Aller au contenu

Humboldt

Nouveau Membre
  • Compteur de contenus

    1
  • Inscription

  • Dernière visite

Tout ce qui a été posté par Humboldt

  1. Vers l'âge de 10 ans, j'ai observé la Lune, Mars, Jupiter et Saturne à travers les oculaires des instruments de mon grand-père astronome amateur et scientifique érudit. Je suis incapable de me souvenir des caractéristiques des instruments (une lunette et un télescope. Les deux sur monture équatoriale, achetés rue de Rivoli chez La Maison de L'Astronomie), mais j'étais surtout fasciné par le fonctionnement de la monture équatoriale. C'était au tournant des années 70 et 80 et je me souviens d'avoir reçu Cosmos de Carl Sagan en cadeau d'anniversaire en 1981. Je suis resté un curieux du ciel, mais sans faire d'observations régulières et encore moins approfondies. De temps en temps, la lecture d'un numéro de Ciel et Espace ou des livres d’Hubert Reeves ou de Trinh Xuan Thuan (en fait je les ai tous lus...) ramenait mon regard vers le ciel. J'ai une formation universitaire en littérature, en langues anciennes et en histoire antique ainsi qu'en anthropologie(tout ça pour devenir prof...) ; j'enseigne en BTS, en CPGE scientifiques et aussi dans des classes de lycée – scientifiques et techniques aussi... J'aurai donc pu en rester là et me contenter d'une pratique « livresque » de l'astronomie. C'est vrai, après tout : les magazines, les sites internet et et les documentaires d'Arte nous donnent à voir des images exceptionnelles que nous ne pourrons jamais voir avec nos yeux. Et puis je me suis mis à observer le ciel à l’œil nu il y quelques années après avoir acheté une carte mobile du ciel (la carte réalisée par Pierre Bourge dont j'avais hérité de mon grand-père était alors bien usée et menaçait tomber en morceaux)... Et puis l'envie d'acquérir une lunette astronomique m'est venue progressivement. Une lunette, pas un télescope … Une lunette, c'est facile à utiliser, pas de collimation ni d’entretien du miroir. Après plusieurs mois d'hésitations, de recherches, de comparaison de lunettes de différentes marques, de différents modèles, je me suis finalement décidé à acquérir une lunette de 127 mm de diamètre et de 1200 mm de focale sur monture équatoriale... Si vous n'avez pas déjà interrompu votre lecture, je vais faire un petit parallèle entre l'astronomie amateur et un sport nautique que j'ai pratiqué jusqu'à l'âge de 45 ans : le surf. Quand on est surfeur on doit accepter que des conditions météorologiques favorables et une houle non gâchée par le vent sont rarement présentes quand vous êtes disponible pour aller surfer. Je me souviens d'avoir attendu plusieurs mois pour pouvoir surfer avec une planche que j'avais fait fabriquer sur mesure. Pire ! En été, sur les spots, il y a les baigneurs-touristes, les nageurs-sauveteurs et les arrêtés municipaux anti-surf (encore eux !). Il faut donc être patient et surveiller les bulletins du NOAA comme du lait sur le feu pour surfer dans les meilleures conditions. D'une certaine manière, c'était très élitiste en ce qui concerne le matériel, comme pour l'astronomie. Les meilleures session de surf ont lieu en hiver, en général très tôt le matin, sous un ciel terne après avoir parcouru des kilomètres pour trouver le spot le mieux orienté par rapport à la houle... Un petit peu comme les belles nuit d'observation en hiver... Vous lisez encore ? Je me suis lancé dans l'astronomie amateur, l'observation visuelle et l'astrodessin (dessiner c'est bien, mais soyons ringard ou old-school jusqu'au bout...) dans les pires conditions... Même s'il y a un magasin d'astronomie très réputé près de chez moi, j'ai fait mes choix et tout appris tout seul en ce qui concerne le matériel (c'est vraiment très élitiste et très intimidant l'astronomie, même quand on n'est plus tout à fait novice...). Dans les meilleures conditions, j'ai un ciel de niveau Bortle 5,5. Mon horizon, au nord est complètement barré par des chênes de presque 15 m. J'ai décidé d'observer le ciel depuis le toit de mon garage (je gagne en visibilité sur l'horizon est-sud-ouest) : ça demande beaucoup d’organisation et de prudence, mais moins que les précautions que les observateurs qui ont participé aux expéditions de La Condamine ou de Bougainville ont dû prendre au 18e siècle (pour protéger leurs instruments et eux-mêmes). Mais il faut tout expliquer aux voisins qui se demandent ce que je fais sur le toit de mon garage avec des petites loupiotes rouges... Malgré toutes les difficultés que j'ai pu rencontrer, j'ai eu de très belles satisfactions au cours de mes observations (Lune et planètes surtout). Après tout, Copernic, Kepler et Galilée avaient des instruments et des outils de calcul très inférieurs aux nôtres. Ma démarche d'observation et de recherche s'appuie sur un livre du physicien et historien des sciences américain James Evans qui a publié Histoire et pratique de l'astronomie ancienne (Éditions Les Belles Lettres pour la traduction française, c'est un beau livre avec beaucoup d'astronomie et un peu de maths et de physique dedans...). C'est un petit peu de l'archéoastronomie pratique. Je ne suis pas pessimiste en ce qui concerne l'avenir de astronomie amateur malgré toutes les difficultés et toutes les déceptions que nous pouvons rencontrer. J'ai expliqué à mes élèves de première et mes étudiants ce que je fais de certaines de mes nuits : « Mais, Monsieur, vous êtes complètement barré ! », « Çà vous avance à quoi ? » et j'en passe... Quand je montre mes petits dessins et mes notes d'observation, ils deviennent curieux, ça les intrigue... Après avoir montré la carte mobile Stelvision et expliqué comment elle fonctionne, un élève de première est venu me voir et m'a dit timidement : « J'ai offert la carte à mon cousin pour son anniversaire ; maintenant il regarde le ciel avec des jumelles... ». Il ne faut pas être pessimiste, il y aura toujours des curieux du ciel, des amateurs éclairés (par les étoiles) et des passionnés vraiment mordus... Et quand j'installe mon matériel d’observation (Pardon ! Quand je mets en station...), je pense souvent à ce que Carl Sagan a écrit (je cite de mémoire et très approximativement – oui, je sais, c'est inadmissible pour un prof de lettres …) : « là-haut , il y a peut-être quelqu'un qui nous observe et qui se livre à de vagues spéculations sur notre Soleil et son système » ... ✨🔭
×
×
  • Créer...

Information importante

Nous avons placé des cookies sur votre appareil pour aider à améliorer ce site. Vous pouvez choisir d’ajuster vos paramètres de cookie, sinon nous supposerons que vous êtes d’accord pour continuer.