Jump to content

Ygogo

Membre
  • Content Count

    5,558
  • Joined

  • Last visited

About Ygogo

  • Rank
    Membre

A propos

  • Résidence
    Lyon 3ème
  • Intérêts
    Histoire de l'astro et des sciences
  • Occupation
    retraité (ex prof Physique Chimie)
  • Matériel
    L 60/700 ; T 114/900 ; et Internet !

Recent Profile Visitors

The recent visitors block is disabled and is not being shown to other users.

  1. Bonjour Le développement de l'astronomie observationnelle (sur lequel il y a des tas de bons livres) est complètement lié à un ensemble de savoir-faire techniques (sur lesquels il y a beaucoup moins de littérature ). La fabrication du verre brut, la réalisation de belles galettes, la taille, le polissage, les contrôles et les retouches… s'il y a un "maillon faible", le résultat peut aller de décevant à catastrophique et si tout se passe bien on a tendance à oublier le travail effectué en amont des découvertes publiées. A propos de catastrophe, voici la suite de l'histoire du miroir "Martin" de 120 cm. Après 16 mois de bons et loyaux services à l'OHP, il faut réargenter le miroir en janvier 1945. Je cite Charles Fehrenbach Des hommes, des télescopes, des étoiles (p. 113 de l'édition 2007, p. 217 de l'édition 1999) " la seconde argenture (…) fut malheureusement catastrophique. Après son nettoyage, nous avons incliné le miroir de 45° et nous l'avons laissé reposer la nuit. Le matin, nous l'avons retrouvé avec un gros éclat en moins. (…) l'éclat détaché entamait la surface du miroir sur 4 cm de large, sur un arc de 90° environ. Le miroir remonté montra de très mauvaises images. (…) Cette journée a été pour moi la plus mauvaise de ma vie d'astronome". Comme je l'ai dit plus haut, le verre était "trempé", avec de fortes contraintes internes dues à un refroidissement trop rapide. Le support utilisé pour la manutention du miroir lors de sa réargenture était mal conçu, il a imposé des forces trop localisées, et ça a pété… Le fait que le T120 soit inutilisable est extrêmement pénalisant pour l'OHP, qui ne dispose alors d'aucun autre télescope. Pour mémoire, le télescope de 80 cm financé par Mary Dina est installé à Forcalquier. Il aurait dû être transféré à l'OHP depuis longtemps, mais Esclangon a toujours réussi à bloquer l'opération. Le transport ne se fera que fin 1945, et la mise en service en février 1946, lorsqu'Esclangon aura pris sa retraite et sera remplacé à Paris par André Danjon. André Couder décide alors de tailler un chanfrein sur tout le tour du miroir, pour tenter d'égaliser les contraintes internes, dans l'espoir de diminuer les déformations de la surface. Les images photographiques restent médiocres, mais en acceptant une perte de lumière d'environ 10% il est possible d'utiliser le collecteur de lumière pour divers travaux de spectrographie. Naturellement, le comité de direction de l'OHP veut remplacer le miroir aussi vite que possible… mais le contexte de l'après-guerre est loin d'être idéal ! C'est alors que revient sur le devant de la scène "un autre disque" coulé par Saint Gobain à la fin du XIXe siècle, probablement celui dont Staffy a parlé dans le premier message de ce fil. André Couder constate que ce disque stocké à l'observatoire de Paris est tout aussi "trempé" que celui qu'il faut remplacer. La décision est prise de le "recuire" : chauffage progressif à 500° C, maintien en température pendant quelques heures, puis refroidissement extrêmement lent (je n'ai pas trouvé la durée exacte, probablement plusieurs mois). Ce n'est qu'au printemps 1948 que l'usine Parra-Mantois a préparé le four spécial nécessaire et que le miroir y est transporté. Ensuite, l'équipe de Couder taille et polit le miroir en 1950-1951. Le remplacement est effectué en 1953, et une photo de cette belle galette vert bouteille est visible ici : http://www.obs-hp.fr/guide/t120_mirror.shtml Le miroir "Martin" existe encore à l'OHP : voir http://www.obs-hp.fr/histoire/120/miroir_martin.shtml Et la fin de l'histoire ? Eh bien, le miroir est toujours en place, régulièrement aluminé, et le télescope est toujours opérationnel avec son tube et sa monture d'origine, ce qui est remarquable pour un engin qui a vécu tant de péripéties !. Etat actuel visible ici : http://www.obs-hp.fr/guide/t120.shtml Bien sûr, plusieurs générations de spectrographes et de caméras se sont succédé aux deux foyers Newton interchangeables. (voir la liste et les images là http://www.obs-hp.fr/histoire/histoire.shtml ) Amis lecteurs, au revoir !
  2. Bonjour Avec quelques jours d'avance, je souhaite à tous les amateurs d'histoire des observatoires (et aux autres aussi ) une année 2020 aussi douce et sereine que possible, riche de découvertes, de rencontres et d'amitié Je signale ici deux discussions dans le "club de l'astronomie vintage", concernant : - le problème de la fabrication des verres spéciaux pour l'optique (phares, lunettes, télescopes) https://www.webastro.net/forums/topic/179466-lunette-ancienne-sautter-de-180-mm/ - le premier télescope français de plus d'un mètre de diamètre, le T120 de l'observatoire de Paris, dont "la vie est un roman" ! https://www.webastro.net/forums/topic/179602-un-instrument-mal-n%C3%A9-le-t%C3%A9lescope-de-120-m-de-lobservatoire-de-paris/ Bonne lecture !
  3. Bonsoir Une fois de plus, je ne parviens pas à suivre certains liens… mais il me semble que je fréquente les mêmes sources que Staffy et sauf erreur de ma part, les pages 63 à 65 sont celles de Philippe Véron sur le site de l'OHP : http://www.obs-hp.fr/dictionnaire/observatoires.pdf et les pages 281 à 283 sont celles d'un article de L'Astronomie : http://adsabs.harvard.edu/full/1986LAstr.100..275G . Je me suis intéressé à ce télescope de 120 cm lorsque j'ai travaillé sur l'histoire de l'OHP. Adolphe Martin (1824-1896) (1) a été chargé du polissage du miroir de 120 cm, mais il ne maitrisait pas les techniques nécessaires aussi bien que Foucault. Résultat : un miroir qui donnait une tache mal définie de 5'' en guise d'image d'une étoile (2) . D'autre part, même si le miroir avait été correct, le fond du jardin de l'observatoire de Paris n'était pas le lieu optimal pour l'implantation du télescope ! Le fait est qu'après quelques tentatives d'utilisation pour faire de la spectroscopie, évoquées par Staffy, l'instrument est complètement abandonné avant la fin du siècle (le XIXe). Par la suite, il est assez étonnant de voir les directeurs successifs de l'observatoire de Paris réclamer de nouveaux instruments "plus puissants" que ceux dont ils disposent alors que le T120 est inutilisé et rouille sous son abri roulant… Mais avant la première guerre mondiale personne à l'observatoire n'avait les compétences nécessaires pour resurfacer le miroir, et d'autre part c'est l'astrométrie de haute précision qui était prioritaire(3). Fort heureusement, l'instrument va "ressusciter" après un long abandon. Dans les années 1920, un projet de grand observatoire financé par des mécènes (les époux Dina) n'aboutit pas. Mais un laboratoire d'optique est créé pour ce projet, il est hébergé par l'observatoire de Paris. Sous la direction d'André Couder, ce laboratoire acquiert une grande expertise dans la réalisation de pièces d'optique pour l'astronomie. Lorsque le financement privé fait défaut, le nouveau directeur de l'observatoire Ernest Esclangon parvient à grapiller les fonds nécessaires pour maintenir l'activité du laboratoire. C'est alors que le projet de rénovation du télescope de 120 cm prend corps, pour équiper une future "succursale" de l'observatoire de Paris. André Couder doit renoncer à percer le miroir au centre pour en faire un "Cassegrain", car le verre qui a été refroidi trop vite est fortement "trempé". Mais il parvient cependant en 1931 à lui donner une surface parabolique d'excellente qualité(4). Le problème, c'est qu'Esclangon n'obtient pas un sou pour rénover la monture rouillée... et le miroir (non argenté) reste en attente. Etape suivante : le Secrétariat d'Etat à la Recherche Scientifique crée en 1936 un "Service d'Astrophysique" dépendant de la Caisse Nationale de la Recherche Scientifique (qui deviendra le CNRS en 1939). Ce nouvel organisme doit créer un observatoire en province (ce sera l'OHP), et en attendant de pouvoir construire un télescope plus grand l'instrument de 120 cm "à rénover" lui est attribué. Evidemment, Ernest Esclangon est furieux de voir l'observatoire de Paris dépossédé de "son" télescope ! Pour la monture, il est décidé de ne pas tout reconstruire mais de réutiliser une grande partie des pièces d'origine, en "retournant" l'axe polaire (permutation des paliers Nord et Sud). La mise au point de toute la partie mécanique est cependant plus longue que prévu, ainsi que la construction de la coupole en Haute Provence. L'instrument est installé en 1941, mais le miroir n'est pas argenté. Pendant deux ans, l'ensemble servira de (grosse) monture équatoriale pour des spectrographes ayant leur propre objectif collecteur de lumière. Le miroir est argenté en 1943, comme l'a dit Staffy, et l'instrument est aussitôt utilisé de façon intensive. Mais les péripéties ne sont pas terminées… et je vous raconterai la suite demain ! __________________________________________________________. (1) voir notice dans le dictionnaire de Véron : http://www.obs-hp.fr/dictionnaire/astronomes_A-Z.pdf). (2) il y a des détails sur les péripéties de la "réception" et de la mise en service dans : Lequeux, J. (2009) Le Verrier, Savant magnifique et détesté. (3) à l'époque la précision des mesures obtenues avec les télescopes existants n'atteignait pas encore celle des grandes lunettes comme celle de Meudon. (4) voir p. 27 du rapport annuel de l'observatoire de Paris pour 1931 là : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65446959/f27.item ,
  4. Bonjour Voilà un excellent sujet pour démarrer une thèse en sociologie ou en ethnographie… Quand est-ce que tu t'y mets ?
  5. Bonjour La réponse à la question "Quel événement (aussi regrettable que prévisible) a-t-il donné tort à Ritchey ?" peut être trouvée sur diverses publications en ligne, mais je peux comprendre que cela ne soulève guère d'enthousiasme En bref, concernant les miroirs cellulaires, Ritchey était d'un optimisme frisant le délire. Personne n'avait jamais réalisé de miroirs en dalles de verre collées à chaud, lui-même avait déjà complètement raté un essai à 40 cm (miroir fendu lors du chauffage). Pourtant il a voulu passer directement à fabrication d'une pièce de 1,50 m de diamètre, tout en annonçant qu'il était certain de pouvoir faire des galettes de 5 mètres . Résultat : à la sortie du four, le miroir était déjà fendu avant même de refroidir Voir par exemple : https://sites.google.com/site/histoireobsparis/table-des-matieres/chapitre-11-le-nouvel-observatoire-de-paris/le-laboratoire-d-optique-dina La place est libre pour une nouvelle énigme !
  6. Mireille Mathieu en 1925-1926, c'est pas franchement sympa à moins que les ondes sonores n'aient remonté le temps Cela dit, c'est vrai que le miroir de 1,50 m ne pouvait guère être concerné par le critère de Rayleigh, c'est une bonne piste, mais pourquoi ?
  7. Suite du message précédent : Ritchey voulait a) construire des miroirs "cellulaires" formés de dalles de verre mince collées ; b) réaliser plusieurs miroirs de grande taille et les installer dans un observatoire gigantesque (voir http://articles.adsabs.harvard.edu/pdf/1927LAstr..41..529R ) En novembre 1925, Ritchey avait mis en chantier un miroir cellulaire de 1,50 m de diamètre, à l'observatoire de Paris. Il disait alors " dès à présent, la réalisation d'un miroir cellulaire parfait de 4 ou 5 mètres est matériellement possible". (voir http://articles.adsabs.harvard.edu/pdf/1926LAstr..40...57R ) Quel événement (aussi regrettable que prévisible) a-t-il donné tort à Ritchey ?
  8. Ah bah zutalors, j'ai encore mélandress les agées ses dites, non, mélangé les adresses des sites
  9. Bravo Roger ! tu as trouvé qui était "l'autre Monsieur George" ! Tu n'as pas dit ce qu'il avait fait pour le Mount Wilson Observatory, mais c'est indiqué dans l'article que tu donnes en lien. Quant aux projets mirobolants de Ritchey, j'en reparlerai quand j'aurai un peu plus de temps Je signale à Fred76 qu'il serait préférable de ne pas confondre George Willis (Ritchey) et Bruce Willis La place est libre pour une nouvelle énigme !
  10. En voici une petite… GlouGlou est votre ami (et ADS aussi ) Dear Mister Roger15. Je sais que vous n'aimez pas le charabia anglicisant sur Webastro, alors je vous écris en français. Vous parlez des réalisations de "Monsieur George" Ellery Hale, and that's a nice idea. Mais, comme j'ai un caractère ombrageux et une haute idée de moi-même, je ne voudrais pas que vos lecteurs oublient ce que les télescopes du Mount Wilson Observatory me doivent, à moi, l'autre "Monsieur George" ! Qui suis-je ? Qu'ai-je fait ? Qu'ai-je (vainement) espéré faire, qui aurait ramené le projet "Palomar" au rang de bricolage pour astrams ?
  11. Bonjour Questions intéressantes, mais peut-être pas très claires… En particulier, il y a une contradiction entre "échapper à l'attraction terrestre" et "être en orbite", puisque c'est justement l'attraction terrestre qui maintient un satellite en orbite ! D'autre part, le point de lancement est-il en dehors de l'atmosphère (auquel cas le calcul est facile) ou dans l'atmosphère (auquel cas c'est inextricable) ? Est-ce que tu veux faire une "expérience de pensée" comparable à celle déjà proposée par Isaac Newton himself, et représentée ici ? As-tu consulté Whiskypédia ? https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitesse_de_libération
  12. Bonsoir S'agirait-il du "bruit" dans les détecteurs de lumière, c'est-à-dire des fluctuations aléatoires du nombre d'électrons détectés par un photorécepteur élémentaire ? Cet effet est lié à "l'agitation thermique", qui entraine des fluctuations de l'énergie des électrons autour d'une valeur moyenne…
  13. Bonjour Je ne suis pas encore mort et je vais continuer à suivre ce fil avec intérêt.
  14. De rien Chose promise, chose due, je vais faire preuve de courtoisie avec Elie l'Artiste. Premier geste de courtoisie : je lui reconnais un talent remarquable pour l'interprétation de la pensée d'Einstein. En effet, Je me trompais donc en croyant qu'il s'agissait d'un citation apocryphe d'Einstein, c'était en fait une citation authentique d'Elie l'Artiste interprétant l'opinion d'Einstein. Deuxième geste de courtoisie, je salue avec respect son humilité, qualité accompagnée chez lui d'une grande ouverture d'esprit dont il a donné moult exemples dans ce fil, Troisième geste de courtoisie : je ne vais pas lui imposer plus longtemps ma présence ici. Est-ce que ça ira, comme ça ? Bonne soirée à tous, et bon courage ! Signé : Hibou-qui-n'aurait-jamais-dû-s'embarquer-dans-cette-aventure
  15. Bonjour à tous, et à Momo en particulier J'avais bien l'impression de jouer dangereusement sur les bordures de la charte depuis un bon moment, je l'avais d'ailleurs dit une fois ou l'autre Momo, j'ai bien compris l'avertissement ! Et, oui, JE suis stupide d'avoir pu croire un seul instant que je pourrais sortir de cette pseudo-discussion sans y laisser des plumes… (emprunté au site https://www.1001freedownloads.com/free-cliparts/?tag=feather&page=2 ) C'est vrai que du coup, je me rends compte qu'il ne fait pas franchement chaud aujourd'hui
×
×
  • Create New...

Important Information

We have placed cookies on your device to help make this website better. You can adjust your cookie settings, otherwise we'll assume you're okay to continue.