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Les comètes

Rubrique: Articles : information générale


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Représentation de la comète de Halley par Pierre Apian XVIe siècle


Vestiges de la formation du système solaire, des comètes viennent régulièrement nous rendre une brève visite que ce soit régulièrement où bien à l’improviste, c’est pour notre plus grand plaisir qu’elles nous dévoilent leur chevelure et leur longue queue.
Ces astres ont toujours fasciné les civilisations, depuis la nuit des temps elles annonçaient famine et autres malheurs mais de nos jours avec nos connaissances elles font le bonheur des astronomes.

OBSERVATION


Les comètes peuvent s’observer à l’œil nu, aux jumelles et au télescope, suivez nuits après nuits son déplacement dans le ciel, certaines semblent se déplacer beuacoups plus rapidement que les autres suivant la configuration, si elles arrivent (ou s'éloignent) plus ou moins face à l'observateur, par exemple les comètes visibles dans les constellations circumpolaires ont un déplacement très rapide car elles ont une trajectoire assez "verticale".


Il est assez rare d’en voir qui sont visibles à l’œil nu, pour cela il faut qu’elles soient particulièrement lumineuses, vous pouvez alors observer leur comas et peut-être leur queue qui est visible que lorsque celle-ci s’approche suffisamment près du Soleil donc assez basse sur l’horizon ouest (au crépuscule) et est (à l’aube), mais jamais leur noyau trop petit et noyé dans la chevelure, la photo ci-dessous de la comète West donne une idée de ce que vous pouvez voir à l’œil nu, mais c’est exceptionnel.





Aux jumelles, c’est idem qu’à l’œil nu mais vous pouvez en observer beaucoup plus, la coma se montrera comme une nébulosité blanchâtre assez ronde tandis que la queue est bien allongée et beaucoup plus ténue, s’il y a deux queues, la deuxième sera courbe et sans doute bleutée.

Enfin avec un télescope, vous pouvez en observer beaucoup plus, privilégiez les oculaires grands champs, vous observerez en plus de la coma et la (les) queue (s) le noyau qui cependant restera un petit point brillant tel une étoile, cependant si la comète est très grosse, il sera préférable de l’observer aux jumelles ou à l’œil nu.

Une comète est constituée principalement de trois éléments : le noyau en forme de patatoïde, la coma ou chevelure et la queue, ces deux derniers élément se forment que lorsque la comète s’approche suffisamment du Soleil.
Contrairement aux autres objets du système solaire (planètes, astéroïdes), une comète n’est pas forcément sur l’écliptique, elle peut se trouver n’importe où y compris dans les régions circumpolaires.

Pour savoir lorsqu’une comète est visible et à quel endroit elle se trouve, il faut consulter les éphémérides (pour les comètes périodiques) et surtout consulter les forums d’astronomie, je mettrais des informations dans la rubrique « Observation » du forum Webastro :  http://www.webastro.net/forum/index.php à chaque fois qu’une belle comète sera annoncée.
Vous pouvez également consulter les sites spécialisés :
 http://cfa-www.harvard.edu/iau/Ephemerides/Comets/index.html

STRUCTURE


- Le noyau

Le noyau peut faire quelques centaines de mètres jusqu'à une dizaine de kilomètres mais rarement plus, sa surface est aussi noire que du charbon et constituée de fines poussière minérale de silicates et divers composés organiques volatiles noyé dans des cristaux de glace variée à très basse température (environ moins deux cent degrés centigrades). Dès que la comète s’approche du Soleil, sa température augmente, elle peut atteindre jusqu'à six cent degrés centigrades sur le côté éclairé par le Soleil, donc ses cristaux de glace s’évaporent et se subliment libérant les poussières et créant la coma. (Voir illustration ci-dessous du noyau de la comète de Halley photographiée par la sonde européenne Giotto lors du dernier passage en 1986)



  - La coma

La chevelure (coma) est sphérique et s’allonge légèrement lorsqu’elle s’approche près du Soleil. Elle est constituée de toutes les matières éjectées par les fissures chauffées par le rayonnement solaire qui évapore la glace et libère les poussières à très grande vitesse, de l’ordre de cent à quatre cents kilomètres par seconde ; au loin, elle atteint cinquante milles kilomètres de diamètre et continue à grossir en s’approchant jusqu’à atteindre un million de km vers l’orbite de Mars.




Les deux illustrations d’un montage de plusieurs photos prises les 27 et 30 octobre 2007 par Patrick58 de la comète 17P/Holmes vous donne une idée sur la taille que peut atteindre la coma d’une comète (Avec l’aimable autorisation de Patrick58) ainsi que sa vision dans l’oculaire d’un petit télescope.





- La queue

En continuant à s’approcher, la comète développe une ou plusieurs queues (jusqu’à 6 queues), la plupart du temps nous n’en voyons qu’une à cause de la configuration (la seconde masquée par la première) ; l’une, de poussière est droite de couleur blanche, faite de particules solides expulsées lors de la vaporisation des gaz, l’autre courbe et constituée de gaz ionisé ou plasma (le plasma est un gaz dilué composé d’atomes ionisés, c'est-à-dire ayant perdu un ou plusieurs électrons) qui prend une jolie teinte bleutée, elle peut s’étendre sur une centaine de millions de kilomètres soit plus ou moins la distance Terre-Soleil (UA).



Cette illustration de la comète Hale-Bopp photographiée au printemps 1997 montre l’aspect le plus spectaculaire d’une comète, à savoir l’observation de deux queues.



DENOMINATION & TRAJECTOIRE



Il y a trois grandes catégories de comètes qui dépendent essentiellement de leurs périodes de révolution, les comètes avec une trajectoire elliptique et qui ont une périodicité comprise entre trois ans, quatre mois (Encke) et deux cents ans (trajectoire elliptique aussi), ensuite celles comprises entre deux cents ans et milles ans, viennent en dernier les comètes qui suivent des orbites paraboliques ou hyperboliques, c'est-à-dire très ouvertes et qui après leur passage près du Soleil disparaissent dans l’espace interstellaire.

Celles de la première catégorie qui ont une périodicité inférieure à vingt ans sont sur une orbite comparable aux planètes, c'est-à-dire une inclinaison sur l’écliptique relativement faible et tournent presque toutes dans le même sens des planètes, ensuite viennent les comètes qui ont une période comprise entre vingt et deux cents ans, il n’y en à très peu (la plus célèbre est la comète de Halley), leur orbite est plus variée (entre dix sept et quatre vingt cinq degrés), le tiers d’entre elles gravitent dans le sens rétrograde.


 


Pour celles dont la période est supérieure à deux cents ans, elles ont une inclinaison aléatoire et peuvent tourner autour du Soleil aussi bien dans le même sens que les planètes qu’avoir un sens rétrograde, et la plupart du temps elles arrivent du nuage de Oort au fin fond du système solaire sans crier gare !
A noter que les comètes de la première catégorie ont tendance à disparaître vu la fréquence de leur passage, elles perdent beaucoup de leur masse et finissent par se fragmenter en plusieurs morceaux, ce fut le cas pour la comète Biela avec une période de six années, neuf mois et qui s’est séparée en deux lors de son passage en 1832 pour ne plus revenir !


Depuis le premier janvier 1995 :
suite aux recommandations de l´UAI, une nouvelle dénomination des comètes est utilisée :
1> Il y a tout d’abord une lettre majuscule (P, C ou D) qui correspond pour la lettre P à une périodicité inférieure ou égale à deux cents ans, la lettre C correspond à une périodicité supérieure à deux cents ans quant à la lettre D, elle correspond à une comète disparue (c’est le cas de la comète Biela disparue en 1832).
2> Ensuite il y a l’année de sa découverte
3> Une nouvelle lettre en majuscule détermine la quinzaine du mois en cours de sa découverte, par exemple le A correspond à la première quinzaine de janvier, le B à la deuxième quinzaine du même mois etc.… (La lettre I n’est pas employée afin de ne pas la confondre avec le chiffre 1)
4> Ensuite vient un chiffre qui détermine l’ordre des découvertes au cas où plusieurs comètes auraient été découvertes la même quinzaine.
5> Enfin on y ajoute le ou les noms des découvreurs (trois maximums), donc si vous êtes le premier à découvrir une comète, vous aurez la chance de voir votre nom devenir célèbre.
Tout cela donne ceci : C/1995 O1/Hale-Bopp, qui signifie C pour une périodicité supérieure à deux cents ans (2489,65 ans) 1995 O1 pour la première comète découverte dans la deuxième quinzaine de juillet 1995 et enfin Hale-Bopp pour Alan Hale (Nouveau Mexique) et Thomas Bopp (Arizona) qui ont découverts cette comète à quelques minutes d’intervalle.
A noter cependant que de nos jours, les nouvelles comètes découvertes portent le nom de satellites (plus de deux cents comètes portent le nom Soho qui est une sonde spécialisée dans l’observation du Soleil) ou d’observatoire automatisés et spécialisés pour la découverte d’astéroïdes et de comètes (des dizaines de comètes portent le nom de Linéar).


TRAGIQUE DESTIN



Juillet 1994, une comète devient la cible de tous les astronomes professionnels, pour la première fois de l’humanité, les scientifiques allaient assister à la collision en direct de deux corps célestes dans le système solaire.


Il s’agit de Schoemaker-Levy/9 ; cette comète passant à proximité de Jupiter se trouve déviée par la formidable attraction gravitationnel de la géante gazeuse, après avoir explosée en vingt et un fragments formant un chapelet s’étirant sur plus d’un million de kilomètres qui va faire le tour de Jupiter au loin et en s’approchant, les fragments vont plonger sur la planète laissant d’énormes cicatrices dans l’atmosphère jovienne visibles depuis notre planète pendant plusieurs semaines.



Le plus gros morceau a pénétré dans les hautes couches de l’atmosphère à la vitesse vertigineuse de soixante kilomètres seconde et s’est désintégré en quelques secondes atteignant une profondeur relative d’une centaine de kilomètres formant un plasma porté à près de dix milles degrés centigrade (plus chaud que la surface du Soleil !) et formant dans l’atmosphère un champignon atomique de trois milles kilomètres de haut par douze milles kilomètres de diamètre tandis que l’onde de choc colossale se propagera à quinze milles kilomètres à l’heure, levant une chaude vague gazeuse balayant tout sur son passage.

Je n’ose imaginer une telle collision avec notre Terre, est-ce ce genre de phénomène qui est à l’origine de la disparition les dinosaures ?


Dédé de St-Fé