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    La monture Dobson

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    La monture Dobson



    Introduction

    Le télescope Dobson, ou « Dob », est devenu un grand classique dans le paysage des instruments d’astronomie à destination des amateurs depuis une quinzaine d’années.

    Parmi les amateurs chevronnés, il possède ses inconditionnels et ses farouches opposants et fait l’objet de débats homériques sur ses avantages (indéniables) et ses inconvénients (incontournables).
    Le fait est que son utilisation s’est très largement répandue au cours des dernières années parmi la communauté astram et il est aujourd’hui un des instruments les plus représentés et visibles dans les magasins d’astronomie et lors des rassemblements d’amateurs à travers le monde. Un « best-seller », pour ainsi dire : décliné en de nombreux modèles, séries de grandes marques, constructions sur mesure, fabrications « maison »…

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    Un Dobson de série (source : Orion Optics UK)


     

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    Un Dobson « fait maison » aux RAP 2008 (source : club Cassiopée Astronomie d’Evreux)




    Pour les amateurs débutants, souvent perdus dans la masse des possibilités qui s’offrent à eux lors de l’achat de leur premier instrument, il suscite avant tout de nombreuses questions : que permet-il de voir ? Est-ce un instrument maniable ? Son coût d’achat relativement faible n’est-il pas indicateur d’une qualité médiocre ? Et puis ça à l’air vraiment gros, est-ce facilement transportable ? Et l’astrophoto, peut-on en faire ?

    Ce tutoriel est fait pour eux, qui cherchent des réponses à leurs interrogations, et plus largement à tous ceux que le ciel intéresse (passionnés de la première heure ou curieux d’un jour) et qui souhaitent mieux connaître les possibilités cachées derrière le mot « Dobson ».



    Principe de fonctionnement


    L’appellation Dobson est aujourd’hui utilisée couramment pour désigner un type de télescope dans son ensemble (tube + monture). En réalité le mot Dobson pris au sens strict définit un type de monture, sur laquelle est très souvent placé un tube optique de type Newton.
    Il arrivera donc régulièrement que le débutant soit perturbé par les catégories de télescopes présentées sur les sites de vente : on y retrouvera souvent une rubrique « Newton » (qui présente des télescopes de formule optique "Newton" sur des montures de type « équatorial ») et – indépendante de celle-ci – une rubrique « Dobson » (qui présente des télescopes de formule optique « Newton » sur des montures de type « Dobson »). Ce n’est pas la configuration optique qui change ici, comme on pourrait à priori le croire, mais bien le type de monture.

    En réalité, une monture de type Dobson n’est rien d’autre qu’une monture azimutale réduite à sa plus simple expression. L’azimutale est la monture astronomique la moins complexe. Elle est constituée d’un axe horizontal (l’azimut) et d’un axe vertical (la hauteur, ou altitude). La plupart des trépieds photos, des montures de lunettes d’approches ou des petites lunettes d’initiation sont de ce type. Rien de plus simple ou de plus intuitif en théorie. Et de cette simplicité viennent les principaux avantages et les principales limitations d’un Dobson.
    On entend également parfois le terme « altazimutal » en référence à la monture Dobson : ce terme désigne le même système que l’azimutal, mais il est plus couramment utilisé dans la langue de Shakespeare.

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    Principe de la monture azimutale Dobson (source: sky and telescope)




    Historique


    La monture Dobson est apparue assez tard dans l’histoire de l’astronomie, puisqu’on doit sa création à l’astronome amateur américain John Dobson à la fin des années 50. Elle répondait à l’époque à une réalité économique bien simple pour tout astronome amateur cherchant à se doter d’un instrument d’un diamètre plus important que les petites lunettes de 60mm ou les Newton de 114m : soit l’on avait les moyens et l’on achetait un instrument hors de prix dans l’une des rares manufactures artisanales de télescopes pour amateurs, soit l’on avait le salaire de monsieur tout le monde et le seul moyen de posséder un télescope de taille raisonnable était de le faire soit même : taille des miroirs, construction du tube et… des montures.

    L’idée de J. Dobson fut de prendre la plus simple des montures astro – l’azimutale – et de la dépouiller encore un peu plus : trois planches de bois servant d’assise au tube du télescope et constituant l’axe vertical de la monture (la hauteur) – le tube étant équilibré grâce à son propre poids, sans vis de serrage ni contrepoids - le tout venant se poser sur une base pivotante également en bois et constituant l’axe horizontal (l’azimut) : ou comment réduire les coûts de construction au minimum.

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    La formule originale du Dobson (source : Wikipedia commons)




    Arrivée tardive mais économiquement imbattable et correspondant à l’explosion de la pratique amateur de l’astronomie aux USA (et, une quinzaine d’années plus tard, en Europe). Le très faible coût et la facilité de construction du Dobson furent à l’origine de sa première phase d’expansion, principalement aux USA, dans les années 60-70.

    Ce phénomène a perduré au fil des années et s’est progressivement exporté en Europe dans les années 80, notamment grâce à la récupération du concept par les grands constructeurs comme Meade et Celestron. La popularité du Dobson s’est renforcée grâce a une de ses particularités peu connues et à priori contre intuitive : sa transportabilité, surtout pour les télescopes de diamètres de plus de 200mm.

    En effet, en même temps que les astronomes ont eu accès à des diamètres de plus en plus grands à moindre coût, ils ont vu la qualité du ciel au dessus de leur tête se dégrader à cause de la pollution lumineuse croissante. Une seule solution pour retrouver des ciels meilleurs (à part déménager, mais là on arrive à un choix de vie assez radical et très bizarrement peu accepté par certains entourages) : prendre sa voiture et aller sous un ciel meilleur. Seulement voilà : comment faire rentrer un télescope de 300mm et sa monture dans un coffre de voiture ? Le Dobson était la réponse toute trouvée, puisque, étant de fabrication simple et minimale, cette monture était naturellement légère et compacte, ainsi que facilement montable et démontable.

    Cette transportabilité s’est encore fortement accrue avec l’apparition des tubes de Newton dits « serrurier », c'est-à-dire des tubes presque entièrement démontables. Il est aujourd’hui possible de faire tenir un Newton de 400mm et sa monture Dobson dans le coffre d’une petite voiture, et certains tiennent même dans une valise de transport.

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    Dans ce coffre, pas un ,mais bien deux dobson complets: un 460mm et un 254mm (source : Dédé de St Fé – Webastro)



    Quoi observer avec un dobson


    Le titre de ce paragraphe est un peu réducteur car, à part de rares exceptions, la plupart des instruments astro amateurs sont « multitâche ». Le cas du Dobson est un peu particulier : il a été créé pour - et reste très majoritairement dédié à - l’observation. L’utilité de cet instrument pour l’astrophotographie est en fait limitée au strict minimum. Et pour cause : aucun suivi (donc des temps de pose dépassant le dixième de seconde impossibles), et une monture azimutale qui ne possède pas d’axe de rotation parallèle à celui de la terre et ne permet donc pas de compenser correctement cette rotation.
    Cet instrument n’est simplement pas fait pour l’astrophoto, il faut le savoir. On peut bien sûr acheter une table équatoriale pour résoudre partiellement ce problème, mais même ainsi équipé un Dobson n’attendra que rarement la rigueur de suivi demandée par l’astrophotographie. De plus, le surcoût engendré par l’achat de la table (à moins bien sûr de la construire « maison ») fait perdre l’avantage économique de l’achat du Dobson.

    Par contre, le Dobson est une bête à photons, taillé pour les amoureux de l’observation et convenant parfaitement aux débutants peu pressés de se lancer dans l’art délicat de l’astrophoto. Il faut tordre le cou ici à une idée reçue largement répandue : le dobson n’est pas seulement réservé à l’observation des objets du ciel profond (amas, galaxies, nébuleuses), mais est aussi largement capable de répondre aux attentes de l’observateur qui voudrait l’utiliser en planétaire. La propension d’un télescope pour le planétaire ou le ciel profond dépend en fait plus de la formule optique que de la monture. En la matière, la plupart des Dobson sont équipés de tubes Newton de focales moyennes à courtes, et combineront donc d’excellentes aptitudes en ciel profond et de bons résultats en planétaire : en observation l’œil à l’oculaire, le Dobson est bien souvent un instrument polyvalent et pouvant offrir des plaisirs très variés.

    Depuis quelques années, on voit également apparaître sur le marché ou dans les fabrications artisanales des Dobson fait pour des tubes Newton de petite taille, notamment de 114mm de diamètre. Le 114mm était et reste encore un des diamètres de prédilection des débutants, qui pourraient donc être tentés de lorgner sur ces petits Dobson. Ici, il faut préciser que la formule Dobson supportant ces optiques rend difficile l’observation pour un adulte car - la monture ne disposant pas de trépied et les tubes Newton en dessous de 150mm étant assez courts - il faut souvent se pencher fortement pour observer dans l’oculaire, au détriment du confort d’utilisation. Ces instruments sont par contre parfaits pour des enfants entre 5 et 10 ans, qui ont parfois d’énormes problèmes à se « hisser » jusqu’à l’oculaire d’un télescope sur monture équatoriale.



    Les avantages de la monture Dobson :


    _Son prix : C’est la première chose qui saute aux yeux lorsqu’on compare les prix des différentes formules de télescopes à diamètre égal. Ce prix n’est pas lié à une qualité douteuse, mais bien à la simplicité de la monture et des matériaux utilisés pour sa fabrication. La qualité d’un Dobson dépendra avant tout de l’optique qui l’équipe : il n’y a donc aucune raison à priori qu’il soit plus mauvais ou meilleur qu’un autre dans ce domaine.

    _Sa simplicité d’utilisation : aucune monture complexe, aucune mise en station à faire, aucune molette à tourner : le Dobson ne fonctionne qu’à l’huile de coude. Pour faire monter ou descendre le tube en déclinaison, il faut le pousser vers le haut ou vers le bas ; pour le faire pivoter en ascension droite, on remonte ses manches et on fait pivoter la base soit même. Cette simplicité est aussi à l’origine de ses inconvénients majeurs, nous y reviendrons plus loin.

    _Sa transportabilité : contrairement aux idées reçues, le Dobson est bien plus facilement transportable que la plupart des autres instruments d’astronomie, surtout passé un certain diamètre d’instrument (que nous situerons autour de 200mm). La monture Dobson étant très économe en matériel, elle l’est donc tout naturellement en volume et en poids. Ce qui trompe souvent le non averti, c’est le gros tube de type Newton posé dessus : mais enlevez le tube ou utilisez un tube serrurier, et vous verrez. Le Dobson est un des instruments de prédilection de l’astronome baroudeur.

    _Sa facilité de construction : eh oui, n’oublions pas que de nombreux astrams sont aussi bricoleurs du dimanche, et la fabrication d’une monture de Dobson est souvent le moyen le plus accessible pour eux (au niveau technique et financier) d’assouvir deux passions en même temps.

    _Son statut mérité « d’entonnoir à photons ». Ce qualificatif flatteur n’est pas dû directement à la monture Dobson mais aux optiques qu’elle supporte. Toutefois, cette monture permet des folies optiques qui seraient peu concevables autrement (c'est-à-dire dans les mêmes gammes de prix et avec la même compacité). En effet, dans la course aux diamètres moyens (entre 200 et 300 mm) et surtout grands (à partir de 350mm) transportables facilement, le dobson coûte souvent deux à trois fois moins cher que les télescopes à monture équatoriale. A partir d’un diamètre dépassant les 400mm, il devient même le seul instrument facilement transportable et ne nécessitant pas des heures pour l’installation et le réglage.

    _Sa forte propriété didactique pour l’astronome débutant, et même confirmé… En effet, pas de secret, pour se servir comme il faut du Dobson, une fois sorti de l’observation de la lune et des planètes, il faut savoir où pointer puisque le seul véritable outil de pointage sur le Dobson, c’est son heureux propriétaire. Qui dit savoir où pointer dit apprendre à connaître son ciel, les constellations grandes et petites et les étoiles qui peuvent servir de repère afin de ne pas perdre la moitié de la soirée à consulter ses cartes et les retourner dans tous les sens… Bien sûr, tout cela n’arrive pas en un jour et prends du temps, mais les capacités du Dobson en la matière sont inépuisables et difficilement égalables.

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    La formule Dobson permet quelques folies inimaginables il y a encore 20 ans : ici, un 800mm aux RAP 2008 (source : club Cassiopée Astronomie d’Evreux)




    Inconvénients de la monture Dobson:

    _Son simplisme : ce qui est un avantage pour les uns et un inconvénient rédhibitoire pour d’autres. En effet, nombre sont ceux qui préfèrent une monture plus complexe à priori mais offrant plus de possibilités. Qui dit aucune mise en station dit aussi aucune possibilité de suivi élaborée d’un objet : le seul moyen de recentrer un objet dans le Dobson, c’est de bouger le tube à la main. Pour l’observation des grands champs stellaires, pas trop de problème, mais pour du planétaire à fort grossissement, avec une planète sortant du champ toutes les 20 secondes, à recentrer « à la main » et avec un champ réduit, ça peut vite tourner au cauchemar pour qui n’est pas habitué à la monture ou/et ne possède pas une patience illimitée.

    _…Et cela implique également de se priver volontairement des possibilités offertes par le suivi motorisé et le pointage automatique dit Go-To. Le Dobson nécessite d’aller chercher les objets que l’on observe « à la main » et au chercheur sans aide au pointage, et une fois dans le champ de les maintenir au centre de l’oculaire en bougeant plus ou moins régulièrement le tube. Il existe toutefois aujourd’hui des aides au pointage pour Dobson (notamment l’« Intelliscope » d’Orion) et des possibilités de rajouter une table équatoriale motorisée pour répondre au moins partiellement à ces désavantages… mais comme tout à un prix, cela peut parfois faire perdre l’avantage économique de l’achat du Dobson,

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    Un Dobson équipé d’une aide au pointage : l’intelliscope (source : Orion)


     

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    Un Dobson sur table équatoriale (source : astrotelescope.com)




    _un instrument qui demande donc une bonne connaissance du ciel, et un temps d’apprentissage pas toujours facile à trouver. Eh oui, là je pense aux pauvres astrams habitant en ville ou ayant un travail prenant et qui ne leur permet pas d’observer un beau ciel noir plus de quelques nuit par an. Ceux-là n’auront peut être pas les capacités matérielles de se lancer dans un apprentissage profond du ciel pour savoir « où » trouver, et par conséquent seront vite limités par la formule dobson,

    _Sa limitation quasi exclusive à l’observation visuelle, comme nous l’avons eu plus haut. Une personne disposant d’un budget limité et souhaitant rapidement se mettre à l’astrophotographie n’aura donc pas beaucoup d’intérêt à y investir ses économies,

    _une rusticité parfois poussée à l’extrême : c’est moins le cas aujourd’hui, mais pendant longtemps les montures de Dobson n’ont pas disposé d’une finition « optimale », ce qui rendait l’équilibrage (le tube qui pique du nez dès qu’on ajoute un accessoire un peu lourd type oculaire grand champ) et le pointage (mouvements saccadés ou peu précis ; difficultés d’avoir une image stable) parfois assez aléatoires. Ces temps sont aujourd’hui presque passés, mais il faut savoir que si l’on privilégie la précision d’une horloge suisse lors des pointages et une image parfaitement stable lors de l’observation, la formule Dobson peut encore parfois se révéler un peu juste. De plus, il faut savoir que si a priori le mode de pointage du Dobson est le plus intuitif de tous, certains n’y arrivent jamais et se débrouillent bien mieux d’instinct avec d’autres types de montures et là, c’est vraiment le goût de chacun qui joue…



    Conclusion:

    Le Dobson n'est donc ni une formule "miracle", ni un attrape gogo. Comme tout type de télescope, il faut surtout savoir ce que l'on en attend avant de l'acheter, afin de ne pas être déçu ensuite (l'achat d'un télescope représente après tout et pour beaucoup un investissement non négligeable). Pour résumer à l'extrême, le Dobson n'aura pas à rougir des montures équatoriales pour ce qui est de l'observation visuelle du ciel profond et même du planétaire dans une certaine mesure. Il se révèlera de plus économique, facilement transportable et idéal pour les bricoleurs du dimanche. Il sera parfait pour les observateurs ne souhaitant pas se lancer rapidement dans l'astrophotographie, amateurs de simplicité et possédant une bonne connaissance du ciel ou ayant du temps pour cet apprentissage.

     

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