Jeff Hawke
31/08/2005, 13h10
Nuit du mardi 16 au mercredi 17 Aout – Salar de Surire (ca veut dire ‘nandou’ en Aymara, c’est une sorte d’autruche qui vit par ici, dans les Andes) – 4100 m –
Il fait froid dès le coucher du Soleil. Je suis réveillé à 3h30 par la conscience d’une baisse importante de luminosité dans la tente. La Lune semble s’être couchée. Il n’est pourtant que 3h30. Pas question de réfléchir, je me lève, me forçant à ignorer l’ambiance glaciale dans la tente. Dehors, la Lune éclaire encore le salar au loin, elle a simplement disparu derrière une montagne à l’Ouest, provoquant une obscurité locale sur la zone du bivouac. Le ciel lui est toujours lumineux. L’assombrissement ne viendra pas avant 4h15 - 4h30, mais pas question de retourner dans mon duvet, je n’aurais jamais le courage de me relever. Je reste donc sous le ciel, bien couvert, et commence quelques repérages.
C’est la dernière nuit, la motivation est forte, et malgré le froid qui rend les manoeuvres malcommodes, je m‘aide de mon bouquin et de l’atlas Cambridge (obligeant à des manipulations complexes : frontale rouge coincée sous le bonnet, gênant pour mettre et enlever les lunettes de vue de prés, le tout avec des gants de ski enfilés par-dessus des sous-gants Odlo…Mais bon, il faut ce qu’il faut !) pour localiser le Phoenix, le Sculpteur et l’alignement qui doit me conduire à NGC55, ma cible galactique de la nuit. Tout ça est un peu laborieux, mais j’arrive à finalement m’y retrouver, j’en suis heureux et en oublie le froid très vif…La bonne nouvelle, c’est que le vent est totalement tombé.
En attendant la nuit, la vraie, je retourne observer du côté du Réticule, de la Baleine, et tente sans y croire M1 (jamais vue encore) dans le Taureau…Elle est sans doute trop basse sur l’horizon, ou bien je ne suis pas au bon endroit, toujours est-il que cette nébuleuse se dérobe….
La Lune a fini par bien descendre sous l’horizon, les ténèbres s’épaississent. Je file vers le Phoenix et le Sculpteur, et trouve très vite NGC55 à droite d’une petite courbe d’étoiles après Alpha du Phoenix. La galaxie est de forme allongée et assez étendue. Je la pointe ensuite à la TV60 avec le Panoptic 22. la vision à l’oculaire, stabilisée par le pied, en est plus confortable. Elle est assez faible mais la forme se décèle assez bien avec la durée. J’essaie ensuite de grossir un peu, mais elle est très très faible au 9 mm. L’image la plus sympa est, encore une fois, avec les jumelles 15X70.
J’ai finalement passé pas mal de temps sur cette galaxie et en ai oublié de chercher M77 dans la Baleine.
Vers les 5 heures, assez totalement frigorifié, j’adresse mentalement un au revoir ému à ce ciel et retourne me coucher. Difficile de se réchauffer dans ces petites heures matinales, mais je parviens néanmoins à m’endormir. Je ne me souviens pas si j’ai rêvé des étoiles australes. Probablement.
Le matin, au lever du Soleil, il fait très froid., l’eau est gelée dans les gourdes bien sûr, mais aussi, nous informe Luiz le cuisinier, le vin ! Le vin chilien qui titre ses 14 degrés faciles a gelé… Et quelqu’un du groupe a mesuré -14 °C dans une tente à 6h. A l’extérieur, il a probablement fait autour de -19°C …
Mes compagnons de voyage ont du mal à croire que je suis sorti par une telle nuit. C’est sûr, ils pensent que je suis un peu fou. Peut-être, mais j’ai trouvé et vu ma galaxie dans le Sculpteur. Comment leur expliquer ça ?
Il fait froid dès le coucher du Soleil. Je suis réveillé à 3h30 par la conscience d’une baisse importante de luminosité dans la tente. La Lune semble s’être couchée. Il n’est pourtant que 3h30. Pas question de réfléchir, je me lève, me forçant à ignorer l’ambiance glaciale dans la tente. Dehors, la Lune éclaire encore le salar au loin, elle a simplement disparu derrière une montagne à l’Ouest, provoquant une obscurité locale sur la zone du bivouac. Le ciel lui est toujours lumineux. L’assombrissement ne viendra pas avant 4h15 - 4h30, mais pas question de retourner dans mon duvet, je n’aurais jamais le courage de me relever. Je reste donc sous le ciel, bien couvert, et commence quelques repérages.
C’est la dernière nuit, la motivation est forte, et malgré le froid qui rend les manoeuvres malcommodes, je m‘aide de mon bouquin et de l’atlas Cambridge (obligeant à des manipulations complexes : frontale rouge coincée sous le bonnet, gênant pour mettre et enlever les lunettes de vue de prés, le tout avec des gants de ski enfilés par-dessus des sous-gants Odlo…Mais bon, il faut ce qu’il faut !) pour localiser le Phoenix, le Sculpteur et l’alignement qui doit me conduire à NGC55, ma cible galactique de la nuit. Tout ça est un peu laborieux, mais j’arrive à finalement m’y retrouver, j’en suis heureux et en oublie le froid très vif…La bonne nouvelle, c’est que le vent est totalement tombé.
En attendant la nuit, la vraie, je retourne observer du côté du Réticule, de la Baleine, et tente sans y croire M1 (jamais vue encore) dans le Taureau…Elle est sans doute trop basse sur l’horizon, ou bien je ne suis pas au bon endroit, toujours est-il que cette nébuleuse se dérobe….
La Lune a fini par bien descendre sous l’horizon, les ténèbres s’épaississent. Je file vers le Phoenix et le Sculpteur, et trouve très vite NGC55 à droite d’une petite courbe d’étoiles après Alpha du Phoenix. La galaxie est de forme allongée et assez étendue. Je la pointe ensuite à la TV60 avec le Panoptic 22. la vision à l’oculaire, stabilisée par le pied, en est plus confortable. Elle est assez faible mais la forme se décèle assez bien avec la durée. J’essaie ensuite de grossir un peu, mais elle est très très faible au 9 mm. L’image la plus sympa est, encore une fois, avec les jumelles 15X70.
J’ai finalement passé pas mal de temps sur cette galaxie et en ai oublié de chercher M77 dans la Baleine.
Vers les 5 heures, assez totalement frigorifié, j’adresse mentalement un au revoir ému à ce ciel et retourne me coucher. Difficile de se réchauffer dans ces petites heures matinales, mais je parviens néanmoins à m’endormir. Je ne me souviens pas si j’ai rêvé des étoiles australes. Probablement.
Le matin, au lever du Soleil, il fait très froid., l’eau est gelée dans les gourdes bien sûr, mais aussi, nous informe Luiz le cuisinier, le vin ! Le vin chilien qui titre ses 14 degrés faciles a gelé… Et quelqu’un du groupe a mesuré -14 °C dans une tente à 6h. A l’extérieur, il a probablement fait autour de -19°C …
Mes compagnons de voyage ont du mal à croire que je suis sorti par une telle nuit. C’est sûr, ils pensent que je suis un peu fou. Peut-être, mais j’ai trouvé et vu ma galaxie dans le Sculpteur. Comment leur expliquer ça ?