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J’ai entendu dire que la rubrique CROA était désertée… allons c’est inadmissible, je m’en vais donc vous conter un petit quelque chose alors !

 

Il était annoncé pour mardi un beau rapprochement entre la Lune et Mercure, et par chance une magnifique fin de journée offrait un ciel propre pour accueillir cet événement. N’ayant que très peu pu sortir ces dernières semaines, je me suis dit que ce serait une très bonne occasion, d’autant que ma dernière et seule observation de la planète la plus intime avec notre étoile remonte à plusieurs années, à l’œil nu, à l’occasion d’un arrêt au bord de la route…

Ainsi, après avoir allègrement arrosé le jardin, je cours attraper mes jumelles et cherche dans un ciel encore bien lumineux un minuscule point près du très fin croissant de Lune.

Difficile quête au début, je m’aide de Vénus et Jupiter mieux visibles et prolonge leur alignement : je tombe enfin sur Mercure, pour la première fois aux jumelles. D’accord, c’est juste un point lumineux, mais tout de même, il me fait ce petit effet qui m’avait bien manqué et je savoure tranquillement. La nuit tombant, je réalise des allers et retours entre jumelles et œil nu, jusqu’au moment où Mercure se dévoile enfin sans artifice et permet de contempler un joli tableau, ce petit morceau du système solaire accessible d’un seul coup d’œil. J’y reste jusqu’à ce que la première planète disparaisse derrière les maisons voisines, m’efforçant de graver pour longtemps cette vue dans ma mémoire.

Le lendemain, c’est un autre rendez-vous auquel il m’est permis d’être invité : une visite plus resserrée d’un beau croissant et de la brillante Vénus qui pointe juste au-dessus. Spectacle splendide qui encourage une nouvelle fois à la contemplation sereine de notre bel univers. La lumière cendrée accompagne discrètement cette merveilleuse ambiance, tandis que sauterelles et criquets déroulent leur partition.

Le ciel est loin d’être noir à 23h mais pourtant déjà bien parsemé d’étoiles, dont Véga ainsi que la brillante Arcturus qui tentent bien que mal d’attirer l’attention et de concurrencer Vénus. Quelques voiles d’altitude, une absence de vent et un petit 22°C qui permet de rester encore un moment en tenue légère, voilà le contexte qui ouvre une petite séance d’observation au télescope et qui clos cette longue introduction.

 

À l’Est d’Arcturus se dessine peu à peu le cerf-volant qui je l’espère me tirera ce soir vers de lointains horizons. Le Strock-250 bien installé depuis un moment dans l’herbe du jardin est pour l’occasion équipé du chercheur 9x50 afin de faciliter mes recherches dans la grande constellation du Bouvier. J’ai lu que son étoile principale était entourée d’un groupe d’étoiles intéressant, et il est vrai qu’en passant aux jumelles j’y vois une petite dizaine d’étoiles, éparses et moyennement brillantes. Rien de spectaculaire en soit mais à bien y regarder il forme un grand diamant, avec la belle jaune non loin de la pointe, comme un éclat puissant et majestueux.

Juste au-dessous je pointe facilement l’astérisme Picot 1. Le fameux « Chapeau de Napoléon » est encore invisible aux jumelles mais facile au télescope au 20mm, partageant le même champ qu’Arcturus au SO. Ce petit groupe de 7 étoiles faibles est effectivement amusant à observer bien qu’il se présente alors à l’envers. L’astérisme est parfaitement reconnaissable et ne demande pas un ciel bien noir, ce qui est une aubaine à cette heure et en ce jour si proche du solstice d’été.

Pour le reste j’attends que la nuit s’impose encore davantage et patiente en m’émerveillant à nouveau sur le couple Lune-Vénus aux jumelles et en pensant à ceux qui loin d’ici ont le bonheur d’assister à l’occultation de la planète. Je savoure cependant la beauté du croissant et en particulier ce minuscule morceau de la pointe inférieure qui en est détaché, par le jeu malicieux des ombres et des lumières sur la surface accidentée de notre beau satellite.

Une demi-heure plus tard j’enfile finalement une petite veste : un vent discret mais bien réel s’est installé et commence à faire frissonner mon corps resté là immobile. Je suis bien plus à l’aise pour aller chercher un sujet bien difficile : l’amas globulaire NGC 5466. Même si son champ est facilement repéré au chercheur je reste en échec à l’observer et doit me contenter pour le moment d’une petite lueur très incertaine. Je file alors me consoler dans les parages auprès d’un représentant bien plus tape-à-l’œil : M3. Au NO d’une étoile jaune il est immanquable et déjà facile au chercheur. Son cœur magnifiquement granuleux en VD, avec quelques étoiles qui d’en détachent, domine et s’entoure d’un beau halo qui double sa surface, moins brillant mais lui aussi bien piqueté. Au 10mm (127x) le halo semble se développer au NE-SO, avec des alignements d’étoiles qui rayonnent du centre vers l’extérieur. Des dizaines d’étoiles sont résolues jusqu’au centre de cette boule cotonneuse incroyable, où subsiste encore joliment un fond nébuleux brillant.

De retour sur NGC 5466 directement pointé au 10mm, je vois cette fois avec certitude 5 ou 6 étoiles tout autour d’un disque très pâle et plus facile à extraire de la nuit en bougeant légèrement le télescope. Il ne semble pas très loin de M3 en taille, mais son aspect bien rond demeure franchement fantomatique. Avec un peu d’attention la pâle lueur se fait cependant moins discrète, reliée à l’astre proche de mv 7 par une chaîne de 4 étoiles de plus en plus faibles jusqu’à l’amas qui montre enfin une timide granulosité à sa surface.

Bien plus haut, direction Seginus / Gamma Boötis puis l’étoile A Boötis visible à l’œil nu. Ce jalon me mène difficilement à la galaxie elliptique NGC 5557, dont le noyau brillant est bien visible au 20mm, puis au 10 où s’ajoute un halo presque rond qui parait un tout petit peu renforcé à l’Ouest. Par la suite j’ai eu bien du mal à trouver sa presque voisine NGC 5529 sur laquelle j’ai dû passer une bonne dizaine de fois sans la remarquer et qui sera finalement vue au 10mm juste à l’Ouest d’un triplet serré d’étoiles faibles. Fine et allongée dans la direction E-O elle est bien plus difficile que la précédente mais je finis par la voir distinctement comme un fuseau faible et homogène.

Il se fait presque 1h, je dois m’arrêter là pour conserver un peu de fraîcheur au lever du lendemain, mais je jette un dernier coup d’œil à Picot 1 qui finalement se laisse volontiers attraper aux jumelles, se présentant cette fois dans le bon sens, bien que l’éclat d’Arcturus gêne un peu l’observation.

Il m’aura manqué un peu de temps pour observer NGC 5676 et NGC 5689 et terminer ce mini programme inspiré du livre Deep Sky Wonders de Sue French, mais bientôt les nuits vont recommencer à s’allonger et permettrons alors peut-être d’en profiter davantage…

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Haaa...un bien joli CROA que je cueille au vol avant la nuit, sous un ciel lourd et orageux...

Jolie promenade nocturne ambiance estivale... 

J' ai raté cette superbe conjonction lune / venus ( des nuages par chez moi...) mais apprécié quelques jolis clichés...

Cela vaut en tout cas la peine de sortir son matériel malgré la nuit courte et tardive...

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