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Test complet : Canon EOS R6 mark II


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Bonjour

 

Le Canon R6 mark II (ou son petit frère le R6 mk I) est un digne successeur du Canon EOS 6D. Je vais développer plus en détail ce boitier (ce message sera donc modifié au fur et à mesure de mon travail dessus).

 

Boitier

 

Le Canon R6 mk II est de type hybride, aussi appelé "mirror-less", donc sans miroir. Sa monture RF offre un diamètre de 54 mm, identique au diamètre de la monture EF qui équipait les réflex numériques de la marque.

Le boitier nu pèse 670 g.

 

Compatibilité avec les objectifs

 

Le boitier est directement compatible avec les objectifs RF, et EF/EF-S avec la bague RF-EF. Notez que les objectifs EF-S (faits pour les APS-C) provoqueront un gros vignettage sur ce capteur plein format.

 

Attention toutefois, Canon semble avoir renforcé sa protection contre les fabricants tiers.  Des utilisateurs ont rencontré des gros problèmes en montant un objectif Samyang (ou Rokinon c'est pareil) sur un Canon R6 mark II ou Canon R7.
Plusieurs objectifs de cette marque sont incriminés, mais il est probable que tous soient problématiques :
- RF 14 mm f/1.8 AF
- EF 85 mm f1.4 , EF XP 50 mm f/1.2 , EF 14mm f/2.8 , EF SP 10 mm f/3.5 (avec puce pour l'AF)


Le symptôme est un blocage de l'appareil photo qui nécessite de retirer la batterie et de la remettre, voire, avec le RF, de faire un Reset usine de l'appareil photo. Ce problème n'est pas rapporté sur les R, R6 et R5.

 

Il semble que le problème vienne de la puce AF (ou AE) placée sur les objectifs manuels pour faciliter la mise au point. Vous pouvez essayer de couvrir les contacts de la puce pour que l'appareil photo ne communique plus du tout avec l'objectif. Vous n'aurez plus l'assistance de mise au point, mais au moins l'objectif devrait fonctionner.

 

*** mise à jour ***
Le firmware 1.1.1 du R6 mark II semble corriger le problème pour les Samyang AF, mais pas les manuel avec puce AE. Pour le R7, le problème sera probablement réglé avec la prochaine version de firmware (actuellement c’est la 1.2.0).

 

Sources :
https://www.dpreview.com/forums/post/66461698
https://www.dpreview.com/forums/post/66686661

https://community.usa.canon.com/t5/EOS-DSLR-Mirrorless-Cameras/EOS-R6-Mark-II-Freezes-with-Rokinon-Lens/td-p/396690

 

Pas de problème à priori sur les objectifs Sigma.

 

Distance optique


La distance optique est la distance entre le plan du capteur et la platine de montage des objectifs. Comme il n'y a plus de miroir dans les hybrides, celle ci a été réduite à 20 mm (contre 44 mm dans les reflex EF et EF-S). Il faut donc une bague spéciale, vendue 110€ pour adapter les objectifs EF à la monture RF. Je parle plus loin de ces bagues.

 

Capteur


Le capteur CMOS est de type "Dual Pixels" propre à Canon, et n'est ni empilé (stacké) ni éclairé par l'arrière (BSI).

 

Sur le papier, Canon indique un capteur d'environ 24,2 MPixels, mais qui produit des images de 6000x4000 pixels :

image.png.fdb418deef66d2603c0ee72990f50e7a.png

 

Je ne sais pas comment ils apprennent les multiplications au Japon, car même après avoir bu une bouteille de saké, trempé ma calculatrice dans de la sauce soja, et posé l'opération avec des baguettes, 6000x4000 donne exactement 24 MPix.

 

Bref, c'est un capteur de 24,0 MPix, offrant des images de 6000x4000 pixels, chaque photosite faisant 5,98 µm de côté.

 

La technologie "Dual Pixels" est propre à Canon. Chaque pixel est séparé en 2, ce qui permet de faire une analyse spéciale pour assurer la mise au point quelque soit l'endroit sur le capteur. Ce n'est pas si inutile que ça en astrophoto car la très bonne sensibilité du capteur lui permet d'assurer comme un grand une bonne mise au point la nuit sur les étoiles. A priori, plus besoin de Bahtinov avec un objectif AF. Par contre inutile de sauvegarder les informations Dual-Pixel dans les RAW, ça ne sert à rien en astrophoto, ça dégrade légèrement les photos (un peu plus de bruit) et ça double la taille des fichiers.

 

Alimentation et autonomie


Les batteries LP-E6NH sont du même format que celles qui équipaient pas mal de boitiers reflex de la marque (par exemple le 6D). Le boitier est compatible avec toutes les batteries LP-E6*.

 

Le processeur Digic X qui équipe le R6 mk II est très rapide. Même si c'est le même qui équipe le R6 mk I, il a été optimisé pour consommer moins.

 

L'autonomie CIPA (calcul très conservatif, avec batterie LPE6NH neuve) donne une autonomie de l'ordre de 450/760 photos contre 380/510 avec le R6 mk I (le premier chiffre est avec l'utilisation du viseur électronique, le second avec l'utilisation de l'écran LCD, en mode économie d'énergie). En pratique, on peut aller bien plus loin avant d'épuiser la batterie.

 

On peut aussi l'alimenter directement via un powerbank avec mode "PD Power Delivery" sur la prise USB-C. Plus besoin de fausse batterie. Quand l'appareil photo est éteint, ça permet aussi de charger la batterie  dans le boitier (uniquement les LP-E6NH, pas les LP-E6 ni les LP-E6N). C'est donc pratique quand on se déplace dans un endroit sans électricité car un Powerbank de 28000 mAh permet plusieurs charges et évite de trimbaler plein de batteries... à 110€ la batterie, ça fait des belles économies !

 

Fonctionnalités intéressantes

 

Intervallomètre

La série EOS R de Canon, dont le R6 mk II fait partie, dispose (enfin) d'un intervallomètre interne. Mais celui-ci est limité à 99 photos; c'est peu pour un timelapse, (ou un nombre infini) et ne permet pas les photos en mode Bulb, donc on est limité à des poses de 30 s en mode M. L'alternative est d'utiliser un intervallomètre externe. Ca ne coûte pas cher mais ça ajoute un truc supplémentaire à transporter, avec des fils en plus et des batteries à gérer, d'où risque d'oubli et de panne supplémentaire.

 

Mode Bulb

Ce mode n'est pas une nouveauté. Ce qui est nouveau sur la série R c'est qu'on peut maintenant saisir la durée de la pose Bulb depuis le boitier. Malheureusement cette fonction ne marche que pour une seule pose et n'est pas associable à l'intervallomètre interne. Notez que cette fonction était déjà présente sur des boitiers reflex récents comme les 80/90D, 6/7D mk II, 5D mk IV, 5DS/R...

 

Quand la photo est prise, un compte à rebours s'affiche sur l'écran. Il est très lumineux et ne pouvait apparemment pas s'éteindre sur le R6 mark I. C'est dommage de voir cette info, car non seulement ça éclaire inutilement la zone (si vous voulez être discret, c'est raté), mais en plus ça consomme de la batterie pour rien. Canon dit avoir corrigé le problème sur le R6 mark II, car l'affichage s'éteint quand on appuie sur la touche "Info". C'est vrai.  Mais si on reprend une autre pose Bulb dans la foulée, le compte à rebours se réaffiche à nouveau.

 

On peut aussi replier l'écran mais dans ce cas c'est dans le viseur (!!!) que le compte à rebour s'affiche, et le viseur consomme encore plus que l'écran. Il s'éteint là encore quand on appuie sur Info.

 

Il faut donc appuyer à chaque fois sur la touche Info pour l'éteindre... bref ça sert à rien !

 

La solution sera donc de régler l'écran sur la plus faible luminosité et une fois la séquence de poses longues lancée, de cacher l'écran avec une petite pochette en tissus, bien occultante.

 

Antiflicker

La série EOS R de Canon permet d'activer un système qui analyse le scintillement de la lumière et déclenche la photo au bon moment. C'est très pratique pour faire les flats et éviter les bandes sombres quand le temps de pose est assez court. L'activation de ce mode n'a aucune conséquence sur la qualité des photos. Il désactive cependant l'utilisation de la prise de vue en obturateur électronique, mais comme ce mode fait énormément grimper le bruit, il est préférable de s'en passer.

 

Choses à demander à Canon

 

Si on est nombreux à le demander, peut-être Canon décidera d'incorporer dans une évolution du firmware ?

- ajouter le mode Bulb à l'intervallomètre,

- possibilité d'éteindre complétement le compte à rebours de l'écran et du viseur pendant une série de poses Bulb,

- augmenter le nombre de prises de vues successives de l'intervallomètre (999 voire 9999 au lieu de 99)

 

La page Contact de Canon est ici https://www.canon.fr/support/consumer_products/contact_support/

 

Tarif

 

Le Canon R6 mark II est vendu à 2900€, ce sur quoi il est généralement utile d'ajouter 110€ pour la bague d'adaptation EF-RF afin de pouvoir utiliser les objectifs EF (deux autres bagues sont disponibles dont une qui permet l'insertion de filtre, j'en parle dans un post plus loin).

 

Face à la concurrence, le R6 mk II est le plus cher, mais c'est aussi le plus récent.

 

C'est le grand frère du Canon R6. Le R6 a 20 MPix avec des pixels de 6.56 µm. Ses concurrents directs sont les Nikon Z6 mk I et II, et le Sony A7C de 24.3 MPix (Nikon) et 24 MPix (Sony) avec des pixels de 5.94 µm.

 

Voici les prix de lancement (on peut trouver moins cher maintenant sur certains sites)  des hybrides 20-24 MPix du marché :

- R6 mk I : 2700 €  (en 2020) => 2950 € en tenant compte de l'inflation, vendu neuf en ce moment dans les 2300 €

- R6 mk II : 2900 € (en 2023)

- Z6 mk I : 2300 € (en 2018) => 2600 € en tenant compte de l'inflation, vendu d'occasion dans les 1500 € en ce moment

- Z6 mk II : 2200 € (en 2020) => 2400 € en tenant compte de l'inflation,  vendu neuf dans les 2350€ en ce moment

- A7C : 2100 € (en 2020) => 2300  en tenant compte de l'inflation, vendu neuf en ce moment à 1850€

 

Vous me direz qu'il y a aussi les Panasonic Lumix S1, S1H, S5, S5K, les Sony A7 I, II et III, A9, I et II, Nikon Z5... et j'en oublie certainement, mais je ne peux pas parler de tout le monde !

 

Le A7C a une résolution similaire au R6 mk II (24 MPix) et est  vendu 1000 € moins cher. C'est le bas de gamme des Sony hybrides plein format (C comme "cheap" ?). Il présente des performances en basse lumière un chouia meilleures, c'est donc un sérieux concurrent au R6 mk II (ou au R6). Mais son autonomie est largement inférieure et l'ergonomie de l'interface Sony jugée très complexe par la plupart des utilisateurs, sans compter le traitement destructeur que Sony applique sur les RAW dans les poses longues (le fameux Star Eater). Il n'est pas "cheap" pour rien !

 

Si vous commencez la photo, le A7C sera probablement le meilleur choix grâce à l'économie réalisée, à moins que d'autres fonctions des R6/Z6 I ou II ne soient vraiment utiles pour vous.

 

En ce qui me concerne, j'ai une bonne collection d'objectifs et ils sont tous en monture Canon EF. Je fais aussi des photos de sport de glisse. Les fonctions du R6 sont importantes pour mes besoins donc le A7C et les Z6 étaient exclus...

 

Réglage ISO optimal

 

On constate sur la courbe suivante , issue du site de Bill Claff, qu'on ne gagne plus rien en basse lumière à partir de 400-1600 ISO, c'est à dire à partir du moment où la courbe est horizontale :

 

image.png.8bfd86a71459a1a7c4a553162759824c.png

 

Augmenter les ISO permet peut être de prendre des photos avec des temps de pose plus courts, mais cela a comme inconvénient de réduire la dynamique. Il est donc préférable de s'assurer de prendre des photos avec une dynamique maximale. Celle ci se trouve entre 400 ISO et 1600 ISO.  On constate en regardant cette courbe, qu'il est "ISO Less" à partir de 400 ISO jusqu'à 51200 ISO car la courbe est quasi parfaitement linéaire sur cet intervalle.

 

Le traitement du bruit opéré par le processeur interne pour les photos de moins de 1600 ISO est imperceptible sur les images. On est loin des dégâts causés par le Star Eater qui pénalise les capteurs des hybrides Sony.

 

Dynamique

 

Le R6 mk II est sur la courbe rouge pointillée. A 400 ISO, la dynamique est de 13,5 bits. Elle passe à 12,75 bits à 800 ISO, puis 11,75 bits à 1600 ISO.

Ensuite on perd logiquement à peu près 1 bit à chaque fois qu'on double les ISO. Données issues du site de Bill Claff.

image.png.644f693df9586c2f1efc0a062fa58bb7.png

 

Le R6 mk II offre la même dynamique que les Nikon à partir de 800 ISO. Le R6 est en dessous, le A7C est meilleur dès 640 ISO. Curieusement, les R6 I et II offrent une excellente dynamique à 400 ISO, largement meilleure que tous les concurrents, par contre leur dynamique à 200 ISO est moins bonne qu'à 100 et 400 ISO. Il est clair que le R6 et le R6 II ne sont pas à utiliser à 200 ISO !

 

Voici 9 poses de 0,8 secondes faites sur trépied, sans suivi, avec mise au point automatique via l'AF de l'appareil photo, refaite pour chaque photo, qui n'a aucune difficulté à trouver des étoiles. Chaque vignette est un crop de 400x400 pixels sur une image de 6000x4000. J'ai corrigé l'exposition ensuite sous Photoshop pour qu'elles soient toutes équivalentes à la pose prise à 12800 ISO, d'où l'apparence très bruitée, aspect nécessaire pour mettre en évidence le caractère "ISO indépendant" du capteur et l'impact sur la dynamique. Les images sont donc volontairement bruitées au delà de ce qu'on  tolère en astrophoto (n'oubliez pas qu'il s'agit de poses de "seulement" 0,8 secondes !). Les légers filés viennent du fait que j'avais oublié de retirer la stabilisation alors que l'appareil était sur un trépied... il faudra que je refasse les images, quand la météo sera meilleure !

 

image.thumb.png.c8f1e8f560ad70fc6164f787f5a56e67.png

Focale 200 mm f/2.8, pose de 0,8 s à 400...102400 ISO, obturateur mécanique, avec Dual Pixels RAWs. Développées avec Photoshop, balance des blancs sur Tungstène, et prise en compte des corrections de l'objectif + ajustement de l'exposition.

 

Le bruit n'évolue pas de façon flagrante d'une pose à l'autre. On voit un bruit chromatique plus marqué sur la pose de 400 et un peu sur celle de 800 ISO, mais il est difficile de voir une grosse différence entre les autres. Cela montre bien le caractère "ISO-less" du capteur au delà de 400-800 ISO.

 

Par contre ce dont on se rend compte c'est que la zone centrale de la nébuleuse est de moins en moins résolue à partir de 12800 ISO. Elle devient même complétement illisible sur la pose à 102400 ISO. C'est la perte de dynamique qui est responsable de cet effet.

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il y a 41 minutes, Fred_76 a dit :

Le Canon R6 mark II est un digne successeur du Canon EOS 6D.

 

On peut se demander si 2 900€ pour un APN hybride sont bien raisonnable pour faire de l'astrophoto ? Le point fort de ce boitier c'est l’extrême performance de son autofocus (corrélation de phase à dual pixels) mais aussi son AI qui détecte le type de sujet visé, autrement dit des fonctions pas très utile en astrophoto :)

 

Mais j'imagine que tu avais acquis cet APN pour d'autres usages ...

Edited by LH44
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il y a 8 minutes, LH44 a dit :

On peut se demander si 2 900€ pour un APN hybride sont bien raisonnable pour faire de l'astrophoto ? Le point fort de ce boitier c'est l’extrême performance de son autofocus (corrélation de phase à dual pixels) mais aussi son AI qui détecte le type de sujet visé, autrement dit des fonctions pas très utile en astrophoto :)

 

Ben si il sait se mettre à l'infini sans nécessiter un réglage avec un Bahtinov, c'est toujours bon à prendre. :)

 

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Il y a 2 heures, LH44 a dit :

Mais j'imagine que tu avais acquis cet APN pour d'autres usages ...

Ben oui, c'est ce que j'ai précisé au début... je fais aussi de la photo de sport (planche à voile, kite, wing...).

 

J'avais un 6D mais il commence à donner des signes de faiblesse avec l'obturateur.

 

Mais le A7S mk III est à combien ?

Et combien était vendu le A7S au début ? réponse : 2400€ en 2014 (soit 2800 € en prenant en compte l'inflation).

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Le 22/01/2023 à 19:24, Alhajoth a dit :

 

Ben si il sait se mettre à l'infini sans nécessiter un réglage avec un Bahtinov, c'est toujours bon à prendre. :)

 

 

En fait il s'en sort plutôt bien !

 

Autofocus sur les étoiles

 

Pour répondre à la question d' @Alhajoth, j'ai visé Orion avec un objctif réglé à 200 mm de focale, f/2.8. En appuyant à mis course le bouton de déclenchement, l'appareil identifie immédiatement les étoiles dans la nébuleuse et aussitôt fait la mise au point. Sur 10 images prises successivement avec une MAP refaite à chaque fois, le focus était correct sur 8 d'entre elles, et moyen sur 2 autres. 

 

L'exercice était extrême car au delà de 100 mm de focale, on souhaite généralement avoir des étoiles parfaitement résolues, en dessous, c'est plutôt le paysage cadré avec le ciel qui est important.

 

Voici l'une des images prises avec mise au point automatique, sans Bahtinov.

 

(crop de 800x800 sur la photo de 6000x4000 px, image à échelle 1) :

image.png.b32c87e3c87615d5ec720f0b8062e303.png

 

On doit pouvoir faire mieux avec un Bahtinov, c'est certain mais c'est déjà un bon début.

 

Avec un télescope ou une lunette, évidemment, l'AF ne fonctionnera pas. Mais on peut activer ce qui s'appelle le "Focus Peaking". La mise au point se fait manuellement et le processeur identifie les zones nettes en les surlignant avec une couleur de son choix (par défaut en rouge, sinon bleu et jaune). On peut régler la sensibilité de la méthode (défaut Elevée, sinon Faible). Malheureusement le focus peaking n'est plus affiché quand on zoome sur l'image du LiveView, dommage. Peut être que ça sera changé sur une mise à jour du firmware...

 

Le focus peaking n'est pas activé par défaut. Pour l'activer il faut aller sur cette fenètre :

image.png.9892feda9697065ec5e91aaeda938924.png qui ouvre celle la : image.png.78be3c129ab8df531d6f3e8aaffc1606.png

Puis mettre Repère sur Activé et laisser les deux autres par défaut (Niveau : Elevé, Couleur : Rouge).

 

Si on n'aime pas le focus peaking, Canon a aussi implémenté un "Guide de mise au point".

image.png.d712e9d3e997cd84deae7acf63571bd3.png

 

Un petit rectangle s'affiche sur la zone qu'on veut (on peut la déplacer avec le clito) surmonté de trois petites flèches, un peu comme les aigrettes du Bahtinov. Plus elles sont proches plus la MAP est bonne. Il suffit de les superposer pour que la MAP soit correcte, elles s'affichent alors en vert :

image.png.cb5254a045ea0c83d2bd76cdc5bca6c2.png

 

Mais tout comme le focus peaking, cette assistance à la MAP n'est plus disponible quand on zoome le LiveView.

 

[la météo est trop mauvaise pour que je teste la qualité de la MAP au focus peaking et au guide de MAP]

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Les bagues RF-EF

 

Canon vend 3 bagues différentes :

- la simple à 110€ qui n'est qu'un tube allonge permettant la conversion de format et le report des contacts électroniques, il est généralement possible de la négocier à moitié prix quand on l'achète avec le boitier.

- l'évoluée avec une bague de commande personnalisable, vendue 180 €, je n'en parlerai pas

- une spéciale avec possibilité d'insérer un filtre interne,  vendu entre 280 et 350 € selon le filtre choisi (transparent, polarisant ou ND variable). Il y a fort à parier que d'autres filtres seront proposés.

 

La bague RF-EF porte-filtre

 

Cette bague permet l'insertion de filtres.

image.png.109841e39e915b0ecd67710c21f721ee.png

 

On peut l'acheter soit avec un filtre clair, soit avec un filtre polarisant, soit avec un filtre ND variable.

 

D'autres vendeurs proposent des filtres, comme IDAS qui en propose 2 :

- verre clair traité antireflet, vendu 140€

- Nebula I, qui ne laisse passer que les longueurs d'ondes dans le OIII-Hb, et Ha-NII-SII, vendu 290€ (qui a peu d'intérêt si l'APN n'est pas modifié)

Ce sont des filtres spéciaux dans leur dimension pour être placés dans le porte filtre d'origine Canon. Le porte filtre en lui même n'est pas fourni.

 

Un canadien, mais je suppose que d'autres s'y sont déjà mis avec leurs imprimantes 3D (je n'ai pas trop cherché), propose un porte filtre compatible avec la bague Canon RF-EF, et qui permet de monter des filtres standards 2'' (juste le verre, pas le support). Le porte filtre s'insère dans la bague RF-EF comme le porte-filtre d'origine.

http://eosrdropinfilterholder.ca/

 

Teleskop Express vend un adaptateur RF-EF qui permet d'y visser des filtres classiques 2'', mais il ne reconduit pas les contacts électriques entre le boitier et l'objectif. Il est donc à privilégier pour les lunettes, télescopes et objectifs manuels (type Samyang).

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On a donc des solutions pour y mettre tous les filtres astro du marché.

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Bruit et Obturateur mécanique/électronique + Dual Pixel RAW

 

Le mode Dual Pixels RAW

Le capteur CMOS de Canon est de type "Dual Pixels RAW" (ou DPR). Ce mode peut être activé ou non. Il n'est cependant d'aucune utilité en astrophoto.

 

La technologie DPR consiste à placer deux photodiodes sous chaque pixels (ou une partie des pixels) là où normalement il n'y a qu'une seule photo diode. Quand ce mode est activé, le RAW contient alors deux images, l'une qui combine le signal des deux photodiodes, l'autre ne contenant que le signal d'une des deux photodiodes.

 

Le photographe peut ensuite, via le logiciel DPP de Canon, ajuster des micro-réglages sur la netteté en exploitant la petite parallaxe entre les deux photodiodes. En contrepartie les fichiers sont deux fois plus volumineux et on note une augmentation du bruit.

 

Ce mode n'est d'aucune utilité en astrophoto car les objets photographiés se situant à l'infini, la parallaxe est trop faible pour être exploitable.

 

Canon recommande l'usage de ce mode pour des focales de plus de 50 mm et une ouverture maximale de f/5.6 en réglant la valeur ISO à 1600 au maximum. La distance au sujet a aussi son importance, elle doit être comprise entre F/50 et F/5, F étant la focale exprimée en mm. Avec un grand angle de 14 mm souvent utilisé en paysages de nuit, cela correspond à un objet compris entre 0.3 et 3 m... autrement dit même en paysages de nuit, ce mode n'est pas utile.

 

Le type d'obturateur

 

Canon propose 3 méthodes d'obturation pour la prise de vues :

- obturateur mécanique (avec des rideaux), c'est le mode par défaut

- obturateur électronique avec 1er rideau 

- obturateur électronique pur (incompatible avec le mode DPR)

 

Les deux premiers modes limitent le temps de pose à de 30s à 1/8000s et les images RAW sont codées sur 14 bits par plan de couleur.

Le mode électronique permet d'aller à 1/16000s mais les images sont codées sur 12 bits par plan de couleur.

 

Tous les modes permettent le mode Bulb sans limitation de durée.

 

On a donc 5 combinaisons possible :

- DPR activé et obturateur mécanique

- DPR activé et obturateur électronique 1er rideau

- DPR désactivé et obturateur mécanique

- DPR désactivé et obturateur électronique 1er rideau

- DPR désactivé et obturateur électronique

 

Taille des fichiers

 

Les courbes suivantes montrent l'évolution des tailles des fichiers pour une photo prise à 1/8000s dans le noir complet. Seul le bruit de lecture est donc présent, et comme il est aléatoire, plus il y a de bruit, moins la compression est efficace et plus la taille du fichier augmente. C'est donc une bonne méthode pour comparer la taille des fichiers d'une méthode à l'autre, et pour se faire une idée de l'évolution de la quantité de bruit selon les ISO.

 

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Sachant que les photos prises avec l'obturateur mécanique sont codées sur 14 bits, et que celles prises avec l'obturateur électronique sont codées sur 12 bits, on se serait attendu à ce que les fichiers "méca" soient plus volumineux que les fichiers "élec", or c'est l'inverse qui se passe,  bizarre.

 

Le doublement de taille en mode DPR est normal car ce mode dédouble la quantité de données à stocker.

 

Bruit de lecture et gain

 

Les mesures ont été faites pour les 3 combinaisons suivantes :

- DPR activé et obturateur mécanique

- DPR désactivé et obturateur mécanique

- DPR désactivé et obturateur électronique

 

A noter que si vous voulez faire des offsets synthétiques, il le niveau est de 512 ADU jusqu'à 320 ISO, et de 2048 à partir de 400 ISO.

 

La méthode d'acquisition et de calcul est détaillée sur le site de Christian Buil.

 

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Le constat est flagrant, la meilleure combinaison est de désactiver le mode DPR et d'être en obturateur mécanique (courbe verte). L'utilisation de l'obturateur électronique (courbe rouge) fait exploser le bruit sur les images, surtout en deçà de 1600 ISO. Même si l'écart se réduit au delà de 1600 ISO, ce mode reste malgré tout plus bruité. Le mode DPR activé (courbe orange) double la taille de l'image et ajoute du bruit, il n'est donc pas vraiment utile.

 

Comparaison avec les boitiers concurrents

 

J'ai utilisé les informations du https://www.photonstophotos.net/ de Bill Claff, pour différents boitiers 20-24 MPix. J'ai laissé le Canon 6D (rose) pour référence.

 

Le bruit de lecture des boitiers hybride (sauf le R6 mk I) est particulièrement faible à partir de 800 ISO puisqu'il est de moins de 2 e- pour arriver vers 1,5 e- à 12800 ISO. C'est une très bonne performance :

  • Le A7C (vert) est déjà bon à partir de 640 ISO.
  • Les R6 mk II (rouge pointillé), Z6 mk I (jaune) et mk II (jaune pointillé) et A7C ont des performances quasi équivalentes à partir de 1600 ISO.
  • Le R6 mk I (rouge) n'approche les autres qu'à partir de 6400 ISO.

 

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Modification des RAW avant sauvegarde

 

Le choix du type d'obturateur et de la fonction Dual Pixels a un effet sur la façon dont les RAWs sont prétraités avant d'être sauvegardés. On constate dans certains cas les signes d'une réduction de bruit.

 

La réduction de bruit laisse des traces dans la transformée de Fourier d'une image d'offset. Il s'agit généralement d'un filtre de type passe bas qui se traduit par un éclaircissement de la zone centrale de la transformée de Fourier, un peu comme si on avait un vignettage. Un traitement plus sophistiqué laissera des traces différentes.

 

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Bill Claff explique très bien sur son site l'impact des divers prétraitement sur la transformée de Fourrier.

 

Voici à quoi ressemblent les transformées de Fourier selon les réglages de prise de vue.

 

 

 

Une réduction de bruit est apportée à 100 ISO, comme en témoignent les zones blanchâtres au centre,  mais s'atténue progressivement pour disparaître  complètement à 1600 ISO.

image.png.b78889e7dfdba55685bcb945c5f44751.png

 

Avec le Dual Pixel activé, on constate le même type de traitement que s'il est désactivé.

image.png.531077b2237d6bcaa6f9edabdf2d010a.png

 

Aucun traitement ne semble visible avec l'obturateur électronique :

image.png.c2e07d67a2b6cc72570c1d3e24096fa0.png

 

On distingue dans tous les cas des lignes horizontales qui semblent découper l'image en 4 :

image.png.3311548c737428af36f6a2c3a1ac8c77.png

 

La question à 100 balles : comment la réduction de bruit effectuée sur les RAW des prises de vues avec obturateur mécanique affecte les astrophotos ?

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Les darks

 

Les darks sont très propres.  Voici un dark de 10 minutes à 100 ISO, poussé à l'extrême de +10 EV !

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Certains y voient de l'ampglow, il n'y en a pas ! Tout au plus peut-on distinguer une légère bande un peu plus claire sur le bord droit et une légère teinte verte, mais n'oubliez pas que l'image a été poussée de +10 EV, c'est à dire qu'elle est équivalente à une pose de 10 min à 102400 ISO !

 

On ne note aucune différence sur le traitement de réduction de bruit sur les RAWs en obturateur mécanique ou électronique. Que l'on soit en obturateur mécanique ou électronique, dès que le temps de pose dépasse 1 s, le traitement du signal est le même :

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J'avais acheté un 6d mk2 dans le but de faire aussi un peu d'astrophoto , mais j'ai directement constaté que lorsqu'il y a peu de lumière l'image se dégrade fortement.

On dirait des aquarelles ,tous les détails disparaissent. C'est aussi un capteur dual pixel et le 6d mk1 qui avait un capteur normal était excellent en basse lumière.

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il y a une heure, thierry242 a dit :

J'avais acheté un 6d mk2 dans le but de faire aussi un peu d'astrophoto , mais j'ai directement constaté que lorsqu'il y a peu de lumière l'image se dégrade fortement.

On dirait des aquarelles ,tous les détails disparaissent. C'est aussi un capteur dual pixel et le 6d mk1 qui avait un capteur normal était excellent en basse lumière.


Le 6D mk II ne doit pas être confondu avec le R6 mk II. Il est connu dès sa sortie pour être moins performant que le 6D mk I. Ca se voit très bien d’ailleurs sur les courbes disponibles sur le site de Bill Claff.


https://www.photonstophotos.net/Charts/RN_e.htm#Canon EOS 6D_14,Canon EOS 6D Mark II_14


Avec la série R6 c’est le contraire, le R6 mk I est moins bon que le R6 mk II, de peu certes, mais le mk II apporte plein d’autres performances utiles dans certains cas pour des photos diurnes (rapidité de l’autofocus, vitesse de rafale, autonomie accrue…). En usage astro, le R6 sera suffisant. Je pense même, et je l’ai dit, que si on débute en partant de zéro, dans la gamme des 20-25 MPix, un Sony A7C sera un meilleur choix : meilleure performance en basse lumière, prix bien plus bas, et le Star Eater en bonus :

 

https://www.photonstophotos.net/Charts/RN_e.htm#Canon EOS R6_14,Canon EOS R6 Mark II_14,Sony ILCE-7C_14

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Évolution du bruit en fonction du temps de pose

 

Le Star Eater de Sony s'active à partir d'un certain temps de pose. J'ai regardé l'évolution du bruit des images, à 100 ISO pour divers temps de pose.

 

image.png.2fd6016289ec501b0381ffdfb501e174.png

 

Avec l'obturateur électronique, il est très évident qu'un algorithme de réduction de bruit s'active quand le temps de pose est supérieur ou égal à 1 s. Quand le temps de pose est de l'ordre de 15 s, les pixels chauds saturent et le bruit arrive à un pallier. Je ne suis pas allé au delà de 1 minute. Les modes Manuel et Bulb suivent la même loi (le Bulb est légèrement supérieur en bruit parce que le capteur était plus chaud quand j'ai fait le test après avoir effectué celui du mode manuel).

 

On ne retrouve pas cette coupure de traitement à 1 s en mode obturateur mécanique, par contre il semble y avoir un changement de comportement à 1 s à 3200 ISO (courbe verte), 2 s à 1600 ISO (courbe bleue claire), 4 s à 800 ISO (courbe jaune). Cela reste cependant sans effet sur les poses de nuit.

 

image.png.d21c17df1c8edd80441a5201aa6b64e2.png

 

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Niveau d'offset (ou biais)

Il est important de connaître le niveau moyen d'offset, aussi appelé biais, pour la calibration des images.

 

Les constructeurs de capteurs ajoutent un niveau constant au signal afin d'éviter des artéfacts et de faciliter le post traitement. En calibration des images, nos logiciels astro (PixInsight, Siril, Iris...) nous demandent de soustraire soit un offset maître (calculé à partir de plein d'offsets) soit un offset synthétique. Le but de cette manœuvre est de soustraire ce biais.

 

Souvent les flats sont pris à bas ISO (100 ISO), et c'est mieux, afin de maximiser leur dynamique, alors que les images du ciel profond sont prises à une sensibilité optimale pour avoir le meilleur rapport signal sur bruit. Dans la grande majorité des cas, le niveau de biais est le même quelque soit la sensibilité ISO choisie (par exemple pour le Canon 6D, c'est 2048 ADU).

 

MAIS avec le R6 mark II le biais est de :

  • 512 ADU de 100 à 320 ISO
  • 2048 ADU à partir de 400 ISO

Il ne faut donc pas oublier de prendre en compte cette différence dans les étapes du prétraitement, si vos flats ne sont pas faits à la même sensibilité ISO que vos lights.

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Analyse du traitement du bruit

 

Mark Shelley (sharkmelley sur Cloudynights) a une méthode pour déceler l'impact destructif de l'algorithme de traitement de bruit. Il porte sur un graphique les pixels qui sont égaux au max des 8 à 24 pixels voisins, en abscisse le nombre de ces pixels, en ordonnée la valeur de ces pixels.

 

Quand aucune réduction de bruit n'est faite, voici le graphique attendu :

image.png.103a950041a385db7169c1b18257e9d6.png

 

L'aspect change énormément lorsqu'un algorithme est appliqué :

image.png.8141d50d61ebff093633ad274882d19e.pngimage.png.21e96b8527cdd0f8e76d76f625a8c127.png

 

Cela montre que pour chaque pixel l'algorithme remplace sa valeur par une valeur calculée à partir de celle des pixels voisins, dans l'idée d'éliminer les pixels déviants. On connait l'effet destructeur de ce type de réduction de bruit sur les petites étoiles de nos images...

 

J'ai envoyé à Mark des darks faits avec le Canon EOS R6 mark II, et il en sort le graphique suivant :

image.png.f9d07e1389c4c4243642e5f48f0e023b.png

On ne voit aucune trace de traitement du type de celui apporté par Nikon ou Sony.

 

A 200 ISO, c'est pareil, même si la transformée de Fourier montre qu'il se passe quelque chose, l'algorithme utilisé par Canon n'est pas visible sur l'analyse de Mark :

image.png.10697202473a003cae8f23368b7ddafa.png

 

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  • Fred_76 changed the title to Test complet : Canon EOS R6 mark II

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