roger15

L'éclipse totale de Lune du 29 février 1504 dite "éclipse de Christophe Colomb".

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L'éclipse totale de Lune du 29 février 1504 dite "éclipse de Christophe Colomb".

 

Bonjour à toutes et bonjour à tous, :)

 

Je voudrais vous parler d'une éclipse totale de Lune qui m'avait beaucoup impressionné lorsque j'en ai entendu parler pour la première fois, dans le gros livre de 675 pages "Astronomie Populaire Camille Flammarion", édition de 1955 (actualisée à l'automne 1959) sous la responsabilité de Madame Gabrielle Camille Flammarion (Secrétaire Générale de la Société Astronomique de France), édition entièrement refaite avec la collaboration d'un groupe d'astronomes (dont Robert Sagot, bibliothécaire à la Société Astronomique de France) sous la direction de André Danjon (Directeur de l'Observatoire de Paris). C'est ma mère qui m'avait offert ce gros livre pour Noël 1964. En le parcourant j'ai appris pas mal de choses sur l'astronomie (qu'hélas on n'évoque plus dans les nouveaux livres traitant d'astronomie parus depuis des années quatre-vingts qui ont surtout beaucoup de très belles photographies en couleur mais relativement peu de textes... :confused: ). Le chapitre VI de cet ouvrage, intitulé "LES ÉCLIPSES" (pages 133 à 150), m'avait particulièrement intéressé. Ce chapitre évoquait surtout les éclipses de Soleil, mais en bas de la page 134 de ce gros livre j'ai lu ceci à propos d'une éclipse de Lune : « On dit que Christophe Colomb, menacé de mourir de faim, à la Jamaïque, avec sa petite armée, trouva le moyen de se procurer des vivres en déclarant aux Caraïbes qu'il allait les priver, dès le soir même, de la lumière de la Lune... L'éclipse était à peine commencée qu'ils se rendaient à lui. C'est l'éclipse du 1er mars 1504, observée en Europe, à Ulm par Stœfler, à Nuremberg par Bernard Walter, et arrivée à la Jamaïque à 6 heures du soir. »

 

J'étais émerveillé d'apprendre que le célèbre découvreur des Amériques, Christophe Colomb, avait été sauvé de la famine par ses connaissances en matière de mécanique céleste qui lui ont permis de savoir que le soir même de sa déclaration aux indiens Caraïbes la Lune allait être totalement éclipsée. Cela a aiguisé mon désir d'en savoir un peu plus (et même beaucoup plus !... ;) ) sur cette merveilleuse "mécanique céleste" qui permettait de prévoir les éclipses et les autres phénomènes astronomiques !...

 

Lorsque, au milieu des années soixante-dix , j'ai pu me procurer l'édition en fac-similé qui venait de paraître de la première édition de l'ouvrage "Astronomie Populaire" de Camille Flammarion écrit en 1879 et paru en 1880 (réimpression en fac-similé du 4ème trimestre de 1975 par les éditions Flammarion), j'ai été impatient de comparer ce qu'avait écrit Camille Flammarion en 1879 et ce qu'il y avait dans l'édition de 1955. En ce qui concerne l'éclipse dite de Christophe Colomb. Le chapitre IX était intitulé "Les éclipses" (pages 229 à 262), et évoquait ceci à la page 230 : « On sait comment Christophe Colomb, menacé de mourir de faim, à la Jamaïque, avec sa petite armée, trouva le moyen de se procurer des vivres en menaçant les Caraïbes de les priver désormais de la lumière de la Lune. L'éclipse était à peine commencée qu'ils se rendaient à lui. C'est l'éclipse du 1er mars 1504, observée en Europe par plusieurs astronomes et arrivée à la Jamaïque à 6 heures du soir. »

 

Voir la numérisation de cette page par Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k94887w/f247.image.

 

A quelques mots près les rédacteurs de l'édition de l'Astronomie Populaire de 1955 ont repris la description de Camille Flammarion en 1879. Seule différence importante : dans l'édition de 1880 à la page 231 on voit une gravure montrant Christophe Colomb indiquant la Lune qui s'éclipse aux indiens Caraïbes :

 

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Et le premier auteur de l'Astronomie Populaire, François Arago, que disait-il de cette fameuse éclipse totale de Lune de Christophe Colomb ? Eh bien, c'est très simple : il n'en parle pas !...

 

Dans la version racontée dans l'Astronomie Populaire de Camille Flammarion tant dans l'édition originale de 1880 que dans l'édition de 1955 il y a une inexactitude : on pourrait penser que les Indiens ont entendu parler de la "disparition de la Lune" juste le soir où l'éclipse était prévue dans les éphémérides que Christophe Colomb avait consultées. En réalité, les choses furent plus compliquées que cela, et Christophe Colomb fut beaucoup plus rusé pour obtenir des vivres de la part des "naturels".

 

Patrick Rocher, brillant calculateur à l'IMCCE (Institut de Mécanique Céleste et de Calculs des Ephémérides), a écrit ceci au sujet de l'éclipse totale de Lune dite de "Christophe Colomb" ceci qui est beaucoup plus exact (nous allons le voir) que ce qu'en ont dit les rédacteurs de l'Astronomie Populaire de Camille Flammarion (http://www.imcce.fr/en/formations/cours/rocher/eclipses/lune/lune_ancienne02.php) :

 

« L'éclipse de Colomb

 

Cette éclipse totale de Lune (m=1,097) eu lieu le 29 février de l'an 1504. Lors de son quatrième voyage Christophe Colomb, échoua sur les côtes de la Jamaïque. Suite à la mutinerie d'une partie de son équipage qui déroba une partie de ces réserves, Christophe Colomb se trouva à court de vivres, les indiens refusant de l'approvisionner. Christophe Colomb prédit aux indiens une éclipse totale de Lune trois jours avant sa venue et la présenta comme un signe céleste du mécontentement du Dieu des chrétiens. L'éclipse eu lieu effectivement la nuit du 29 février et fut, nous dit Christophe Colomb, d'un rouge sombre. Fortement impressionnés par ce phénomène céleste, les indiens ravitaillèrent Christophe Colomb et son équipage jusqu'à l'arrivée des secours, quatre mois plus tard. Christophe Colomb ne cite pas ses sources pour la détermination de cette éclipse. À cette époque trois sources étaient possibles : les éphémérides et Calendarium de Regiomontanus (pour Nuremberg), l'Almanach Perpetuum d'Abraham Zacuto (pour Salamanque) et enfin le Lunarium de Bernard Granollachs (pour Barcelone). Christophe Colomb a vraisemblablement utilisé le Calendarium de Regiomontanus. La Lune se lève éclipsée, C. Colomb va mesurer la durée de l'éclipse, cinq sabliers depuis le coucher du Soleil, et va en déduire la longitude du lieu. Dans le calcul de cette longitude, il va commettre une erreur importante de 37°. »

 

Pour l'anecdote, c'est de cette anecdote que s'est inspiré le dessinateur belge Hergé pour son album "Le temple du Soleil", mais avec une éclipse de Soleil et non de Lune (voir : http://eclipse-91600.e-monsite.com/pages/partie-3/tintin-et-le-temple-du-soleil.html).

 

Voyons maintenant les caractéristiques astronomiques exactes de cette éclipse totale de Lune dite de "Christophe Colomb" : d'après le remarquable site Internet intitulé "Cinq Millénaires (-1999 à +3000) d’Éclipses Lunaires" (http://xjubier.free.fr/site_pages/lunar_eclipses/5MCLE/xLE_Five_Millennium_Canon.html

) ; Xavier Jubier nous livre les éléments suivants (avec des précisions complémentaires obtenues grâce à l'excellent logiciel astronomique "Guide 8" de l'Américain Bill Gray) :

● Type d'éclipse : éclipse totale de Lune par l'ombre ;

● Saros : saros n° 105 ;

● Type d'éclipse : éclipse totale de Lune par l'ombre ;

● Date de l'éclipse jeudi 29 février / vendredi 1er mars 1504 ;

● Maximum de l'éclipse : vendredi 1er mars 1504 à 00h 42m (Temps Universel) ;

● Grandeur de l'éclipse dans la pénombre : 2,132 (le diamètre de la Lune étant égal à 1,000) ;

● Grandeur de l'éclipse dans l'ombre : 1,096 (le diamètre de la Lune étant égal à 1,000) ;

● Durée de l'éclipse dans l'ombre : 206 minutes (soit 3 heures et 26 minutes) ;

● Durée de la totalité : 48 minutes.

 

Dans son site Internet intitulé "Lunar eclipse page" (http://eclipse.gsfc.nasa.gov/lunar.html) la NASA donne (à la page "Catalog of Lunar Eclipses Saros Series": http://eclipse.gsfc.nasa.gov/LEsaros/LEsaroscat.html) la NASA fournit la liste des 180 saros entre le 14 mars -2570 et le 26 novembre 4114. A la page http://eclipse.gsfc.nasa.gov/LEsaros/LEsaros105.html la NASA indique les dates de toutes les 73 éclipses lunaires du saros n° 105. Nous y voyons que l'éclipse totale dite de "Christophe Colomb" du vendredi 1er mars 1504 était la 53ème de ce saros n°105.

 

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D'après ce site Internet de la NASA les horaires et les circonstances de cette éclipse totale étaient les suivants :

● Maximum de l'éclipse : vendredi 1er mars 1504 à 00h 44m 47s (Temps Universel) ;

● Grandeur de l'éclipse dans la pénombre : 2,1318 (le diamètre de la Lune étant égal à 1,000) ;

● Grandeur de l'éclipse dans l'ombre : 1,0956 (le diamètre de la Lune étant égal à 1,000) ;

● Durée de l'éclipse dans l'ombre : 205,8 minutes (soit 3 heures et 25,8 minutes) ;

● Durée de la totalité : 47,6 minutes.

● Durée de l'éclipse dans la pénombre : 339,7 minutes (soit 5 heures et 39,7 minutes) ;

 

Le logiciel "Guide 8" donne les horaires suivants pour cette éclipse totale de Lune :

● Entrée dans la pénombre : jeudi 29 février 1504 à 21h 49m (Temps Universel) ;

● Entrée dans l'ombre : jeudi 29 février 1504 à 22h 56m (Temps Universel) ;

● Début de la totalité : vendredi 1er mars 1504 à 00h 14m (Temps Universel) ;

● Fin de la totalité : vendredi 1er mars 1504 à 01h 06m (Temps Universel) ;

● Sortie de l'ombre : vendredi 1er mars 1504 à 02h 24m (Temps Universel) ;

● Sortie de la pénombre : vendredi 1er mars 1504 à 03h 31m (Temps Universel).

 

Christophe Colomb se trouvait alors à la baie de Santa Gloria sur l'île de la Jamaïque (qu'il a appelé alors l'île "Santiago"), ce lieu s'appelle aujourd'hui la "Baie de Don Christophe" ("Don Christopher Dove") et est située par 18° 27,0' de latitude Nord et 77° 11,0' de longitude Ouest (son décalage horaire avec le Temps Universel est de -5 heures ; soit le même fuseau horaire que la côte Est des États-Unis).

 

Pour ce lieu, le logiciel "Guide 8" indique ceci pour la soirée et la nuit du jeudi 29 février au vendredi 1er mars 1504 :

● Heure où le centre du Soleil passe au méridien : jeudi 29 février 1504 à 17h 19m (Temps Universel ; soit 12h 19 m fuseau horaire actuel de la Jamaïque) ;

● Heure où le centre de la Lune se lève : jeudi 29 février 1504 à 23h 11m (Temps Universel ; soit 18h 11 m fuseau horaire actuel de la Jamaïque) ;

● Heure où le centre du Soleil se couche : jeudi 29 février 1504 à 23h 17m (Temps Universel ; soit 18h 17 m fuseau horaire actuel de la Jamaïque) ;

● Heure où le centre de la Lune passe au méridien : vendredi 1er mars 1504 à 05h 28m (Temps Universel ; soit 00h 28 m fuseau horaire actuel de la Jamaïque) ;

● Heure où le centre de la Lune se couche : vendredi 1er mars 1504 à 11h 40m (Temps Universel ; soit 06h 40 m fuseau horaire actuel de la Jamaïque) ;

● Hauteur de la Lune au-dessus de l'horizon théorique à 22h 56 m (Temps Universel soit 17 56 m fuseau horaire actuel de la Jamaïque) heure de début de l'entrée de la Lune dans l'ombre : -16,3° ;

● Hauteur de la Lune au-dessus de l'horizon théorique à 00h 14 m (Temps Universel soit 19 04 m fuseau horaire actuel de la Jamaïque) heure du début de l'éclipse totale de la Lune dans l'ombre : +13,5° ;

● Hauteur de la Lune au-dessus de l'horizon théorique à 00h 45 m (Temps Universel soit 19 45 m fuseau horaire actuel de la Jamaïque) heure de maximum de la totalité : +20,6° ;

● Hauteur de la Lune au-dessus de l'horizon théorique à 00h 52 m (Temps Universel soit 19 52 m fuseau horaire actuel de la Jamaïque) heure de la fin de l'éclipse totale : +22,2° ;

● Hauteur de la Lune au-dessus de l'horizon théorique à 02h 22 m (Temps Universel soit 20 22 m fuseau horaire actuel de la Jamaïque) heure de la fin de l'éclipse dans l'ombre : +42,7°.

 

Maintenant vous aimeriez peut-être avoir plus de détails sur cette fameuse éclipse dite de "Christophe Colomb". Pour cela je vous propose d'abord de consulter Wikipédia qui évoque ainsi le quatrième et dernier voyage de Christophe Colomb aux Amériques (http://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Colomb#HEERS) :

« Aucun récit exhaustif ne décrit précisément les événements survenus lors de ce quatrième et dernier voyage entamé par Colomb le 11 mai 1502. Il semble en effet que l'Amiral n'ait pas tenu de journal, et seul peut-être son fils Fernando, alors âgé de treize ans, aurait pris sous la dictée des observations de son père, dont quelques traces figurent dans l'histoire qu'il a écrite plus tard. Seule une relation abrégée écrite par Colomb, rédigée vers les mois de juin/juillet 1503, et à destination des rois est parvenue jusqu'à nous.

 

Le 15 juin 1502, il passe à proximité de la Martinique, le 18 il atteint la Dominique et parvient le 24 devant Saint-Domingue. Malgré l'interdiction royale d'aborder à cette île, Colomb a senti l'imminence d'un cyclone et souhaite abriter sa flotte.

 

Colomb navigue le long des côtes du Veraga et du Panama jusqu'en juin 1503.

 

Ce sont des bateaux faisant eau de partout que Colomb fait échouer dans la baie de Santa Gloria et hâler sur la rive de l'île de la Jamaïque le 25 juin 1503. Ils y survivent un an jusqu'à ce que des secours les rejoignent à la fin juin 1504.

 

Les survivants repartent finalement pour l'Espagne le 12 septembre 1504, et arrivent le 7 novembre dans le port de Sanlúcar de Barrameda. »

 

Ensuite, il faut savoir que récit de l'épisode de l'éclipse totale de Lune du 1er mars 1504 figure dans le livre "Histoire de la vie et des voyages de Christophe Colomb" ("The Life and Voyages of Christopher Columbus") de Washington Irving, publié en 1828, Tome troisième, Livre XVI, pages 292 à 295 : http://archive.org/stream/histoiredelavie04unkngoog#page/n306/mode/1up

 

Voici le récit détaillé de cette soirée du jeudi 29 février au vendredi 1er mars 1504 :

« Pendant ce temps, la disette augmentait tous les jours. Les Indiens voyaient les besoins des hommes blancs, et ils avaient appris d'eux l'art de trafiquer. Ils demandaient dix fois plus d'objets que dans le commencement pour les moindres provisions, et ils les apportaient en petite quantité pour exciter l'avidité des Espagnols pressés par la faim. Enfin, ces légers secours cessèrent tout à fait, et les Espagnols se virent réduits à la plus affreuse détresse. Il paraît que les mensonges de Porras et de sa bande avaient excité l'indignation des naturels, et qu'ils cachaient toutes les provisions, dans l'espoir, ou de causer la mort de l'amiral et de ses compagnons ou de les forcer à quitter l'île.

 

Dans cette extrémité ; une heureuse idée se présenta à l'imagination de Colomb. Ses connaissances astronomiques lui firent connaître que dans trois jours il y aurait, à l'entrée de la nuit, une éclipse de Lune totale. En conséquence, il envoya un Indien de l'île d'Hispaniola, qui lui servait d'interprète, convoquer les principaux caciques pour une grande conférence, qu'il fixa au jour de l'éclipse. Lorsqu'ils furent tous rassemblés, l'amiral leur dit par l'organe de l'interprète que ses compagnons et lui étaient les adorateurs d'un Dieu qui habitait le ciel ; que ce Dieu se montrait favorable à tous ceux qui faisaient le bien, mais qu'il punissait les transgresseurs de ses lois et les méchants ; qu'ils avaient pu remarquer eux-mêmes qu'il avait protégé le voyage de Diego Mendez et de ses compagnons, qui étaient partis par les ordres de leur chef, tandis que, pour punir la rébellion de Porras et de sa troupe, il leur avait envoyé des vents contraires et des tempêtes ; que ce Dieu puissant était irrité contre les Indiens, qui, au mépris des traités, avaient refusé de fournir des provisions à ses fidèles adorateurs , et qu'il allait les en punir par la famine et la peste ; que de crainte qu'ils ne fussent sourds à cet avertissement, il ferait paraître cette nuit même dans les cieux un signe visible de sa colère : ils verraient la Lune changer de couleur et retirer par degrés sa lumière; marque infaillible des châtiments effroyables qui les attendaient.

 

A cette prédiction faite d'un ton solennel, beaucoup d'Indiens prirent l'alarme ; d'autres la traitèrent avec dérision , mais tous attendirent la nuit dans une morne inquiétude. Lorsqu'ils aperçurent une ombre épaisse s'avancer lentement sur le disque de la Lune , ils commencèrent à trembler.

Leurs craintes augmentèrent à mesure que l'ombre s'épaissit et lorsqu'ils virent une obscurité mystérieuse se répandre sur toute la nature, leur terreur ne connut plus de bornes. Courant chercher toutes les provisions qu'ils purent se procurer, ils se précipitèrent vers les vaisseaux, en poussant des cris et des gémissements lamentables. Ils se jetèrent aux pieds de Colomb, le supplièrent d'intercéder auprès de son Dieu, pour obtenir de lui de détourner les affreux malheurs qui les menaçaient, et ils l'assurèrent qu'à l'avenir ils lui apporteraient tout ce qu'il pourrait désirer. Colomb leur dit alors, qu'il allait se retirer pour communiquer avec la divinité. S'enfermant dans sa cabine, il y resta tout le temps que l'éclipse augmenta, pendant que les forêts et les côtes voisines retentissaient des hurlements et des supplications des sauvages. Lorsque l'amiral vit que l'éclipse allait diminuer, il sortit et il dit aux naturels qu'il avait intercédé pour eux auprès de son Dieu, qui, à condition qu'ils tiendraient leurs promesses, daignait leur pardonner pour cette fois, et qui, pour preuve de sa clémence, allait retirer le nuage qui voilait l'éclat de la Lune.

 

Lorsque les Indiens virent cet astre reprendre toute sa splendeur, et parcourir le firmament dans toute sa beauté première, ils accablèrent l'amiral de remerciements pour son intercession, et ils retournèrent chez eux, enchantés d'avoir échappé à de si grands désastres. Depuis ce moment ils regardèrent Colomb avec un respect mêlé de crainte, comme un homme qui jouissait de la faveur spéciale et de la confiance intime de la divinité, puisqu'il savait sur la terre ce qui se passait dans les cieux. Ils s'empressèrent de se le rendre propice par des offrandes de toute espèce ; des provisions abondantes arrivèrent chaque jour au port, et les Espagnols n'eurent plus à craindre la famine. »

 

 

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Roger le Cantalien. :rolleyes:

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Bravo Roger :) pour ce superbe article. Mais je me demande quand même quelle est la véracité de cette histoire. La légende pourrait bien s'être superposée à la réalité. Christophe Colomb c'est encore le Moyen Age, et les commentateurs de l'époque n'hésitaient pas parfois à déformer la réalité et à en "rajouter un peu", comme on dit. Quand on voit comment sont traitées les apparitions de comètes au XVe et au XVIe siècle, on est en droit de se poser la question.

 

Moi aussi je possède encore L'astronomie populaire Camille Flammarion de 1955. C'est l'un des premiers livres que j'ai achetés en 1964. A l'époque, c'était le top.

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Moi aussi je possède encore L'astronomie populaire Camille Flammarion de 1955. C'est l'un des premiers livres que j'ai achetés en 1964. A l'époque, c'était le top.

Bonjour Mon Cher Whiston, :)

 

Félicitation d'avoir conservé cet excellent livre !.. :be: :be: :be:

 

L'année suivante, en 1965, j'ai - grâce à mon frère aîné Charles qui était typographe à l'imprimerie Larousse à la Vache Noire à Montrouge (Hauts-de-Seine) - pu avoir, à un prix spécial pour les employés de chez Larousse, l'extraordinaire livre de Lucien Rudaux (né le 16 octobre 1874 à Caudebec-lès-Elbeuf en Seine-Inférieure [actuel département de la Seine-Maritime depuis le 18 janvier 1955] décédé à Paris le 15 mars 1947) "L'astronomie, les astres, l'univers" (dont la première édition, parue à titre posthume, datait de 1948), qui était le directeur de l'Observatoire de Donville dans la Manche. André Danjon, alors directeur de l'Observatoire de Paris en avait rédigé la préface et c'est Gérard de Vaucouleurs (né le 25 avril 1918 à Paris, décédé le 7 octobre 1995 à Austin dans le Texas), à la demande de la veuve de Lucien Rudaux (née Marie-Louise Cloche), qui en avait assuré la finition et la mise en page après le décès de l'auteur.

 

 

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Ce très bel ouvrage ouvrage a été, après le décès de Lucien Rudaux en 1947, achevé par Gérard de Vaucouleurs (attaché de recherches à l'Institut d'Astrophysique de Paris). Gérard de Vaucouleurs commence ainsi, d'une manière très émouvante, l'introduction à ce magnifique ouvrage : « Lorsque, conseillée par M. DANJON, Mme RUDAUX me fit l'honneur de me confier la charge de reprendre et d'achever cet ouvrage auquel Lucien RUDAUX avait travaillé, persévérant et enthousiaste en dépit de difficultés matérielles, pendant les ses dernières années, et, peut-on dire, presque jusqu'à son dernier souffle, j'eus vraiment l'impression émouvante de recueillir le flambeau spirituel qu'il avait entretenu et porté avec foi tout au long de sa vie. »

 

Un dernier mot au sujet de ce magnifique ouvrage de Lucien Rudaux : il commence par un "AVANT-PROPOS", très émouvant lui-aussi, d'André Danjon, directeur de l'Observatoire de Paris : « Lorsque je vis Lucien Rudaux pour la dernière fois, il m'entretint longuement de cet ouvrage auquel il apportait beaucoup de soins, et dont il me demanda d'écrire l'Introduction. Je me récusai, bien à regret, en invoquant une règle générale que je m'étais imposée. Quelques semaines plus tard, il succombait, après une brève mais cruelle maladie, laissant inachevé le fruit de ses dernières veilles. Aujourd'hui, l'ouvrage, remis sur le chantier par M. G. de Vaucouleurs, est prêt à paraître, et Mme Lucien Rudaux, porte-parole de l'auteur disparu, me fait entendre l'écho de sa requête : je n'ai plus rien à refuser à l'ami, hélas défunt, et je lui dédie ce dernier hommage. »

 

L'Union Astronomique Internationale a honoré Lucien Rudaux en lui dédiant l'astéroïde n° 3574 (voir : http://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=3574;orb=1).

 

 

Maintenant, Whiston, à propos de l'éclipse totale de Lune dite de "Christophe Colomb", je te trouve bien sévère lorsque tu déclares :

Mais je me demande quand même quelle est la véracité de cette histoire. La légende pourrait bien s'être superposée à la réalité. Christophe Colomb c'est encore le Moyen Age, et les commentateurs de l'époque n'hésitaient pas parfois à déformer la réalité et à en "rajouter un peu", comme on dit. Quand on voit comment sont traitées les apparitions de comètes au XVe et au XVIe siècle, on est en droit de se poser la question.

Je crois, et l'étude assez approfondie que j'ai faite (d'après les logiciels astronomiques modernes et les sites Internet que j'ai signalés) sur les circonstances de cette éclipse totale le prouve selon mon modeste avis, que cette histoire est véridique. Certes, elle a pu être légèrement enjolivée par la suite, d'autant plus que Christophe Colomb n'a pas laissé de documents écrits sur son quatrième voyage aux Amériques contrairement aux trois premiers, mais n'est-ce pas le cas de tout ce que l'on peut lire dans la littérature ancienne ?

 

Je me tourne à ce propos vers les "bibliophiles" du forum Webastro (par exemple le "hibou astram bibliophage" Ygogo ;) ) : peuvent-ils essayer de nous fournir un lien Internet d'un vieux livre ou d'un vieux document (autre que l'ouvrage paru en 1828 dont j'ai parlé plus haut) qui évoquerait cette éclipse totale de Lune à la Jamaïque le 29 février 1504 ? Merci par avance. :)

 

Roger le Cantalien. :rolleyes:

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Roger :), tu me trouves "sévère" :b: avec une partie de ton histoire. Il y a deux choses :

 

1. L'éclipse ne fait pas de doute, et tu racontes fort bien l'histoire :rolleyes:.

 

2. Le rapport de Colomb avec les Indiens. Comment croire que des Espagnols qui n'étaient pas des tendres (on l'a vu avec la conquête de l'Amérique) se seraient laissé mourir de faim, alors que les Indiens étaient "gras comme des pâtés" :be: ? Pas besoin d'éclipse pour convaincre les Indiens, de gré ou de force, à sortir leurs provisions. Cette histoire sent la légende à plein nez :be::be::be:.

 

Ce qui n'enlève rien, Roger, à l'intérêt de ton article.

 

PS : Moi aussi, j'ai le bouquin de Rudaux, évidemment.

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(...)Je me tourne à ce propos vers les "bibliophiles" du forum Webastro (par exemple le "hibou astram bibliophage" Ygogo ;) ) : peuvent-ils essayer de nous fournir un lien Internet d'un vieux livre ou d'un vieux document (autre que l'ouvrage paru en 1828 dont j'ai parlé plus haut) qui évoquerait cette éclipse totale de Lune à la Jamaïque le 29 février 1504 ? Merci par avance.(...)

 

Bonsoir Roger

 

Promis, je vais essayer de trouver quelque chose... mais je ne peux pas garantir le résultat ! :confused:

 

Pour dire à quel point ma bibliothèque personnelle est lacunaire : je n'ai pas ce livre de Rudaux :cry:

 

A suivre...

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Roger :), tu me trouves "sévère" :b: avec une partie de ton histoire. Il y a deux choses :

 

1. L'éclipse ne fait pas de doute, et tu racontes fort bien l'histoire :rolleyes:.

 

2. Le rapport de Colomb avec les Indiens. Comment croire que des Espagnols qui n'étaient pas des tendres (on l'a vu avec la conquête de l'Amérique) se seraient laissé mourir de faim, alors que les Indiens étaient "gras comme des pâtés" :be: ? Pas besoin d'éclipse pour convaincre les Indiens, de gré ou de force, à sortir leurs provisions. Cette histoire sent la légende à plein nez :be::be::be:.

 

 

Bonsoir,

 

Concernant les rapports de Colomb avec les indiens, le texte expose précisément les difficultés du recours à la force. Et Colomb n'est pas espagnol :) Je pense que de ce coté c'est crédible.

A mon avis Colomb n'avait rien a voir avec Cortez au niveau mentalité. Ce qui ne veut pas dire qu'il se serait laissé mourir de faim, mais il a trouvé un moyen plus subtil :)

 

 

Par contre que le résultat de la manoeuvre ait été embelli dans la description, sans doute.

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Voilà une suite possible....

 

Un certain baron Von Zach a écrit de fort intéressantes pages sur ce sujet.

 

Et le GrandGlouGlouMagiqueAutantQuePhilanthrope (c'est lui qui le dit) met à la disposition du monde entier le tome XI de sa "Correspondance Astronomique, Géographique, Hydrographique et Statistique" paru en 1824.

 

Comme vous n'avez pas forcément envie de vous farcir les cinq cent vingt huit pages du bouquin, cliquez là :

http://books.google.fr/books?id=aCQyAQAAMAAJ&pg=PA223&lpg=PA223&dq=%C3%A9clipse+lune+1504&source=bl&ots=YOmuOfDqP_&sig=YTvluXiP4R5ld1G6hJQ9TnmWGBM&hl=fr&sa=X&ei=ocPAUOOjA86ThgfU8oH4Bg&ved=0CFoQ6AEwBzgo#v=onepage&q=%C3%A9clipse%20lune%201504&f=false

 

et vous n'avez plus qu'une douzaine de pages à lire pour voir que les histoires "réelles" sont généralement plus compliquées que les "histoires que l'on colporte en faisant du copier-coller" (le procédé existait déjà bien avant les logiciels de traitement de texte...)

 

Bonne lecture !

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Très intéressant le texte de von Zach (un drôle de bavard entre parenthèses :D). Mais le doute subsiste et subsistera encore sur le rapport exact entre les Indiens (pas si sympa que ça puisqu'ils voulaient affamer :be: les Espagnols (pas très commodes, surtout s'ils étaient réellement affamés :be:). Il n'en demeure pas moins que cette histoire astronomico-historique est intéressante et Roger a eu raison de nous la remémorer.

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Bonjour Cpeg :) et bonjour Ygogo :) ,

 

Merci pour vos judicieuses remarques. Tu as raison de souligner, Cpeg que Christophe Colomb (qui n'était point espagnol mais génois, donc italien ;) ) était un explorateur et non un de ces affreux et détestables conquistadors comme le sinistre Hernán Cortés :mad: :mad: :mad: (qui aurait été passible du Tribunal Pénal International s'il avait pu exister à cette époque !... :confused: ).

 

Merci surtout à toi, Ygogo, d'avoir indiqué le lien Internet de la "Correspondance Astronomique" du baron François-Xavier de Zach : lettre n° X de M. le baron François-Xavier de Zach datée de Gêne, le 1er septembre 1824, publiée dans "La correspondance astronomique, géographique, hydrographique et statistique", volume onzième, paru à Gêne en 1824 sous le titre de "Calcul des éclipses de Lune et de Soleil" (troisième cahier, pages 209 à 237) : http://books.google.fr/books?id=aCQyAQAAMAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false.

 

C'est aux pages 223 à 234 que le baron de Zach évoque cette fameuse éclipse totale de Lune dite de "Christophe Colomb". J'ai beaucoup aimé lire sa démonstration sur la réalité de l'observation de cette éclipse, que certains dans les décennies qui ont suivi ont estimé douteuse (page 232) « Il y a eu des personnes qui ont voulu mettre en doute l'histoire de l'éclipse de Colomb, et la faire passer pour un conte, ou du moins pour une broderie de l'historien. Ils prétendent que Colomb n'était pas en état de calculer cette éclipse, comme l'assurent plusieurs historiens, car de son temps un pareil calcul était une grande affaire, d'autant plus qu'on n'avait pas le secours des logarithmes. »

 

Grâce au baron de Zach, j'ai appris (à la page 221) quel était exactement l'ouvrage qui a rendu compte pour la première fois du quatrième voyage de Christophe Colomb aux Amériques : il est dû à son fils Ferdinand Colomb, qui était présent à ses côtés lors de cet ultime voyage de son père : "Historie del Signor D. Fernando Colomb" paru à Gêne en 1685. Le baron de Zach signale, à la page 227 de sa "Correspondance Astronomique pour 1824" que c'est à partir de la page 473 (chapitre CIII) que Ferdinand Colomb raconte l'anecdote de l'éclipse totale de Lune.

 

Grâce à l'excellent site Internet américain de numérisation des vieux livres "archive.org" (http://archive.org/details/texts) j'ai pu retrouver la traduction française, due à Eugène Muller (1823-1913) de la bibliothèque de l'Arsenal du livre de Fernand Colomb "Histoire de la vie et des découvertes de Christophe Colomb par Fernand Colomb son fils" (http://archive.org/stream/historiedela00colbrich#page/n6/mode/1up) :

 

Dans ce livre, au chapitre LXXXVIII (intitulé "Comment l'amiral eut raison des obstacles que les indiens avaient résolu de mettre au ravitaillement des Espagnols"), pages 281 à 283, Fernand Colomb raconte pour la première fois, l'épisode de l'éclipse totale de la Lune à la Jamaïque le jeudi 29 février 1504 :

 

« COMMENT L'AMIRAL EUT RAISON DES OBSTACLES QUE LES INDIENS AVAIENT RÉSOLU DE METTRE AU RAVITAILLEMENT DES ESPAGNOLS.

 

Après le départ des séditieux, l'Amiral eut la satisfaction de voir, grâce à l'abondance relative qui régnait parmi les Espagnols, la plupart des malades revenir à la santé. Cette abondance était due surtout aux Indiens qui d'abord nous avaient très régulièrement approvisionnés ; mais, outre qu'ils n'étaient pas gens à faire de grands travaux, dans leurs champs pour en tirer d'abondants produits, et que d'ailleurs la consommation d'un seul Espagnol équivalait à celle d'au moins vingt Indiens, ils ne laissèrent pas, grâce aux propos et aux actes vexatoires des séditieux, de concevoir pour nous des sentiments hostiles; ils résolurent de ne plus nous apporter des vivres. La situation était embarrassante et délicate. Pour les obliger de force à nous ravitailler, il eût fallu que la plupart des nôtres s'en allassent guerroyer à terre, en laissant pour ainsi dire seul sur les navires l'Amiral, que ses accès de goutte tourmentaient et accablaient de plus en plus. Le désir de posséder les choses que nous avions coutume de leur donner en échange n'était plus assez vif chez eux pour que nous pussions y trouver un moyen de les attirer, à moins peut-être de décupler le prix ordinaire des moindres choses, ce qui eût été nous mettre bientôt hors d'état de les satisfaire. Nous ne savions donc à quel parti nous arrêter, quand Dieu, qui n'abandonne jamais ceux qui ont confiance en lui, mit en l'esprit de l'Amiral une inspiration des plus heureuses.

 

Par l'entremise d'une Indienne, originaire de l'île Espagnole, qui était avec nous, il fit savoir aux principaux habitants du pays qu'il désirait avoir avec eux un entretien au sujet d'une fête qu'il voulait leur donner. Ils vinrent , et quand il les vit réunis. « Nous sommes, leur fit-il dire par son interprète, des chrétiens, adorant un Dieu qui habite le ciel, et qui plein d'amour pour les bons, châtie terriblement les méchants , même quand ils sont des rois, Vous avez pu voir qu'il n'a pas permis à ceux d'entre nous qui se sont révoltés, de passer dans l'île Espagnole, ainsi que l'ont pu faire les fidèles que nous avons nous-mêmes envoyés. C'est pourquoi ce Dieu , qui nous aime, voyant que vous ne voulez plus nous apporter, ni nous vendre aucune provision, est fort irrité contre vous, et a résolu de vous envoyer la famine et les maladies. Or, comme vous pourriez ne pas avoir foi en ces paroles, qu'il m'a chargé de vous faire entendre, sachez qu'il se propose de vous montrer, la nuit prochaine, un signe de sa colère, en mettant sur la Lune une sombre teinte de sang, qui vous sera une preuve des maux qui vous menacent. »

 

Les Indiens, après avoir entendu parler ainsi l'Amiral, s'en allèrent, les uns quelque peu troublés, les autres riant de ses prétendues prédictions.

 

Or, le prodige dont l'Amiral les avait menacés, n'était autre qu'une éclipse de lune, dont il connaissait la date précise.

 

Lorsque, en effet, un peu après son lever, la Lune commença d'apparaître voilée et rougeâtre, les Indiens furent saisis d'une véritable terreur, et comme à mesure que l'astre montait le phénomène devenait plus sensible, ils se hâtèrent de prendre avec eux de grandes quantités de vivres et d'accourir aux navires, en poussant des lamentations et en assurant l'Amiral, que s'il voulait bien intercéder pour désarmer la colère de son Dieu, ils s'engageraient à ne jamais laisser les chrétiens manquer de rien à l'avenir.

 

L'Amiral répondit qu'il allait en conférer avec le Dieu; et à cet effet, il s'enferma dans sa chambre, pendant que la lune- continuait à s'obscurcir. Les Indiens, se lamentant de plus belle, réitéraient leurs plus pressantes promesses.

 

Lorsque le moment fut venu où l'éclipse allait décroître, l'Amiral sortit et déclara aux Indiens qu'il n'avait obtenu leur pardon qu'à la condition que, désormais, ils traiteraient convenablement les chrétiens, et s'occuperaient de les fournir de tout ce qui pourrait leur être nécessaire. Les Indiens s'y engagèrent et tinrent parole. Et l'Amiral rendit humblement grâce à Notre-Seigneur qui, une fois de plus, lui avait été si opportunément secourable, en permettant, qu'aidé de la science humaine, il se fût révélé à ces peuples ignorants comme participant de la puissance divine. »

 

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Roger le Cantalien. :rolleyes:

Modifié par roger15

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