Zébu
31/08/2005, 20h19
La Chaux-de-Fonds, le 30 août 2005, la nuit tombe progressivement, le ciel est dégagé malgré un fin rideau de nuages de haute altitude à peine perceptibles, le télescope bon marché (Newton 150/1400 "court", avec Barlow intégrée :( ) refroidit lentement dans les dernières lueurs du jour. Les étoiles scintillent fortement, ce n'est pas très bon signe, mais cela peut encore changer. Je prépare le programme de la soirée, merci à l'excellent Cartes du Ciel. Que des nouveautés, histoire de connaitre un peu plus de choses, notamment des amas ouverts intéressants, que j'ai quelque peu dédaignés jusqu'à présent. Je partirai donc à la recherche de M92, tenterai de séparer la double double (Epsilon de la Lyre), M56, M52, NGC7635, NGC457, et le double amas de Persée.
Les crayons sont sortis, les cercles tracés sur le cahier de dessin que j'ai acheté l'après-midi même, tout le matériel est à portée de main, et les étoiles ont cessé de scintiller, sauf tout près de l'horizon, de toute façon noyé des lueurs de cette ville de 30'000 habitants.
Une petite ballade aux jumelles 10x50, afin de profiter du spectacle à large champ et de repérer éventuellement quelques objets, me décoit quelque peu, la transparence est bien plus mauvaise que hier soir, j'ai cru un instant discerner M56, mais sans certitude aucune. Dans le Cygne une petite tache triangulaire attire mon attention. Se pourrait-il que ce soit M39? Ce Messier m'a jusque là échappé. A confirmer plus tard, je ne veux pas ruiner ma vision nocturne, et ma paresse naturelle me fait hésiter à quitter le confort du transat autrement que pour gagner l'oculaire.
Après un tour général du ciel, je constate que les verres des jumelles se couvrent doucement de buée et décide donc d'attaquer les choses sérieuses. M92, pourtant réputé facile, m'échappe. La lutte est acharnée. Mais rien dans le viseur, rien à l'oculaire. Bah, j'y reviendrai plus tard, continuons notre programme. La double double de la Lyre est rapidement centrée, heureusement, car mon dos et ma nuque commencent à se plaindre des étranges figures que je leur impose. Un chercheur coudé ne serait pas malvenu, tiens.
La collimation, chose parait-il impossible à effectuer sur mon tube, ce qui cela dit en passant me rassure: j'ai beau être plus intellectuel que manuel, passer plus de 6 heures à essayer d'aligner ces miroirs semble quand même légèrement exagéré, la collimation, dis-je, semble très perfectible. Je ne suis pas convaincu d'avoir réussi à séparer les 4 composantes, mais il me semble distinguer 2 points tout proches, et bien plus loin deux autres points alignés perpendiculairement aux premiers. Pas la peine de toucher à la collimation, j'ai un programme tenir, et je me suis promis que je n'irais pas trop tard me coucher.
M56 joue les invisibles, je commence à m'impatienter. Et à pester de plus en plus contre les contorsions nécéssaires à la recherche d'objets au Zénith. Passons-donc à Cassiopée, qui pointe le bout de son nez en-dessus de la maison, du côté nord-est. M52 déterminée à elle aussi m'échapper? Bon, je crois qu'il est temps d'effectuer une mise en station correcte et d'utiliser un peu ces coordonnées, cela a payé certains jours. Hop, l'ascension droite sur 18h, la déclinaison sur 90°, on tourne la tête jusqu'à avoir la polaire dans le viseur, on règle en azimut (je ne dois pas toujours être vraiment à niveau pour devoir changer si régulièrement ce réglage). Un petit coup sur le pc pour récupérer l'angle horaire de M52 (nécessaire vu que mon cercle d'AD peine vraiment à tourner), on pointe rapidement, un coup dans le chercheur... bien joué, il semble y avoir quelque chose de prometteur quasi au centre du réticule! Quelques ajustements mineurs et la bête est centrée à l'oculaire! Bien joli amas, mais j'hésite à le dessiner. Trop d'étoiles, ce qui est un comble, non? Satisfait tant de la vue au PL 25mm qu'au Swan 15mm, je passe de l'un à l'autre sans en préférer un . Le 9.6 et le 6.5 rendent l'image bien trop terne pour être utilisables ici. NGC7635 devrait être dans le coin, mais malgré un balayage systématique de la région je ne parvient pas à la distinguer. Le filtre Orion Skyglow n'est d'aucune aide. Bah, j'ai peut-être été un peu gourmand, Cartes du Ciel me la donne d'une magnitude 11, je devrais attendre un meilleur télescope et un meilleur ciel pour m'y atteler.
NGC457 est immédiatement trouvée, grâce à ses coordonnées (décl. et angle horaire) Ah oui, ca ressemble pas mal à un hibou, le nom n'est pas usurpé. J'immortalise cette vision sur le papier, ce qui m'occupe pendant facilement 40 minutes.
Le double amas de Persée est saisissant, et cette fois je parviens à me décider sur l'oculaire le plus satisfaisant: la palme revient sans conteste possible au Swan 15mm! Son large champ est confortable, et le seul mot que je trouve à mettre parmi mes (trop rares) notes est "WOW".
Il est 1h du matin, reprendre ma liste d'objets non-trouvés ne me tente pas, ce sera pour une prochaine fois. Je décide d'aller jeter un coup d'oeil sur M39, mais cette fois-ci avec l'artillerie lourde. Je la contemple une bonne vingtaine de minutes mais ne me sens plus le courage de dessiner. Un petit tour du côté d'Andromède et voilà, avec quelque peine (je ne parviens toujours pas à comprendre comment la plus visible des galaxies fait pour éviter systématiquement mon chercheur!) M31 et ses collègues M32 et M110. M31 me semble mieux visible qu'hier, plus étendue, plus allongée, plus lumineuse. Pourtant à l'oeil nu je dirais que la transparence est moins bonne. Etrange. Il faudra que je la dessine, mais l'heure tourne et j'aimerais encore m'en mettre plein les yeux. M33, facile mais guère impressionnante, puis M34 sont ajoutées à la liste des Messiers enfin observés.
L'horizon sud est bien lumineux, ce soir, il n'y a pas beaucoup d'espoir. Uranus se dérobant à mes recherches je reprends les jumelles pour savourer une dernière fois le spectacle ravissant des petits points et des petites taches floues ;) Mais la buée vient trop rapidement. Un petit coup d'oeil à Mars, qui se fait décidément de plus en plus intéressante. La nouvelle barlow (SW APO-serie) est nettement plus performante que le bout de plastique estampillé TS qui m'offrait, en bonus des vues agrandies, de jolies taches rouges et bleues de part et d'autre de la minuscule planète.
Un point fort de la soirée a été le bolide de 23h02, qui a traversé la petite ourse sur un axe sud-nord. Le plus beau météore qu'il m'ait été donné de voir!
Le bilan est positif, surtout qu'après avoir scanné, retouché et analysé le dessin du Hibou, j'ai constaté que j'avais atteint la magnitude record de 12.3!
Si ce Megastar1550 (apparemment camouflage made in Teleskop-Service du sinistre Baytronix) est une référence en matière de mauvais tuyaux, que me réservera le Dobson SW de 200 (malheureusement en rupture de stock, il va prendre son temps pour faire le trajet depuis Genève)?
(dessins sur http://swiss-rps.org/astro/Astronomie )
Les crayons sont sortis, les cercles tracés sur le cahier de dessin que j'ai acheté l'après-midi même, tout le matériel est à portée de main, et les étoiles ont cessé de scintiller, sauf tout près de l'horizon, de toute façon noyé des lueurs de cette ville de 30'000 habitants.
Une petite ballade aux jumelles 10x50, afin de profiter du spectacle à large champ et de repérer éventuellement quelques objets, me décoit quelque peu, la transparence est bien plus mauvaise que hier soir, j'ai cru un instant discerner M56, mais sans certitude aucune. Dans le Cygne une petite tache triangulaire attire mon attention. Se pourrait-il que ce soit M39? Ce Messier m'a jusque là échappé. A confirmer plus tard, je ne veux pas ruiner ma vision nocturne, et ma paresse naturelle me fait hésiter à quitter le confort du transat autrement que pour gagner l'oculaire.
Après un tour général du ciel, je constate que les verres des jumelles se couvrent doucement de buée et décide donc d'attaquer les choses sérieuses. M92, pourtant réputé facile, m'échappe. La lutte est acharnée. Mais rien dans le viseur, rien à l'oculaire. Bah, j'y reviendrai plus tard, continuons notre programme. La double double de la Lyre est rapidement centrée, heureusement, car mon dos et ma nuque commencent à se plaindre des étranges figures que je leur impose. Un chercheur coudé ne serait pas malvenu, tiens.
La collimation, chose parait-il impossible à effectuer sur mon tube, ce qui cela dit en passant me rassure: j'ai beau être plus intellectuel que manuel, passer plus de 6 heures à essayer d'aligner ces miroirs semble quand même légèrement exagéré, la collimation, dis-je, semble très perfectible. Je ne suis pas convaincu d'avoir réussi à séparer les 4 composantes, mais il me semble distinguer 2 points tout proches, et bien plus loin deux autres points alignés perpendiculairement aux premiers. Pas la peine de toucher à la collimation, j'ai un programme tenir, et je me suis promis que je n'irais pas trop tard me coucher.
M56 joue les invisibles, je commence à m'impatienter. Et à pester de plus en plus contre les contorsions nécéssaires à la recherche d'objets au Zénith. Passons-donc à Cassiopée, qui pointe le bout de son nez en-dessus de la maison, du côté nord-est. M52 déterminée à elle aussi m'échapper? Bon, je crois qu'il est temps d'effectuer une mise en station correcte et d'utiliser un peu ces coordonnées, cela a payé certains jours. Hop, l'ascension droite sur 18h, la déclinaison sur 90°, on tourne la tête jusqu'à avoir la polaire dans le viseur, on règle en azimut (je ne dois pas toujours être vraiment à niveau pour devoir changer si régulièrement ce réglage). Un petit coup sur le pc pour récupérer l'angle horaire de M52 (nécessaire vu que mon cercle d'AD peine vraiment à tourner), on pointe rapidement, un coup dans le chercheur... bien joué, il semble y avoir quelque chose de prometteur quasi au centre du réticule! Quelques ajustements mineurs et la bête est centrée à l'oculaire! Bien joli amas, mais j'hésite à le dessiner. Trop d'étoiles, ce qui est un comble, non? Satisfait tant de la vue au PL 25mm qu'au Swan 15mm, je passe de l'un à l'autre sans en préférer un . Le 9.6 et le 6.5 rendent l'image bien trop terne pour être utilisables ici. NGC7635 devrait être dans le coin, mais malgré un balayage systématique de la région je ne parvient pas à la distinguer. Le filtre Orion Skyglow n'est d'aucune aide. Bah, j'ai peut-être été un peu gourmand, Cartes du Ciel me la donne d'une magnitude 11, je devrais attendre un meilleur télescope et un meilleur ciel pour m'y atteler.
NGC457 est immédiatement trouvée, grâce à ses coordonnées (décl. et angle horaire) Ah oui, ca ressemble pas mal à un hibou, le nom n'est pas usurpé. J'immortalise cette vision sur le papier, ce qui m'occupe pendant facilement 40 minutes.
Le double amas de Persée est saisissant, et cette fois je parviens à me décider sur l'oculaire le plus satisfaisant: la palme revient sans conteste possible au Swan 15mm! Son large champ est confortable, et le seul mot que je trouve à mettre parmi mes (trop rares) notes est "WOW".
Il est 1h du matin, reprendre ma liste d'objets non-trouvés ne me tente pas, ce sera pour une prochaine fois. Je décide d'aller jeter un coup d'oeil sur M39, mais cette fois-ci avec l'artillerie lourde. Je la contemple une bonne vingtaine de minutes mais ne me sens plus le courage de dessiner. Un petit tour du côté d'Andromède et voilà, avec quelque peine (je ne parviens toujours pas à comprendre comment la plus visible des galaxies fait pour éviter systématiquement mon chercheur!) M31 et ses collègues M32 et M110. M31 me semble mieux visible qu'hier, plus étendue, plus allongée, plus lumineuse. Pourtant à l'oeil nu je dirais que la transparence est moins bonne. Etrange. Il faudra que je la dessine, mais l'heure tourne et j'aimerais encore m'en mettre plein les yeux. M33, facile mais guère impressionnante, puis M34 sont ajoutées à la liste des Messiers enfin observés.
L'horizon sud est bien lumineux, ce soir, il n'y a pas beaucoup d'espoir. Uranus se dérobant à mes recherches je reprends les jumelles pour savourer une dernière fois le spectacle ravissant des petits points et des petites taches floues ;) Mais la buée vient trop rapidement. Un petit coup d'oeil à Mars, qui se fait décidément de plus en plus intéressante. La nouvelle barlow (SW APO-serie) est nettement plus performante que le bout de plastique estampillé TS qui m'offrait, en bonus des vues agrandies, de jolies taches rouges et bleues de part et d'autre de la minuscule planète.
Un point fort de la soirée a été le bolide de 23h02, qui a traversé la petite ourse sur un axe sud-nord. Le plus beau météore qu'il m'ait été donné de voir!
Le bilan est positif, surtout qu'après avoir scanné, retouché et analysé le dessin du Hibou, j'ai constaté que j'avais atteint la magnitude record de 12.3!
Si ce Megastar1550 (apparemment camouflage made in Teleskop-Service du sinistre Baytronix) est une référence en matière de mauvais tuyaux, que me réservera le Dobson SW de 200 (malheureusement en rupture de stock, il va prendre son temps pour faire le trajet depuis Genève)?
(dessins sur http://swiss-rps.org/astro/Astronomie )