albuscygnus
06/09/2005, 11h57
Ce soir, le ciel est très dégagé, pas même un nuage.
C’est le moment ou jamais d’aller observer.
Nous arrivons sur notre site vers 20 heures, heure locale.
Le soleil, majestueux, se couche lentement sur la plaine.
Je sens sur mon visage, tel une caresse, un souffle chaud de vent d’été.
Ah, la Beauce : terre nourricière ! Ce plat pays dont j’aime voir l’horizon, très loin !
La campagne se pare bientôt des couleurs du couchant.
Les champs de chaume, blondis par le soleil, flamboient maintenant.
Je regarde, avec une certaine nostalgie, l’astre du jour qui décline, captant sa lumière jusqu’au dernier rayon.
Puis tout à coup, plus rien : la Terre l’a englouti…
Là-bas, l’arche anti-crépusculaire se dessine dans les tons pastels.
Soudain, elle semble s’enflammer pendant quelques secondes (j’ai rarement vu une telle intensité de rose) pour finalement s’éteindre.
Vers les dernières lueurs du crépuscule : Vénus et Jupiter que j’observe tour à tour.
Je me trouve un peu indiscret de surprendre leurs amours passionnées…
Elle se couche, il ne tarde pas à la rejoindre.
Déjà le triangle de l’été s’est allumé au-dessus de nos têtes.
Il ne fait pas encore tout à fait nuit.
Un chien, seul dans la nuit, aboie. La Terre s’endort doucement.
Dans les lointains, je distingue la silhouette d’un moulin et le clocher bienveillant d’une église…
Une chouette effraie vient nous visiter dans un chuintement caractéristique. Dépitée, elle s’éloigne dans l’obscurité.
Deux lièvres de belle taille qui ne nous avaient pas vus jusque-là se mettent à détaler à notre approche.
Les grillons entonnent leur chant nocturne.
La nuit va être belle…
Ca y est, les constellations prennent vie…
La Grande Ourse au Nord, pas très haute, Cassiopée, la Lyre, l’Aigle, le Dauphin, Hercule, Corona Borealis, le Bouvier…
Elles sont toutes là.
La Voie Lactée est aussi de la fête, plus limpide encore à partir de minuit.
Le Cygne semble s’y baigner. Au sommet de la voûte étoilée, il ouvre ses ailes comme pour protéger le monde.
Noble oiseau, au temps suspens ton vol ! Voici l’heure de t’enivrer d’étoiles…
Je commence notre balade par la constellation du Scorpion.
Je pointe la rouge et double Antarès, puis l’amas globulaire M4 : c’est superbe !
Je n’arrive pas à trouver M80. Peu importe, ce soir je vais faire des objets faciles. Et puis, ça commence à être bas sur l’horizon tout ça !
Je passe au Sagittaire qui n’en finit pas de se servir un thé !
Je pointe facilement la nébuleuse de la Lagune, puis je remonte vers le nuage du Sagittaire et la nébuleuse Oméga : magnifique ! Je décide de me promener dans cette région très riche de notre galaxie, au gré de mon envie. Je tombe sur plusieurs amas ouverts et globulaires : un poudroiement d’étoiles…c’est extraordinaire !
Je remonte encore un peu au niveau de l’Ecu de Sobieski dont je cible l’amas.
A l’horizon opposé, je n’avais pas vu que déjà Mars, en compagnie des Pléïades et de Capella du Cocher, est levé.
Je ne peux m’empêcher d’y jeter un petit coup d’œil. Pas mal de détails de surface, ce soir.
Les Pléïades sont aussi un régal.
Je me dirige maintenant vers la Grande Ourse. J’observe les galaxies M81 & 82.
Plus en bas : Cor Caroli et sa compagne comme blottie contre lui.
Sous Alkaïd, je pointe pour la première fois la galaxie des Chiens de Chasse (eh oui, je n’en avais jamais eu l’occasion !).
Quel grand moment ! C’est étourdissant ! Les 2 galaxies M51 et NGC 5195 paraissent tourner dans l’espace sous mes yeux. Je reste un bon moment à les contempler…
C’est le tour d’Arcturus du Bouvier aux jolis reflets orangés, assez bas maintenant.
La Couronne Boréale me conduit à Hercule dont je pointe facilement le grand amas ; j’obtiens un très belle image ce soir. C’est vraiment une très bonne nuit. Un peu de vent, il commence à faire froid, mais j’aime mieux ça pour la qualité du ciel.
Véga de la Lyre est éblouissante dans la nuit noire.
Le Cygne me dévoile North America et les Dentelles : quel bonheur…
En bas de la ligne gamma-alpha Cassiopée : Andromède avec des nuances dans sa blancheur.
Le double amas de Persée est magistral aussi.
Je quitte l’instrument pour m’imprégner de cette nuit.
Instants d’éternité, instants d’infini…
Le ciel a bien changé depuis tout à l’heure, c’est fabuleux de voir et de sentir la rotation de l’Univers.
Des étoiles s’évanouissent dans la nuit alors que d’autres se lèvent…
C’est un peu le destin de l’Homme…
Les Hyades , étoiles de pluie du Taureau, montent inexorablement dans le ciel.
Elles me rappellent que bientôt viendra l’automne et le froid et la neige.
Je ne veux pas y penser.
Je préfère ne pas attendre Orion ni les trois Rois. Nous avons tout l’hiver devant nous.
Je ne veux penser qu’à cette belle nuit d’été.
2h25. Il est temps de prendre congé.
Nous avons un peu de mal à quitter la magie de la nuit, mais il le faut…
Notre retour vers les lampes oranges de la ville n’est pas très agréable.
Nous fermons les yeux et nous endormons comme portés par la beauté de l’Univers que nous avons touchée du doigt.
Ce fut un merveilleux voyage dans l’espace et le temps, presqu’ irréel…
C’est le moment ou jamais d’aller observer.
Nous arrivons sur notre site vers 20 heures, heure locale.
Le soleil, majestueux, se couche lentement sur la plaine.
Je sens sur mon visage, tel une caresse, un souffle chaud de vent d’été.
Ah, la Beauce : terre nourricière ! Ce plat pays dont j’aime voir l’horizon, très loin !
La campagne se pare bientôt des couleurs du couchant.
Les champs de chaume, blondis par le soleil, flamboient maintenant.
Je regarde, avec une certaine nostalgie, l’astre du jour qui décline, captant sa lumière jusqu’au dernier rayon.
Puis tout à coup, plus rien : la Terre l’a englouti…
Là-bas, l’arche anti-crépusculaire se dessine dans les tons pastels.
Soudain, elle semble s’enflammer pendant quelques secondes (j’ai rarement vu une telle intensité de rose) pour finalement s’éteindre.
Vers les dernières lueurs du crépuscule : Vénus et Jupiter que j’observe tour à tour.
Je me trouve un peu indiscret de surprendre leurs amours passionnées…
Elle se couche, il ne tarde pas à la rejoindre.
Déjà le triangle de l’été s’est allumé au-dessus de nos têtes.
Il ne fait pas encore tout à fait nuit.
Un chien, seul dans la nuit, aboie. La Terre s’endort doucement.
Dans les lointains, je distingue la silhouette d’un moulin et le clocher bienveillant d’une église…
Une chouette effraie vient nous visiter dans un chuintement caractéristique. Dépitée, elle s’éloigne dans l’obscurité.
Deux lièvres de belle taille qui ne nous avaient pas vus jusque-là se mettent à détaler à notre approche.
Les grillons entonnent leur chant nocturne.
La nuit va être belle…
Ca y est, les constellations prennent vie…
La Grande Ourse au Nord, pas très haute, Cassiopée, la Lyre, l’Aigle, le Dauphin, Hercule, Corona Borealis, le Bouvier…
Elles sont toutes là.
La Voie Lactée est aussi de la fête, plus limpide encore à partir de minuit.
Le Cygne semble s’y baigner. Au sommet de la voûte étoilée, il ouvre ses ailes comme pour protéger le monde.
Noble oiseau, au temps suspens ton vol ! Voici l’heure de t’enivrer d’étoiles…
Je commence notre balade par la constellation du Scorpion.
Je pointe la rouge et double Antarès, puis l’amas globulaire M4 : c’est superbe !
Je n’arrive pas à trouver M80. Peu importe, ce soir je vais faire des objets faciles. Et puis, ça commence à être bas sur l’horizon tout ça !
Je passe au Sagittaire qui n’en finit pas de se servir un thé !
Je pointe facilement la nébuleuse de la Lagune, puis je remonte vers le nuage du Sagittaire et la nébuleuse Oméga : magnifique ! Je décide de me promener dans cette région très riche de notre galaxie, au gré de mon envie. Je tombe sur plusieurs amas ouverts et globulaires : un poudroiement d’étoiles…c’est extraordinaire !
Je remonte encore un peu au niveau de l’Ecu de Sobieski dont je cible l’amas.
A l’horizon opposé, je n’avais pas vu que déjà Mars, en compagnie des Pléïades et de Capella du Cocher, est levé.
Je ne peux m’empêcher d’y jeter un petit coup d’œil. Pas mal de détails de surface, ce soir.
Les Pléïades sont aussi un régal.
Je me dirige maintenant vers la Grande Ourse. J’observe les galaxies M81 & 82.
Plus en bas : Cor Caroli et sa compagne comme blottie contre lui.
Sous Alkaïd, je pointe pour la première fois la galaxie des Chiens de Chasse (eh oui, je n’en avais jamais eu l’occasion !).
Quel grand moment ! C’est étourdissant ! Les 2 galaxies M51 et NGC 5195 paraissent tourner dans l’espace sous mes yeux. Je reste un bon moment à les contempler…
C’est le tour d’Arcturus du Bouvier aux jolis reflets orangés, assez bas maintenant.
La Couronne Boréale me conduit à Hercule dont je pointe facilement le grand amas ; j’obtiens un très belle image ce soir. C’est vraiment une très bonne nuit. Un peu de vent, il commence à faire froid, mais j’aime mieux ça pour la qualité du ciel.
Véga de la Lyre est éblouissante dans la nuit noire.
Le Cygne me dévoile North America et les Dentelles : quel bonheur…
En bas de la ligne gamma-alpha Cassiopée : Andromède avec des nuances dans sa blancheur.
Le double amas de Persée est magistral aussi.
Je quitte l’instrument pour m’imprégner de cette nuit.
Instants d’éternité, instants d’infini…
Le ciel a bien changé depuis tout à l’heure, c’est fabuleux de voir et de sentir la rotation de l’Univers.
Des étoiles s’évanouissent dans la nuit alors que d’autres se lèvent…
C’est un peu le destin de l’Homme…
Les Hyades , étoiles de pluie du Taureau, montent inexorablement dans le ciel.
Elles me rappellent que bientôt viendra l’automne et le froid et la neige.
Je ne veux pas y penser.
Je préfère ne pas attendre Orion ni les trois Rois. Nous avons tout l’hiver devant nous.
Je ne veux penser qu’à cette belle nuit d’été.
2h25. Il est temps de prendre congé.
Nous avons un peu de mal à quitter la magie de la nuit, mais il le faut…
Notre retour vers les lampes oranges de la ville n’est pas très agréable.
Nous fermons les yeux et nous endormons comme portés par la beauté de l’Univers que nous avons touchée du doigt.
Ce fut un merveilleux voyage dans l’espace et le temps, presqu’ irréel…