Salut à tous,
Suite à mon post de présentation il y a quelques jours (lien vers le sujet précédent), plusieurs d'entre vous m'ont demandé comment le site avait été construit, notamment côté données. Voici le making-of en 3 étapes
.
Étape 1 — Construire une vraie base de données du ciel
Au départ, j'ai passé plusieurs semaines à agréger, croiser et nettoyer des catalogues d'objets célestes : Messier, NGC, IC, Sharpless, Barnard, Abell, Caldwell, et quelques autres. Le résultat : plus de 4 700 objets avec pour chacun coordonnées J2000, magnitude, taille angulaire, type, meilleur mois d'observation recalculé à partir de la RA, et un score d'accessibilité que j'ai défini moi-même en croisant magnitude, taille, type d'objet et pollution lumineuse locale.
Le vrai challenge n'était pas d'avoir les données brutes (les catalogues sont dispo publiquement), c'était de les fusionner proprement — un même objet peut être référencé sous 4 ou 5 noms différents selon les catalogues, et un simple M 42 doit résoudre aussi vers NGC 1976, "Nébuleuse d'Orion", ou "Orion Nebula" selon la langue. J'ai construit une table d'alias qui gère tout ça.
Étape 2 — Bâtir le site autour de cette base
Une fois la data propre, j'ai construit l'interface : un atlas filtrable, une page dédiée par objet, un calculateur de champ, une carte de pollution lumineuse. L'idée directrice : partir de ce que je faisais moi-même avant chaque soirée et le remplacer par un seul écran.
Chaque objet a sa propre page avec description, données techniques, courbe d'altitude sur la nuit, et un assistant qui suggère le matériel et les filtres adaptés selon la cible et la phase de Lune.
Le calculateur de champ superpose le capteur sur une image réelle de la cible, avec la rotation du capteur ajustable — histoire de vérifier si M31 tient dans le cadre avant de sortir, plutôt que de le découvrir sur place.
Étape 3 — Agréger les météos éparpillées
C'est probablement le point qui m'a fait le plus enrager. Les prévisions utiles pour l'astro (couverture nuageuse haute/moyenne/basse, seeing, transparency, humidité, phase lunaire) sont dispersées sur cinq ou six sources différentes.
J'ai fini par tout centraliser en un seul tableau de bord : Open-Meteo, MET Norway, MeteoSource, 7Timer, côte à côte pour la même nuit, avec un score de qualité d'observation calculé sur les 5 dimensions. Et un calcul de la vraie fenêtre de nuit astronomique — pas juste le coucher du soleil, mais le moment où le Soleil passe sous -18°.
Pour la pollution lumineuse, j'ai intégré la carte de David Lorenz (Bortle par tuile), avec ta position en pin et une suggestion de sites sombres accessibles autour de chez toi.
Avec un planétarium (Stellarium chez moi) et NINA en capture, je n'ouvre plus rien d'autre. C'est gratuit, en français et en anglais, direct dans le navigateur, pas de compte à créer, pas de collecte de données.
Depuis ma première publication, un retour est déjà remonté et va être adressé en priorité : la sélection par carte ou coordonnées GPS pour les utilisateurs ruraux dont la commune la plus proche n'a rien à voir avec leur vrai site d'observation. J'ai commencé à bosser dessus.
Si vous avez des retours, remarques, features qui vous seraient utiles — je suis toujours preneur, c'est aussi ce qui alimente la roadmap.
Bon ciel à tous ! 🔭