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histoire Les chiffres mystérieux du calendrier 2011.
roger15 posted a topic in Astronomie & Astrophysique
Les chiffres mystérieux du calendrier 2011. Bonjour à toutes et bonjour à tous, Certains l'ont peut-être déjà reçu, d'autres vont bientôt le recevoir, le très utile calendrier de La Poste pour 2011 (remarquez ce que je vais indiquer est valable pour tous les types de calendriers imprimés sur un morceau de carton, plus ou moins grand : celui de votre banque, celui de votre compagnie d'assurance, celui de l'entreprise ou vous travaillez, etc.). Peut-être n'y avez-vous jamais fait attention, mais il y a (généralement juste après le dernier jour du mois de février) cinq mystérieuses dénominations... Il est en effet indiqué (pour 2011) : * Épacte : 25 (épacte 2010 : 14 ; épacte 2012 : 6) ; * Lettre dominicale : B (lettre dominicale 2010 : C ; lettre dominicale 2012 : G) ; * Cycle solaire : 4 (cycle solaire 2010 : 3 ; cycle solaire 2012 : 5) ; * Nombre d'or : 17 (nombre d'or 2010 : 16 ; nombre d'or 2012 : 18) ; * Indiction romaine : 4 (indiction romaine 2010 : 3 ; indiction romaine 2012 : 5) ; Bigre, bigre !... Que signifient ces mystérieuses données ?... :?: Après avoir observé les résultats des années 2010, 2011 et 2012, en première approximation nous constatons que les chiffres indiqués pour le cycle solaire, le nombre d'or et l'indiction romaine augmentent d'une unité chaque année, certes, mais la question fondamentale est : selon quels cycles ? En revanche, pour l'épacte et la lettre dominicale, le cycle semble très hermétique !... :( Au Moyen-Age, seuls les clercs "computistes" connaissaient les "secrets du calendrier" et veillaient jalousement à ne point les révéler aux simples laïcs. Une corporation a toutefois réussi à percer le "secret" régissant les cycles de ces mystérieuses cinq données vues plus haut (à savoir : l'épacte, la lettre dominicale, le cycle solaire, le nombre d'or et l'indiction romaine) et s'en est servi pour authentifier les "lettres de change" et "billets à ordre" permettant aux voyageurs parcourant les routes de l'Europe de toucher, auprès des banquiers d'un autre pays, des espèces sonnantes et trébuchantes (en pièces d'or ou d'argent) en leur remettant une lettre de change ou un billet à ordre. Or, pour s'assurer que le document présenté n'était pas un faux, ces banquiers l'examinaient scrupuleusement en portant l'attention sur l'année d'émission (ces cinq données étaient-elles les données exactes de l'année d'émission ?) mais, surtout, l'année de péremption (généralement cinq ou dix ans après l'année d'émission) : les "faussaires" auraient beaucoup de difficultés (sauf complicité évidemment ) à indiquer les bonnes données pour l'année qui aurait lieu dans cinq ou dix ans. Bien entendu, les livres des banquiers précisant ces données étaient enfermés dans des coffres-forts ultra-sécurisés !... :be: A partir de la renaissance (au 16ème siècle) les astronomes laïcs ont commencé eux aussi à s'intéresser à l'élaboration du calendrier "romain", et surtout après la réforme dite "Grégorienne" du pape Grégoire XIII en 1582 (voir mes deux sujets sur Webastro : d'abord "La notion de calendes, nones et ides d'un mois" : http://www.webastro.net/forum/showthread.php?t=52072, puis ensuite "Pourquoi y a-t-il parfois certaines années un 29 février ?" http://www.webastro.net/forum/showthread.php?t=29327). C'est un certain Dominique François Rivard (1687-1778) qui a écrit avant la Révolution le plus important ouvrage concernant le calendrier : "Traité de la sphère et du calendrier" paru en 1768 (6ème et avant-dernière édition en 1804 - elle est numérisée par "Google Livres" : http://books.google.fr/books?id=POM4AAAAMAAJ&printsec=frontcover&dq=Trait%C3%A9+de+la+sph%C3%A8re+et+du+calendrier&source=bl&ots=JsEER3343n&sig=5cnkNg0JY3mB43tFn4_GVQuqGUc&hl=fr&ei=Q27FTNS1OpCD4Qbk4fW5Aw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBoQ6AEwAA#v=onepage&q&f=false ; 7ème édition en 1837 chez l'éditeur "Bachelier"). 6ème édition (1804) numérisée par "Archives.org" :http://www.archive.org/stream/traitdelasphree00lalagoog#page/n5/mode/1up. François Arago a, dans sa célèbre "Astronomie Populaire", paru à titre posthume, encore davantage démystifié le "comput ecclésiastique" en le détaillant complètement à l'intention des simple "curieux des choses du ciel" : Tome IV (paru en 1857), livre XXXIII "Le calendrier", pages 702 à 758. (voir : https://archive.org/stream/astronomiepopula04arag#page/702/mode/1up et plus spécialement les pages 706 à 716, voir : https://archive.org/stream/astronomiepopula04arag#page/706/mode/1up). Dans ce tome IV (paru en 1857) de son "Astronomie Populaire", les chapitres suivants nous aident à mieux comprendre les rouages mystérieux du comput ecclésiastique : - chapitre XXXV (pages 705 et 706) "Usage des nombres d'or pour fixer les dates des fêtes de l'Église" ; - chapitre XXXVI (pages 706 à 709) "épactes - comput ecclésiastique" ; - chapitre XXXVII (pages 709 à 714) "lettres dominicales - calendriers perpétuels" ; - chapitre XXXVIII (pages 715 et 716) "calcul des lettres dominicales - cycle solaire". Pour ceux qui désirent lire les quatre chapitres que je viens d'indiquer de cette "Astronomie Populaire" de François Arago dans le texte, voici le lien qu'il convient d'utiliser : http://www.archive.org/stream/astronomiepopula04arag#page/705/mode/1up. Pour ceux qui désirent une explication plus sommaire des cinq mystérieuses dénominations figurant en bas du mois de février 2011, voici ce qu'on peut en dire : - 1°) l'épacte (il s'agit évidemment de "l'épacte grégorienne" - "l'épacte "julienne" n'étant plus utilisée depuis le calendrier de 1582) : l'épacte est une quantification de la différence entre les calendriers solaire et lunaire. Dans le calendrier grégorien, il s'agit de l'âge de la Lune ecclésiastique (attention c'est une "Lune moyenne" qui peut parfois différer d'un jour ou deux avec l'âge de la Lune astronomique ) la veille du premier janvier de l'année considérée. Cet "âge" consiste à compter le nombre de jours écoulés entre la dernière Nouvelle Lune de l'année précédente et le 31 décembre. Les chiffres de l'épacte varient de 0 à 30. Exemple pour 2011 : la dernière Nouvelle Lune ecclésiastique de l'année 2010 aura lieu le lundi 6 décembre 2010 (Nouvelle Lune astronomique : dimanche 5 décembre 2010 à 17h36 Temps Universel), donc au 31 décembre 2010 la Lune sera âgée de 25 jours (26 jours pour les astronomes), la lettre dominicale de 2011 sera donc "25". Ça c'est la théorie, en pratique les "computistes" n'ont très vite plus recherché du tout l'âge de la Lune la veille du premier janvier, mais ont déterminé directement l'épacte en fonction du "nombre d'or" d'une année. En 2011 le "nombre d'or" étant "17", l'épacte vaut donc "25". - 2°) la lettre dominicale : c'est un système de représentation des jours de la semaine consistant à leur attribuer une lettre au lieu des traditionnelles appellations lundi, mardi, mercredi, etc. Ces lettres sont attribuées pour une année donnée. Pour une année donnée, on fait correspondre successivement chacune des sept premières lettres (A, B, C, D, E, F et G) à chacun des jours de l’année, en commençant par A pour le 1er janvier. Ensuite, on répète ce cycle tous les sept jours, donc chaque semaine. Pour une année considérée sa lettre dominicale de l'année est celle correspondant aux dimanches. Lors des années bissextiles, il y a deux lettres dominicales : l'une du 1er janvier au 29 février, l'autre du 1er mars au 31 décembre. Ainsi 2008 a eu comme lettre dominicale "FE" et 2012 aura comme lettre dominicale "AG". On calcule ainsi la lettre dominicale d'une année, ainsi pour 2011 : * on divise le millésime par 4 : 2011 / 4 = 502 (quotient) reste 3. * on ajoute le quotient au millésime : 502 + 2011 = 2 513. * on divise ce résultat par 7 : 2 513 / 7 = 359 (quotient) reste 0. On regarde alors la concordance du reste avec la lettre dominicale de l'année (attention, ce tableau n'est valable qu'entre 1900 et 2099) : reste 0 = lettre dominicale B ; reste 1 = lettre dominicale A ; reste 2 = lettre dominicale G ; reste 3 = lettre dominicale F ; reste 4 = lettre dominicale E ; reste 5 = lettre dominicale D ; reste 6 = lettre dominicale C. La lettre dominicale de 2011 est donc B. Vérification : la lettre dominicale d'une année est A si le 1er janvier est un dimanche, B si c'est un samedi, C si l'année commence un vendredi, D si l'année débute par un jeudi, E si l'année démarre par un mercredi, F si le 1er janvier est un mardi, et enfin G si l'année débute par un lundi. Le 1er janvier 2011 est un samedi, donc la lettre dominicale de 2011 est bien B. - 3°) le cycle solaire : c'est le rang (compris entre 1 et 28) d'une année dans le cycle de 28 ans d'une échelle de temps ayant commencé arbitrairement en l'an 20 de l'ère chrétienne. On le calcule ainsi pour l'année 2011 : - 1°) on rajoute 8 au millésime de l'année : 2011 + 8 = 2019. - 2°) on divise ce chiffre par 28 : 2019 / 28 = 72 (quotient) reste 3. On ajoute 1 au reste : 3 + 1 = 4. Le cycle solaire de 2011 est 4. - 4°) le nombre d'or : c'est le rang (compris entre 1 et 19) d'une année dans un cycle de 19 ans (cycle de Méton) ramenant les mêmes phases de la Lune à une même date. Le nombre d'or est égal au reste de la division euclidienne par 19 du millésime de l'année augmenté de 1. Ainsi pour 2011 : 2011 +1 = 2012 / 19 = 105,89 soit 105 (quotient) reste 17. Le nombre d'or de 2011 est donc 17. - 5°) l'indiction romaine : c'est une période de 15 ans, qui n'a aucune référence astronomique ou ecclésiastique, et qui depuis l'empereur Constantin en 313 a rendu obligatoire dans chaque acte juridique ou administratif le numéro d'ordre d'une année (selon une numérotation allant de 1 à 15). Dans leur excellent ouvrage "Calendriers et chronologie", paru aux éditions Masson en février 1997, Jean-Paul Parisot (professeur d'astronomie à l'Université de Bordeaux I et astronome à l'Observatoire de Bordeaux) et Françoise Suagher (professeur de mathématiques au lycée Jules Haag à Besançon) ont en bas de la page 90 et au début de la page 91 indiqué très justement ceci : « C'est seulement après Charlemagne que les papes élevés au rang de souverains commencèrent à dater leurs actes par l'année de l'indiction dont le début fut fixé au premier jour de l'an 313. Auparavant, ils les dataient par référence aux règnes des empereurs ou à leur pontificat. Il faut noter que cette datation appelée “petite date” ainsi que le nombre d'or et le cycle solaire, étaient utilisés dans les documents officiels (bulles, diplômes, chartes) en parallèle avec la notion classique afin de multiplier les dates par précaution contre les faussaires. » En pratique pour calculer l'indiction d'une année, par exemple 2011 : * on rajoute 2 au millésime de l'année : 2011 + 2 = 2013 ; * on divise ce chiffre par 15 : 2013 / 15 = 134 (quotient) reste 3 ; * on rajoute 1 au chiffre du reste : 3 + 1 = 4 ; * ce dernier chiffre est celui de l'indiction : 4 est donc le chiffre de l'indiction pour 2011. Vous avez pu constater que ces calculs sont longs et fastidieux... Aussi, depuis les années 1990 de très nombreux informaticiens ont calculé des programmes qui permettent à un internaute de pouvoir trouver en seul clic tous les chiffres du "comput ecclésiastique d'une année". Voir par exemple : http://le.voirloup.free.fr/comput/fr/test.htm. Toutefois, c'est Gilbert Javaux qui, dans son excellent site astronomique sur Internet "PGJ - l'Astronomie une Passion à Partager", a indiqué la méthode la plus rigoureuse pour trouver tous les éléments (et pas seulement les cinq que j'ai indiqués plus haut) des "computs" julien et grégorien grâce au formulaire élaboré par Albert Troesch en 1992 (que Patrick Rocher, brillant calculateur du service des calculs de l'IMCCE, a qualifié de "meilleur" dans "l'Astronomie" - le bulletin de la Société Astronomique de France - de mars / avril 2006, page 174, car « il a le mérite d'utiliser et de faire apparaître les éléments du comput ».) : http://pgj.pagesperso-orange.fr/paques.htm). Voilà, j'espère que vous en savez désormais un peu plus sur notre bon vieux calendrier, qui généralement trône dans nos cuisines... :) Roger le Cantalien. -
histoire Historique de "l'heure d'été" en France.
roger15 posted a topic in Astronomie & Astrophysique
Historique de "l'heure d'été" en France. Bonjour à toutes et bonjour à tous, Attention, dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2009 à trois heures du matin (01h00 Temps Universel) il faudra retarder nos montres et nos horloges d'une heure et elles indiqueront alors deux heures du matin. Astronomiquement parlant nous passerons de "TU + 2 heures" à "TU + 1 heure". Plus précisément, nous passerons de l'heure "CEST" (Central European Summer Time - Heure d'été de l'Europe Centrale) à l'heure "CET" (Central European Time - Heure de l'Europe Centrale). Nous conserverons "l'heure d'hiver" (TU + 1 heure) jusqu'à la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mars 2010 à deux heures du matin (01h00 Temps Universel) où nous repasserons à "l'heure d'été" (TU + 2 heures) jusqu'à la nuit du samedi 30 au dimanche 31 octobre 2010 à trois heures du matin (01h00 Temps Universel) où nous reviendrons à "l'heure d'hiver" (TU + 1 heure). Ce sera de nouveau le cas en 2011 (du dernier dimanche de mars à 01h00 TU au dernier dimanche d'octobre à 01h00 TU) en vertu des circulaires de la Commission de l'Union Européenne (communications 2001/C 35/07 et 2006/C 61/02). Et ensuite, pour 2012 et après ? Eh bien, ce sera à la Commission Européenne de décider... L'heure d'été, qui consistait à passer de TU à TU + 1heure a été introduite en France en 1916 et est restée en vigueur jusqu'au 10 mai 1940. Cette idée d'instituer une "heure d'été" en France revient à André Honnorat (né à Paris le 10 octobre 1868 ; décédé à la Cité Universitaire de Paris le 24 juillet 1950) qui est l’instigateur de l’heure d’été en France en 1916 pour réaliser des "économies d'éclairage". Il avait déclaré que « la victoire ne dépendra pas uniquement de l'héroïsme de nos soldats mais elle est également tributaire des moyens de production de nos belligérants ». A cet effet, André Honorat proposa le vote d'une loi consistant à avancer d'une heure l'heure légale de manière à diminuer d'autant les consommations publiques en gaz, en électricité et en pétrole. Il ajouta : « la prolongation de la guerre nous fait un devoir impérieux de ne négliger aucune source d'économie ». Il était alors député des Basses-Alpes depuis 1910, il le restera jusqu’en 1921. Ensuite, de 1921 à 1940 il sera sénateur des Basses-Alpes. Il a été conseiller général du canton de Lauzet (Basses-Alpes) pendant 43 ans (de 1907 à 1950). André Honorat deviendra ensuite chef de cabinet de plusieurs ministres, et même ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts du 20 janvier 1920 au 15 janvier 1921, dans les deux premiers ministères Alexandre Millerand et dans le ministère Georges Leygues. Précisons enfin que c'est en Australie où une telle mesure avait déjà fait ses preuves sous le nom de "Day light saving bill" ("la lumière du soleil limite la facture"), et vu ses résultats très concluants, qu'André Honorat trouva l'inspiration pour appliquer cette mesure de "l'heure d'été" en France. ( voir : http://jc.clariond.free.fr/biographies/ahonnorat.html ). L'heure dite "d'été" a été légalisée par la loi du 9 juin 1916 (Journal Officiel de la République Française du 11 juin 1916) "loi ayant pour objet d'avancer l'heure légale" dispose dans son article unique : « Jusqu'au 1er octobre 1916, et à partir d'une date qui sera déterminée par décret, l'heure légale, telle qu'elle a été fixée par la loi du 9 mars 1911, sera avancée de soixante minutes. La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l'État. Fait à Paris, le 9 Juin 1916. Signé : R. POINCARÉ. Le Ministre de l'instruction publique, des beaux arts et des inventions intéressant la défense nationale, Signé : Paul PAINLEVÉ. » Vous pourrez visualiser directement cette loi grâce au site Internet "Gallica" de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) qui a été reproduite dans le "Bulletin des lois de la République française" de 1916, page 905 (voir : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2208926.pleinepage.r=bulletin+des+lois.f963.langFR), et à la page 909 le décret d'application de cette loi, en date du 10 juin 1916 (voir : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2208926.pleinepage.r=bulletin+des+lois.f967.langFR). La pratique de l'heure d'été, qui consistait à passer de TU à TU + 1heure a été ensuite reconduite chaque année et est restée en vigueur jusqu'au 10 mai 1940. A partir de ce jour-là, tous les territoires français occupés par l'armée allemande ont dû avancer leurs horloges d'une heure et passer à "l'heure de Berlin" (TU + 2 heures). Cela a d'ailleurs posé un problème pour l'application de l'Armistice du 25 juin 1940 à 01h35 (heure des territoires occupés), car les soldats français encerclés dans les casemates de la ligne Maginot n'ont cessé de tirer un maximum d'obus inutilisés lors de la nuit du 24 au 25 juin 1940 pour n'en rendre qu'un minimum aux Allemands. Or, pour eux 01h35, c'était "l'heure française" (TU + 1heure). Les Allemands, constatant que les fortifications françaises continuaient à tirer au-delà de 01h35 (TU + 2 heures), en ont déduit que la ligne Maginot ne respecterait pas l'armistice… Ils ont été soulagés quand à 02h35 (TU + 2 heures) les canons français se sont enfin tus… Il était alors 01h35 heure française des territoires non occupés (TU + 1 heure). Pendant la période entre 1940 et 1942 la situation a été très compliquée, et a varié selon les deux zones : - 1°) En zone occupée par l'armée allemande : application pure et simple de l'heure allemande (TU + 2 heures) toute l'année à partir du vendredi 10 mai 1940 (du vendredi 14 juin 1940 pour Paris) jusqu'au lundi 2 novembre 1942. Le lundi 2 novembre 1942 à 1h00 du matin (TU) les horloges (qui marquaient alors 3h00 du matin) ont alors été retardées d'une heure et ont indiquées 2h00 du matin. Autrement dit : retour à TU + 1 heure, comme en zone non occupée. -2°) En zone non occupée par l'armée allemande : application de l'ancien principe heure d'été / heure d'hiver, mais avec une "heure d'hiver" à TU + 1 heure et "heure d'été" à TU + 2 heures. Pendant la période 1942 à 1945 : heure de nouveau unifiée en France, avec une "heure d'été" à TU + 2 heures. Pendant la période 1945 à 1976 : application de l'ancienne "l'heure d'été" (TU + 1 heure) toute l'année. Il faut savoir, qu'il était initialement prévu que la France se raccorde de nouveau au Temps Universel le 18 novembre 1945. Le décret n° 45-1819 du 14 août 1945 (JORF du 15 août 1945, page 5 072) stipulait en effet : « ARTICLE PREMIER : L'heure légale fixée par le décret du 17 mars 1945 sera retardée d'une heure le 16 septembre 1945 à trois heures. Article 2 : l'heure légale fixée par l'article premier du présent décret sera retardée d'une heure le 18 novembre 1945 à trois heures. » Autrement dit : passage de TU + 2 heures à TU + 1heure le 16 septembre 1945 à trois heures (soit 01h00 TU), et passage de TU + 1 heure à TU le 18 novembre 1945 à trois heures (soit 02h00 TU). La France allait donc retrouver sa bonne vieille heure du Temps Universel, le 18 novembre 1945. Hélas, un décret n° 45-2732 du 5 novembre 1945 (JORF du 13 novembre 1945, page 7529) abroge les dispositions contenues dans l'article 2 du décret du 14 août 1945. Concrètement, la France restait toute l'année à l'ancienne "heure d'été" (TU + 1 heure) d'entre les deux-guerres. Ceux que le sujet intéresse pourront consulter l'excellent article de André Giret dans le numéro de "l'Astronomie" (le bulletin de la Société Astronomique de France) de décembre 1964, pages 465 à 469 : "Quelle heure est-il ? Rappel des textes définissant l'heure légale en France" (voir : http://articles.adsabs.harvard.edu/cgi-bin/nph-iarticle_query?1964LAstr..78..465G&data_type=PDF_HIGH&whole_paper=YES&type=PRINTER&filetype=.pdf). Et puis, est arrivée la guerre du "Kippour" du 6 au 24 octobre 1973 entre Israël et ses voisins arabes (ce fut le début de la "première crise pétrolière mondiale") et à cette occasion Valéry Giscard d'Estaing, en tant que Ministre français de l'Économie et des Finances, fut à l'instigateur du retour de la pratique de "l'heure d'été" à partir du 28 mars 1976 (décret 75-866 du 19 septembre 1975 ; JORF du 20 septembre 1975) : heure d'hiver à TU + 1 heure, heure d'été à TU + 2 heures, et ceci pendant six mois chaque période. A partir de l'année 1996 l'heure d'été est désormais appliquée pendant sept mois de l'année et l'heure d'hiver pendant cinq mois seulement (du dernier dimanche d'octobre [avant c'était pendant six mois, du dernier dimanche de septembre] au dernier dimanche de mars). Le dernier texte français concernant "l'heure d'été" est l'arrêté du 3 avril 2001 "relatif à l'heure légale française" (Journal Officiel de la République française n° 82 du 6 avril 2001 page 5363 ; voir : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000221946&dateTexte=). Alors, profitez bien de cette heure "supplémentaire" dans la nuit du samedi au dimanche prochain. Roger le Cantalien.
