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    Chercheurs et pointeurs : réglages et utilisation

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    Ce soir, le ciel sans Lune est dégagé… C'est le moment! La lampe rouge vissée sur le front, le 'Pocket Sky Atlas' sous le bras et on y va. En deux temps trois mouvements, le télescope est assemblé et mis en station,voilà! Euh, oui, mais qu'est-ce qu'on fait maintenant? Comment trouver la nébuleuse convoitée ou la discrète galaxie? Et après l'avoir trouvée, comment pointer l'instrument sur sa cible? Au chercheur ou au point rouge, pardi!


    Il existe trois familles de chercheurs: droits, redressés et 'point rouge'. Chacune présente des avantages et des inconvénients et le choix peut être ardu. Certains ne jurent que par leur chercheur droit, d'autres par leur 'point rouge'. En fin de compte, la pratique et le budget détermineront le meilleur achat. L'idéal étant bien entendu d'essayer soi-même, par exemple à l'occasion d'une 'Star Party'. Cela dit, un chercheur grossissant peut très bien côtoyer un 'point rouge' sur un même télescope, chaque solution complétant l'autre…

    Les modèles droits (de 20 à 60€) icon_wink.gif ressemblent à une petite lunette montée sur un bras sur le côté de l'instrument. Beaucoup de télescopes sont munis d'origine de ce genre de chercheur bon marché, de type 6x30 ou 8x50. Ces nombres indiquent respectivement le grossissement et le diamètre, comme pour des jumelles. Contrairement à des jumelles, l'image produite par ces chercheurs est inversée. On pourrait se dire que c'est un avantage. Après tout, l'image de l'instrument principal est souvent inversée et donc similaire. Hélas, dans la pratique l'usage de ce type de chercheur est déroutant, surtout pour les débutants. Sans compter que les optiques sont souvent sombres et de piètre qualité. Leur principal avantage est le prix et la possibilité de viser les objets les deux yeux ouverts, en se tenant dans le prolongement du télescope. Un œil vise alors le ciel tandis que l'autre passe par le chercheur. Cette technique requiert cependant un minimum d'entrainement…


    Les chercheurs redressés (de 70 à 200€) sont des lunettes munies d'un prisme redresseur. L'image est identique à ce que l'on voit dans le ciel, mais agrandie, comme dans des jumelles. Plus chers que les précédents, ces chercheurs présentent l'avantage d'un diamètre souvent plus élevé et parfois d'un réticule éclairé. Leurs performances optiques sont généralement bonnes, au point qu'ils peuvent servir d'instrument d'observation à part entière pour certains objets étendus, comme les Pléiades. Les plus puissants permettent de véritablement repérer des objets ténus, comme certaines galaxies. Le confort d'observation est amélioré par le renvoi coudé mais il n'est pas possible de viser une région du ciel tout simplement en se tenant derrière le télescope. Enfin, leur masse est conséquente et ils peuvent surcharger la monture ou déséquilibrer l'instrument.
    Notez que certains amateurs fortunés n'hésitent pas à monter une véritable lunette APO en guise de chercheur. Munie d'un oculaire réticulé et d'un prisme redresseur, cette optique 'grand champ' complète admirablement un instrument de longue focale, Dobson géant ou RC ventru.

    Les 'points rouges' (20 à 60€) ont maintenant conquis le marché des télescopes d'entrée de gamme. Beaucoup de débutants n'ont rien connu d'autre et considèrent cet accessoire comme une extension naturelle de tout instrument optique dont ils ne pourraient plus se passer.
    Contrairement aux chercheurs grossissants, les 'points rouges' ne modifient pas l'image du ciel, mais projettent un marqueur ou une mire sur un petit écran transparent. Le repère semble 'flotter' dans le ciel, parmi les étoiles. La visée se fait les deux yeux ouverts, à une vingtaine de centimètres de la petite vitre et de façon très intuitive. Quand il est bien réglé, le point rouge indique le centre du champ de l'instrument. La précision est remarquable, certains considèrent la combinaison 'point rouge' et cherche-étoiles comme un 'GoTo' de poche…
    Mais tout n'est pas rose au pays des points rouges. Car si l'aspect 'pointeur' est remarquablement abouti, l'ustensile n'a de 'chercheur' que le nom. En effet, pour trouver un objet invisible à l'œil nu sans regarder dans le télescope il faut obligatoirement recourir à une paire de jumelles ou à un… chercheur (grossissant). Alternativement, on peut se repérer dans le ciel avec une carte, par rapport à des étoiles-jalon. On place alors le point 'à un quart entre Alnitak et Betelgeuse', là ou devrait se trouver l'objet. Ça marche, mais ce n'est pas très précis. Et quand on passe à l'oculaire, on n'a pas l'impression d'avoir 'repéré les lieux', comme avec un chercheur traditionnel.
    Par ailleurs, certains modèles dérivés d'accessoires de tir au pistolet sont affligés d'un gros défaut: même à l'intensité minimale, le point est trop lumineux et cache les objets qu'il est censé désigner. Souvent, leur vitre est moyennement transparente et par-dessus le marché elle se couvre rapidement de buée. Les modèles plus aboutis, comme le Telrad et le QuickFinder, projettent des cercles concentriques et non des points, et leur luminosité peut être diminuée jusqu'à l'extinction. Le QuickFinder peut en outre opérer en mode clignotant, pratique pour les objets les plus ténus.
    Physiquement, les points rouges sont moins encombrants et plus légers que la majorité des chercheurs (le Telrad est cependant plus volumineux que les autres). Les modèles en plastique sont assez fragiles, d'autant qu'ils sont assez exposés aux chocs. Enfin, ils fonctionnent tous sur piles et peuvent donc vous lâcher au plus mauvais moment…



    Installation
    L'installation d'un chercheur n'est pas une affaire anodine. L'emplacement d'usine est généralement situé près du porte-oculaire; le chercheur est alors monté sur une queue d'aronde standardisée. Mais dans le cas d'un ajout ou d'un remplacement, il est essentiel de bien repérer l'emplacement idéal. En effet, il faut pouvoir accéder à l'oculaire sans contorsions et sans toucher la monture. Tenez compte aussi de l'encombrement d'un éventuel pare-buée. Par ailleurs, les gros chercheurs redressés peuvent complètement déséquilibrer le tube. Si vous faites de la photo, ça peut avoir son importance, surtout si l'instrument est déjà équipé d'une lunette-guide. Quant aux 'points rouges', ils sont souvent livrés avec une base à coller. L'adhésif double face a une durée de vie limitée et la fixation est sujette aux flexions. Préférez donc une base à visser ou une queue d'aronde.
    Certains points rouges de faible hauteur gagnent à être installés au bas du tube, du côté du miroir. En effet, il n'est pas pratique de coller sa joue sur le métal du télescope pour repérer la mire. En se plaçant derrière le tube vous ne risquez pas de toucher quoi que ce soit, mais la visée proche du zénith peut être pénible. Il ne faut pas non plus que le chercheur touche la monture dans certaines configurations. Faites donc des essais avant de fixer quoi que ce soit.


    'Cheminement d'étoiles'
    La combinaison d'un point rouge et d'une paire de jumelles (ou d'un chercheur classique) permet de se repérer efficacement dans le ciel par la méthode du cheminement d'étoiles ('Star Hopping' en anglais). Il s'agit de sauter d'étoile en étoile depuis une constellation facile à reconnaitre, comme le 'W' de Cassiopée ou la 'casserole' de la Grande Ourse. Cette méthode permet à chaque sortie d'étendre sa connaissance du ciel. On peut s'entrainer à cette technique sur un logiciel comme l'excellent 'Stellarium', par exemple ( www.stellarium.org/fr). Souvent, les auteurs d'articles d'astronomie prennent en référence le champ d'un chercheur ou les cercles du Telrad (2° et 4°) pour désigner les objets. On lira ainsi que la galaxie M108 se trouve entre Phad et Merak (le fond de la 'grande casserole'), en alignant Merak sur le cercle extérieur d'un Telrad. Le célèbre atlas du ciel 'Pocket Sky Atlas' est même conçu pour s'utiliser avec un Telrad, dont la mire est reproduite à l'arrière de la couverture.
    Pour beaucoup d'objets remarquables, le cheminement d'étoiles au point rouge et au chercheur est probablement plus rapide que l'emploi d'un pointage électronique GoTo, et certainement moins cher! En plus de vous apprendre le ciel, il procure la satisfaction de la découverte et une autre vue de la voûte céleste.


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    Exemple d'installation en 'parallèle' d'un pointeur et d'un chercheur. Les deux peuvent aussi simplement se côtoyer sur le tube.


    Centrage et orientation
    Réglez votre chercheur de préférence la journée. S'il a été démonté (pour le stockage ou le transport), c'est aussi possible de nuit. La procédure est la même mais prenez alors l'étoile polaire comme référence. Pourquoi l'étoile polaire? Parce qu'elle ne bouge pas, même si le télescope n'est pas motorisé.
    De jour, installez votre instrument à l'ombre. De cette façon, vous ne risquez pas de pointer accidentellement le soleil. Placez un oculaire de longue focale dans le porte-oculaire (un 25mm par exemple). Visez un objet remarquable à l'horizon: le sommet d'un poteau ou la flèche d'un clocher par exemple. Essayez de positionner l'objet au centre du champ de vision. Passez ensuite à un oculaire de plus faible focale (un 10mm par exemple) et affinez le réglage. Si vous possédez un 'point rouge', pensez à ajuster l'intensité pour bien voir le pointeur ou la mire. Si par contre vous utilisez un chercheur optique (à lentilles), vous pouvez ajuster la mise au point en tournant l'oculaire (ou l'objectif sur les chercheurs chinois). Maintenant, tournez les vis de réglage de votre chercheur de façon à centrer et à orienter l'objet choisi. L'orientation est importante si le chercheur présente un réticule. En effet, il est avantageux d'orienter la croix selon les axes AD et DEC, ce qui rend la manipulation sous les étoiles plus intuitive.
    Pour le réglage proprement dit, le plus souvent il y a trois vis ou trois molettes. Comme souvent avec le matériel astro, on dévisse légèrement une molette et on revisse les deux autres tout en vérifiant dans quel sens l'image se déplace. Sur les 'points rouges' on trouve parfois deux molettes: une pour le déplacement horizontal, l'autre pour la verticale. Pour les chercheurs droits, n'oubliez pas d'installer le joint en caoutchouc (sorte d'élastique rond) dans sa gorge sans quoi vous ne pourrez rien régler. icon_wink.gif


    Simulation de la vue dans un pointeur à cercles, un point rouge, un petit chercheur droit et un chercheur redressé à réticule lumineux.



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