures je me relève, le vent est tombé, tout est calme et sombre, le ciel est d'une beauté et d'une puissance... Je reste une bonne demi heure simplement à regarder comme ça, à l'oeil nu comme dans une coupole d'un vaisseau spatial géant. Ici le ciel descend jusqu'à l'horizon, vraiment jusqu'au bord de la planéte. Les Pleïades australes, qui ont tourné autour du du pôle Sud céleste depuis hier soir, se lèvent. C'est magique à l'oeil nu et aux jumelles. Emerveillé, mais mort de fatigue, transi de froid, probablement un peu en manque d'oxygène, je me force à retourner dans la tente et à me réenfouir dans mon duvet.
Dimanche soir Oasis de Tilomonte. Au Sud de San Pedro de Atacama, cette île de verdure au milieu du désert, est à un peu plus de 2000 m. Pour démarrer l'acclimatation à l'altitude. La nuit tombe vite, vers 19h, c'est le tropique (du Capricorne). Le froid aussi. Et le ciel austral aussitôt surgit, avec Alpha et Béta du Centaure et la Croix du Sud. Je suis heureux de la revoir celle-là. Dès que la nuit sera plus établie, j'irai saluer la boite à bijoux aux jumelles.
Par rapport à la Bretagne, j'ai troqué la TV76 pour la TV60 avec un petit pied photo léger (muni d'une tête pas terrible, à mouvements saccadés et peu précis...). J'ai emmené le Panoptic 22 et les Naglers 9 et 3.5. J'ai aussi, bien entendu, mes Oberwerk 15X70. J'étais au taquet pour le bagage à main. Et aussi pour le poids total du bagage en soute. Pour la documentation : A walk through the southern sky de M Heifetz & Wil Tirion (encore lui...le cartographe stellaire omniprésent), éditions Cambridge. c'est un très bon petit bouquin pour apprendre à s'y retrouver dans ces constellations étranges. Et j'ai des copies (à usage privé...) couleurs du Cambridge atlas.
Bon, disons-le, le ciel est très vite génial. J'ai du mal à ne pas m'extraire du repas du soir au bivouac, avec le groupe et l'équipe (Pisco en apéro, vin chilien, poissons, le Chili est un pays maritime, il y a plein de poissons succulents) pour m'éloigner des feux. Je dîne avec mes jumelles autour du cou.... Et commence à me balader dans les constellations de par ici : La Mouche, la Carène, le Pavo, le Centaure bien sûr, magnifique, le Loup, Ara, le Triangle Austral...Je teste et commence à pratiquer mes alignements. Je compte observer un peu avec la TV60 ce soir, mais je sais que le froid, l'altitude, le décalage horaire,... tout cela risque d'abréger ce premier voyage au pays des merveilles.
21 h : Sitôt à l'écart des feux du camp, je suis littéralement entouré d'un ciel incroyable : une Voie Lactée d'un horizon à l'autre, avec des structures complexes, sombres et claires, le Scorpion au zénith avec M6, M7 NGC6231 clairement visibles dans leur extension, à l'oeil nu, et pas en décalé...en direct, paf ! Le Sagittaire, M20, M24 !
Evidemment, et malgré la préparation livresque faite à Paris, je suis un peu perdu dans ce ciel. J'explore quand même la vallée des merveilles en descendant dans la Carène à partir de l'alignement Gamma et Delta de la Croix du Sud : il y a les Pleïades australes d'un côté et la nébuleuse Eta Carina de l'autre, précédées d'amas ouverts (I2944, NGC3572 et NGC3532, d'autres plus petits...). Et au-dessus de la Croix, Oméga, ce bon vieux monstre globulaire et NGC5128 que je retrouve (j'avais vu cette galaxie depuis le Sahara marocain avec la TV60 en février dernier) et qui apparaît bien, dans la lunette et aux jumelles, comme pas régulière en son centre.
Il fait vraiment noir, de chez noir. En retournant vers ma tente dans le froid - il y a du vent, brr... - je me prend les pieds dans un sournois caillou de l'Atcama et me rétame avec mes jumelles autour du cou et la TV60 (fixée à son pied photo).... malin ! La TV60 est sauve mais les jumelles ont pris un peu de sable du désert sur un des objectifs. Je ne vais pas nettoyer ça ici, pas question de rayer l'optique ou d'abîmer le traitement anti-reflets. On fera avec.
Vers 3 heures je me relève, le vent est tombé, tout est calme et sombre, le ciel est d'une beauté et d'une puissance... Je reste une bonne demi heure simplement à regarder comme ça, à l'oeil nu comme dans une coupole d'un vaisseau spatial géant. Ici le ciel descend jusqu'à l'horizon, vraiment jusqu'au bord de la planéte. Les Pleïades australes, qui ont tourné autour du du pôle Sud céleste depuis hier soir, se lèvent. C'est magique à l'oeil nu et aux jumelles. Emerveillé, mais mort de fatigue, transi de froid, probablement un peu en manque d'oxygène, je me force à retourner dans la tente et à me réenfouir dans mon duvet.