J’ai redécouvert ce fil que j’avais un peu oublié, maintenant que j’ai un OVNI-M depuis pas loin d’un an. Ca m’a donné le temps de me familiariser avec lui, même si je ne l’utilise pas très fréquemment (la météo sur la moitié nord n’aide pas, et puis quelle drôle d’idée d’habiter en banlieue parisienne ! 🤭)
Ayant lu un maximum de choses avant l’achat (y compris la section NVD de Cloudy Nights), j’avais une idée générale de ce qui m’attendait. Mais même en le sachant, voir la boucle de Barnard, California ou North America et Pelican à main levée avec un Halpha devant l’objectif, ça fait un choc 😲
Hormis l’utilisation à main levée avec des objectifs de 25, 50 et 75mm (grossissements 1x 2x et 3x), je le monte sur un antique Canon 300/2.8 modifié pour recevoir un renvoi coudé 2", sur une FSQ-106 et depuis peu sur un Dobson Explore Scientific 400mm. En conjonction avec un oculaire Televue 55/67mm en montage afocal (oculaire+objectif+OVNI). Aucune de ces configs n’en remplace une autre, elles sont toutes complémentaires en termes de champ et de grossissement (et de transportabilité !). A main levée on distingue bien la nébulosité brillante autour de la tête de cheval, à la lunette la forme équine est déjà bien reconnaissable et la vision au 400 est juste hypnotique.
Je me suis fait une belle nuit en Beauce dimanche dernier avec le 400 : le canasson, M42 à divers grossissements (une tuerie avec un UHC), puis au Halpha 2,5nm la Rosette et ses nodosités sombres, le cône, les filaments de IC443, les spermatozoïdes de IC410… Puis avec filtre Ha+OIII : les filaments du Crabe, le casque de Thor, l’esquimau et sa collerette, les yeux du hibou…Un petit passage avec Barlow par Jupiter en méthane avec la tache rouge toute claire, et puis plusieurs satellites autour d’Uranus.
Ensuite passage aux galaxies et spécialement les bras de M51, les nodosités dans M82, les bandes sombres du sombrero, M64... Et puis la foultitude de galaxies dans le Lion et la Vierge (pas vu le jet de M87 mais la nuit était hyper turbulente). Une prochaine fois j'essayerai des quasars (le double dans la grande ourse, la croix d'Einstein...).
L’été dernier à St Véran on avait eu l’occasion d’utiliser, entre deux séances d’imagerie, un RC 500 sur les dentelles et pas mal de choses côté Sagittaire (M8-M20, M16, M17…) qui ont bien plu. Rien que balayer la Voie lactée d’été à main levée a suscité des exclamations de surprise de la part des astronomes présents pendant la mission. Et Saturne en méthane : les anneaux (presque) sans le globe ça fait surnaturel ! 😵
D’ailleurs je suis maintenant persuadé qu’un intensificateur n’est pas un objet à conseiller aux néophytes et débutants en astro. Non pas que ce soit compliqué à mettre en œuvre mais pour savoir apprécier son apport il vaut mieux un peu de vécu. Je l’ai bien vu récemment en faisant observer quelqu’un qui débute juste et qui ne connaît pas du tout le ciel : voir la tête de cheval en direct ne lui a rien inspiré de particulier, lui qui devait avoir en tête les célèbres photos de Hubble et JWST.
J’ai même pu observer le Soleil avec un filtre Lunt CaK sur la FSQ. Le contraste n’est pas très élevé mais c’est quand même amusant de voir le Soleil en UV.
Dans le budget il faut prévoir un bon filtre Halpha (et si possible un Ha+OIII type L-Ultimate), c’est absolument indispensable et mégoter là-dessus serait une grosse erreur.
J’ai tendance à monter le réglage de gain assez fort, le bruit ne me dérange pas vraiment et j’arrive à en faire abstraction pour me concentrer sur l’objet. Une partie du bruit venant de la nature corpusculaire de la lumière, c’est même quelque chose d’intéressant au niveau physique (même si moins de bruit c’est toujours mieux). De même que les rayons cosmiques qui font des petits flashes. Un effet de rémanence lors des mouvements de l’instrument a été évoqué dans ce fil, je ne l’ai pas du tout constaté.
En montage foyer ou avec Barlow ça n’est pas plus encombrant qu’un oculaire et le basculement oculaire/ovni se fait sans difficulté (je le fais souvent pour comparer les deux visions). Il est vrai qu’en afocal avec le Televue ça fait un montage bien long, mais ça ne me pose pas spécialement de problème (sur la lunette ça met l’oculaire plus haut, ce qui est plutôt un avantage, et sur le Dobson dont le PO est toujours à l’horizontale ça ne change pas la hauteur de l’œil).
Ce qui m'intéresse, c'est de voir en temps réel des choses qu'on ne peut pas voir normalement (à commencer par le Halpha). Je connaissais aussi les limitations de ces intensificateurs : champ de 40° (c’est clair qu’on est pas dans le domaine des oculaires grand champ mais je ne parlerais pas de « trou de serrure »), un peu moins de piqué sur les étoiles qu’un bon oculaire, image monochrome (mais blanche), bruit à haut gain, halos circulaires autour des étoiles brillantes (cela dit au télescope il y a peu de chances d’en avoir une dans le champ, donc ça ne gêne pas du tout pour les objets de ciel profond). A chacun de décider de s’y adapter et de se focaliser sur les bons côtés…ou pas 😃
Je me suis procuré une table équatoriale pour le 400, en afocal avec le Televue on s'en passe facilement mais avec Barlow 2x à 3x ce sera plus confortable.
Voilà, c’était un peu long mais j’avais plein de choses à raconter ! 🙂