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Éclipse partielle de Soleil du 10 juin, épique...


Cyp
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Salut à tous !

 

Seul à la maison avec Cidélie – âgée de 5 mois – je doutais fortement pouvoir assister à ce petit évènement astro de jeudi dernier. Après lui avoir donné ses 90 g de purée poireaux-pommes de terre – si vous vouliez tout savoir :) – j'étais attelé à lui faire boire ses 200 mL de lait infantile lorsque je constate par la fenêtre que le ciel est bien dégagé. Un poil voilé, peut-être, mais si peu. Il est alors midi passé. Autant dire que niveau préparation, je suis un poil charrette.

 

Je commence alors à calculer comment je pourrais m'organiser le plus efficacement possible pour réunir tous les éléments nécessaires à une prise de vue en un temps record. Le doux son d'un rôt tout droit sorti des entrailles de la Terre pour faire trembler mon tympan gauche m'extirpe de ma rêverie. On peut attaquer la deuxième moitié du biberon. Je pensais donc à tous les accessoires qu'il me faudrait aller chercher aux quatre coins de la maison, en essayant de n'omettre la moindre bague par un assemblage en pensée de toute la chaîne d'acquisition. C'est alors que je me remémore le message de Caro m'indiquant qu'elle était partie ce matin en emportant mes clefs par erreur. Impossible, ainsi, d'aller chercher la rallonge électrique rangée à la cave. Il me faudrait alimenter le télescope autrement. N'ayant pas trouvé d'autre solution, j'opte pour l'utilisation d'un onduleur à poser en vrac dans le jardin. Il va biper en permanence, mais sa batterie devrait me permettre de suivre l'évènement.

 

12h15, je pose tranquillement Cidélie dans son parc, lui lance son album de chansons préférées, empile tous ses jouets sur elle façon Everest, lui sourit tendrement puis prends mes jambes à mon cou façon Bip-bip et le Coyote. Tous les accessoires réunis – je pense n'avoir rien oublié, j'ai même pensé à mettre la batterie du reflex à charger – je presse fermement et avec conviction la poignée de la porte d'entrée. Qui ne bronche pas d'un millimètre. Les clefs. Caro est partie avec mes clefs. En m'enfermant à l'intérieur. Sans autre issue possible, dans une maison vigneronne où le rez-de-chaussée est en fait au premier étage.

 

Merde merde meeeeeeeerde. Un poil dégoûté, je jette un regard à tout le matériel réuni au milieu de la pièce. C'est quand même ballot...

 

Non, il reste une issue. LA fenêtre. Il y a une fenêtre qu'on a presque oubliée parce qu'elle est toujours fermée, volets compris, partiellement condamnée par ailleurs par quelques ustensiles de jardin qui son posés sur son rebord intérieur. Elle donne sur une galerie mâconnaise, où nous avons entrepris de rénover un meuble depuis bien trop longtemps maintenant, plaqué au mur contre les volets de ladite fenêtre.

 

Je dégage donc tout ce qui encombre l'accès intérieur de la fenêtre, l'ouvre en une dégringolade de poussières centenaires et autres multiples générations de toiles d'araignées puis déploie glorieusement les volets. Puis déploie glorieusement les volets. Heu, ah non, ça s'ouvre pas.

 

Le meuble ! Et merde. Je force sur les volets comme je peux pour essayer de dégager un peu le buffet, parviens à glisser un bras, puis tire sur le meuble qui ne bronche pas. On n'est pas rendu.

 

12h30. En poussant sur le meuble à la limite de la perte d'équilibre, je parviens à faire passer l'un des deux volets. Je me glisse dans l'entrebaillement, et me retrouve enfin dehors, des toiles d'araignées dans les cheveux sous les yeux ahuris d'un automobiliste garé de l'autre coté de la route. Pas le temps pour les faux-semblants, je suis à la bourre. Mais dehors ! Je dégage le buffet, ouvre complètement la fenêtre et rerentre à l'intérieur. Comme il va bien falloir faire passer le télescope par la fenêtre – un Schmidt-Cassegrain Meade LX90 sur table équatoriale – j'entreprends son démontage afin de le sortir par morceau, puis le remonte pièce par pièce de l'autre coté du mur.

 

Après plusieurs allers-retours par la fenêtre, je n'ose même pas jeter un œil à l'automobiliste toujours présent. j'installe le tout dans le jardin, rythmé par les bips de l'onduleur agonisant. Alors évidemment c'est la guerre, je vous passe donc les détails de la mise en station à l'arrache, de la mise en température inexistante, de la mise au point impossible à cause d'une turbulence de tous les diables, et de putain-comment-on-fait-déjà-pour-mettre-ce-foutu-autostar-en-vitesse-de-suivi-solaire. Je balance une centaine de poses en mode rafale. Jette un œil aux images, PAR-FAIT !

 

Bon en fait non, hein, c'est tout flou. Mais au point où j'en suis, je suis presque surpris de voir que le Soleil est dans le cadre, et qu'il y a encore un morceau d'éclipse.

 

Pas trop le temps de tergiverser, Cidélie a entrepris de décapiter Popi. Après avoir sauvé la mise du malheureux singe, je démonte le tout. Et m'aperçois alors que je n'avais pas serré la vis centrale du trépied. Vous savez, l'unique grosse vis, celle qui tient à peut près tout. Avec une prise de vue en rafale au reflex et un petit souffle d'air, sur un télescope en porte à faux posé sur une table équatoriale flottante, tu m'étonnes que tout soit flou...

 

Bon, mission accomplie, j'en ai chié comme un rat crevé pour faire une série d'images pourries, je peux tout ranger et formater ma carte SD. Après avoir tout rentré – par la fenêtre, je rappelle – sauf le télescope, qui attendra, je suis tout crasseux et dégouline de sueur. Tandis que je me serre un verre d'eau, j'entends les pneus de la voiture de Caro crisser sur les graviers, pour une arrivée en catastrophe, très déçue de m'avoir ainsi bloqué.

 

Finalement, tout est bien qui fini bien. Sur la plus de centaine d'images obtenues, il y en a UNE de nette. Me demandez pas comment c'est possible, j'en n'ai pas la moindre idée.

 

Vous trouverez donc le résultat de cette aventure épique en pièce jointe, l'unique rescapée de cette course contre la montre, quelques millions de pixels capturés en 1/500 de seconde à 100 ISO par un boîtier Canon EOS 600D derrière un Meade LX90 203/2000 avec réducteur de focale F/6,3, filtre Astrosolar densité 5, depuis Juliénas, en Beaujolais. Traitement sous Darktable.

 

Ce n'est certainement pas la plus belle des images, mais ça fait un sacré souvenir :)

 

Bon dimanche à tous !

 

Cyp

 

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Edited by Cyp
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@Cyp Je me suis bien poilé en lisant ton texte ! Ta photo en est devenue presque accessoire !

Bon, je n'ai pas bien compris comment un buffet pouvait être stocké à l'extérieur (exposé aux éléments ?).

 

Un conseil : mets ta bafouille de côté pour la faire lire à ta fille dans 10 ans.

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Salut à tous ! Et désolé du délai de réponse 😅

 

Merci beaucoup pour vos commentaires 😃 Sur le moment, c'était un poil stressant et j'ai bien galéré, mais ça fait maintenant un bon souvenir à raconter 😄

 

@Alhajoth Le buffet est dehors, mais protégé des éléments par la galerie mâconnaise. Il est là pour être retapé. Ponçage, etc. La partie basse est déjà faite – ou presque, reste les portes – la haute est à finaliser.

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