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Salut tout le monde !

 

Je ne reviendrai pas longtemps sur les conditions météo qui font beaucoup parler actuellement, mais je voulais tout de même les évoquer puisqu’elles sont à l’origine de cette reprise anticipée du ciel profond. D’habitude, les années normales, je fais une pause de ciel profond disons de fin mai à mi ou fin juillet en raison des crépuscules interminables.

Cette année, après des conditions pourries début 2026, voilà que les dogmes sont pulvérisés, tout d’un coup début juin la météo a basculé pour donner un scénario totalement inverse à la norme. Alors que j’ai galéré jusque là pour trouver un soir clair qui ne coincide pas avec la grosse lune, voici que depuis un bon moins il n’y a que succession de soirs clairs, sans le moindre nuage, sous une chaleur souvent implacable ! La Californie, que dis-je, l’Atacama !

Passée la stupeur et un certain découragement face à ce revirement total, passée la grosse lune permettant le prétexte de se coucher tôt, voilà que les semaines tournent et que l’on revient à la période du ciel profond. Impossible dans ce contexte de bouder plus longtemps ces longs crépuscules, tant pis, il faut en profiter coûte que coûte ! On ne sait pas de quoi sera fait le mois d’août finalement !

Heureusement cette météo identique fait qu’elle survient aussi les soirs de relâche, sans boulot le lendemain.

 

Concernant les objets, j’arrivais à la fin de listes secondaires, le beau temps en juin m’a permis de terminer les galaxies du Bouvier du guide Night’s Sky Observer’s Guide. En urgence pendant la grosse lune j’ai donc dû me constituer d’autres listes, les dernières sûrement, avec des objets issus de livres et atlas acquis depuis que j’avais fait mes listes précédentes, ou pas creusés totalement. Je me limite à mes sources papier, sortant de 15 ans de listes, je n’ai plus envie d’une énorme exhaustivité que je pourrais trouver via l’outil numérique. Il s’agit donc toutefois d’objets sortant un peu des sentiers habituels, ou déjà vus mais uniquement à la FC-100 et non au T 300.

 

Vendredi 3 juillet je monte donc le T300. Comme à mon habitude, je m’échauffe durant le crépuscule avec quelques étoiles doubles scrupuleusement choisies de façon stratégique. En l’occurrence, seulement 2 ici, je ne m’attarderai pas pour ne pas surcharger le récit.

 

Je commence par l’astérisme Lorenzin 2 à la limite entre Hercule et Ophiuchus, sans info sur ce que je vais trouver mise à part une taille assez grande visiblement (IDSA carte 43).

Franchement ce n’est qu’une vaste zone à peine plus riche que le fond de ciel, occupant à peu près tout le champ à 56 X, avec 2 flux stellaires de quelques étoiles plus marquées de mag 12-13. Près du bord O et d’une étoile de mag 9 on note un regroupement de 7 étoiles plus visibles, mais rien d’exceptionnel. Cela aura au moins eu le mérite de faire la transition entre les doubles et la suite, en attendant l’assombrissement du ciel, à présent correct.

 

Harrington 7, toujours dans Hercule, est un long groupe linéaire d’étoiles assez brillantes, quasi N/S, débordant du champ à 56 X. On note 15 étoiles principales de mag 8-10 regroupées en petites figures : un quadrilatère, un losange, des arcs, etc …Il est plus riche en étoiles secondaires près du quadrilatère (S) et au centre. On doit bien être à une centaine d’étoiles, mais les limites sont évasives. A tester toutefois avec moins de grossissement.

 

L’objet suivant est une magnifique surprise, l’amas Markov 1 très près de dzeta Hercule (IDSA 31). Très facile à repérer, il est vaste et brillant, bien caractérisé. En plus de 10 étoiles principales de mag 9-10 disposées NO/SE, on compte des astres plus faibles, plus de 25 en tout. De plus, de l’autre côté de dzeta, tout près, se trouve un autre amas facile mais moins brillant, plus fin et plus subtil, non référencé sur IDSA. C’est donc un très joli duo avec dzeta au milieu.

 

L’amas qui suit me laisse bouche bée, c’est Webb 2 « Ruby Ring », même page de l’IDSA au S du précédent.

C’est une sorte d’anneau incomplet délicat partant d’une étoile brillante, anneau formé par un arc régulier de mag 11-12 et d’autres étoiles détachées. A ce grossissement de 56 X je ne note pas d’étoiles au centre. Il m’évoque une sorte de spirale ou de coquillage aussi. Belle découverte, citée dans le Deep Sky Wonders de Sue French.

 

L’objet suivant contraste fort avec ces amas faciles et étendus, car il s’agit de la petite nébuleuse planétaire Vy 1-2 (PK 53+24.1) assez proche des 2 objets précédents. Donnée dans le Deep Sky Wonders pour 11.5 points de magnitude et 5’’, elle est effectivement très petite. De plus je l’aurais estimée plutôt à mv 12.5, je ne la trouve pas si facile, et pas repérée du premier coup. A 170 X l’effet blink est fort, elle est invisible en vision directe mais flashe autant qu’une étoile estimée à 10-11 à côté, en vision indirecte. Hop un petit coup de OIII devant l’oculaire confirme l’identification, mais elle reste ponctuelle ou presque. Et il faut être inspiré pour trouver cette fameuse teinte gris-bleu ardoise propre à nombre de NP. A 225 X la turbulence est trop forte pour une image correctement définie, elle reste minuscule.

Après coup, elle est repérable dès 56 X grâce à son fort effet blink.

 

Enfin, car le ciel blanchit du fait de l’arrivée de la grosse lune, je me consacre au dernier objet, un amas globulaire obscur et peu connu dans Ophiuchus, NGC 6535. Bizarre car j’aurais juré l’avoir tenté quasi en vain à la 80ED ou FC, mais je ne retrouve pas trace de cette tentative. Ici, il est tout de suite vu, mais diffus et pâle. Il est collé à l’E d’une ligne NE/SO de 4 étoiles de mag 12-13 dont une double au milieu. Il semble un peu ovalisée E/O, avec peut-être une partie plus marquée près de la ligne d’étoiles ? Côté résolution, il me semble percevoir une extension au NE à 170 X mais pas vraiment confirmée à 225 X. Malgré le mauvais seeing, je devine surtout en bordure E, une légère granularité voire de rares astres très furtivement.

 

Je remet cela le 05/07, toujours avec une turbulence un peu problématique, mais une très bonne transparence, comme tous ces soirs.

Petite séance de doubles stratégiques en attendant que la nuit tombe, 2 échecs en raison de la turbulence, et 2 vues.

Ce soir je me consacre en priorité aux galaxies, avec quelques unes à voir au T300 dans les branches E de la Vierge. Parfait, il est encore temps, cette zone n’est pas trop basse (IDSA carte 56).

 

NGC 5740 (mv 11.9) a l’heur ou le malheur de côtoyer la belle NGC 5746, tant et si bien qu’elle s’en trouve un peu éclipsée ! Il ne faut donc guère se laisser séduire par la belle, pour constater la présence d’un ovale flou assez facile, dès 56 X, et plus appuyé en grossissant.

Elle est assez étendue et même dodue, orientée quasi N/S, mais reste pâle et diffuse, aux limites peu marquées.

A 96 X elle figure dans le même champ que NGC 5746, bien plus effilée, et le duo est magnifique.

 

NGC 5774 (mv 12.1) revêt un intérêt particulier de par le duo qu’elle forme avec NGC 5775. Cette dernière est facile, très allongée, alors que NGC 5774 est très diaphane et peu contrastée, assez ronde. On devine une galaxie à faible brillance de surface, vue de face.

225 X permet d’affiner l’allongement, elle n’est plus ronde mais légèrement E/O. Autant NGC 5775 est vue en continu en VI, autant NGC 5774 ne se montre que la moitié du temps au mieux en VI (donc VI3). Je ne note aucun détail sur cet astre furtif.

 

Je m’attaque ensuite à quelques galaxies de la zone riche autour de l’étoile 110 Virgo, pas loin de la précédente.

NGC 5831 (mv 11.5) est une galaxie facile, petite et contrastée, vue quasiment en vision directe. Elle est ronde est présente un centre très marqué, comme certains amas globulaires.

 

NGC 5846 (mv 10,0) lui ressemble mais est encore plus brillante, dans un champ plus riche. Tout de suite on note une petite étoile floue collée à son halo, à env 1’. Il s’agit en fait de la galaxie NGC 5846 A, de mv 12.8. Ne m’en rappelant pas au moment de l’observation, je n’ai pas poussé le grossissement pour mettre en évidence l’aspect non stellaire.

Attention de ne pas confondre NGC 5846 et les 3 galaxies suivantes, disposées de façon linéaire et assez proche.

 

NGC 5850 est une belle spirale barrée, mais je n’en détecte que l’allongement NO/SE et le centre très marqué. Elle est bien plus faible et petite que la précédente, affichant pourtant une généreuse mv de 10.8.

 

NGC 5845 (mv 12.5) juste à O, me trouble car je la prends d’abord pour une étoile de 12-13ème rendue un peu floue par la turbulence. Ne voyant vraiment rien d’autre de suspect dans le champ, je grossis à 225 X et me concentre sur cette « étoile » : effectivement un halo faible apparaît alentour, orienté ONO/ESE. Cet astre prohéminent central paraît donc bien être le centre de la galaxie, et non une étoile superposée.

 

Enfin, la plus à O, NGC 5839 (mv 12.7) apparaît tout de suite quasi en VD, petite et contrastée, avec un centre assez brillant, allongée NO/SE.

 

Ces 4 galaxies (5 avec NGC 5846 A) forment une chaîne intéressante qui rentre quasi dans le même champ à 170 X !

 

Ensuite, je change diamétralement de zone pour tenter la Naine de la Petite Ourse : échec total malgré un ciel bien noir, à divers grossissements. Je comprends mieux en voyant la photo !

 

Retour vers le S pour tenter deux amas dans le Scorpion pas loin d’Antarès (IDSA carte 79) :

le globulaire ESO 452-11, échec malgré un doute, trop bas et trop de turbulence.

L’amas ouvert ESO 518-3 est vu, mais altéré par la turbulence. C’est un petit groupe assez compact structuré sur une courte ligne de 4 étoiles mag 11-12, puis d’autres faibles autour, une dizaine en tout, mais mal définies.

 

Enfin, belle clôture de soirée, je profite de la facile galaxie du Dragon NGC 5879 (mv 11.6).

A 170 X, elle est vue quasi en vision directe, bien définie, très allongée NE/SO de rapport 3/1 avec un bulbe plus marqué, lui aussi allongé, et des extensions faibles et diffuses nécessitant de jouer avec la vision indirecte.

Ces galaxies faciles permettent de réduire le grossissement si on veut profiter d’une vue d’ensemble : c’est ici la cas. On perd un peu de détail et de définition dans la galaxie, mais elle se montre bien contrastée dans un champ étendu et avantageux.

 

Voilà !

 

A priori je remets cela demain soir, puisque la crainte des nuages n’est plus d’actualité ! Quel changement de paradigme ! Je prévois un examen de galaxies faibles dans le Bouvier (hors liste précédente) et de quelques bricoles pas loin de la fameuse planétaire NGC 6543 du Dragon. Et peut-être une galaxie dans Hercule (mais située trop haut ?) et une nébuleuse dans le Serpent.

                       

Bon ciel à vous !

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