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Pyrene

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Tout ce qui a été posté par Pyrene

  1. Pyrene

    Hominisation

    Ben... c'est ce que j'ai écrit : on n'a pas daté le bois, la thermoluminescence s'adresse à la roche qui est autour (encaissant en jargon géologique).
  2. L'observatoire de Greenwich a publié les meilleures photos de son concours annuel. Le Guardian les publie à coté d'une série ahurissante de photos d'aurores boréales.
  3. Pyrene

    Hominisation

    Du nouveau sur l'émergence du Néolithique : alors qu'on associait habituellement la sédentarisation et l'agriculture, les découvertes de structures fortifiées en Sibérie, datées de 8 000 ans, montre que des sociétés de chasseurs-cueilleurs s'étaient déjà sédentarisées. Ces forts sont antérieurs d'un millénaire à ceux peuplés d'agriculteurs en Europe, en Grèce ou au Moyen-Orient. Construits à proximité de rivières, ces forts indiquent que les riches ressources à proximité étaient déjà l'objet de stockage, et que différentes populations étaient en compétition pour les exploiter. Leurs occupants vivaient essentiellement de poissons, et de la chasse aux cervidés, et conservaient de l'huile de poisson et de la viande dans des poteries qui ont facilité les datations. Poteries et pierres taillées provenant du site d'Amnya 1 (Stefanov & Borzunov, 2008, repris dans la publication du 1er dec. 2023)
  4. "il est mathématicien et n'a jamais publié d'article scientifique sur le climat." (Wikipédia). Le biais est bien connu et bénéficie même d'un article spécial de Wikipédia : c'est la Nobélite. On peut être un cador dans sa spécialité, cela ne confère aucune compétence dans une autre. Le cas des prix Nobel est extrême, dans la mesure où ces malheureux sont harcelés par les journalistes pour donner leur avis sur n'importe quoi : ils finissent par croire qu'ils en sont capables. Mais le mal est très répandu chez les scientifiques : Allègre a été un (assez...) bon géochimiste, cela ne l'a pas empêché d'émettre une stupidité sur la chute des corps, et de publier avec Courtillot un article calculant le bilan thermique sur une Terre ....plate ; les tables tournantes de Crookes, sont aussi un exemple resté célèbre ; Le double (et presque triple) prix Nobel Linus Pauling croyait combattre le cancer avec de la vitamine C ; il en est mort ; et on connait même un brillant virologue ivre de vanité qui s'est répandu en âneries sur les ondes dans sa propre spécialité... La vraie science fonctionne sur un consensus entre les spécialistes. Aucun article niant l'origine anthropique du RC n'a été publié dans une revue scientifique depuis presque vingt ans. Il sort chaque année des milliers d'articles sur le sujet, dans des revues à comité de lecture, reflétant les travaux acharnés de milliers de chercheurs. Mettre ces travaux en balance avec les élucubrations d'un passant permet de faire du buzz dans les médias. C'est tout.
  5. Le système de LHS 3154 comporte une planète "impossible". Selon Science du 30 novembre, la masse de l'étoile est insuffisante pour expliquer celle de sa planète. Il s'en faut d'un facteur 10 ! La planète est de l'ordre de Neptune (plus de 13 fois notre Terre), alors que son étoile est neuf fois plus petite que le soleil. C'est le spectographe HPF (Habitable Zone Planet Finder) du Hobby-Eberly Telescope du McDonald Observatory au Texas qui a détecté LHS 3154b.
  6. La grande lunette de Meudon remise en service !!! https://www.lemonde.fr/article-offert/kjzwwbbogytu-6203365/la-grande-lunette-de-l-observatoire-de-meudon-recouvre-la-vue
  7. Je ne crois pas. Les prévisions concernant le climat reposent sur différents types de données. Le potentiel d'effet de serre du gaz carbonique (et du méthane ou des autres gaz) est une caractéristique physique qu'il est difficile de remettre en cause. A nouveau, Arrhenius au XIXème siècle avait déjà prévu ces effets. L'évaluation du flux émis par nos activités est une autre affaire. Arrhenius estimant à la louche les émissions du XIXème n'était sans doute pas très loin, mais un siècle et demi plus tard, l'affaire a été plus complexe. On peut ergoter sur les sources, mais globalement elles sont maintenant bien identifiées, et leurs auteurs également. Il y a peu de miséreux propriétaires de yacht ou de jet privés, et ils ne remplissent pas non plus les avions pour leurs vacances (et il est assez amusant de lire dans Le Point que les actionnaires =les propriétaires, titulaires de droits de vote, d'une entreprise ne sont pas responsables de ses émissions). Mais ces estimations actuelles -à ma connaissance indiscutées- ne concernent que nos productions directes. Il est plus difficile d'estimer les "rétroactions positives" (liées à l'augmentation des températures, à savoir les déstabilisations des gaz du permafrost, des hydrates de carbones des sédiments, etc... ), première source d'incertitudes, et source potentielle de très mauvaises surprises. Mais l'effort a surtout porté sur les modèles climatiques. Notre planète est un système complexe, et les prévisions météo ne sont effectivement fiables qu'à quelques jours. Il en va tout autrement des prévisions climatiques, comme le prouvent déjà les multiples proverbes sur le temps à différentes périodes de l'année. Les prévisions sont construites à partir de modèles informatiques basés sur des mesures actuelles et sur la connaissance qu'on a des climats passés. Il en existe plus d'une centaine, et une grande part du travail du GIEC jusqu'à présent a été de les examiner, de les confronter, et d'en tirer une synthèse. Cette phase est considérée comme achevée, et le dernier rapport du GIEC ne s'y attarde plus, un consensus étant atteint. Les incertitudes restantes ne concernent plus guère que l'évolution de nos productions de gaz à effet de serre : d'où les différentes "trajectoires" selon que les productions décroitront ou non. Les chercheurs ne prétendent donc pas "prévoir l'avenir", mais simplement évaluer les modifications que nous apportons au climat, et ces évaluations sont d'autant plus prudentes que le GIEC est un organe à la fois scientifique et politique, et que certains pays (notamment producteurs de pétrole) sont en position de bloquer des recommandations susceptibles de toucher leur économie : on a souvent fait grief au GIEC d'être bien trop prudent, et de fait cette année 2023 est très au-delà des conclusions du dernier rapport. Incidemment, je n'ai jamais entendu de "savants" prédire la fin du pétrole. On a parlé de pic de production, qui est effectivement dépassé, mais pour le reste, l'offre suit la demande, avec des fluctuations importantes des prix totalement déconnectées des découvertes. Le proverbe dans la profession reste "l'âge de pierre n'a pas pris fin du fait du manque de pierres".
  8. Ce ne sont pas les mesures écolo -qui au surplus ne sont justement pas prises- qui sont responsables de la pauvreté. L'explosion n'est d'ailleurs pas celle de la pauvreté, mais des inégalités : si les pauvres sont de plus en plus pauvres, les riches sont de plus en plus riches. Et ils sont responsables non seulement de la pauvreté des autres, mais des émissions de gaz à effet de serre. Ici un extrait d'un post précédent inspiré d'un rapport OXFAM : Un pour cent des plus riches du monde émettent autant que les deux tiers de la population mondiale restante. Chez nous, Bernard Arnault émet autant que 1270 Français "moyens" -et encore, si on ne compte pas les émissions associées à ses investissements-... Nos 10% plus riches sont responsables du quart des émissions de notre pays. C'est pourquoi le même rapport propose un impôt sur la fortune ciblant les plus polluants en fonction de deux variables : le niveau de patrimoine, et son impact sur le climat. Voilà qui devrait te convenir.
  9. ...c'est la plainte d'un Strasbourgeois ce matin en découvrant sa voiture avec le toit percé. Le capitaine des pompiers "suspecte la chute d'un corps stellaire". Suspecté, car n'a été retrouvé qu"«un objet de la taille d’une noisette, qui ressemble à du bois brûlé, tout léger ». L'objet est à Paris, la police scientifique l'examine (ils cherchent l'immatriculation ?). La voiture n'est pas radioactive (on se demande pourquoi elle le serait...). HANDOUT / AFP Je vous tiens au jus....
  10. La consommation moyenne d'un Français génère environ 6.4 de tonnes de CO2 annuellement. Le problème d'une moyenne, c'est qu'elle agrège des données disparates. Plus de 8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté (soit 14% de la population), et leur imposer des restriction est inenvisageable, et au surplus inutile : leur empreinte est négligeable -sauf si on la compare à celle d'un Africain-. Un pour cent des plus riches du monde émettent autant que les deux tiers de la population mondiale restante. Chez nous, Bernard Arnault émet autant que 1270 Français "moyens" -et encore, si on ne compte pas les émissions associées à ses investissements-... Nos 10% plus riches sont responsables du quart des émissions de notre pays. Ce constat fait, il faut lui ajouter que réduire ses émissions, si c'est pratiquement impossible à un pauvre, est facile à un riche : se passer d'une quatrième voiture, d'un douzième voyage en jet, d'un investissement dans une industrie polluante lui coutera peu d'efforts. Il est vrai que les premiers touchés sont les plus pauvres (ceux qui habitent le Pas-de-Calais sont au courant). Mais si le réchauffement atteint les 3° en 2100 (tendance actuelle), il y en aura pour tout le monde... (source) 🥵
  11. Le torchage est une pratique de routine dans l'exploitation pétrolière. Dans le cas d'un forage destiné à la découverte de pétrole liquide (huile en jargon pétrolier), l'installation n'est pas adaptée au captage de gaz, alors que les venues de gaz sont pratiquement fatales : le gaz est alors dirigé sur une torchère qui le brule, dégageant évidemment du CO2, mais aussi du méthane, la combustion étant toujours incomplète. Une autre source est dans les gisement de gaz quand les venues varient rapidement, les poussées brusques sont dirigées sur une torche par sécurité. Dans les forages de production de pétrole liquide, les normes veulent que le gaz fatal (systématiquement associé à l'huile) soit récupéré, et non torché. Toutes les compagnies affichent respecter ces bonnes pratiques : ce torchage (dit "de routine") est responsable de 1 à 2 % de la totalité des émissions de gaz à effet de serre, alors que ce gaz est récupérable et valorisable, les technologies étant parfaitement au point. Ainsi ADNOC, compagnie nationale des Emirats Arabes Unis, s'est engagée il y a plus de 20 ans à ne pratiquer aucun torchage de routine. Et au début de cette année, Al Jaber, président d'ADNOC et de la COP28, a pu se féliciter que sa compagnie ait été la toute première à éliminer totalement le torchage de routine. Mais le danger est venu du ciel : le Centre for Research on Energy and Clean Air compilant les données des satellites fournit au Guardian les preuves qu'ADNOC torchait pendant 97% des jours entre 2018 et 2022, tout en clamant l'avoir éliminé. La COP28 est entre de bonnes mains.
  12. Le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique vient de mettre en ligne son cinquième rapport sur le climat. Les couts liés aux catastrophes climatiques y sont estimés à 150 milliards de dollars par an. Entre 2018 et 2022, il y a eu 89 catastrophes à plus d'un milliard de dollars, soit une toutes les trois semaines (une tous les quatre mois dans les années 80'). Ces rapports sont publiés tous les quatre ans, et incluent un état des mesures mises en œuvre pour limiter le réchauffement. Les objectifs affichés par Biden sont de réduire diminuer les émissions de moitié en 2030 (par rapport à 2005) et de parvenir à la neutralité vers 2050. Cela suppose de réduire les émissions des USA de 6% par an, alors que la réduction avoisine actuellement les 1% annuels. On peut supposer que si Trump est élu, ces objectifs tomberont. Le précédent rapport sous son administration débutait par un historique des critiques portées contre la recherche climatique.
  13. ON EST SAUVÉS !!! Le patron de la prochaine COP28, Sultan Ahmed Al Jaber (ci-dessous), qui est aussi patron d'ADNOC, une des principales compagnies pétrolières du Golfe, a une solution pour se débarrasser du CO2 : le captage. En effet, sa compagnie est après de durs efforts parvenue à mettre au point une technologie de capture qu'elle estime capable de traiter 10 millions de tonnes/an ! Vu sa production prévue de 3 430 millions de tonnes de CO2 entre 2023 et 2030, le calcul est facile, cette production de six années sera entièrement capturée dans 343 ans. La COP28 est en bonnes mains. source
  14. L’existence de civilisations technologiques extraterrestres est un fantasme. L’idée repose sur des théories fausses et démenties par les observations : CE QUI EST FAUX : - La civilisation technologique est l’aboutissement fatal du Progrès évolutif (c’est FAUX) - Car l’Evolution est un progrès (FAUX) - Et nous sommes l’aboutissement de ce progrès (FAUX) Le premier concept erroné [1] est que l’évolution est un progrès. C’est faux, c’est une interprétation fallacieuse du darwinisme. L’idée que nous sommes l’aboutissement de 4 milliards d’années d’évolution est séduisante mais véhiculée par des figurations erronées [2]. La suite qui en découle, est que notre civilisation technologique est un aboutissement logique de millions d’années de sélection naturelle [3]: si la Vie est un phénomène répandu, ce qui est vraisemblable [4], la multiplicité des mondes habitables [5] rendrait alors l’existence de telles civilisations inévitables. IL N’EN EST RIEN. 1- L’évolution n’est nullement un progrès. Une espèce n’évolue pas pour devenir meilleure dans un absolu inexistant, mais pour s’adapter au mieux aux conditions de vie immédiates [1a]. Il est possible de voir à un instant cette adaptation comme un progrès, mais il est pratiquement obligatoire que cette évolution s’avère nuisible dans un autre environnement [1b]. Or dans sa définition même, l’environnement est changeant. Il n’est donc jamais question d’un progrès continu, le changement rendant les adaptations caduques. 1a L’évolution est une adaptation aux conditions de vie du moment. Loin d’une amélioration directionnelle, l’évolution fonctionne par « bricolages » erratiques construits sur l’existant. Les exemples sont innombrables. Vivre dans l’eau implique des branchies ou un système analogue, et l’évolution a dû bricoler des poumons à partir d’une vessie natatoire pour qu’un vertébré colonise les continents. Mais il est du coup pratiquement perdu pour la vie aquatique, sauf nouveau bricolages genre cétacés ou pinnipèdes. Gould a célébré l’ours le plus mal fichu du monde : le panda. Le panda est un ours, et donc un carnivore. Son milieu de vie en Chine lui a fait intégrer des végétaux à son alimentation, jusqu’à en faire un végétarien exclusif, mangeur de bambous. Sa main a donc dû évoluer pour développer un faux pouce, bricolé à partir d’os du carpe permettant la préhension indispensable pour agripper les bambous. Car l’ours carnivore n’a pas de pouce opposable, n’en ayant nul besoin. Il n’empêche que l’animal garde un système digestif de carnivore, et doit passer tout son temps d’éveil à se nourrir d’une énorme quantité de bambous qu’il est très mal équipé pour digérer. Les détournements de fonction d’un organe sont si nombreux qu’un mot a été créé pour les désigner (préadaptation, ou exaptation). Très classique, les plumes, initialement protection contre le froid, devenues un accessoire essentiel au vol des oiseaux. Les pattes des vertébrés terrestres sont une déformation des nageoires de poissons primitifs. Le lait avec lequel les mammifères nourrissent leurs petits est une modification de la sueur de leurs ancêtres. Etc...etc... Toutes ces évolutions sont des adaptations contingentes à un contexte local et nullement une amélioration progressive vers une perfection. 1b Une évolution favorable à un moment est très souvent nuisible plus tard. On cite évidemment le fameux papillon anglais clair qui était bien camouflé sur les troncs blancs des arbres jusqu’à la révolution industrielle, qui a recouvert les troncs de suie : les papillons sont devenus noirs, après que tous les blancs aient été dévorés. Les rongeurs ont des dents qui poussent en continu (notamment les incisives). Cette croissance, favorable dans la nature où il se nourrissent de fibres dures, est aussi une source de malocclusions dentaires et d’infections si l’animal trouve à se nourrir de tissus mous. On peut facilement multiplier les exemples. Les adaptations à la vie en zone boréale seront évidemment létales sous les tropiques. C’est bien le drame du réchauffement climatique que le changement soudain qu’il nous impose est mortel pour la plupart des espèces qui nous entourent -voire pour nous. Elles sont adaptées à un monde qui disparaît. Pour ce qui est des humains, une récente publication cite la mutation du gène ERAP2 ; cette mutation a sauvé la vie de nombre d’Européens confrontés en 1348-1349 à la peste noire. Mais alors que la maladie a heureusement disparu chez nous (du fait de l’amélioration de l’hygiène), cette mutation qui s’est répandue du fait de la mort de ceux qui n’en bénéficiaient pas est à présent impliqué dans un risque accru de contracter la maladie de Crohn, inflammation auto-immune de l’intestin qui frappe notamment (pas seulement) les plus de 50 ans, peu nombreux en 1348. De même la pigmentation (mélanine) qui protège les Africains du soleil tropical priverait les Européens de vitamine D, synthétisée à la lumière : ils ont perdu la pigmentation en colonisant les terres boréales. (etc...etc...) 2 L’idée que nous sommes supérieurs est typiquement anthropocentrique. Les mammifères n’ont colonisé la Terre qu’après la disparition -purement accidentelle- des Dinosaures non aviens. Les Dinosaures (env. 250 MA jusqu’à l’actuel) non seulement n’ont pas disparu, mais dominent le monde des vertébrés sans interruption depuis leur apparition. Il y a de bonnes raisons à cela : leur anatomie est infiniment plus souple et plus efficace que celle des mammifères. La supériorité des Dinosaures est évidente à plusieurs titres. Leurs os creux sont plus légers et plus résistants que les os des mammifères. Ils ont ainsi pu développer des tailles imposantes inaccessibles aux mammifères. Ils ont inventé les plumes, bien plus efficaces que les poils pour se protéger du froid, et utilisables par la suite pour le vol qui nous est pratiquement interdit. Leur système respiratoire en sacs irriguant tout le corps en circulation continue est très supérieur à notre échange pulmonaire qui mélange air neuf et vicié : Au lieu d’une respiration à double sens qui mélange dans nos poumons l’air utilisé et l’air frais inspiré, les oiseaux, actuels dinosaures, disposent d’un système de sacs aériens répartis dans leur corps et alimentés par les poumons en un circuit à sens unique : c’est bien plus efficace, ce qui facilite l’effort exigé par le vol battu. Comme eux, leurs ancêtres du Mésozoique bénéficiaient d’os creux, à la fois solides et légers, et d’organes sensoriels inconnus. Les Dinosaures ont explosé en milliers d’espèces (un petit millier en sont répertoriées actuellement) colonisant tous les environnements. Le groupe auquel ils appartiennent (Archosaures) domina la Terre en absolu pendant des millions d’années (Ichtyosaures et Mosasaures, Ptérosaures, etc...). Nous n’avons colonisé l’ensemble des continents qu’il y a quelques milliers d’années. Parmi les mammifères, l’Homme est sans doute un des plus mal foutu. Mal armé de dents petites et d’ongles ridicules, il a dû développer l’aptitude à la course pour survivre, puis s’aider d’outils pour les tâches les plus simples. Il est vaincu par n’importe quel carnivore, même petit, et incapable de capturer un herbivore par ses seuls propres moyens. Une bactérie ou un simple virus en tue facilement quelques milliers... L’Homme a du reste bien failli disparaître lui-même. Et même plusieurs fois… L’idée que l’Homme est le sommet de l’évolution est véhiculée par différentes illustrations erronées. Tout le monde a vu la spirale de l’Evolution qui voit surgir du néant primitif notre monde moderne. Cette représentation figure une succession du -reste très partielle- des formes de vie que notre Terre a connues, mais aucunement un progrès, ni même une complexification. Les nombreux récifs du Paléozoique (500 à 250 MA) ne sont ni plus simples, ni moins riches ou variés que les récifs actuels. Au moins cinq écosystèmes vivants se sont succédé sur Terre, et chacun a duré pendant des millions d’années avant de sombrer dans une catastrophe qui a permis la naissance du suivant. Ces catastrophes ont tué aveuglément, touchant le plus durement le sommet de la chaîne alimentaire qui pouvait prétendre dominer le règne vivant : il est en fait le plus dépendant... Aucun n’était moins adapté que nous ne le sommes, et tous ont dominé le monde bien plus longtemps que les quelques millénaires dont nous nous glorifions. Le monde juste précédent (Cénozoique, ou Secondaire) est le mieux connu, une vie foisonnante colonisait la Terre pendant plus de 250 millions d’années. Les vertébrés de ce monde vivaient une vie sociale, en troupeaux ou groupes organisés, et bénéficiaient de sens aiguisés et d’une céphalisation qui n’avait rien à nous envier. Sur toute cette durée, les différents groupes ont évolué, souvent rapidement, et ont colonisé tous les milieux, y compris les airs, les pôles et les mers les plus profondes. Certains ont adopté la station debout, et pratiqué la course. D’autres organisaient des nurseries où des adolescents surveillaient les plus jeunes. Certains chassaient en groupe, se retrouvaient pour se reproduire, mettre leurs petits au monde et en prendre soin. Et soit dit en passant, eux n’ont pas détruit le monde dans lequel ils vivaient... Une autre réprésentation fantasmatique est celle de la succession du singe vers l’Homme, en une marche continue vers le triomphe. Tout est faux dans cette caricature : du singe qui n’est aucunement notre ancêtre à la succession de morphotypes imaginés à partir de fragments d’os ou de dent, alignant des espèces qui n’ont aucune filiation entre elles, accompagnées d’un changement de posture entièrement imaginaire. De façon plus générale, l’idée que l’Evolution admet des tendances (=une direction, donc un but) est complètement abandonnée. Les vieux schémas présentant par exemple une succession de supposés ancêtres du cheval, perdant progressivement des doigts pour arriver au cheval actuel est en fait une sélection d’espèces qui ne sont pas une succession généalogique, mais une simple juxtaposition d’animaux sans liens de descendance. De même l’idée que la capacité cranienne des humains suit une augmentation continue est fausse, comme le prouve le simple fait que Néanderthal ait une capacité supérieure à sapiens. Les plus récentes études indiquent que l’évolution humaine est le reflet d’événements climatiques soudains, d’épidémies brutales, de famines, et nullement d’une tendance vers une perfection dont nous nous targuons d’être le stade ultime. La question des tendances, souvent discutée en paléontologie, a été résolue (notamment par Gould) comme l’effet trompeur d’une modification de la variance dans une population. 3 La civilisation technologique N’EST PAS l’aboutissement logique et fatal du Progrès. Le premier fait qui montre le contraire est sous nos yeux : si la civilisation techno-industrielle était une fatalité, pourquoi les vertébrés supérieurs du Mésozoique, nombreux, largement céphalisés avec un cerveau bien développé, vivant en sociétés organisées, n’ont pas développé une telle société en quelques 250 millions d’années où ils ont dominé un monde offrant les mêmes potentialités que le nôtre, alors que notre industrie n’a eu besoin que d’une douzaine de milliers d’années pour surgir ? Les Archosaures ont colonisé tous les environnements, mers, air, tous les territoires y compris polaires, ont explosé en milliers d’espèces dont des bipèdes, pendant une durée incommensurable, ils auraient eu tout le loisir d’atteindre ce prétendu stade ultime, s’il était fatal. On trouve dans cette idée d’un aboutissement à nouveau le nombrilisme qui biaise tous nos raisonnements. La course à la technologie caractérisant notre monde occidental, nous la croyons fatale. Les principes de base de la sélection darwinienne ne s’appliquent pas qu’aux êtres vivants. Toutes les entités concurrentes obéissent aux mêmes règles. Gould a ainsi démontré que l’évolution des équipes de base-ball américaines, ou encore les claviers de machines à écrire (et d’ordinateurs) étaient régulés par les mêmes règles simples de sélection naturelle. En particulier, leur succès est contingent, lié aux conditions d’environnement immédiates, et aucunement à une perfection mieux aboutie que celle des concurrents (regardez le clavier que vous utilisez, il a été conçu pour gêner la frappe des premières machines mécaniques...). Il en est de même de notre civilisation techno-industrielle. Nous croyons à un progrès continu en sélectionnant les épisodes qui nous conviennent. Dans les faits, il en va bien autrement. Selon une étude américaine, le développement du charbon ne serait dû qu’à une sécheresse prolongée au Royaume-Uni dans la première moitié du XIXème siècle. Les moulins à eau, source d’énergie traditionnelle ne pouvant plus faire face à la demande, l’industrie se serait alors tournée vers le charbon, localement abondant, avant que l’expansion de l’empire britannique ne lui ouvre accès aux hydrocarbures. Le monde chinois a développé une civilisation non technologique, que nous croyons inférieure parce que la puissance occidentale en a eu raison. Il reste à décider si la plus forte est toujours la meilleure : le désastre environnemental créé par l’occident n’est pas une preuve de supériorité. On peut trouver bien des défauts aux sociétés théocratiques, mais certaines tendances actuelles peuvent représenter un avenir alternatif, sans doute peu attrayant, mais qui pourraient bien triompher du modèle occidental à terme. Même dans le pays le plus développé d’occident, un des deux principaux partis politiques développe actuellement une rhétorique anti-scientifique affichée, nie le réchauffement climatique, appelle au boycott des vaccins, et brandit la lecture stricte de la Bible comme règle absolue. Toute une partie du monde s’en tient à la primauté du Coran. En nombre, il fait peu de doute que la Science (et la technologie) fait bien moins d’adeptes que les religions. Notre civilisation technologique est d’ailleurs bien fragile ; nous la croyons à l’abri des cataclysmes qui ont éradiqués des empires plus anciens. Il suffit de voir à nos portes les ravages d’une guerre encore limitée pour comprendre que les âges des ténèbres sont à proximité. Et si notre technologie nous permet d’alerter sur le réchauffement en cours, notre brillante civilisation n’en tire aucune décision, alors même que la menace est immédiate, et mortelle pour des millions d’entre nous : une civilisation supérieure, vraiment ?…. 4 La Vie est certainement un état assez banal d’ordre de la matière. Les unités de base du vivant sont des composés chimiques suffisamment simples pour être accessibles dans des environnements courants. Si le soleil est la source d’énergie la plus commune dans notre quotidien, la découverte d’écosystèmes construits sur la chimiosynthèse montre que les sources peuvent être variées. La découverte de communautés vivant dans des environnements hydrothermaux montre que les modèles qui nous sont proches ne sont nullement les seuls possibles : on n’imaginait pas il y a quelques dizaines d’années une vie non dépendante de l’ensoleillement… La sélection naturelle explique ensuite le foisonnement du vivant, et sa vaste répartition. Le nombre de mondes habitables simplement selon les critères terrestres augmente de plus considérablement la probabilité.Par ailleurs, la chimie du vivant sur Terre est évidemment tributaire des conditions locales. On a pu imaginer une vie basée sur le silicium... Il est donc très probable que la Vie, définie comme l’autoréplication d’entités autonomes, soit un phénomène commun dans l’univers. Il n’en est pas de même de la civilisation technologique. 5 Si la Vie est commune, on peut évidemment argumenter que sur le nombre de cas où elle se produit, un au moins conduise à une civilisation technologique. Cet argument est basé sur le principe qu’un événement qui se produit une fois peut dès lors se reproduire. Reste à estimer sa probabilité. Charles et moi prétendons qu’elle est tellement infime qu’il est vain de chercher.
  15. Un long article dans Science sur les discussions entre les astronomes US et Musk, les modifications admises par Musk sur les surfaces et orientations de ses satellites, mais aussi les récents développements des actions juridiques entreprises outre-Atlantique contre les lancements de clusters de satellites. Outre des associations professionnelles d'astronomes, des juristes et -on est aux USA- des organisations représentant les intérêts des communautés indigènes indiennes s'activent. Ces dernières sont pourtant en conflit avec les astronomes au sujet de l'observatoire de Mauna Kea, une montagne sacrée pour certains. Une illustration impressionnante, mais je ne suis pas parvenu à la copier ....🤔
  16. Cela ne vous a sans doute pas échappé, vu les températures actuelles le sujet est à la mode. Et justement, un article de Nature se penche sur les causes du phénomène avec une approche qui me semble nouvelle. On savait qu'un premier argument pour une cause anthropique était la chronologie : le réchauffement est manifestement en relation avec l'ère industrielle (mais corrélation n'est pas causalité...). On savait (depuis les travaux d'Arrhenius) que le gaz carbonique est un moteur identifiable (mais la corrélation n'est pas simplement linéaire -il faut dire que le climat est complexe...). On savait aussi que la vitesse du changement était sans précédent, ce qui est un troisième argument pour y voir une différence de nature par rapport aux variations passées. La compilation et la quantification (!) de plusieurs centaines d'études apporte un nouvel éclairage sur les deux derniers millénaires : les variations climatiques, et notamment le fameux "petit âge glaciaire" n'étaient pas globales mais régionales, et non synchrones. Cet épisode a commencé vers le XVème siècle dans le Pacifique, mais au XVIIème en Europe et en Amérique du Nord, et essentiellement au XIXème ailleurs. A contrario, le réchauffement actuel est général et global (il touche 98% du globe), même si des différences de rythme sont connues (comme la rapidité du réchauffement arctique). Il y a là un fort argument pour une cause bien différente de celle des variations passées : alors qu'elles n'étaient pas suffisantes pour induire un phénomène d'ampleur, nous sommes parvenus à provoquer un changement d'une intensité sans précédent ni en température ni dans l'espace. Il n'est pas certain que la nouvelle soit bonne.
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