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Quand les PTT se penchaient sur le berceau de la future télévision française.

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Quand les PTT se penchaient sur le berceau de la future télévision française.

 

 

Au cours de l'année 2001, la première année du vingt-et-unième siècle et du troisième millénaire de l'ère chrétienne, les médias ont demandé aux Français par sondage quelle était selon eux l'invention qui avait le plus marqué le vingtième siècle ? La réponse majoritaire (à plus de 80%) fut : la télévision !... En tant qu'ancien agent du ministère des PTT je suis assez fier que ma vénérable administration des PTT ait été à l'origine de cette invention, et qu'elle l'ait largement développée, avant qu'en 1959 elle ne prenne définitivement son indépendance. Et pourtant très peu de gens se souviennent que la télévision française est une fille des PTT. Aussi, je me permets de rappeler ici brièvement l'histoire de la naissance et des débuts de la télévision française, sous la tutelle bienveillante des PTT.

 

Voici quelques dates importantes des débuts de la télévision en France.

 

En 1909 personne ne croyait encore à la possibilité de la transmission électrique des images. Cette année-là l'Académie des Sciences en France déclare : « Le problème de la transmission électrique des images est une utopie irréalisable. » .

 

Jeudi 5 décembre 1929 : Jean Barthélemy, âgé de six ans, alors qu'il jouait dans le jardin du pavillon familial, situé 1 rue du Plateau à Fontenay-aux-Roses (Seine), est appelé par son père René Barthélemy, ingénieur responsable du laboratoire radioélectrique de la CDC (Compagnie Des Compteurs), pour venir dans son laboratoire personnel installé dans la chambre d'amis. Sur l'écran minuscule d'une machine imposante Jean Barthélemy put distinguer un visage : celui de Marius Lamblot, l'assistant de son père, transmis en direct depuis le laboratoire de la CDC à Montrouge avec une définition de 30 lignes. Jean Barthélemy fut sans doute le premier “téléspectateur” [le mot ne sera officialisé qu'à partir de 1950] français non professionnel.

 

Mardi 14 avril 1931 : le ministre des PTT Charles Guernier autorise René Barthélemy a organiser la première démonstration publique de télévision en France. Jusqu'ici cette invention n'était jamais sorti des trois laboratoires français travaillant dessus : celui de René Barthélemy 77 Grand-Rue à Montrouge (département “télévision” de la CDC), celui d'Henri de France au Havre, et enfin celui de Marc Chauvière rue Jules-Simon à Boulogne-Billancourt. La première émission de télévision relie le laboratoire de la Compagnie des Compteurs à Montrouge au grand amphithéâtre de l'école supérieure d'électricité à Malakoff, située à deux kilomètres. A 20H00 huit cents invités privilégiés peuvent voir des images télévisées verdâtres avec une définition de 30 lignes sur un écran de verre dépoli de 40 centimètres sur 30. Le programme est un petit film diffusé grâce à un appareil de télécinéma “L'Espagnole à l'éventail” . A cette occasion Suzanne Bridoux, la secrétaire du directeur de la CDC Ernest Chamon, devient la première présentatrice de la télévision française. Trois fois de suite le même film sera diffusé et elle interviendra à chaque fois pour l'annoncer. Par ces trois annonces, faites en direct, elle prouva que l'invention de René Barthélemy pouvait en plus du télécinéma diffuser des images en direct.

 

Janvier et février 1932 : Henri de France réalise à son tour une transmission d'images télévisées entre Fécamp et Le Havre, distants de 34 kilomètres, en profitant de l'émetteur de la station privée de TSF (à l'époque on nommait ainsi communément la radiodiffusion) “Radio Normandie” qui émettait depuis Fécamp. Cette transmission d'images télévisées d'une définition de 60 lignes était alors appelée la “Radio-Vision”. Quelques rares possesseurs de postes de “Radio-Vision” capteront ces programmes à plus de 100 km, et même jusqu'à Toulouse !... Techniquement c'était donc une réussite, mais commercialement c'était un échec complet. Aussi, faute de “Radio-Viseurs” assez nombreux ces essais de transmission d'images sur “Radio Normandie” cesseront assez rapidement ...

 

25 et 27 octobre 1932 : à la demande d'Henri Queuille, ministre des PTT, des essais comparatifs sont réalisés entre Montrouge et le Laboratoire National de Radioélectricité pour départager les trois systèmes de télévision : celui de l'Anglais John Baird, et ceux des deux Français René Barthélemy et Henri de France. Le rapport de synthèse, établi le 7 novembre 1932, recommande le système de René Barthélemy. Henri Queuille met alors à sa disposition un local technique au troisième étage du 93 rue de Grenelle. Quant aux images elles sont diffusées depuis l'émetteur de l'École Supérieure des PTT 103 rue de Grenelle sur 430 mètres ondes moyennes. Les émissions de ce studio d'essai débutent en décembre 1932. Il n'y a alors officiellement que six récepteurs seulement en France, tous situés en région parisienne, pouvant capter ces émissions expérimentales :

* un récepteur de contrôle situé au local technique du 93 rue de Grenelle ;

* un récepteur situé au laboratoire de la CDC 77 Grand-Rue à Montrouge ;

* un autre situé au domicile d'Ernest Chamond, le Directeur de la CDC ;

* un quatrième situé au domicile de Jean Le Duc, administrateur de la CDC ;

* un cinquième situé au domicile de René Barthélemy à Fontenay-aux-Roses ;

* enfin un sixième récepteur situé au domicile d'un amateur passionné, qui se l'est procuré auprès de la CDC.

 

Samedi 19 janvier 1935 : au cours d'un dîner entre amis chez son directeur de cabinet, Georges Wormser, Louis Rothschild dit Georges Mandel (en 1902, à l'âge de 17 ans, il prend le pseudonyme de Georges Mandel [qui était le nom de sa mère] dans des articles pour le quotidien de gauche “Le Siècle” afin de ne pas être pris pour un des membres de la famille des banquiers Rothschild) ministre des PTT depuis le 8 novembre 1934 (donc depuis deux mois), découvre la télévision. Intrigué par cet appareil curieux, qui ne peut recevoir d'émissions le soir puisqu'elles n'ont lieu quotidiennement que pendant une heure dans l'après-midi, Georges Mandel se fait expliquer comment fonctionne ce “récepteur-vision” dont il n'a jamais entendu parler (et pourtant ce sont ses services qui financent depuis plus de deux ans les transmissions depuis le studio expérimental de la CDC à Montrouge).

 

Lundi 21 janvier 1935 : Georges Mandel, qui aime à réagir très rapidement, se rend de bon matin à Montrouge à la Compagnie des Compteurs à Montrouge. Il y rencontre le Directeur, Ernest Chamon, et l'ingénieur René Barthélemy. Il assiste à une transmission improvisée au cours de laquelle Mademoiselle Suzanne Bridoux, la secrétaire d'Ernest Chamon, parle devant la caméra. Georges Mandel, d'une humeur glaciale, s'en va presque aussitôt, sans commentaire ... Le personnel de la CDC à Montrouge s'attend à ce que le ministre des PTT mette fin aux expériences de télévision ...

 

Lundi 4 février 1935 : Georges Mandel fait annoncer à René Barthélemy qu'il l'encourage à poursuivre ses émissions expérimentales de télévision et qu'il a décidé de développer la télévision en France !...

 

Mercredi 17 avril 1935 : Georges Mandel annonce à la presse sa décision d'organiser à la station de Radio-Paris-PTT un service de télévision. Une démonstration publique aura lieu dans une dizaine de jours au ministère des PTT 103 rue de Grenelle.

 

Vendredi 26 avril 1935 : Georges Mandel préside entre 20H15 et 20H30 la première émission officielle de la télévision française depuis le studio du ministère des PTT 103 rue de Grenelle. Anne-Marie Bolchesi (dite Béatrice Bretty), au titre de comédienne (et non au titre de maîtresse de Georges Mandel), parle devant la caméra en direct durant dix minutes. Elle évoque un récent voyage de la Comédie française en Italie. La définition des images est de 60 lignes. Le programme filmé en direct depuis le studio de la rue de Grenelle est acheminé par un câble téléphonique long de 2 500 mètres jusqu'à un émetteur situé au pilier Nord de la tour Eiffel, de là un autre câble relie le pilier Nord à l'antenne émettrice situé au sommet de la tour à 320 mètres de hauteur.

 

Mercredi 15 avril 1936 : le ministre des PTT Georges Mandel déclare qu'il va autoriser, à compter du 1er novembre 1936, la création d'une première station de télévision privée, en plus de Télé-Paris PTT, pour le quotidien “Le Petit Parisien” (Télé Poste Parisien) 52 avenue des Champs Elysées (Paris 8ème). Il laisse entendre qu'une deuxième station pourrait être autorisée ensuite à Toulouse pour “ Radio Toulouse ” avec le concours technique d'Henri de France, et peut-être même une troisième à Lyon pour “Radio Lyon” avec le concours technique de Marc Chauvière. Nul doute que la France allait alors prendre un essort considérable dans l'histoire de la télévision mondiale !...

 

Lundi 8 juin 1936 : le tout nouveau ministre des PTT du “Front Populaire” Robert Jardillier, maire socialiste de Dijon, supprime l'autorisation d'émettre pour Télé Poste Parisien et se déclare formellement opposé à toute nouvelle télévision privée. Il déclare : « Il n'est pas question d'une télévision capitaliste !... » . Une occasion est manquée pour la France. Il est curieux de constater que ce sera finalement sous un autre gouvernement socialiste, celui de Laurent Fabius, que sera inaugurée le 4 novembre 1984 la première chaîne de télévision privée en France “Canal Plus” ...

 

Vendredi 15 octobre 1937 : le Président de la République française Albert Lebrun vient assister à une séance de télévision à l'exposition universelle de Paris. Lorsqu'on lui propose de le télé-visionner à son tour il se récuse avec le sourire en promettant de faire mieux la prochaine fois. Albert Lebrun a ainsi laissé passer l'occasion d'être le premier chef de l'état au monde à être interviewé par la télévision ...

 

Samedi 29 juillet 1939 : un décret transfère du ministère des PTT à la Présidence du Conseil la tutelle de la radiodiffusion (et donc aussi de la télévision) ; donc à partir de cette date les PTT et la télévision française commencent à ne plus être intimement liés ...

 

Mercredi 4 février 1959 : le Conseil des Ministres adopte le premier statut de la RTF (Radiodiffusion Télévision Française) qui devient un établissement public d'état à caractère industriel et commercial, avec autonomie budgétaire et détentrice du monopole de diffusion des ondes hertziennes radiodiffusées et télévisées. C'est à partir de 1959 que mes anciens collègues des PTT qui travaillaient dans les services administratifs de la RTF ont dû choisir entre rester fonctionnaires de l'état, et donc quitter la RTF, ou devenir des salariés de droit privé à la RTF. Donc à partir de cette date les PTT n'ont plus du tout été liés à l'histoire de la télévision française.

 

Le samedi 27 juin 1964 la RTF devient l'ORTF (Office de Radiodiffusion et de Télévision Française) qui sera supprimé par la loi du 8 juillet 1974, entrée en vigueur le 6 janvier 1975. A partir du 6 janvier 1975 les trois chaînes hertziennes de télévision portent chacune un nom qui leur est propre :

 

* TF1 pour la 1ère (qui reprit ses programmes, après guerre, le 24 mars 1945) ;

* Antenne 2 pour la 2ème (inaugurée le 21 décembre 1963) ;

* FR3 pour la 3ème (inaugurée le 31 décembre 1972).

 

Mais à partir de là vous connaissez sans doute beaucoup mieux que moi l'histoire récente de la télévision française... ;)

 

Roger le Cantalien. :rolleyes:

 

PS : si ce que je vous ai raconté ci-dessus vous a intéressé, je pourrais continuer et vous raconter l'épisode peu connu de la renaissance de la télévision française lors de l'Occupation allemande, et qui explique pourquoi en 1945 elle a pu devenir la télévision dominante en Europe. Si c'est le cas, faites-le moi savoir… :)

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Bonjour à toutes, bonjour à tous, :)

 

Bon, apparemment ça ne vous a pas plus intéressé que ça... Mais comme j'avais déjà préparé la suite, je la poste quand même, pour le cas (sans doute bien improbable) qu'un Internaute de Webastro s'y intéresserait d'ici quelque temps... :rolleyes:

 

La reprise des émissions de la télévision française lors de l'occupation allemande.

 

 

* Samedi 2 septembre 1939 au soir : les téléspectateurs parisiens qui ont la chance d'avoir un "radio-viseur" ne se doutent pas qu'ils regardent pour la dernière fois une émission de la télévision française, en noir et blanc, avec une définition de 455 lignes. Combien étaient-ils ? Difficile de le savoir puisqu'il n'y avait pas encore de redevance (c'est la loi du 30 juillet 1949 qui instaurera la redevance télévisuelle en France, avec application à compter du 1er janvier 1950). On peut seulement estimer à environ deux à trois cents le nombre de récepteurs de télévision alors en service.

 

* Dimanche 3 septembre 1939 à 17 heures : la France déclare la guerre à l'Allemagne, suite à l'agression de la Pologne par le troisième Reich. Le poste de télévision "Paris-PTT-Vision" doit, sur ordre des autorités militaires, qui prennent le contrôle de l’émetteur de la tour Eiffel, cesser ses émissions.

 

* Lundi 16 octobre 1939 (le jour de la rentrée des classes 1939-1940 à Paris) : les émissions télévisées reprennent, discrètement, pendant seulement une demi-heure par jour, de 20H00 à 20H30. Ce sera plus une maintenance technique qu'une reprise véritable des programmes. De crainte d'une attaque aérienne allemande contre la tour Eiffel cette reprise ne sera pas annoncée par la presse. Ces émissions, semi-clandestines, dureront jusqu'au 11 juin 1940.

 

* Mercredi 12 juin 1940 : l'émetteur 455 lignes de la tour Eiffel est définitivement saboté par l'armée française, deux jours avant l'entrée des troupes allemandes à Paris.

 

* Mercredi 8 juillet 1942 : des techniciens allemands commencent à réparer l'émetteur de la tour Eiffel saboté par les Français le 12 juin 1940. Ils l'équipent avec du matériel 441 lignes provenant de l'ancienne station de Berlin, qui a cessé d'émettre le 25 août 1939.

 

Pourquoi les Allemands décident-ils de remettre en fonctionnement un émetteur de télévision à Paris, alors que celui de Berlin reste toujours hors service ? Eh bien, c'est une des conséquences indirectes de l'opération "Barberousse" (Barbarossa) : l'assaut, à compter du dimanche 22 juin 1941 de l'Union Soviétique par la Wehrmacht. Si l'avancée des troupes allemandes en Russie Soviétique fut très rapide jusqu'au début décembre 1941 (où elles sont arrivées à moins de vingt kilomètres de Moscou), l'hiver 1941-1942, puis le printemps 1942 furent très rudes pour les soldats allemands qui ont dû combattre à la fois la rudesse du "général hiver" et les coups de main des partisans soviétiques qui s'étaient ressaisis.

 

Il y eut alors de nombreux soldats blessés. De peur qu'ils ne démoralisent la population, les trains sanitaires spéciaux les transportèrent directement du front russe à Paris, en traversant rapidement l'Allemagne de nuit sans s'arrêter, où ils furent soignés dans des hôpitaux civils dont une grande partie des salles avaient été réquisitionnées par l'armée allemande. Après deux ou trois semaines de convalescence à Paris, ces soldats de la Wehrmacht étaient enfin autorisés à aller voir leurs proches en Allemagne. Leurs témoignages sur la dureté du front soviétique étaient de ce fait largement édulcorés…

 

C'est alors que Kurt Hinzmann, jeune officier allemand, soumet en juin 1942 aux autorités militaires de Berlin l'idée de remettre en état l'émetteur de la télévision de la tour Eiffel pour distraire les soldats allemands convalescents dans les hôpitaux parisiens. Son idée leur plut bien, et elles lui donnèrent tous les moyens humains, financiers, et techniques pour réaliser à bien son projet.

 

* mercredi 8 juillet 1942 : des techniciens allemands commencent à réparer l'émetteur télévision de la tour Eiffel saboté par les Français le 12 juin 1940. Ils l'équipent avec du matériel Telefunken 441 lignes provenant de l'ancienne station de Berlin, qui a cessé d'émettre le 25 août 1939.

 

* Lundi 13 juillet 1942 : des opératrices anglaises de la station radar de Beachy Head dans la côte du Sussex captent sur la fréquence de 46 Mégahertz d'étranges signaux qui n'entrent pas dans le spectre habituel des émissions radio ou radar. Les relevés radio-goniométriques indiquent que la source de ces émissions mystérieuses est Paris. Craignant une nouvelle invention diabolique de la part des Allemands cette base envoie des photographies de ces mystérieux spectres hertziens au Quartier Général des transmissions de la Royal Air Force. Une semaine plus tard George Kelsey, ancien technicien radio ayant travaillé avant-guerre sur la réception d'images télévisées de la BBC, décode qu'il s'agit de signaux de télévisions. Une équipe part à Beachy Head muni d'un téléviseur britannique d'avant-guerre captant les programmes sur 405 lignes (norme britannique). Là, ils bricolent une antenne géante de 31,50 mètres de haut et bidouillent leur récepteur pour le transformer à la norme 441 lignes. Enfin, le 25 juillet 1942 une image, sans son, apparaît sur leur téléviseur : la tour Eiffel avec une inscription en allemand “Fernsehsender Paris” (télévision de Paris). Jusqu'à la Libération de Paris les services secrets britanniques seront sans doute les téléspectateurs les plus attentifs de cette station de télévision parisienne. Jamais les Anglais ne révèleront si ces programmes télévisés leur ont apporté des informations précieuses pour eux, et de quelle nature ? Bien entendu les Allemands n'imagineront jamais que leurs programmes télévisés sont captés en Angleterre !...

 

* Lundi 17 août 1942 : les techniciens allemands ont entièrement remis en état la station de télévision de la tour Eiffel, qui émet sur 441 lignes. L'administration et les studios “ Fernsehsender Paris ” sont situés au 12 cité Martignac (Paris 7ème). Seule la mire fixe représentant la tour Eiffel est diffusée, généralement en fin d'après-midi et en début de soirée, avec le son de radio-Berlin.

 

* Vendredi 7 mai 1943 : “Fernsehsender Paris” commence à diffuser des programmes télévisés expérimentaux pendant deux heures par jour (de 19H00 à 21H00) depuis les studios minuscules du 12 cité Martignac (Paris 7ème). La ritournelle de début et de fin des programmes est celle de la chanson “Sur le pont d'Avignon” interprétée par la fanfare de Pierre Cadel. Deux caméras électroniques assurent les prises de vue en direct.

 

* Samedi 17 juillet 1943 : les autorités allemandes font réquisitionner les locaux des 13 et 15 rue Cognac-Jay (Paris 7ème).

 

* Mercredi 28 juillet 1943 : tout le personnel administratif et technique de “Fernsehsender Paris” déménage du 12 cité Martignac pour l'ancien cabaret “Magic-City” 15 rue Cognac-Jay (Paris 7ème). Leurs deux lignes téléphoniques sont INValide 08-86 et INValide 08-89.

 

* Jeudi 30 septembre 1943 : inauguration officielle de “Fernsehsender Paris” . Désormais la station émet huit heures par jours, puis douze heures à partir de janvier 1944. En fait entre deux programmes réellement télévisés la station diffusait la mire à la tour Eiffel (de 12h00 à 14h15, puis de 17h00 à 19h00, puis enfin de 22h00 à 24h00) en reprenant le son de radio-Berlin. Ces programmes sont principalement destinés aux soldats allemands en convalescence dans des hôpitaux parisiens. Pour eux on a fait venir d'Allemagne environ 250 téléviseurs d'avant-guerre captant parfaitement le 441 lignes. Douze autres téléviseurs 441 lignes sont également installés dans des chambres de l'hôtel Majestic pour des officiers supérieurs allemands. Quelques 150 autres téléviseurs français réquisitionnés, prévus pour le 455 lignes d'avant-guerre, peuvent également capter les programmes, mais dans de moins bonnes conditions techniques. Ces émissions quotidiennes dureront jusqu'au 12 août 1944 à 23H30.

 

* première quinzaine d'août 1944 : au fur et à mesure qu'elles évacuent Paris les troupes allemandes emportent avec elles la quasi-totalité des 250 téléviseurs 441 lignes équipant les hôpitaux parisiens. En revanche, les douze téléviseurs 441 lignes des chambres de l'hôtel Majestic resteront bien sur place.

 

* samedi 12 août 1944 à 23H30 (21H30 TU) : “Fernsehsender Paris” interrompt définitivement ses émissions.

 

* jeudi 17 août 1944 : Kurt Hinzmann, le responsable allemand de “Fernsehsender Paris” reçoit du Haut Commandement militaire allemand de Paris l'ordre de faire immédiatement sauter l'émetteur télévision de la tour Eiffel. Kurt Hinzmann refusera d'obéir à cet ordre, qu'il juge stupide et inutile pour retarder l'avance des Alliés sur Paris. Grâce à ce geste chevaleresque la France pourra reprendre ses programmes télévisés dès le 24 mars 1945, et de ce fait devenir jusqu'en juillet 1962 (et les premières images télévisées par satellite avec Telstar 1) la télévision dominante d'Europe.

 

* samedi 19 août 1944 à 07H50 du matin : Kurt Hinzmann et cinq autres Allemands travaillant à “Fernsehsender Paris” quittent discrètement Paris pour Saint-Dié (Vosges).

 

* Samedi 24 mars 1945 : reprise expérimentale des émissions de télévision, diffusées depuis le studio du 15 rue Cognac-Jay (Paris 7ème), depuis le pilier Nord de la tour Eiffel, avec l'émetteur allemand Telefunken de “Fernsehsender Paris” d'une définition de 441 lignes VHF (Very High Frequency ; très haute fréquence, ondes métriques). Environ cent-cinquante téléviseurs, captant la définition 455 lignes d'avant-guerre, sont susceptibles de les capter, avec cependant beaucoup moins de netteté que les très rares téléviseurs allemands prévus pour capter le 441 lignes que les troupes du IIIème Reich n'ont pas emportés avec elles lors de l'évacuation de Paris en août 1944. Les douze récepteurs 441 lignes restés en août 1944 dans les chambres de l'hôtel Majestic sont transférés 15 rue Cognac-Jay et au pilier nord de la tour Eiffel comme moniteurs témoins.

 

* samedi 20 novembre 1948 : le Secrétaire d'Etat à l'Information, François Mitterrand, signe l'arrêté fixant la norme définitive de la télévision française : ce sera la norme haute définition 819 lignes, due au physicien Henri de France. Les programmes en 441 lignes devront cependant être encore diffusés jusqu'à la fin de l'année 1958.

 

* Jeudi 15 décembre 1949 : début des émissions haute définition 819 lignes noir et blanc (VHF), depuis un deuxième émetteur installé à la Tour Eiffel. C'est Henri de France qui est à l'origine de ce procédé haute définition 819 lignes.

 

* Lundi 10 avril 1950 : mise en service la deuxième station de télévision, directement en 819 lignes VHF noir et blanc depuis le beffroi de l'hôtel de ville de Lille. La station de Lille fonctionnera pendant près de deux ans de façon indépendante par rapport à la station de Paris. Elle reprendra souvent les émissions enregistrées produites depuis Paris mais avec un, deux ou trois jours de retard. Cette situation durera jusqu'au 14 février 1952 où des relais hertziens relieront enfin Paris à Lille, la station de Lille (hormis quelques décrochages régionaux) devant alors en permanence relayer les programmes de la station de Paris.

 

* Mardi 2 juin 1953 : la retransmission, en direct depuis Londres, du couronnement de la reine Elisabeth II d'Angleterre fera doubler le nombre de téléviseurs en France. Leur nombre passera en effet de 24 219 le 1er janvier 1953 à 59 971 le 1er janvier 1954.

 

* 2 novembre 1953 : mise en service la troisième station de télévision, en 819 lignes VHF noir et blanc, à Strasbourg. La station de Strasbourg ne fonctionnera de façon indépendante par rapport à la station de Paris que pendant un mois et demi. Cette situation cessera dès le 25 décembre 1953, où des relais hertziens relieront enfin Paris à Strasbourg, la station de Strasbourg devant alors en permanence relayer les programmes de la station de Paris. Dorénavant les nouvelles stations de télévision (toutes en 819 lignes VHF noir et blanc) devront en permanence, et dès leurs mises en service relayer la station de Paris.

 

* Vendredi 12 février 1954 : René Barthélemy, le père de la télévision française, décède à Antibes d'une aortite abdominale, à l'âge de 65 ans (il était né à Nangis, Seine-et-Marne, le 10 mars 1889). Il avait quitté la Compagnie des Compteurs de Montrouge en 1952. Il sera inhumé au cimetière de Fontenay-aux-Roses.

 

* 1956 : Henri de France (le père de la télévision haute définition en 819 lignes noir et blanc ) fait breveté son système de télévision en couleur, le procédé “Sécam” (Séquentiel couleur à mémoire).

 

* nuit du lundi 2 au mardi 3 janvier 1956 vers 3 heures du matin : un incendie au troisième étage de la tour Eiffel endommage définitivement les installations de l'émetteur historique 441 lignes Telefunken. Le dernier vestige de “Fernsehsender Paris” a disparu dans la fumée…

 

Les 6 000 possesseurs de téléviseurs 441 lignes ne peuvent définitivement plus recevoir d'émissions télévisées. Les pouvoirs publics décident de leur venir en aide de la façon suivante :

* la RTF leur versera une contribution de 20 000 francs pour l'achat d'un poste neuf en 819 lignes ;

* les constructeurs de postes de télévision doivent reprendre leur ancien téléviseur 441 lignes pour 5 000 francs lors de l'achat d'un nouveau téléviseurs 819 lignes ;

* les revendeurs doivent leur consentir une remise de 10 000 francs sur l'achat d'un poste neuf 819 lignes.

 

* Samedi 21 décembre 1963 : début des programmes de la deuxième chaîne hertzienne en 625 lignes (UHF - Ultra High Frequency [ultra Haute Fréquence]) et en noir et blanc.

 

* Dimanche 1er octobre 1967 : la deuxième chaîne hertzienne émet désormais en couleur sur 625 lignes (UHF), grâce au procédé “Sécam”, inventé par Henri de France.

 

* Dimanche 31 décembre 1972 : début de la troisième chaîne hertzienne en 625 lignes UHF et directement en couleur.

 

* Lundi 28 avril 1986 : Henri de France, le père du 819 lignes noir et blanc, et surtout de la télévision française en couleur (procédé “Sécam”), décède à Paris à l'âge de 74 ans (il était né à Paris le 7 septembre 1911). Il sera inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris.

 

Voilà, vous serez maintenant incollable (ou presque) sur l'histoire des débuts de la télévision française…

 

Roger le Cantalien. :)

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Salut Roger, très intéressant.

aujourd'hui ou tout lemonde par le de TV HD et que des camescopes HD grand public apparaissent, as tu une explication sur la disparition du HD 819 lignes de l'époque au profit d'un petit 625 lignes, est ce du à la couleur ?

de même on constate le passage de VHF à UHF , pourquoi ?

j'ai souvent entendu parler de l'arrivée de la couleur comme un avenement, mais pas dans ton post, ça semble presque banal :)

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Bonjour Hb38 et bonjour Smashy, :)

 

Merci pour vos commentaires, qui m'ont réconforté… ;)

 

Pour répondre à tes questions, Hb38 :

 

« As tu une explication sur la disparition du HD 819 lignes de l'époque au profit d'un petit 625 lignes, est ce dû à la couleur ? »;

Non, c'est dû au fait qu'avec un standard à 819 lignes on ne pouvait faire passer que deux signaux télévisuels dans le spectre des neuf canaux impartis à la VHF (canal 1 à canal 10), alors qu'avec un standard à 625 lignes on pouvait faire passer huit signaux télévisuels dans le spectre des quarante-neuf canaux impartis à l'UHF (canal 21 à canal 69).

 

Pour les fréquences précises (en Mégahertz) de ces canaux, voir le site :

http://www.irtc.fr/EmetteurTV.htm

 

Au début, ça ne posait pas trop de problèmes car les émetteurs principaux de la RTF étaient tous situés soit au sommet de grands pylônes (ainsi le puissant émetteur de Trainou près de Neuville-aux-Bois dans le Loiret qui arrose toute la Beauce, le Berry, et même une partie des Yvelines), soit au sommet de montagnes (ainsi l'émetteur du Pic du Midi de Bigorre, perché à 2 865 mètres, inauguré le 14 décembre 1957 qui a enfin permis au quart Sud-Ouest de la France d'accéder enfin, très tardivement par rapport au Nord-Pas-de-Calais par exemple, à l'univers télévisuel). Par la suite, la RTF puis l'ORTF ont voulu diminuer les "zones d'ombre", c'est-à-dire les régions où l'on ne pouvait pas, à cause du relief, recevoir la télévision. On a donc mis progressivement en service de nombreux ré-émetteurs locaux, moins puissants, mais qui occupaient de plus en plus les canaux disponibles, en évitant les interférences entre deux émetteurs. Si on était resté à la norme VHF 819 lignes, beaucoup de zones d'ombre auraient subsisté. L'UHF 625 lignes était plus souple pour cela.

 

Il n'empêche, pour tous ceux qui, comme moi, ont découvert la télévision avec une image noir et blanc (en réalité une image à dominante bleutée) en 819 lignes en gardent un souvenir indélébile. Cela a été très perceptible à partir de 1964 lorsque les téléspectateurs ont pu comparer la qualité de l'image lumineuse VHF 819 lignes noir et blanc de la première chaîne et celle (beaucoup plus terne) de la deuxième chaîne en UHF 625 lignes noir et blanc également.

 

« J'ai souvent entendu parler de l'arrivée de la couleur comme un événement, mais pas dans ton post, ça semble presque banal ». Effectivement, quelques mois avant le 1er octobre 1967 (date officielle du lancement de la télévision en couleur en France) tout le monde se ruait devant les boutiques des revendeurs de télévision pour voir les programmes expérimentaux en couleur diffusés dans l'après-midi sur la deuxième chaîne. Mais, très vite c'est devenu banal… Et puis, même cinq ans après le lancement de la couleur, donc à l'automne 1972, très peu de personnes avaient un téléviseur couleur, car ça coûtait horriblement cher !… Ce n'était que lorsque un vieux téléviseur noir et blanc rendait l'âme, qu'on se décidait à prendre un poste couleur.

 

Pour te donner des chiffres précis, il faut remonter au 1er janvier 1974 où est apparu la redevance couleur : 210 francs, contre 140 francs pour la redevance noir et blanc. Les chiffres du service de la redevance audio-visuelle indiquent :

 

* au 1er janvier 1974 : il y avait 13 367 900 téléviseurs déclarés, dont 12 066 600 noir et blanc (90,27 %) et 1 301 300 couleur (9,73 %).

 

* au 1er janvier 1979 : il y avait 16 506 400 téléviseurs déclarés, dont 10 753 600 noir et blanc (65,15 %) et 5 752 800 couleur (34,85 %).

 

* au 1er janvier 1980 : il y avait 17 056 300 téléviseurs déclarés, dont 9 779 200 noir et blanc (57,33 %) et 7 277 100 couleur (42,67 %).

 

* au 1er janvier 1981 : il y avait 17 389 300 téléviseurs déclarés, dont 8 935 900 noir et blanc (51,39 %) et 8 453 400 couleur (48,61 %).

 

* au 1er janvier 1982 : il y avait 17 615 200 téléviseurs déclarés, dont 7 837 600 noir et blanc (44,49 %) et 9 777 600 couleur (55,51 %).

 

Ce n'est donc qu'au cours de l'année 1981 que le nombre de téléviseurs couleur a dépassé celui des téléviseurs noir et blanc. Il aura donc fallu quatorze ans à la télévision couleur pour surpasser la télévision noir et blanc !...

 

Je profite de ce message pour rajouter deux dates symboliques à l'histoire de la télévision française :

 

* mardi 19 juillet 1983 : arrêt des émissions du deuxième émetteur "historique" de la télévision française ; celui de la tour Eiffel qui diffusait depuis le 15 décembre 1949 les images en 819 lignes noir et blanc (VHF) de la première chaîne de télévision française (rebaptisée TF1 le 6 janvier 1976).

 

* lundi 1er juin 1992 : TF1 quitte le site historique du 15 rue Cognac-Jay (Paris 7ème) pour des nouveaux locaux construits par l'entreprise Bouygues situés à Boulogne-Billancourt.

 

Roger le Cantalien. :rolleyes:

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SEQUENCE NOSTALGIE :

Je me souviens très bien du jour où, étant enfant, mes parents ont remplacé le vieux poste N et B sur pied (ARPHONE il me semble, si cela dit quelque chose à quelqu'un), dont les lampes mettaient un certain temps (!) à chauffer et que j'avais toujours connu, par une TV couleurs.

A l'époque, c'était lors des grands évènements, essentiellement sportifs (typiquement les JO ou la coupe du monde de foot) que l'on changeait la télé. Et les distributeurs jouaient le jeu en offrant des promotions lors de ces occasions.

Tout cela a bien changé, maintenant qu'une TV trône dans quasiment chaque pièce de la maison...

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Bonjour Smachy, :)

 

Si tu regardais sur ton vieux poste noir et blanc de marque "Arphone" (désolé, ce nom ne me dit rien du tout, chez nous notre premier poste fut un "Grandin") les événements sportifs tu dois te souvenir de l'extraordinaire spectacle qu'était, en début et en fin de retransmission, la mire de l'Eurovision (avec la majestueuse musique du Te Deum de Marc-Antoine Charpentier) qui indiquait au centre de l'image"RTF", puis, au milieu de la ritournelle du Te Deum, apparaissaient les initiales, en trois lettres, de la télévision qui envoyait les images : "RAI" pour l'Italie, "TVE" pour l'Espagne, "SSR" pour la Suisse Romande, "ARD" pour l'Allemagne, "RTB" pour la Belgique", "NOS" pour la Hollande, "BBC" pour l'Angleterre, et bien d'autres dont j'ai depuis lors oublié les initiales… :confused:

 

Roger. :rolleyes:

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merci roger pour tout cela en effet bigrement interressant même si cela fait 3 ans que ma télé a franchit dans une superbe courbe, une des fenetre de mon appartement en direction des poubelles!!

 

dis moi, as t'on une idée de ce que pensaient les personnes qui avait un téléviseur des émissions qui étaient diffusées apres guerre?

etait ce vu comme des "betises", avaient ils deja conscience de la manipulation mediatique que cela représentait etc....?

 

il y avait t'il des anti télé? ca me rappel un film avec bourvil je crois, en instit qui crée un commando pour detruire les antennes a cause de l'etat de fatigue des élèves en classe qui ont regardé la télévision trop tard le soir (je ne sais plus il s'appel ce film)

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Dis moi, a t'on une idée de ce que pensaient les personnes qui avaient un téléviseur des émissions qui étaient diffusées après guerre ? Etait-ce vu comme des "bêtises", avaient-elles déjà conscience de la manipulation médiatique que cela représentait etc....?

 

Bonjour Jérôme, :)

 

Dans l'immédiat après-guerre, le plus important c'était de pouvoir capter en même temps l'image et le son, car il y avait sans cesse des problèmes techniques lors de la diffusion d'une émission. C'est d'ailleurs pour ça qu'on a créé le poste de "speakerine", chargée d'annoncer qu'il y avait "un incident technique indépendant de notre volonté" mais qui allait rapidement être solutionné après un moment de patience… ;)

 

La "manipulation médiatique" que tu évoques n'est intervenue qu'à partir du 1er juin 1958 et l'entrée en fonction du dernier Président du Conseil de la Quatrième République, un certain Charles de Gaulle. A partir de là il y a eu une chape de plomb sur les informations politiques françaises. De Gaulle avait ordonné aux dirigeants de la RTF de parler le moins possible de la France (y compris la guerre d'Algérie), et le plus possible de tout le reste… Aussi l'affaire de l'ex Congo belge fut-elle sur-médiatisée !… Et la conquête de l'espace aussi, était très présente dans les journaux télévisés de 13 heures et de 20 heures. C'est peut-être grâce à cela que je m'y suis beaucoup intéressé. Je le répète, sous la télévision gaulliste il fallait parler de tout abondamment, et le moins possible de la France !… ;)

 

Sinon, Jérôme, à part le journal télévisé, les émissions de début de soirée, qui commençaient exactement à 20h30, vu qu'il n'y avait pas encore de publicité, étaient remarquablement culturelles : "En vôtre âme et conscience", "La caméra explore le temps", "Cinq colonnes à la une", "L'homme du vingtième siècle", "La tête et les jambes", et bien d'autres émissions dont le nom ne me revient pas tout de suite, permettaient vraiment au téléspectateur de s'instruire. C'était aux antipodes de la télévision médiocrissime d'aujourd'hui…. :be:

 

Une petite anecdote : fin juin 1962, le journal télévisé de vingt heures de la télévision française commençait bien sûr par les dramatiques événements d'Algérie, où à quelques jours de l'indépendance des centaines de milliers de "Pieds-Noirs" prenaient d'assaut les bateaux en partance pour la métropole…

 

C'était un spectacle affligeant de voir ces petits colons (car bien sûr les gros étaient partis depuis longtemps en avion…) s'entasser dans les salles d'attente des ports d'Oran, Alger et Constantine, en attendant le bateau vers la métropole avec souvent une ou deux valises par personne …

 

La télévision française avait réussi alors un exploit : transmettre des images en direct d'Alger, via un relais espagnol situé aux îles Baléares et un avion survolant la Méditerranée entre les Baléares et Alger. Le correspondant spécial de la RTF à Alger était Joseph Pasteur. Pendant les premières dix minutes du journal de 20 heures ce n'était qu'incident technique sur incident technique : tantôt on n'avait que l'image, tantôt que le son, tantôt rien des deux.

 

Vers 20h10 on avait enfin réussi à obtenir à la fois l'image et le son, et le présentateur depuis Paris posait des questions à Joseph Pasteur sur l'état d'esprit des Français d'Algérie désireux de la quitter au plus vite (il ne faut pas oublier la terreur due à l'OAS dans l'Oranais…). Et puis, le premier soir de ce dispositif, à 20h20 la liaison avec Alger est brusquement coupée. Embarras du présentateur à Paris, qui lance alors un sujet de secours.

 

Celui-ci terminé, il nous délivre le pot aux roses : la télévision espagnole (TVE), pour pouvoir retransmettre à 20h30 précises le reportage en Eurovision sur le résumé de l'étape du Tour de France cycliste était obligée de "retourner" l'émetteur des Baléares et de le réorienter vers la France. Le résumé du Tour de France durait dix minutes (20h30-20h40), le temps de retourner une nouvelle fois le relais des Baléares, ce n'est qu'à 20h50 que la liaison avec Joseph Pasteur à Alger pouvait être reprise. La fin du journal télévisé avait alors lieu vers 21h15/21h20, chose impensable à cette époque. Et cela dura une bonne dizaine de jours, le fameux "retournement du relais des Baléares" était devenu la crainte majeure des présentateurs du journal télévisé de vingt heures, en ces journées dramatiques…

 

Roger le Cantalien. :rolleyes:

 

PS : je n'ai jamais vu le film avec Bourvil que tu évoques, et dont j'ignore le titre…

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La "manipulation médiatique" que tu évoques n'est intervenue qu'à partir du 1er juin 1958 et l'entrée en fonction du dernier Président du Conseil de la Quatrième République, un certain Charles de Gaulle. A partir de là il y a eu une chape de plomb sur les informations politiques françaises. De Gaulle avait ordonné aux dirigeants de la RTF de parler le moins possible de la France (y compris la guerre d'Algérie), et le plus possible de tout le reste… Aussi l'affaire de l'ex Congo belge fut-elle sur-médiatisée !… Et la conquête de l'espace aussi, était très présente dans les journaux télévisés de 13 heures et de 20 heures. C'est peut-être grâce à cela que je m'y suis beaucoup intéressé. Je le répète, sous la télévision gaulliste il fallait parler de tout abondamment, et le moins possible de la France !…

 

Sinon, Jérôme, à part le journal télévisé, les émissions de début de soirée, qui commençaient exactement à 20h30, vu qu'il n'y avait pas encore de publicité, étaient remarquablement culturelles : "En vôtre âme et conscience", "La caméra explore le temps", "Cinq colonnes à la une", "L'homme du vingtième siècle", "La tête et les jambes", et bien d'autres émissions dont le nom ne me revient pas tout de suite, permettaient vraiment au téléspectateur de s'instruire. C'était aux antipodes de la télévision médiocrissime d'aujourd'hui….

Bonjour Roger,

Excellente synthèse, rien à redire.:)

On pourrait ajouter que la dégradation des programmes s’est accélérée avec la multiplication des chaînes commerciales, la privatisation de TF1, qui ont entraîné une course à l’audimat et donc à l’annonceur, responsable de ces programmes racoleurs et médiocres.

Et force est de constater l’efficacité de ces méthodes, il suffit de comparer les parts de marché de TF1 ou de la M6 avec celles de Arte ou la 5, affligeant…:(

Pour se consoler, on peut toujours se dire que c’est encore bien pire aux USA, plus médiocre avec des coupures de pub toutes les 5 mn !

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Le film avec Bourvil, c'était "la grande lessive". ;) Il y avait aussi Francis Blanche.

 

Et le metteur en scène était l'irrespectueux et inclassable Jean-Pierre Mocky.

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Le film avec Bourvil, c'était "la grande lessive". ;) Il y avait aussi Francis Blanche.

 

Et le metteur en scène était l'irrespectueux et inclassable Jean-Pierre Mocky.

 

J'étais à la première à la cinémathèque de Chaillot (ça ne me rajeunit pas...) , film présenté par Henri Langlois qui a d'ailleurs écorché le nom de Mocky en Moggy... Il était minuit, nous étions 500 à attendre un chef d'oeuvre... (ou a défaut une bonne séance de rigolade) Ce fut une énorme déception... personne n'a osé sifflé, mais les applaudissements furent discrets, et le buffet boudé.

Pleins de bonnes intentions, scénario primaire, aucune direction d'acteur... bref du Mocky... :(

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... l'hiver 1941-1942, puis le printemps 1942 furent très rudes pour les soldats allemands qui ont dû combattre à la fois la rudesse du "général hiver" et les coups de main des partisans soviétiques qui s'étaient ressaisis.

Admirons au passage la tactique russe, qui a consisté à laisser les Allemands s'enfoncer dans le pays, pour ensuite utiliser leur géographie et leur climat au mieux afin de les anéantir!

Même le matériel allemand, pourtant réputé incassable, ne tenait pas le coup, aors que le matos russe, tenait vaillament!

 

:)

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Admirons au passage la tactique russe, qui a consisté à laisser les Allemands s'enfoncer dans le pays, pour ensuite utiliser leur géographie et leur climat au mieux afin de les anéantir

 

Ils avaient déjà fait le coup à Napoléon, sa lamentable campagne de Russie et sa pitoyable Bérésina, Hitler aurait dû mieux étudier l'Histoire...

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sa pitoyable Bérésina

 

Juste un détail, le passage de la Bérésina est au contraire un véritable tour de force napoléonien, où dans une situation totalement perdue d'avance, il a réussi à traverser un fleuve et sauver une partie de ce qui restait de de son armée.

 

From wikipedia :

 

Le nom de la Bérézina est resté dans le vocabulaire français comme un équivalent de « déroute », ou plutôt d'hécatombe, de graves pertes subies lors d'une situation complètement désorganisée. La Bataille de la Bérézina n'est pourtant pas une défaite mais au contraire une « victoire » de l'armée française. Elle échappa aux forces russes menées par Koutouzov grâce à une manœuvre habile de Napoléon et au dévouement du régiment de sapeurs, qui réussit à construire deux ponts sur cet affluent du Dniepr. Les russes vécurent cet épisode comme une petite humiliation, dans le sens où ils étaient certains de faire capituler la Grande Armée et de capturer l'empereur, et rendirent hommage à ses qualités tactiques hors du commun. Malgré les très lourdes pertes que connut l'armée française, qui donnèrent sa triste réputation à cette bataille, elle échappa malgré tout à la manœuvre d'encerclement russe, et put se retirer vers Vilnius, Napoléon regagnant Paris seul en toute hâte. Mais la faim, le froid et les épidémies eurent bientôt raison des troupes françaises.

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merci roger,

tu es une vrai mine d'informations historiques. l'histoire (humaine et de la terre) est une de mes nombreuses passions aussi....malgrès le temps que j ai a consacré a ces passions il me faudrai des jours de 54 h et de 98 h.....

va doit se trouver, voir plus sur quelque planete.......

 

 

oui jeff, la grande lessive exact,avec le grand francis blanche, merci.....

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Salut Jeff,

 

Même si l'armée française a réussi à sauver quelques meubles grâce à l'héroïsme des grognards, la Bérésina reste quand même synonyme de grande branlée pour Napo, c'est même devenu une expression populaire qui s'applique plus à une raclée qu'à un tour de force.;)

Et comme le dit Wiki à la fin de l'article que tu cites:

" Mais la faim, le froid et les épidémies eurent bientôt raison des troupes françaises. "

 

 

Deux liens pris au hasard:

 

http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=18121126

 

http://www.linternaute.com/histoire/motcle/567/a/1/1/berezina.shtml

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c'est même devenu une expression populaire qui s'applique plus à une raclée qu'à un tour de force.;)

 

C'est effectivement devenu de façon erronée et paradoxale un synonyme de raclée, plutôt par métonymie avec la Retraite de Russie, qui elle, clairement, fut un désastre (c'est à ça que fait référence la fin de l'article Wikipédien, pas au passage de la Béresina proprement dit, qui je le répéte, fut une"réussite" inespérée, un truc que Koutouzov a pris pour une sévére défaite pour lui et les troupes russes. :cool:

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T'as raison Jeff, c'est nous qu'on a gagné!

 

On est les plus forts, on est les plus forts, on est, on est....:vague:

 

Ou l'art de se consoler en toutes circonstances.....:cool:

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Bonsoir Jeff, bonsoir François, :)

 

En fait c'est Jeff qui a raison : le passage forcé réussi de la Bérézina fut un succès de la Grande Armée qui était a deux doigts d'être capturée, avec l'Empereur en tête. Le Tsar Alexandre aurait alors eu un prestige incroyable dans toute l'Europe !…

 

Cette "victoire" de la Bérézina ressemble fort à la "victoire" de Dunkerque en juin 1940 où l'armée anglaise, à deux doigts d'être encerclée par l'armée allemande a pu miraculeusement s'échapper in extremis par la mer (l'opération "Dynamo").

 

Mais tu n'as pas tout à fait tort François, dans le langage populaire la Bérézina est hélas susceptible de défaite…

 

Roger le Cantalien. :rolleyes:

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Bonsoir Roger,

 

Mouais, c'est un peu tiré par les cheveux tout cela. Parler de victoire implique une défaite pour l'ennemi, et ce n'est pas la cas, c'est bien les russes qui ont gagné et les français qui ont été virés avec pertes et fracas.

Avoir réussi à limiter un peu la casse n'est pas une victoire, pas plus qu'à Dunkerque d'ailleurs, disons que ça atténue un peu la défaite.

Je voudrais bien savoir si on enseigne aux jeunes russes la défaite de l'armée du tsar sur la Bérésina, j'en doute...:cool:

 

Et le fait que la Bérésina soit restée synonyme de branlée totale dans la mémoire collective populaire, 200 ans ou presque après, est révélateur...

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From wikipedia :

 

Je n'interviendrais pas sur ce sujet que je ne connais pas, mais en revanche j'invite ceux qui ont aujourd'hui le réflexe "wikipédia" à consulter certains sites comme celui-ci (et il y en a plein d'autres)

 

http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com/

 

il s'avère en effet et j'ai pu en avoir la preuve plusieurs fois, que wikipédia est l'objet de manipulation de groupes de pressions divers et variés qui ne recherchent absolument pas l'objectivité... à ce point que de plus en plus de professeurs invitent leurs élèves à la méfiance lorsqu'ils consultent cette encyclopédie.

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Bonjour Estonius, :)

 

Tiens, c'est bizarre, tu es devenu carrément anti-Wikipédia (je suppose que tu es seulement anti-Wikipédia et non anti-Wikipedia, car la version anglo-saxonne est plus crédible, du moins c'est ce que tu déclarais récemment), alors peux-tu nous proposer un autre site aussi généraliste et davantage objectif ? :?:

 

Personnellement moi j'aime bien ce site Wikipédia fraçais, mais je vérifie cependant ce qui y est annoncé avec ce qu'indiquent d'autres sites… Tous les professeurs devraient conseiller à leurs élèves d'en faire autant. ;)

 

Pour moi Wikipédia est la version électronique moderne du Quid papier de ma jeunesse. Je sais, tu n'aimes pas non plus le Quid… Mais alors, Estonius, que conseilles-tu donc à ceux qui veulent se cultiver électroniquement ? :be:

 

Roger le Cantalien. :)

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Oui, l'objectivité de Wiki est à prendre avec des pincettes surtout sur les sujets historiques, politiques, religieux, etc....

On parle des analyses, sinon pour les dates, la chronologie des faits, c'est précis.

Et pour les sujets non polémiques on peut lui faire confiance aussi.

 

Bon, si on parlait du tour de force, de la "victoire" de l'armée française à Dien Bien Phu maintenant....:be::be:

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Oui, l'objectivité de Wiki est à prendre avec des pincettes surtout sur les sujets historiques, politiques, religieux, etc....:

 

...sociétals, (on dit sociétals ou sociétaux ?) , philosophiques, mais aussi hélas scientifiques (les créationnistes sont bien là...) et pseudo scientifiques (paranormal et tout le saint frustrin)

La version anglaise est plus fiable dans la mesure ou le lot de contributeur étant 4 fois plus important, il se produit un effet de masse qui minimise l'impact des erreurs... (je parle ici des articles adressant les science exactes)

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Bon, si on parlait du tour de force, de la "victoire" de l'armée française à Dien Bien Phu maintenant....:be::be:

 

Bonjour François, :)

 

Pour Dien Bien Phu (8 mai 1954 à une heure du matin, heure locale, avec la cessation des combats au poste "Isabelle"), il n'y a pas de doute : c'est bien une défaite de l'armée française…

 

Mais cette défaite a tellement ébranlé le monde occidental que son souvenir a peut être sauvé l'Occident d'une victoire mondiale du clan communisme au début de 1968… Cela concerne le fameux siège de Khé-Sanh (Sud-Vietnam).

 

Sans doute, ce nom ne dit plus rien aux Internautes de 2007. A leur intention voici un petit rappel historique :

 

* 20 janvier 1968 : le Vietcong aidé par les forces nord-vietnamiennes lance l’offensive sur la base américaine de Khé-Sanh, qui est encerclée. 6 000 soldats américains et 3 000 soldats sud-vietnamiens sont pris au piège. Les médias américains prophétisent que Khé-Sanh sera le nouveau Dien-Bien-Phu de l’armée américaine. Et effectivement, assez rapidement, vu l'attaque du jour de l'An vietnamien (la fête du Têt), le 31 janvier 1968, l'armée américaine se révèle incapable de pouvoir secourir ses 6 000 "boys" encerclés par des forces communistes...

 

* 31 janvier 1968 : à trois heures du matin, à l’aube du nouvel an vietnamien (la fête du Têt) le Vietcong lance des offensives contre les quarante principales villes du Sud-Vietnam et contre toutes les bases militaires américaines et sud-vietnamiennes. Un commando de 19 Vietcongs (dont un caméraman pour immortaliser l’événement) prend d’assaut et occupe pendant six heures l’endroit le mieux défendu de tout le Sud Vietnam : l’ambassade américaine à Saigon !… Les Vietcongs prennent dès le premier jour le contrôle de Hué, l’ancienne capitale impériale de l’Annam. L’aviation américaine, occupée en priorité à défendre la base de Khé-Sanh, ne peut guère épauler les troupes terrestres américano-sud vietnamiennes. Le Vietcong en profite pour exécuter sommairement à Hué plusieurs centaines de fonctionnaires et sympathisants du régime sud vietnamien (les Américains parleront de 2 800 exécutions sommaires d’opposants aux Communistes).

 

Pour éviter une défaite militaire sans précédent le président américain Lyndon Johnson, vu que l'armée de terre américaine tente en priorité de repousser l'assaut des troupes Vietcong, ordonne à l'ensemble des forces maritimes des Etats-Unis de voguer toutes affaires cessantes vers les côtes du Vietnam. Et pendant plusieurs semaines de violents combats à l'artillerie lourde opposeront les puissants croiseurs et porte-avions de l'US Navy aux batteries côtières Nord-Vietnamiennes. Bien entendu, les batteries côtières Nord-Vietnamiennes ne pourront pas longtemps faire le poids face à l'énorme puissance de feu des puissants canons de l'US Navy !… Ces combats des côtes vietnamiennes seront aussi intenses que ceux de la guerre du Pacifique contre le Japon !...

 

Et Khé-Sanh, dans tout ça ? Très conscient que la chute du camp retranché de Khé-Sanh serait exploitée par les médias communistes et sans doute par ceux des pays du tiers-monde (qui observent avec intérêt l'issue de ce siège), le président américain Lyndon Johnson se tourne alors vers les seules forces qui peuvent éviter un désastre à Khé-Sanh : l'US Air Force. Il ordonne à ses responsables d'organiser immédiatement des bombardements aériens systématiques et massifs des forces assaillantes Vietcong, bombardements qui seront poursuivis pendant onze semaines et seront plus importants que ceux sur l’Allemagne lors de la seconde guerre mondiale !…

 

* 21 février 1968 : après un bombardement aérien intense de la citadelle qui sera presque entièrement détruite, les forces sud vietnamiennes (l’armée américaine a tenu à rester un peu en arrière lors de cette reconquête, pour montrer aux médias occidentaux que l’armée sud-vietnamienne était réellement partie prenante dans la guerre du Vietnam) reprennent, après trois semaines d’occupation par le Vietcong, le contrôle de Hué. Au total l’offensive du Têt coûtera 40 000 morts au Vietcong qui espérait un soulèvement massif de la population sud-vietnamienne, qui ne s’est pas produit.

 

* 8 avril 1968 : après un siège interminable de 77 jours, les forces terrestres américaines délivrent Khé-Sanh de l’encerclement du Vietcong. Khé-Sanh ne sera pas le Dien Bien Phu américain !.. Le Vietcong a perdu plus de 10 000 combattants lors de ce siège désespéré de Khé-Sanh...

 

Roger le Cantalien. :rolleyes:

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Il ordonne à ses responsables d'organiser immédiatement des bombardements aériens systématiques et massifs des forces assaillantes Vietcong, bombardements qui seront poursuivis pendant onze semaines et seront plus importants que ceux sur l’Allemagne lors de la seconde guerre mondiale !…

 

Contre des combattants armés de vieilles pétoires russes ou chinoises, sans aviation ni blindés, il n'y a pas de quoi être fier, à vaincre sans périls on triomphe sans gloire. Et je n'ose imaginer combien de civils, femmes et enfants ont été tués lors de ces bombardements massifs.

De plus cette éphémère victoire n'a pas empêché les américains de se prendre une raclée mémorable, avec l'apothéose de le fuite de Saïgon en 75, les hélicoptères jetés à la mer, les anciens alliés abandonnés bien que promis à une mort certaine, tels les harkis en Algérie...

Et c'est cette image de débandade pitoyable de la première armée du monde qui reste gravée dans nos mémoires, plus que les péripéties de cette sale guerre.

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T'as raison Jeff, c'est nous qu'on a gagné!

 

Qui ça, "nous" ? Les terriens, les solariens, les voie lactiens, les parisiens (du XXème) ??

 

Ou l'art de se consoler en toutes circonstances.....:cool:

 

Qui a à se consoler de quoi au juste ?

 

Parler de victoire implique une défaite pour l'ennemi, et ce n'est pas la cas, c'est bien les russes qui ont gagné et les français qui ont été virés avec pertes et fracas.

 

Il s'agit uniquement des opérations de passge de la Bérésina, pas de la campagne de Russie, dont chacun sait bien qu'elle fut un désastre...

 

Je voudrais bien savoir si on enseigne aux jeunes russes la défaite de l'armée du tsar sur la Bérésina, j'en doute...:cool:

 

Je ne sais pas ce qui est enseigné dans les écoles russes, mais je sais que nombre de russes de l'époque, dont Koutouzov lui-même, Leon Tolstoï (as tu lu ce chef d'oeuvre qu'est Guerre et Paix ?) , des stratèges de l'époque soviétique, et même et surtout, Clausewitz, qui combattait alors dans l'armée russe et était à la bataille de la Bérésina, ont qualifié cet épisode de "victoire" ou de "réussite" française et d'échec russe. Koutousov était d'ailleurs opposé, je crois, à la tentative russe d'encerclement, il était convaincu que rien ne pourrait empêcher les français de fuir, et il préconisait une poursuite de harcélement et d'usure.

 

Et le fait que la Bérésina soit restée synonyme de branlée totale dans la mémoire collective populaire, 200 ans ou presque après, est révélateur

 

Ben non justement, c'était l'objet de mon propos en rappelant ce fait, le langage "populaire" a dévié en étendant la Bérésina à la campagne de Russie et en rattachant à cette Bérésina les caractéristiques de désastre de la campagne de Russie dans son ensemble.

 

Au delà de l'intérêt sur la véracité des faits historiques (quelles que soient nos idées et opinions sur ces faits...Je HAIS la guerre), c'est aussi un très intéressant phénomène sur la formation des métonymies dans la langue, les exemples de déviation contraire par rapport au sens initial n'étant pas rares, et sûrement révélateurs de la façon dont fonctionne le langage chez les humains.

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