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C'est long mais c'est bon ! V2 de ce post très bien. Faut prendre le temps de regarder les vidéos aussi.

Merci Michel pour cette page de culture et d'histoire 🙂 

Posté

On en a détecté 25, mais la section efficace d'interaction est ultra-petite : ce n'est pas pour rien que l'interaction est dite faible !

En réalité, le détecteur Kamiokande (qui en a détecté 11) en a reçu 3 milliards par centimètre carré.

 

Un calcul assez simple montre que pour arrêter la moitié de ces neutrinos, il faudrait une épaisseur d'eau de 0,7 année-lumière.

 

Autre fait qui donne le vertige : les neutrinos ayant une masse, ils se déplacent à une vitesse légèrement inférieure à celle de la lumière. Pourtant, leur retard était au maximum de quelques heures (la bouffée de neutrinos a été détectée avant que l'on voie la supernova, mais l'émission de lumière commence un peu après, le temps que les couches externes opaques de l'étoile soient suffisamment évacuées par l'explosion)... pour un trajet qui a duré 168.000 ans !

Je ne me suis pas amusé à calculer quelle limite supérieure cela imposait à la masse des neutrinos.

Posté
il y a 11 minutes, Moot a dit :

On en a détecté 25, mais la section efficace d'interaction est ultra-petite : ce n'est pas pour rien que l'interaction est dite faible !

En réalité, le détecteur Kamiokande (qui en a détecté 11) en a reçu 3 milliards par centimètre carré.

 

Un calcul assez simple montre que pour arrêter la moitié de ces neutrinos, il faudrait une épaisseur d'eau de 0,7 année-lumière.

 

Autre fait qui donne le vertige : les neutrinos ayant une masse, ils se déplacent à une vitesse légèrement inférieure à celle de la lumière. Pourtant, leur retard était au maximum de quelques heures (la bouffée de neutrinos a été détectée avant que l'on voie la supernova, mais l'émission de lumière commence un peu après, le temps que les couches externes opaques de l'étoile soient suffisamment évacuées par l'explosion)... pour un trajet qui a duré 168.000 ans !

Je ne me suis pas amusé à calculer quelle limite supérieure cela imposait à la masse des neutrinos.

 

Merci pour ces explications :) 

Je ne savais pas que les neutrinos se déplaçaient moins vite que la lumière, alors soit les photons mettent un temps fou à traverser l'étoile, soit la différence de vitesse doit être vraiment minime. 

 

Pendant que je te tiens, comment expliquerais-tu que les filaments de soufre sont moins étendus que ceux d'hydrogène et oxygène, mais aussi que ceux d'hydrogène sont moins étendus que ceux d'oxygène ? 

Soit c'est juste une question de filtres soit c'est autre chose. 

 

Dans ma compréhension l'hydrogène est le premier élément à être fusionné, vient ensuite l'oxygène et en dernier lieu le soufre. 

L'étoile se retrouve en pelure d'oignons, donc H à l'extérieur, puis O et enfin S juste avant le fer. 

Si l'étoile s'effondre, les couches vont rebondir successivement sur le coeur de fer, mais je ne sais pas trop dans quel ordre elles sont éjectées ?

Ou alors c'est là aussi une question de masse atomique des différents gaz qui ferait que certains sont moins rapides que d'autres ?

Bref je m'interroge, mais comme j'y connais pas grand-chose en chimie ni astrophysique, un peu d'aide serait bienvenue :D  

Posté (modifié)
Il y a 5 heures, Colmic a dit :

comment expliquerais-tu que les filaments de soufre sont moins étendus que ceux d'hydrogène et oxygène, mais aussi que ceux d'hydrogène sont moins étendus que ceux d'oxygène ?

Salut Michel !
Tout d'abord c'est de la belle image tout ça, un M1 sacrément résolu que je n'avais pas vu à ce niveau chez les "amateurs". L'extension sur en partie haute de ton image, jamais vue non plus !
Gros boulot sur l'accompagnement, ça aussi j'aime bien.

Je ne suis pas astrophysicien, j'essaye de comprendre les phénomènes à mon niveau et ta question m'a interpellé car j'avais regardé ça pour M57. J'ai regratté un peu le sujet à l'aide d'une IA qui ne me semble pas raconter trop de conner*** sur ces sujets.
La réponse à ta question tient en un bon nombre de lignes que je ne te synthétiserai pas pour ne pas me prendre les pieds dans le tapis. Toutefois, je te conseille de partir de M57 (ou NP équivalente) et de sa structure en peau d'oignon pour aller ensuite sur M1 et sa structure en filaments avec au centre, un pulsar qui envoie du bois.. La réponse qui m'a été donnée est confirmée par ton animation SII/Ha/OIII, alors re-bravo !

Modifié par krotdebouk
Posté
Il y a 14 heures, krotdebouk a dit :

Je ne suis pas astrophysicien, j'essaye de comprendre les phénomènes à mon niveau et ta question m'a interpellé car j'avais regardé ça pour M57. J'ai regratté un peu le sujet à l'aide d'une IA qui ne me semble pas raconter trop de conner*** sur ces sujets.
La réponse à ta question tient en un bon nombre de lignes que je ne te synthétiserai pas pour ne pas me prendre les pieds dans le tapis. Toutefois, je te conseille de partir de M57 (ou NP équivalente) et de sa structure en peau d'oignon pour aller ensuite sur M1 et sa structure en filaments avec au centre, un pulsar qui envoie du bois.. La réponse qui m'a été donnée est confirmée par ton animation SII/Ha/OIII, alors re-bravo !

 

Merci pour ta réponse :) 

 

Alors j'ai demandé à Gemini, et j'ai enfin ma réponse...

 

 En synthèse : 

Citation

 

- le soufre, situé très près du coeur de l'étoile dans sa structure en pelure d'oignon, possède également une masse atomique beaucoup plus élevée que l'hydrogène et l'oxygène, par conséquent il est éjecté plus tardivement et avec moins de vitesse

 

- Le pulsar génère un vent de particules ultra-énergétiques qui produit un rayonnement dit synchrotron (très riche en rayons X et en ultraviolets extrêmes). 

  • L'hydrogène s'ionise très facilement avec des photons de basse énergie. Il a tendance à briller intensément dans des zones plus denses et confinées (les cœurs des filaments).
  • L'oxygène doublement ionisé (OII ou OIII) responsable de la lumière verte/bleue très étendue, nécessite des photons beaucoup plus énergétiques (35,1 eV) pour être produit. Les photons très énergétiques du pulsar voyagent plus loin à travers le gaz moins dense avant d'être absorbés, créant ainsi une enveloppe ionisée beaucoup plus large et diffuse autour du cœur des filaments.

Le bord externe du filament est directement exposé au rayonnement violent du pulsar. Le gaz y est moins dense, plus chaud, et l'oxygène y est fortement ionisé en OIII, créant cette impression visuelle de filaments d'oxygène enveloppant et dépassant largement les structures d'hydrogène. 

 

 

Et donc : CQFD, j'avais bien vu, les images étaient bien réelles :D 

La vache j'ai réussi à faire de la science à partir d'une simple image d'une nébuleuse, comme quoi c'est pas mal aussi d'analyser ses propres images au-delà de la simple belle photo :D 
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