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Pyrene

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Tout ce qui a été posté par Pyrene

  1. Les pays les plus pauvres paieront le prix le plus fort : selon Nature, les pays riches qui se sont engagés lors de l'accord de Paris à financer l'installation de cultures adaptées à la sècheresse, à construire des digues contre la montée des océans, à installer des système de prévision climatique n'y mettent pas -et de loin- les sommes indispensables. Il est pourtant démontré que l'investissement d'un milliard de dollars dans un système de protection côtier économise 14 milliards de dégâts. Investir 16 milliards de dollars par an dans l'adaptation agricole préserverait 78 millions d'humains de la famine. Les sommes versées par les pays riches sont ... 10 à 18 fois inférieures à celles qui sont indispensables : Lors de la COP15 à Copenhague en 2009, les pays développés avaient promis de franchir la barre des 100 milliards de dollars d’aides en 2020, cette somme n’est toujours pas atteinte en 2023... En même temps, il faut reconnaitre que l'urgence actuelle est à l'évidence d'étriper son voisin. Personnellement, ça m'ennuie un peu, vu qu'il est plutôt sympa, et on avait l'habitude de boire l'apéro ensemble. Mais il faut bien vivre (?) avec son temps.
  2. On peut ajouter que le siège du SHOM est établi ...à Brest, ce qui facilité considérablement les calculs.... Brest n'a évidemment pas été choisi au hasard, le premier service hydrographique du monde y a été créé en 1720, dans la ville construite par le pouvoir central pour contrôler le séparatisme breton et sa ville de Recouvrance. Il s'agissait, avec Toulon, de la base d'où partaient les galères, navires manœuvrés à la rame avant les évolutions des coques et des voiles autorisant la remontée au vent. Le SHOM reste du ressort de la Marine Nationale, et est toujours établi dans l'arsenal de l'estuaire de la Penfeld, face à la base de l'Ile Longue, havre des sous-marins nucléaires.
  3. TOUTES les études démontrent que la cause du réchauffement global réside dans les émissions de gaz à effet de serre. Mon premier post sur ce fil était précisément dédié à cette démonstration, et la page du GIEC consacrée aux causes est catégorique. L'aspect n'est pas "majoritaire" : il est exclusif. La variabilité naturelle n'est jamais à cette échelle de temps, et aucune autre cause n'est vraisemblable dans ce que nous vivons. Le mécanisme est parfaitement élucidé, et de fait assez aisé à identifier. Arrhenius au XIXème siècle avait déjà calculé à la main ces conséquences, en évaluant seulement les émissions de son époque. On ne s'adaptera pas. Des régions entières sont déjà difficilement habitables, du seul fait de la chaleur. Un individu jeune en bonne santé soumis à une température de 35°C à saturation en humidité meurt en six heures. Les migrations climatiques humaines sont déjà en cours. Les migrations animales et végétales ne pourront pas suivre le rythme. Le réchauffement induit des catastrophes contre lesquelles on reste impuissant, des tempêtes à la puissance décuplée, une montée des océans qui menace des millions d'individus, des inondations cataclysmiques, des sècheresses prolongées, des famines touchant tous les pays, des destructions inassurables... Encore une fois, il s'agit de faits scientifiquement établis, ce qui est facilement vérifiable sur le Net, dans la presse, ou dans les publications scientifiques.
  4. Il y a confusion entre les faits scientifiquement établis et les interprétations politiques que tu fais. Quand tu dis que l'influence humaine est douteuse dans le réchauffement climatique, c'est factuellement faux. On est uniquement dans le constat scientifique. Quand Copernic a dézingué le système de Ptolémée, il a établi un constat scientifique. Quand le Vatican condamne le système copernicien, il interprète les faits scientifiques comme une menace. Quand tu condamne les faits parce que tu les interprète comme un projet politique, tu agis exactement de la même façon. Ce qui peut ne pas surprendre chez des croyants surprend chez un scientifique, même amateur.
  5. Après la fonte Antarctique, la fonte du Groenland. Pour mémoire, la fonte totale de la calotte groenlandaise d'une épaisseur de 3 km donnerait potentiellement une montée des océans de 7 mètres. Le Groenland n'en est pas encore au stade de la calotte Ouest-Antarctique (cf. une douzaine de post au-dessus de celui-ci), mais le point de bascule n'est apparemment pas très loin. Selon cet article de Nature, le point de bascule se situe entre + 1.7°C et + 2.3°C au-dessus des niveaux préindustriels. Or on a déjà dépassé les + 1.5°C quelques mois cette année, et on est actuellement sur une trajectoire à + 3°C avant la fin du siècle...
  6. Il est à craindre que les beaux quartiers soient les moins touchés, bien que responsables pour l'essentiel du réchauffement climatique. Les plus pauvres n'accèderont jamais à la clim', et ne pourront pas fuir la montée des océans ni les vagues de chaleur insupportables. Après, effectivement, tout le monde finira par être touché. « La vie sur Terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes », peut-on lire dans le résumé technique du 6ème rapport du GIEC. « L’humanité ne le peut pas. »
  7. Pyrene

    Flûte !!!!!

    J'espère que tu as quand même pu utiliser ta précieuse cagnotte ? Pour un oculaire, par exemple ?.....
  8. Io, Europe, Ganymède et Callisto sont les satellites dits "galiléens". Galilée les a découverts avec une lunette grossissant huit à neuf fois, amélioration d'un jouet hollandais grossissant trois fois. Il construira une soixantaines de lunettes en bois et carton allant jusqu'à x30, au prix de considérables aberrations et déformations des objets observés. Tes jumelles sont bien meilleures...
  9. Pyrene

    Flûte !!!!!

    Les prélèvements effectués sur Bennu par Osiris Rex sont bien arrivés, merci. Mais si quelqu'un a un bon tournevis, la NASA est demandeuse. A défaut, un ouvre-boite serait apprécié....
  10. La calotte Antarctique Ouest est maintenant en situation de fonte complète, quelles que soient les mesures prises pour diminuer nos émissions. Cet article de Nature calcule que la fonte au cours du XXIème siècle est trois fois plus rapide qu'au siècle précédent, et que le point de non-retour est dépassé. La fonte totale de cette seule partie Ouest provoquera une montée des océans de l'ordre de 5 mètres, ce qui met en danger aussi bien New York que Mumbai (Bombay) ou Shanghai, et au-delà, le tiers de la population mondiale qui vit à moins d'une centaine de km du rivage. Le rythme précis dépendra toutefois de la variabilité climatique naturelle, considérable dans cette zone.
  11. L'Antarctique joue un rôle clef dans la circulation océanique. Du fait que la glace stocke difficilement les sels, l'eau autour de la banquise est à la fois froide et sursalée (du fait de sa salinité elle peut descendre à -0.8°C). Cette eau dense et froide descend dans les bassins océaniques où elle occupe pratiquement toutes les zones à plus de 4000 m. Sa source en surface en fait une eau riche en oxygène, et elle s'oxyde peu sur ses parcours, ce qui en fait une source essentielle pour la ventilation de l'océan profond. Elle est aussi le moteur de la circulation océanique, générant au niveau du Groenland les eaux profondes arctiques, et par suite l'oscillation Nord-Atlantique qui régit entre autre notre climat européen (et aussi Nord-américain). La surface des glaces antarctiques diminue évidemment en été, et atteint son maximum à la fin de l'hiver austral, donc maintenant. Cette surface maximale est actuellement la plus faible jamais enregistrée (depuis 45 ans), avec à peine 17 millions de km2, un de moins que le précédent record (1986) et presque deux de moins que la moyenne 2010-2020. Cette chute est brutale et surprenante, l'Antarctique semblant jusqu'en 2016 plutôt mieux résister que l'Arctique au réchauffement climatique. Il fat dire que le continent est mal connu et mal modélisé. Pour mémoire, la fonte totale de l'Antarctique génèrerait -outre un bouleversement total du climat- une montée des océans d'une soixantaine de mètres.
  12. Pour ceux que ça intéresse, météociel liste les records de chaleur battus en ce mois d'octobre 2023.... Comme le dit @Moot sur un autre fil....
  13. Personnellement, depuis presque 40 ans, je n'ai jamais vu une telle infestation. On en a toujours qui entrent à l'automne, mais cette année c'est par vagues de plusieurs dizaines. Pour éviter le parfum pestilentiel, je les capture avec cet outil. Un peu cher, certes, mais c'est pour la bonne cause....
  14. Une autre illustration de cet été 2023.... dans Nature. Il est maintenant plausible que la limite des 1.5°C au-dessus des niveaux préindustriels soit atteinte dès cette année.
  15. C'est la situation actuelle, et il n'y a pas de signe d'évolution.
  16. Pyrene

    Hominisation

    La plus ancienne structure en bois vient d'être découverte en Zambie. Il s'agit de deux pièces de bois dont l'une est taillée pour que la seconde s'y engage. La structure taillée, en U, est très visiblement non naturelle. Le bois n'a pu être daté directement, il est plus ancien que la limite de datation du 14C. Mais l'encaissant a pu être daté par thermoluminescence, une technique qui utilise certains cristaux heureusement courants (ici du quartz et un feldspath potassique) : la structure a été fabriquée il y a 476 000 ans, soit nettement avant les premiers Homo sapiens marocains (300 000 ans). Divers outils en bois ont été aussi mis à jour, mais aucun ossement. Dans tous les cas, cette découverte indique que les populations de chasseurs-cueilleurs étaient peut-être moins nomades qu'on ne le croyait. Ou du moins qu'ils aménageaient leur environnement, pas forcément par des habitats, mais peut-être par des passerelles ou des structures facilitant la pêche.
  17. Pyrene

    Hominisation

    Dès le XIXème, Cuvier a énoncé les bases de l'anatomie comparée, et notamment les principes de subordination des organes et de corrélation des formes. L'exemple le plus célèbre est évidemment celui de la sarigue fossile déterrée dans le gypse de Montmartre, dont il avait déduit à partir de la seule mâchoire visible qu'il s'agissait d'un marsupial. Dégageant le reste du fossile devant une assemblée sceptique, il exhuma triomphalement les os marsupiaux (soutiens de la poche marsupiale qui accueille les petits après leur naissance) qui prouvaient la justesse de sa détermination. Moins connue, mais amusante, l'histoire des étudiants déguisés d'une peau de bouc et terrorisant leurs voisins en frappant à leur porte en déclamant d'une voix sépulcrale "JE SUIS SATAN, JE VAIS TE DEVORER". Cuvier ouvrit, regarda l'intrus, et dit seulement "Tu as des cornes, et des sabots : tu est donc un herbivore". Et il retourna se coucher.
  18. Une augmentation de la température ? Pas une grande nouvelle, hélas. Mais une augmentation de l'augmentation, c'est une très mauvaise nouvelle, inattendue qui plus est. Le blog de Sylvestre Huet alerte sur un phénomène brutal et récent : la montée en flèche des températures de océans. Les océans jouent habituellement un rôle tampon dans le réchauffement, du fait de l'inertie thermique de l'eau, et des mécanismes des courants marins. Or les mesures de surface par satellite montrent une brutale augmentation : l'équivalent de 20 ans de réchauffement au cours des quelques derniers mois.; Source https://climatereanalyzer.org/clim/sst_daily/ La courbe sombre en haut représente la fluctuation des températures de janvier à septembre 2023. Celle en ocre est 2022, les pointillés serrés au centre sont la moyenne des températures pour la période 1982-2011, et les pointillés espacés sont l'enveloppe des variations autour de cette moyenne : les années les plus récentes sont bien au-dessus de la moyenne, cette année dépassant largement l'année dernière pourtant déjà au-dessus des variations habituelles. Reste à élucider la cause. Certes, cette année voit la réapparition d'El Nino, mais on n'est qu'au tout début, et les effets sont encore à venir. Les variations solaires, dada des climatosceptiques, ont été évaluées finement : c'est largement insuffisant pour constituer une explication. Le stock de GES émis augmentant continuellement, il est logique que l'effet de serre suive l'augmentation. Toutefois les calculs montrent que cet effet est insuffisant. Reste un moteur connu : la rétroaction positive. Mot savant (ou pédant...) pour désigner un effet qui aggrave sa propre cause. Les mesures satellite -encore- montrent que la radiation solaire absorbée a nettement augmenté, ce qui signifie que la part renvoyée a ...diminué (gagné !). La part renvoyée est due à l'albédo, c-à-d en gros la couleur du sol : un sol clair (neige, glace, nuages...) a un fort albédo, un sol sombre (végétation, océans, routes...) a un faible albédo, ce qui fait que la fonte des glaces diminue précisément la part renvoyée, et aggrave le réchauffement. Mais une analyse fine montre que la diminution de l'albédo est particulièrement importante sur le Nord des océans Atlantique et Pacifique. Bizarre ? L'explication proposée réside dans une diminution de la couverture nuageuse : moins de nuages, plus de surface marine exposée = diminution de l'albédo. Les fluctuations naturelles, connues, sont insuffisante pour constituer une explication. Reste une autre cause plausible : la règlementation de l'Organisation Maritime Internationale visant à éliminer les particules de sulfates, dans un but sanitaire évident. Or ces particules sont connues pour favoriser la formation de nuages... Et il en sera de même des mesures prochaines visant à diminuer les particules fines d'origine industrielle, des transports, chauffages, etc... Respirer, ou griller : la civilisation moderne industrielle nous laisse le choix. (juste un rappel : des particules envoyées en altitude ne seraient en rien homologues de celles émises au niveau du sol ; ne serait-ce que parce que l'air y est très sec et donc peu susceptible de générer une couverture nuageuse....)
  19. Pyrene

    Hominisation

    Une découverte dans une grotte de Chine orientale a fourni un curieux fossile. Daté de 300 000 ans, il s'agit du crâne d'un adolescent présentant un mix de caractères archaïques et modernes. La mandibule est robuste et le menton fuyant (archaïque) mais l'articulation présente un cachet nettement moderne. Elle diffère de celle des hominidés contemporains (neanderthalensis et erectus), et est antérieure au plus ancien fossile de sapiens, âgé de 230 000 ans, et africain (Ethiopie). L'ancêtre de sapiens serait-il Asiatique, et non Africain ?
  20. J'écoule mes surplus auprès d'un bouquiniste. J'échange une caisse contre deux ou trois bouquins. Tout le monde est content.
  21. L’existence de civilisations technologiques extraterrestres est un fantasme. L’idée repose sur des théories fausses et démenties par les observations : CE QUI EST FAUX : - La civilisation technologique est l’aboutissement fatal du Progrès évolutif (c’est FAUX) - Car l’Evolution est un progrès (FAUX) - Et nous sommes l’aboutissement de ce progrès (FAUX) Le premier concept erroné [1] est que l’évolution est un progrès. C’est faux, c’est une interprétation fallacieuse du darwinisme. L’idée que nous sommes l’aboutissement de 4 milliards d’années d’évolution est séduisante mais véhiculée par des figurations erronées [2]. La suite qui en découle, est que notre civilisation technologique est un aboutissement logique de millions d’années de sélection naturelle [3]: si la Vie est un phénomène répandu, ce qui est vraisemblable [4], la multiplicité des mondes habitables [5] rendrait alors l’existence de telles civilisations inévitables. IL N’EN EST RIEN. 1- L’évolution n’est nullement un progrès. Une espèce n’évolue pas pour devenir meilleure dans un absolu inexistant, mais pour s’adapter au mieux aux conditions de vie immédiates [1a]. Il est possible de voir à un instant cette adaptation comme un progrès, mais il est pratiquement obligatoire que cette évolution s’avère nuisible dans un autre environnement [1b]. Or dans sa définition même, l’environnement est changeant. Il n’est donc jamais question d’un progrès continu, le changement rendant les adaptations caduques. 1a L’évolution est une adaptation aux conditions de vie du moment. Loin d’une amélioration directionnelle, l’évolution fonctionne par « bricolages » erratiques construits sur l’existant. Les exemples sont innombrables. Vivre dans l’eau implique des branchies ou un système analogue, et l’évolution a dû bricoler des poumons à partir d’une vessie natatoire pour qu’un vertébré colonise les continents. Mais il est du coup pratiquement perdu pour la vie aquatique, sauf nouveau bricolages genre cétacés ou pinnipèdes. Gould a célébré l’ours le plus mal fichu du monde : le panda. Le panda est un ours, et donc un carnivore. Son milieu de vie en Chine lui a fait intégrer des végétaux à son alimentation, jusqu’à en faire un végétarien exclusif, mangeur de bambous. Sa main a donc dû évoluer pour développer un faux pouce, bricolé à partir d’os du carpe permettant la préhension indispensable pour agripper les bambous. Car l’ours carnivore n’a pas de pouce opposable, n’en ayant nul besoin. Il n’empêche que l’animal garde un système digestif de carnivore, et doit passer tout son temps d’éveil à se nourrir d’une énorme quantité de bambous qu’il est très mal équipé pour digérer. Les détournements de fonction d’un organe sont si nombreux qu’un mot a été créé pour les désigner (préadaptation, ou exaptation). Très classique, les plumes, initialement protection contre le froid, devenues un accessoire essentiel au vol des oiseaux. Les pattes des vertébrés terrestres sont une déformation des nageoires de poissons primitifs. Le lait avec lequel les mammifères nourrissent leurs petits est une modification de la sueur de leurs ancêtres. Etc...etc... Toutes ces évolutions sont des adaptations contingentes à un contexte local et nullement une amélioration progressive vers une perfection. 1b Une évolution favorable à un moment est très souvent nuisible plus tard. On cite évidemment le fameux papillon anglais clair qui était bien camouflé sur les troncs blancs des arbres jusqu’à la révolution industrielle, qui a recouvert les troncs de suie : les papillons sont devenus noirs, après que tous les blancs aient été dévorés. Les rongeurs ont des dents qui poussent en continu (notamment les incisives). Cette croissance, favorable dans la nature où il se nourrissent de fibres dures, est aussi une source de malocclusions dentaires et d’infections si l’animal trouve à se nourrir de tissus mous. On peut facilement multiplier les exemples. Les adaptations à la vie en zone boréale seront évidemment létales sous les tropiques. C’est bien le drame du réchauffement climatique que le changement soudain qu’il nous impose est mortel pour la plupart des espèces qui nous entourent -voire pour nous. Elles sont adaptées à un monde qui disparaît. Pour ce qui est des humains, une récente publication cite la mutation du gène ERAP2 ; cette mutation a sauvé la vie de nombre d’Européens confrontés en 1348-1349 à la peste noire. Mais alors que la maladie a heureusement disparu chez nous (du fait de l’amélioration de l’hygiène), cette mutation qui s’est répandue du fait de la mort de ceux qui n’en bénéficiaient pas est à présent impliqué dans un risque accru de contracter la maladie de Crohn, inflammation auto-immune de l’intestin qui frappe notamment (pas seulement) les plus de 50 ans, peu nombreux en 1348. De même la pigmentation (mélanine) qui protège les Africains du soleil tropical priverait les Européens de vitamine D, synthétisée à la lumière : ils ont perdu la pigmentation en colonisant les terres boréales. (etc...etc...) 2 L’idée que nous sommes supérieurs est typiquement anthropocentrique. Les mammifères n’ont colonisé la Terre qu’après la disparition -purement accidentelle- des Dinosaures non aviens. Les Dinosaures (env. 250 MA jusqu’à l’actuel) non seulement n’ont pas disparu, mais dominent le monde des vertébrés sans interruption depuis leur apparition. Il y a de bonnes raisons à cela : leur anatomie est infiniment plus souple et plus efficace que celle des mammifères. La supériorité des Dinosaures est évidente à plusieurs titres. Leurs os creux sont plus légers et plus résistants que les os des mammifères. Ils ont ainsi pu développer des tailles imposantes inaccessibles aux mammifères. Ils ont inventé les plumes, bien plus efficaces que les poils pour se protéger du froid, et utilisables par la suite pour le vol qui nous est pratiquement interdit. Leur système respiratoire en sacs irriguant tout le corps en circulation continue est très supérieur à notre échange pulmonaire qui mélange air neuf et vicié : Au lieu d’une respiration à double sens qui mélange dans nos poumons l’air utilisé et l’air frais inspiré, les oiseaux, actuels dinosaures, disposent d’un système de sacs aériens répartis dans leur corps et alimentés par les poumons en un circuit à sens unique : c’est bien plus efficace, ce qui facilite l’effort exigé par le vol battu. Comme eux, leurs ancêtres du Mésozoique bénéficiaient d’os creux, à la fois solides et légers, et d’organes sensoriels inconnus. Les Dinosaures ont explosé en milliers d’espèces (un petit millier en sont répertoriées actuellement) colonisant tous les environnements. Le groupe auquel ils appartiennent (Archosaures) domina la Terre en absolu pendant des millions d’années (Ichtyosaures et Mosasaures, Ptérosaures, etc...). Nous n’avons colonisé l’ensemble des continents qu’il y a quelques milliers d’années. Parmi les mammifères, l’Homme est sans doute un des plus mal foutu. Mal armé de dents petites et d’ongles ridicules, il a dû développer l’aptitude à la course pour survivre, puis s’aider d’outils pour les tâches les plus simples. Il est vaincu par n’importe quel carnivore, même petit, et incapable de capturer un herbivore par ses seuls propres moyens. Une bactérie ou un simple virus en tue facilement quelques milliers... L’Homme a du reste bien failli disparaître lui-même. Et même plusieurs fois… L’idée que l’Homme est le sommet de l’évolution est véhiculée par différentes illustrations erronées. Tout le monde a vu la spirale de l’Evolution qui voit surgir du néant primitif notre monde moderne. Cette représentation figure une succession du -reste très partielle- des formes de vie que notre Terre a connues, mais aucunement un progrès, ni même une complexification. Les nombreux récifs du Paléozoique (500 à 250 MA) ne sont ni plus simples, ni moins riches ou variés que les récifs actuels. Au moins cinq écosystèmes vivants se sont succédé sur Terre, et chacun a duré pendant des millions d’années avant de sombrer dans une catastrophe qui a permis la naissance du suivant. Ces catastrophes ont tué aveuglément, touchant le plus durement le sommet de la chaîne alimentaire qui pouvait prétendre dominer le règne vivant : il est en fait le plus dépendant... Aucun n’était moins adapté que nous ne le sommes, et tous ont dominé le monde bien plus longtemps que les quelques millénaires dont nous nous glorifions. Le monde juste précédent (Cénozoique, ou Secondaire) est le mieux connu, une vie foisonnante colonisait la Terre pendant plus de 250 millions d’années. Les vertébrés de ce monde vivaient une vie sociale, en troupeaux ou groupes organisés, et bénéficiaient de sens aiguisés et d’une céphalisation qui n’avait rien à nous envier. Sur toute cette durée, les différents groupes ont évolué, souvent rapidement, et ont colonisé tous les milieux, y compris les airs, les pôles et les mers les plus profondes. Certains ont adopté la station debout, et pratiqué la course. D’autres organisaient des nurseries où des adolescents surveillaient les plus jeunes. Certains chassaient en groupe, se retrouvaient pour se reproduire, mettre leurs petits au monde et en prendre soin. Et soit dit en passant, eux n’ont pas détruit le monde dans lequel ils vivaient... Une autre réprésentation fantasmatique est celle de la succession du singe vers l’Homme, en une marche continue vers le triomphe. Tout est faux dans cette caricature : du singe qui n’est aucunement notre ancêtre à la succession de morphotypes imaginés à partir de fragments d’os ou de dent, alignant des espèces qui n’ont aucune filiation entre elles, accompagnées d’un changement de posture entièrement imaginaire. De façon plus générale, l’idée que l’Evolution admet des tendances (=une direction, donc un but) est complètement abandonnée. Les vieux schémas présentant par exemple une succession de supposés ancêtres du cheval, perdant progressivement des doigts pour arriver au cheval actuel est en fait une sélection d’espèces qui ne sont pas une succession généalogique, mais une simple juxtaposition d’animaux sans liens de descendance. De même l’idée que la capacité cranienne des humains suit une augmentation continue est fausse, comme le prouve le simple fait que Néanderthal ait une capacité supérieure à sapiens. Les plus récentes études indiquent que l’évolution humaine est le reflet d’événements climatiques soudains, d’épidémies brutales, de famines, et nullement d’une tendance vers une perfection dont nous nous targuons d’être le stade ultime. La question des tendances, souvent discutée en paléontologie, a été résolue (notamment par Gould) comme l’effet trompeur d’une modification de la variance dans une population. 3 La civilisation technologique N’EST PAS l’aboutissement logique et fatal du Progrès. Le premier fait qui montre le contraire est sous nos yeux : si la civilisation techno-industrielle était une fatalité, pourquoi les vertébrés supérieurs du Mésozoique, nombreux, largement céphalisés avec un cerveau bien développé, vivant en sociétés organisées, n’ont pas développé une telle société en quelques 250 millions d’années où ils ont dominé un monde offrant les mêmes potentialités que le nôtre, alors que notre industrie n’a eu besoin que d’une douzaine de milliers d’années pour surgir ? Les Archosaures ont colonisé tous les environnements, mers, air, tous les territoires y compris polaires, ont explosé en milliers d’espèces dont des bipèdes, pendant une durée incommensurable, ils auraient eu tout le loisir d’atteindre ce prétendu stade ultime, s’il était fatal. On trouve dans cette idée d’un aboutissement à nouveau le nombrilisme qui biaise tous nos raisonnements. La course à la technologie caractérisant notre monde occidental, nous la croyons fatale. Les principes de base de la sélection darwinienne ne s’appliquent pas qu’aux êtres vivants. Toutes les entités concurrentes obéissent aux mêmes règles. Gould a ainsi démontré que l’évolution des équipes de base-ball américaines, ou encore les claviers de machines à écrire (et d’ordinateurs) étaient régulés par les mêmes règles simples de sélection naturelle. En particulier, leur succès est contingent, lié aux conditions d’environnement immédiates, et aucunement à une perfection mieux aboutie que celle des concurrents (regardez le clavier que vous utilisez, il a été conçu pour gêner la frappe des premières machines mécaniques...). Il en est de même de notre civilisation techno-industrielle. Nous croyons à un progrès continu en sélectionnant les épisodes qui nous conviennent. Dans les faits, il en va bien autrement. Selon une étude américaine, le développement du charbon ne serait dû qu’à une sécheresse prolongée au Royaume-Uni dans la première moitié du XIXème siècle. Les moulins à eau, source d’énergie traditionnelle ne pouvant plus faire face à la demande, l’industrie se serait alors tournée vers le charbon, localement abondant, avant que l’expansion de l’empire britannique ne lui ouvre accès aux hydrocarbures. Le monde chinois a développé une civilisation non technologique, que nous croyons inférieure parce que la puissance occidentale en a eu raison. Il reste à décider si la plus forte est toujours la meilleure : le désastre environnemental créé par l’occident n’est pas une preuve de supériorité. On peut trouver bien des défauts aux sociétés théocratiques, mais certaines tendances actuelles peuvent représenter un avenir alternatif, sans doute peu attrayant, mais qui pourraient bien triompher du modèle occidental à terme. Même dans le pays le plus développé d’occident, un des deux principaux partis politiques développe actuellement une rhétorique anti-scientifique affichée, nie le réchauffement climatique, appelle au boycott des vaccins, et brandit la lecture stricte de la Bible comme règle absolue. Toute une partie du monde s’en tient à la primauté du Coran. En nombre, il fait peu de doute que la Science (et la technologie) fait bien moins d’adeptes que les religions. Notre civilisation technologique est d’ailleurs bien fragile ; nous la croyons à l’abri des cataclysmes qui ont éradiqués des empires plus anciens. Il suffit de voir à nos portes les ravages d’une guerre encore limitée pour comprendre que les âges des ténèbres sont à proximité. Et si notre technologie nous permet d’alerter sur le réchauffement en cours, notre brillante civilisation n’en tire aucune décision, alors même que la menace est immédiate, et mortelle pour des millions d’entre nous : une civilisation supérieure, vraiment ?…. 4 La Vie est certainement un état assez banal d’ordre de la matière. Les unités de base du vivant sont des composés chimiques suffisamment simples pour être accessibles dans des environnements courants. Si le soleil est la source d’énergie la plus commune dans notre quotidien, la découverte d’écosystèmes construits sur la chimiosynthèse montre que les sources peuvent être variées. La découverte de communautés vivant dans des environnements hydrothermaux montre que les modèles qui nous sont proches ne sont nullement les seuls possibles : on n’imaginait pas il y a quelques dizaines d’années une vie non dépendante de l’ensoleillement… La sélection naturelle explique ensuite le foisonnement du vivant, et sa vaste répartition. Le nombre de mondes habitables simplement selon les critères terrestres augmente de plus considérablement la probabilité.Par ailleurs, la chimie du vivant sur Terre est évidemment tributaire des conditions locales. On a pu imaginer une vie basée sur le silicium... Il est donc très probable que la Vie, définie comme l’autoréplication d’entités autonomes, soit un phénomène commun dans l’univers. Il n’en est pas de même de la civilisation technologique. 5 Si la Vie est commune, on peut évidemment argumenter que sur le nombre de cas où elle se produit, un au moins conduise à une civilisation technologique. Cet argument est basé sur le principe qu’un événement qui se produit une fois peut dès lors se reproduire. Reste à estimer sa probabilité. Charles et moi prétendons qu’elle est tellement infime qu’il est vain de chercher.
  22. Un long article dans Science sur les discussions entre les astronomes US et Musk, les modifications admises par Musk sur les surfaces et orientations de ses satellites, mais aussi les récents développements des actions juridiques entreprises outre-Atlantique contre les lancements de clusters de satellites. Outre des associations professionnelles d'astronomes, des juristes et -on est aux USA- des organisations représentant les intérêts des communautés indigènes indiennes s'activent. Ces dernières sont pourtant en conflit avec les astronomes au sujet de l'observatoire de Mauna Kea, une montagne sacrée pour certains. Une illustration impressionnante, mais je ne suis pas parvenu à la copier ....🤔
  23. Cela ne vous a sans doute pas échappé, vu les températures actuelles le sujet est à la mode. Et justement, un article de Nature se penche sur les causes du phénomène avec une approche qui me semble nouvelle. On savait qu'un premier argument pour une cause anthropique était la chronologie : le réchauffement est manifestement en relation avec l'ère industrielle (mais corrélation n'est pas causalité...). On savait (depuis les travaux d'Arrhenius) que le gaz carbonique est un moteur identifiable (mais la corrélation n'est pas simplement linéaire -il faut dire que le climat est complexe...). On savait aussi que la vitesse du changement était sans précédent, ce qui est un troisième argument pour y voir une différence de nature par rapport aux variations passées. La compilation et la quantification (!) de plusieurs centaines d'études apporte un nouvel éclairage sur les deux derniers millénaires : les variations climatiques, et notamment le fameux "petit âge glaciaire" n'étaient pas globales mais régionales, et non synchrones. Cet épisode a commencé vers le XVème siècle dans le Pacifique, mais au XVIIème en Europe et en Amérique du Nord, et essentiellement au XIXème ailleurs. A contrario, le réchauffement actuel est général et global (il touche 98% du globe), même si des différences de rythme sont connues (comme la rapidité du réchauffement arctique). Il y a là un fort argument pour une cause bien différente de celle des variations passées : alors qu'elles n'étaient pas suffisantes pour induire un phénomène d'ampleur, nous sommes parvenus à provoquer un changement d'une intensité sans précédent ni en température ni dans l'espace. Il n'est pas certain que la nouvelle soit bonne.
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