Moot

Ciel profond sous un ciel orangé

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Date : jeudi 27 septembre, un peu le vendredi aussi, passé minuit.

Lieu : Paris intra-muros, XVè arrondissement non loin du XIVè, balcon orienté ouest-nord-ouest.

Instrument : Celestron CPC 9.25, à lui seul mérite que l'on raconte son histoire mouvementée, ce sera l'objet d'un autre sujet.

 

Pour ceux qui ne s'en rendraient pas compte, il s'agit d'une expérience de l'extrême, à savoir, l'observation du ciel au cœur d'un véritable enfer de pollution lumineuse. Désolé, je n'ai pas encore de SQM à même de satisfaire une légitime curiosité : quel niveau d'horreur atteint-on en cette "ville lumière", ville de l'amour à condition que ce dernier ne soit pas orienté vers la voûte céleste ? Les aficionados du site meteo-paris  ont de temps en temps l'occasion d'apprécier le panorama depuis mon balcon, avec vue sur une célèbre "Dame de fer" dûment mise en exergue par l'agence immobilière qui me fit choisir ce lieu quand je dus en changer il y a trois ans. Heureusement, je suis assez haut,  je donne sur un jardin, fermé par un immeuble semblable au mien, à une cinquantaine de mètres, et les autres immeubles fermant le jardin masquent tous les lampadaires des rues voisines (mais pas complètement le bruit : pompiers, police, ambulances à toute heure du jour et de la nuit, je plains ceux qui ont un appartement donnant sur la rue !).

 

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Mise en station : mon choix s'est porté, un peu par hasard, sur le mode "sky align", et, ma foi, ça fonctionne plutôt bien. Il faut pointer trois étoiles, pas trop proches les unes des autres ; à vrai dire, je n'ai pas beaucoup de choix (on doit en voir moins d'une douzaine en tout), Arcturus, Alkaïd (queue de la Grande Ourse) et Dubhe (autre extrémité de la Grande Ourse, c'est à dire de la Casserole céleste). On pointe chacune à la raquette, d'abord au chercheur (réglé de jour sur la Tour ; tiens, on pourrait reconnaître les gens malgré les presque trois kilomètres de distance !), puis plus précisément au télescope, muni pour cela d'un Meade MA 12 mm réticulé. Ceux qui qualifient le son de la motorisation de "bruit de moulin à café" sont manifestement de vrais amateurs de café authentique, du moins quand il s'agit d'une vitesse élevée. Pour les mouvements lents, c'est pour ainsi dire inaudible. L'ordinateur ne se trompe pas pour reconnaître les trois étoiles, et j'aurai l'occasion de vérifier que le suivi est correct. La collimation, effectuée au début de l'été, a tenu bon.

 

C'est parti pour les choses sérieuses, et ce soir, on  est assuré de ne pas s'en mettre plein les mirettes, on va juste essayer de savoir à quoi ressemblent des objets connus, vus dans toute leur splendeur dans le ciel d'encre de la Province profonde, sous la brumasse illuminée par quelques millions de réverbères pour beaucoup mal réglés. Ah oui, j'ai déjà vu mieux comme transparence, j'aurais pu d'ailleurs en profiter l'avant-veille, mais quand on se lève tôt le lendemain, il faut se résigner... Je chausse le Nagler type 2 12 mm (rapporté ici depuis qu'un Nikon l'a détrôné pour le ciel provincial), ce qui me donne donc un grossissement de 200 x environ, et un champ de 25' .

 

Je ne citerai pas les observations par ordre chronologique, plutôt par type d'objet observé.

 

Commençons par des étoiles doubles, la cible la moins susceptible de pâtir des lueurs parasites :

 

M40 : pour la curiosité, parce qu'on en parlait dans un autre sujet. Facile, deux étoiles quasi-identiques, assez peu brillantes mais dans un coin isolé, largement écartées.

Epsilon de la Lyre : les deux doubles sont bien visibles dans le même champ, avec leurs axes perpendiculaires entre eux. J'ai dû attendre assez tard (plus de minuit) pour que ce ne soit plus caché par le balcon de l'étage au dessus.

Albireo : pour le plaisir des yeux, avec ce diamètre, c'est brillant et coloré.

Epsilon du Bouvier : un bon test à cause de la différence importante de luminosités, assez facile malgré tout. La secondaire reste visible en permanence. Pourtant, il reste des réglages à faire sur cette optique (vous en saurez plus quand je raconterai ses aventures) !

 

Du vrai ciel profond, maintenant :

 

M57 : ce n'est pas loin du premier epsilon précédent, donc une cible à tenter. Eh bien, à condition d'avoir la vue bien adaptée à l'obscurité (toute relative), elle ressort plutôt bien ! L'anneau est évident, il montre quelques détails, en vision décalée toutefois.

M56 : on pourrait s'attendre à ce qu'un globulaire soit relativement plus facile, il n'en est rien, c'est une vague lueur qui paraît fugitivement granuleuse quand on insiste, à moins que ce soit "l'œil de la foi"...

M27 : une autre planétaire brillante, eh bien non, j'ai eu un mal fou à distinguer une légère surbrillance. Je n'ai pas essayé avec un filtre, ce sera pour une autre fois.

NGC6543 : une petite planétaire (surnommée "l'œil de chat" pour ceux qui ne connaîtraient pas). Elle est évidente, brillante, légèrement bleutée (mais le contraste avec le ciel orangé doit aider). On devine même par moments l'étoile centrale. J'ai essayé en ajoutant une barlow x2, cela n'ajoute pas grand chose.

M81 : oui, une galaxie, n'ayons pas peur. On voit la partie centrale, rien de bien folichon, mais on la voit. J'ai essayé M82, en revanche, là, je n'ai rien vu du tout.

 

Pour conclure, je dirai qu'il est possible de s'amuser un peu malgré les conditions déplorables. Bien sûr, on ne peut remplacer un bon ciel pour les objets faibles. Et le GoTo est indispensable pour les pointer. Alors essayons aussi avec un filtre (UHC ou OIII), vivement qu'Orion soit visible, et aussi la Lune, car depuis que j'utilise ce télescope, je n'ai pas encore pu l'observer avec.

 

 

 

 

Edited by Moot

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Ton image est magnifique, mais il faut aussi être courageux d'observer depuis un balcon!

A quel étage est ton balcon, est ce que ça tremblote un peu?

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Il est au neuvième, ça ne tremble pas et il est large (un mètre environ). Non, le courage, il est surtout nécessaire pour supporter la pollution lumineuse. On est même obligé de bien masquer la lumière venant de l'extérieur, afin d'être complètement "immergé" dans ce qui est visible à l'oculaire.

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Ça c'est du ciel profond extrême ! :)

 

Ça peut être intéressant de comparer les magnitudes surfaciques des objets que tu as vus (ou cherchés). La magnitude par minute d'arc est de :
− M57 = 9,2
− M56 = 9,2 (partie centrale uniquement (*))
− M27 = 11,3
− NGC 6543 = 5,8
− M81 = 13,0
− M82 = 12,8

Il faut noter que les galaxies ne sont pas homogènes, leurs régions centrales sont souvent nettement plus lumineuses que leur disque. Or la magnitude surfacique indiquée ici est une moyenne sur l'ensemble de l'objet. Je pense que ça explique pourquoi M81 a été vue : c'était seulement le cœur, dont la magnitude surfacique est sûrement plus basse (plus brillante).

---
(*) Je ne sais pas où trouver la valeur pour l'amas en entier, si tant est que ça ait une signification.

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Tiens, un autre masochiste qui observe le ciel profond en ville... Bravo 😄

 

Si tu veux te livrer à quelques comparaisons avec le ciel de Lyon:

http://www.blog-city.info/fr/astroville.php

 

Tu trouvera quelques observations des objets que tu as pointé. Je suis aussi sur un balcon et à 3 kms de la Place Bellecour. C'est sûrement mieux qu'à coté de la Tour Eiffel mais ça reste du vrai ciel de ville.

 

Je remarque quand même que tu as choisi un soir de presque Pleine Lune, même si tu ne la voyais pas, et que même dans un ciel de ville son influence reste majeure. Sans Lune il me semble que M82 reste jouable et M27 serait plus affirmée.

 

Cordialement,

Claude

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Salutations Moot,

 

Et bien c'était une lecture très agréable et fort instructive.

J'en retiens comme tu le dis qu'on peut s'amuser un peu.

Ayant habité un petit temps le centre d'une métropole je ne faisais que du planétaire. Si j'y retourne un jour c'est sûr que je n'arrêterai pas d'observer pour autant.

Je suis même convaincu qu'on peut s'amuser franchement en choisissant bien les cibles. 

Il y a d'autres biais comme le visuel assisté qui prend de l'ampleur, à raison dans ces conditions.

 

C'est bien que le gens le réalisent, parce que les villes c'est très peuplé et du coup potentiellement plein de futurs astrams, qui peuvent se mettre en relation et rester actifs facilement...et sensibiliser encore plus de monde sur la problématique de la PL.

 

 

Bon ciel à toi.

 

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J'ai recommencé hier soir, en constatant, hélas, que le montage ne supporte pas les oculaires lourds (Nagler 20 type II : 1 kg et quelques...) : le moteur n'arrive plus à entraîner en hauteur, donc ça se met à descendre et ensuite à pointer trop bas. Un contrepoids à l'avant ne sera pas superflu.

 

M13 (gros) et M92 (plus petit) sont bien visibles, et bien granuleux. On n'en attendait pas moins.

M11, bien que très bas à l'heure où je l'ai pointé, n'est pas mal du tout.

 

J'ai recommencé M56, il est tout pâlot mais on devine quelques étoiles. Un essai sur M27 avec un filtre OIII (un filtre pour la photo, je n'en ai pas d'autre en magasin) permet de voir une vague forme oblongue, légèrement étranglée en son milieu, à condition d'avoir la vue adaptée à la relative obscurité, et de faire de la vision décalée. Quand je pense qu'à la campagne, je la vois "pleine", certes, avec un diamètre tout autre (et je ne vous raconte pas comment sont les amas) ... M57, comme l'autre fois, le OIII n'apporte pas grand chose.

 

Après, de la routine : Pulcherrima (Izar), double-double, Mizar et Alcor (ensemble dans le même champ), et pour innover, Rasalgheti.

 

J'ai aussi essayé, en tout début de nuit, un ADC (Pierro mark III) récemment acquis, avec un montage un peu olé-olé : porte-oculaire 2" + réducteur 1,25" avec T2 en bout (le truc des lunettes 80/400 basiques, un peu trop large d'ailleurs, ça forçait dans le P.O.), le corps d'une barlow (Meade 140) inséré dedans + ADC + roue à filtres sans filtres servant de "changeur de genre" T2 + porte-oculaire 1,25" + renvoi coudé + Erfle 32 (la barlow doit approximativement tripler le grossissement vu le tirage derrière). Jupiter, à 5° de hauteur seulement, montrait des bandes avec quelques détails lors des trous de turbulence ! Efficace, ce jouet, je n'ai plus qu'à apprendre à faire sérieusement de la photo planétaire et lunaire.

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Le 29/09/2018 à 00:37, Moot a dit :

Désolé, je n'ai pas encore de SQM à même de satisfaire une légitime curiosité : quel niveau d'horreur atteint-on en cette "ville lumière", ville de l'amour à condition que ce dernier ne soit pas orienté vers la voûte céleste ?

 

C'est à peu près le sentiment qui m'envahit chaque année, tandis que je réemprunte les avenues de Paris, ville que j'aime pourtant. Mais quel désastre en effet ce ciel orangé, austère et qui ôte à la ville toute une part de magie...Paris sous un ciel étoilé : à quel point ce serait beau...Voir les beautés du ciel d'hiver  au jardin du Luxembourg enneigé...Se promener le long des Champs Elysées sous une belle Voie Lactée d'été...J'ai peine à croire que c'est pourtant à Paris, à Noel, tandis que Jupiter scintillait dans le ciel depuis le boulevard Haussmann qu'est née ma passion !  J'avais 5 ans et j'ai levé les yeux vers les magnifiques boules scintillantes de Noel. Et j'ai vu cette étoile brillante qui n'était rien d'autre que la géante gazeuse...

Edited by Gildas974

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Suite de mes investigations...

 

D'abord, j'ai refait la collimation, dans les choux sans doute parce que j'ai bidouillé afin de mieux fixer la monture au trépied et que lors des opérations, le tube a pu subir quelques légers chocs en posant délicatement l'ensemble en position horizontale. En effet, les pas de vis en dessous de la base sont à moitié "foirés", les vis que j'avais prévues à l'origine n'étant pas assez longues, une seule sur les trois tenait réellement, les autres jouant à vide. J'ai donc mis des vis plus longues (en inox, par surcroît, la boutique où j'avais trouvé les précédentes ne les avait qu'en acier ordinaire), mais je craignais qu'elles fussent trop longues, il a fallu mesurer tout ça, ouf, avec une rondelle supplémentaire, c'est serré et ça se visse sur toute la longueur taraudée du trou.

 

Au passage, la collimation d'un SC est en fait très facile, à condition de ne pas se laisse perdre dans les explications nébuleuses que l'on trouve sur certains sites, sur lesquels sont lancées de longues discussions sur le thème de "laquelle des trois vis dois-je tourner ?".

 

Recette simplifiée, valable à condition que la coma soit extérieure (Newtons et SC) : mettre l'étoile (j'ai pris Eltanin, haute dans le ciel et brillante) au centre (bien défocalisée d'abord -200x -, de mieux en mieux au fur et à mesure que l'on affine -400 x, barlow -), la déplacer vers l'extérieur dans la direction du côté le plus "épais" qui doit finir par toucher le bord, recentrer, etc. L'important, c'est de se repérer par rapport à la direction dans laquelle l'étoile bouge dans le champ : si elle ne va pas dans la bonne direction, c'est que l'on n'a pas tourné la bonne vis, alors on revient en arrière et on recommence avec une autre vis. On prend vite l'habitude, et on arrive à un résultat convenable en cinq minutes.

 

J'ai aussi allégé le montage, en supprimant le crayford. Maintenant, le suivi est impeccable : ça reste dans le champ plus d'une heure avec le Nagler 12, à 200 x. Et il n'est pas si difficile de faire une bonne mise au point avec le bouton arrière, même si je dois me réjouir d'être aidé en ayant un "shifting" quasi-nul sur mon tube.

 

Bon, les observations :

 

J'ai revu M57, M13, M92, NGC 6543, Albireo, Mizar et Epsilon de la Lyre.

 

Rasalgheti : sympathique double, assez écartée et avec une différence notable de brillance entre les deux astres.

M29 : un amas ouvert un peu lâche, et peu peuplé. Seule la disposition des étoiles (ressemblant à celle des Pléiades) permet de savoir que l'on a atteint la cible, sinon, ce sont quelques étoiles éparses et on pourrait croire que l'on a manqué l'amas.

M15 : la révélation de la soirée, ce globulaire dense est bien contrasté, et on devine sa granulosité en périphérie. Il m'a fallu attendre quasiment minuit pour qu'il ne soit plus masqué par le balcon au dessus du mien.

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Salut,

 

très intéressant ! Tu nous montres qu'il y a tout de même matière à s'amuser en ville, sur des objets brillants et contrastés : doubles, amas ouverts, globulaires, petites NP ...

Malgré le beau temps actuel et le fait d'être à la campagne j'ai souvent eu récemment des conditions dégradées, avec lune gibbeuse et voiles nuageux, ou lune se levant ...

Eh bien j'ai été étonné des possibilités d'un peu de diamètre (300 mm), avec notamment par ex M26 encore fourmillant même avec le ciel blanchi par la PL imminente ...ou bien des NP de mag 12 récemment pas trop mal vues avec lune et brume ! Peut-être mieux qu'à la lunette en conditions parfaites ...

Cela donne envie de se consacrer encore plus aux moins nombreux objets alors accessibles, et les étudier mieux !

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Suite des observations (le ciel n'a pas été très clément ces derniers temps) :

Apercevant enfin depuis ma fenêtre des points lumineux dans le ciel, dont un blanc particulièrement vif (il s'agit de Véga), je projette de sortir l'instrument, et pour commencer, avant le dîner, je sors trépied, monture, tube (ces deux-là, indissociables), et renvoi coudé. Il faut être rapide dans le passage de la porte-fenêtre, parce que ça caille dehors et que l'on aurait vite fait de se les geler dans l'appartement !

Après le dîner, je monte l'ensemble, je fais gaffe au fil de la rallonge qui vient de l'intérieur et qu'il ne faudrait pas meurtrir en fermant complètement la porte-fenêtre (coulissante).

 

Pointage sur la tour Eiffel pour dégrossir la focalisation : horreur, c'est tout flou, la collimation est dans les choux ! Je me rends compte qu'elle n'est vraiment pas stable, je crois connaître la cause : mon C9 a une lame récente et un support de secondaire ancien, entre temps, Celestron a agrandi le trou au milieu de la lame, et l'ancien support repose sur une partie infime de son bord, ce qui le rend instable. Il va falloir que je demande chez Médas s'ils peuvent me fournir un support de facture récente (ce sont eux qui m'ont fourni la lame).

Donc je refais la collimation, mais à ce niveau de déréglage, c'est pénible parce qu'il faut, pour s'assurer une position stable de l'étoile dans le champ, calibrer la monture, et une fois que c'est réglé, refaire la calibration. En plus, en cette saison, vers l'ouest (je ne peux rien voir dans la direction opposée), il n'y a pas grand chose. Mes étoiles seront Eltanin, Navi et Almach (n'y voyez aucun fétichisme pour la troisième lettre de l'alphabet grec), après un essai infructueux avec Mars comme troisième "étoile" (le logiciel de la monture ne l'a pas reconnue, il a fallu tout recommencer depuis le début).

 

Mais horreur n°2, le ciel se voile, la lune qui est trop haut encore dans le ciel pour que je puisse la viser au télescope "boit", je me contenterai donc de la double Almach, évidemment facile à séparer et avec un bon contraste de couleurs (orangé - bleuâtre).

J'attends minuit et demie pour qu'enfin la lune puisse être pointée, je me promène avec une impression de survol due à la courbure de champ du Nagler 12 (grossissement x 200 environ). C'est quand même bien sympa, malgré le trouble du voile nuageux et la turbulence assez forte.

 

Espérons maintenant que les cieux seront cléments lundi matin (la météo est pour le moment d'assez bon augure), car tout cela a pour but de se préparer à l'éclipse, dans la bonne direction en ce qui me concerne. Avec le C9 comme objectif et le suivi, on devrait faire mieux que les fois précédentes (28 septembre 2015 et 27 juillet 2018). Jusque là, j'ai photographié les éclipses avec un téléobjectif sur trépied, et au delà d'une demi-seconde de pose, c'était flou à cause du bougé.

 

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Les saisons passent et les astres changent. Avec ces nuits claires, j'ai pu continuer mes "évaluations".

Tout d'abord, l'acquisition d'un SQM-L me permet enfin de savoir à quoi m'en tenir. Une "bonne" nuit ici, c'est légèrement en dessous de 18. J'ai par exemple mesuré 17,8 il y a deux jours, et 17,9 la nuit dernière (moyenne sur plusieurs mesures, cela va de soi).

 

Allez, un petit jeu : supposons qu'une mesure est faite, comment peut-on en déduire la magnitude globale de tout le ciel que l'on a au dessus de sa tête ? Comme on dit dans les sites les plus racoleurs, le résultat va vous étonner.

 

Dans la série des merveilles du monde moderne, on a taillé l'abondant houppier de deux tilleuls dans le jardin en dessous de mon balcon, et le résultat, c'est que les absurdes projecteurs braqués vers le ciel (mais bon sang, à quoi bon ?) dans le grand parterre sont maintenant bien visibles. Par chance, ils s'éteignent juste avant minuit.

 

Allez savoir pourquoi, cette fois, la collimation faite le soir du 20 janvier en vue de l'éclipse du lendemain matin (une réussite que je n'ai pas encore contée par ici, car le film n'est pas fini de monter...) a plutôt bien tenu, je me suis borné à l'affiner un peu hier soir, afin de faire des essais photographiques. Là aussi, les résultats sont étonnants, à condition de faire des poses courtes ! J'ai eu un problème avec le GoTo en prenant comme étoiles Gamma de Cassiopée, Capella et Mirfak. La machine prétendait avoir réussi la calibration, mais avec d'autres étoiles !

 

Venons-en aux objets observés :

 

J'ai épuisé les étoiles doubles figurant dans la base de la raquette NexStar, entre Cassiopée, les Poissons et le Bélier. Pêle-mêle, donc : 30 Ari, Êta Cas, Gamma Ari, Lambda Ari, Psi Psc, Sigma Cas, Zeta Psc, je crois que je n'en ai pas oublié. Tout ça avec un ortho 9 mm japonais qui donne, ma foi, de belles images. Pour profiter du grossissement élevé, j'ai pointé Mars, évidemment, vu son éloignement, il y a peu à voir mais ça faisait une jolie pastille ovale avec des bords nets, preuve que la collimation était correcte.

 

Il y a pas mal d'amas ouverts, là, c'est au Nagler II 20 mm que je les ai admirés. Le double de Persée n'est pas merveilleux, parce que le champ n'est pas suffisant pour voir les deux d'un coup. Les amas du Cocher (M36, M37 et M38) passent bien, surtout le premier qui est bien concentré. Dans les Gémeaux, M35 n'est pas mal (j'ai certes un a priori favorable pour cet amas), son voisin NGC2158 n'est pas décelable, mais là encore, il n'est pas dans le même champ donc il se peut que je l'aie raté.

 

Quitte à explorer les Gémeaux, j'ai pointé NGC2392, alias l'Eskimo. Elle se voit facilement, et en vision décalée, on en repère assez bien l'étendue, même s'il n'y a pas vraiment de détails.

 

Enfin, M42 se devait d'être visée, la partie centrale "rectangulaire" avec le trapèze est facile et montre de la structure, en vision décalée, on devine le départ des ailes et un peu de nébulosité dans sa proche voisine M43. La malchance veut que je ne la voie que bien après son passage au méridien : elle reste à peine une heure en position pas trop défavorable. J'ai essayé de viser M78, on ne voit rien hormis deux étoiles faibles. dans le champ du Nagler.

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Merci pour tes "évaluations" en territoire hostile, ça me permet d'être encore plus heureux de vivre en Ardèche! 😉

 

Merci de m'avoir fait penser d'essayer l'Eskimo et M78! Pour les amas et étoiles doubles l'impact de la PL est moindre. Je vois plus de détails que toi sur M42 avec mon 200mm... 

 

Bonne continuation!

Edited by epsilon du 07

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Posted (edited)

L'Ardèche, c'est là que se trouvent mes gros télescopes. Ici, c'est pour ne pas dépérir.

La semaine dernière, grâce au beau temps, j'ai fait des essais d'astrophotographie. Rien de bien extraordinaire, j'ai pris mon appareil photo de tous les jours et je n'ai même pas mis de filtre anti-pollution.

Mais les traitements permettent des semi-miracles :

 

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M42, qui n'est jamais bien haute : 21° au dessus de l'horizon au maximum, car je suis orienté vers l'ouest et un bâtiment me bouffe une partie du sud :cry:...

 

m45_debuts.thumb.jpg.6d64213c0211847112f4bd8f67de20f8.jpg

 

Un bout des Pléiades (Alcyone et Mérope). En 12 minutes de pose, les nébulosités commencent à peine à ressortir.

 

m35_debut.thumb.jpg.1874434c5cfc1c7eec537a11733914a1.jpg

 

Enfin, M35 et surtout NGC2158, invisible au télescope alors qu'en photo, ça passe.

 

Edited by Moot
  • Merci / Quelle qualité! 1

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Eheh, Bravo pour ce CROA ! Il faut en effet avoir la foi avec la pollution lumineuse en ile de France. Heureusement, il reste encore le planétaire et le lunaire. De mon côté, j'ai pu observé avec le Dobson de 200mm M81 et M82 en plein Brétigny sur orge qui n'est pas beaucoup mieux que Paris en terme de pollution lumineuse. Pourtant, ce n'était pas gagné compte tenu du peu d'étoiles visibles à l'oeil nu.

 

Tant qu'ils ne nous mettent pas de lunes artificieles (voir le projet chinois), de banderoles dans l'espace (Elon musk pourrait en être le précurseur ?) ou je ne sais quel projet mégalo, on peut continuer l'astronomie en ville à condition de bien choisir ses cibles.

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Posted (edited)

Après une longue pause, nouvelle sortie (si on peut appeler ainsi le déplacement du matériel sur une distance inférieure à deux mètres...) sous le ciel printanier tardif.

Pourquoi encore printanier en plein mois de juillet ? Parce que je suis orienté à l'ouest (et un peu au nord), donc je vois les astres sur leur déclin, et pis que ça, le balcon, c'est bien, mais ce serait mieux sans le balcon à l'étage au dessus, lequel me protège de la pluie, mais aussi de la proximité du zénith :cry: . En gros, je dois pouvoir pointer au maximum vers 60-70° de hauteur, au delà, le télescope vise le béton (et pourtant, il est le plus possible au bord).

 

Le nouveau logiciel anti-bug GPS (nous sommes à nouveau en 2019) a un inconvénient inattendu : il me croit sur le fuseau horaire de la Californie. Mais ouf, tout va bien, l'heure est la bonne (au décalage horaire près ; pour voir les choses du bon côté, je connais l'heure de San Francisco, hoho, hoho :banana: ), mais l'important, ce sont les coordonnées, et elles sont justes, ouf ! La calibration de la monture se passe bien, du premier coup.

 

Je vérifie la collimation, elle n'a pas trop bougé, je n'ai pas besoin de refaire un réglage.

 

Essai sur quelques étoiles doubles : Cor Caroli (facile), Mizar (pareil), Izar (bien séparée malgré la différence de magnitudes), l'optique se porte bien.

 

Il y a peu d'objets du ciel profond : M13, la star du moment, est trop haut, un essai en fin de session (2h du matin, presque), me la montre à peine car 3/4 de l'ouverture est masquée par ce qu'il y a au dessus.

 

Je vais donc tenter l'impossible.

 

M51 :  au Nagler 12 (200 x environ), on devine, après quelque temps d'adaptation, les deux noyaux, un gros, un petit. Il faut user de la vision décalée, de patience, et déplacer un peu l'objet dans le champ pour être sûr que c'est bien quelque chose dans le ciel et non une illusion. Plus tard, un essai avec le Nagler 20 (120 x) sera concluant malgré le fond du ciel plus clair. En revanche, rien au WideField 40, le fond est trop lumineux.

M101 : impossible, mais je ne suis pas étonné.

M82 : avec les deux Nagler, le fuseau se devine, il est très ténu et bien sûr, aucune structure apparente. Mais l'allongement est manifeste, et il est un peu plus "facile" que les noyaux de M51.

M81 : j'en avais parlé plus haut, étonnamment, le noyau est facile à voir. Bien plus que sur les autres galaxies essayées, pas besoin d'attendre une quelconque adaptation poussée, pas besoin de vision décalée.

 

Mais j'ai fait mieux, j'ai testé le filtre DGM de chez Omega sur un objet a priori impossible. Rappelons qu'il s'agit d'un filtre plutôt fait pour la photo, et qui transmet le H-alpha et la bande autour de OIII en rejetant pratiquement tout le reste du spectre.

Hélas, il y a peu de nébuleuses relativement brillantes, je tente M97 (le Hibou) avec le WideField 40 (60 x). Bien sûr, le fond du ciel est sombre. Eh bien avec de la patience, et tous les "trucs" de vision décalée, déplacement, etc., j'ai trouvé une tache ronde, plus évanescente que tout le reste déjà vu, mais elle était là, sans aucun doute !

 

On apprend à se contenter de peu ici, mais c'est promis, il y aura d'autres essais, avec un vrai ciel d'été.

Edited by Moot
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