Aller au contenu

Colmic

Animateur
  • Compteur de contenus

    9649
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    100

Tout ce qui a été posté par Colmic

  1. Oué mais sur ma bécane (portable ASus gamer avec 3080GTX et 32Go de ram) un BXT avec drizzle 2x c'est moins de 30s. Donc ça va
  2. Et j'aouterais, en outre, que je suis d'accord avec tout ça Moi je me pose plus de questions : le drizzle 2x sous Siril est très rapide, donc je m'en passe plus. Ca me permet de garder une bonne taille d'objet, sur les petites galaxies ou np, en cropant le reste pour revenir à la taille du capteur.
  3. Merci pour ta réponse Alors j'ai demandé à Gemini, et j'ai enfin ma réponse... En synthèse : Et donc : CQFD, j'avais bien vu, les images étaient bien réelles La vache j'ai réussi à faire de la science à partir d'une simple image d'une nébuleuse, comme quoi c'est pas mal aussi d'analyser ses propres images au-delà de la simple belle photo
  4. Merci pour ces explications Je ne savais pas que les neutrinos se déplaçaient moins vite que la lumière, alors soit les photons mettent un temps fou à traverser l'étoile, soit la différence de vitesse doit être vraiment minime. Pendant que je te tiens, comment expliquerais-tu que les filaments de soufre sont moins étendus que ceux d'hydrogène et oxygène, mais aussi que ceux d'hydrogène sont moins étendus que ceux d'oxygène ? Soit c'est juste une question de filtres soit c'est autre chose. Dans ma compréhension l'hydrogène est le premier élément à être fusionné, vient ensuite l'oxygène et en dernier lieu le soufre. L'étoile se retrouve en pelure d'oignons, donc H à l'extérieur, puis O et enfin S juste avant le fer. Si l'étoile s'effondre, les couches vont rebondir successivement sur le coeur de fer, mais je ne sais pas trop dans quel ordre elles sont éjectées ? Ou alors c'est là aussi une question de masse atomique des différents gaz qui ferait que certains sont moins rapides que d'autres ? Bref je m'interroge, mais comme j'y connais pas grand-chose en chimie ni astrophysique, un peu d'aide serait bienvenue
  5. Tu veux parler de résolution ? La définition c'est un peu différent. C'est d'ailleurs ce que j'expliquais à Jean-Philippe avant-hier, vous avez le même langage, ou alors c'est le mot belge pour résolution ? En France quand on parle de définition, on parle de millions de pixels pour qualifier un écran ou un capteur. Quand on parle de résolution en revanche, c'est indépendant de la taille du capteur. Bon c'est que des éléments de langage
  6. J'étais passé à côté de ce test à l'époque, beau boulot. Une question : comment exporte-t-on un blink en gif sous Pix ? Il faut obligatoirement un outil externe ? Parce que chez moi je ne peux sortir qu'un AVI avec ffmpeg. Perso je ne traite plus maintenant qu'en drizzle 2x et cela sous SiriL, beaucoup plus rapide que Pix à ce niveau là. J'ai écrit un script spécifique, qui prend des offsets synthétiques, qui aligne en drizzle 2x et qui empile en méthode de Student. Absolument toutes mes images sont maintenant pré-traitées comme ça. Et l'avantage du drizzle 2x c'est qu'en fin de traitement tu peux remettre l'image à sa taille originale, mais pas forcément, pour des petits objets type petites galaxies ou NP, je prend 80% du drizzle donc un zoom plus important sur l'objet et je crope ensuite pour revenir à la taille originale du capteur. Et cela en limitant la montée du bruit.
  7. Nickel merci Du coup t'as une image grand champ, tu nous gardes la suite pour plus tard ?
  8. Magnifiques couleurs bravo. Même moi daltonien j'adore Tu pourrais nous préciser où se trouve exactement cette portion des dentelles ?
  9. Bonjour à tous, il est possible que certains d'entre vous aillent rarement sur le forum Astrophoto, aussi je vous livre le lien vers un long article que j'ai rédigé car il pourrait vous intéresser, au-delà des considérations ou termes techniques liés à la photo. Il y a un gros travail de documentation derrière (et tout ne vient pas de l'IA !), mais il est toujours possible qu'il y ait des coquilles ou des contre-vérités. Aussi n'hésitez pas à apporter des corrections ou me faire des remarques, je vous en remercie d'avance Je vous laisse découvrir le sujet, mais l'image liée au titre de l'article devrait déjà vous mettre la puce à l'oreille
      • 1
      • J'aime
  10. Sachant que SN1987A était à 168.000 années-lumière et qu'on en a reçu exactement 25 en tout, c'est forcément plus que 25
  11. @iserois @lviatour @Tiyann @Olivier-Fantasy @phil1789 @lionthom @ruine babines @Celebrinnar @gadac @180Vision @T350 @shibon @rmor51 @Moot J'ai complètement remanié l'article dans le premier post avec mal d'ajouts historiques notamment, si ça vous tente de le relire, ça me ferait plaisir @rmor51 je pense que tu vas être content @T350 la météo des derniers jours ne m'a pas permis de refaire des images sur le matin, j'attends que ça s'arrange
  12. Merci @iserois @lviatour Luc, t'as le bonjour de Jean-Philippe qui est ici avec moi
  13. Merci @Olivier-Fantasy @phil1789 @lionthom @ruine babines @Celebrinnar et ceux qui ont liké Moi tout pareil D'où l'idée de faire l'article et pas juste poster l'image comme ça telle quelle. Bon j'ai fait 2 heures de L et 1h de R, mais pour la B et la G le jour était levé, donc ça sera pour demain matin si le temps le permet toujours. Je peux déjà traiter la L histoire de voir ce que ça donne, je posterai ça dans la journée. Mais là c'est bien des Foraxx. En fait si je poste uniquement une Ha/OIII Foraxx le rendu est strictement le même que la SHO, et si je poste une HOO basique, l'image est blanche car les filaments Ha et OIII s'annulent, trop proches les uns des autres. Ben écoute si j'ai pu faire un heureux, ça me fait plaisir, c'est le partage de la passion qui m'anime, rien d'autre. moi tout pareil !! Quand je lance les poses, je vais dans mon camion et soit je dors soit je regarde des vidéos Youtube sur la tablette. Et toutes les 2 heures je sors pisser un coup pour vérifier l'état du ciel et admirer les étoiles. C'est en regardant le Taureau que l'idée m'est venue. A noter que j'ai proposé à JP Cazard l'article pour publication dans Astrosurf Magazine, et qu'il a accepté, en édulcorant un peu l'article Entre temps, j'ai pas mal modifié l'article suite aux remarques et corrections de certains, la version corrigée et complétée se trouve ici : http://www.astrosurf.com/topic/185356-née-un-4-juillet/
  14. Ouf Enfin c'est pas déconnant de dire que la première détection de la SN l'était par un mec en train de pisser devant les étoiles plutôt que par un astronome érudit planté pendant des heures à surveiller le ciel D'ailleurs j'ai bien écrit : IMAGINE, et dans ce cas chacun est libre de son imagination... Je n'ai pas lu le bouquin de Bonnet-Bidaud mais tu me donnes envie de l'acheter du coup Je me suis quand même un peu documenté sur les us et coutumes des chinois bien avant de faire l'article. Je savais déjà pour la monture équatoriale et aussi que ce sont les premiers à avoir réalisé des détecteurs sismiques avec des billes en équilibre dans des gueules de dragon en 132 après JC. Merci Le post n'attire pas les foules, peut-être que c'est trop long à lire, ou les gens ici se contentent de regarder l'image tout en bas, je sais pas quoi en penser... Ah tu mets le doigt sur un truc intéressant là. Le NII est généralement confondu avec Ha car les raies sont très très proches. Il faut un filtre Ha de moins de 2nm pour retirer le NII, en amateur le mieux qu'on sait trouver c'est du 2.5nm mais encore chaud pour discriminer le NII. Je ferai une série en LRGB pour voir demain matin.
  15. Je ne suis pas sectaire, je prend tout, même si j'étais tout seul je me contenterais du NB vu que je suis daltonien Mais je suis tolérant, j'accepte tout le monde, même les rageux
  16. Second degré, quand tu nous tiens On peut même plus faire un peu d'humour maintenant ? T'as réagi juste à ça sans prendre en compte le reste de l'article ? Sympa. C'est exactement ce que je dis dans mon texte : Comme je t'ai dit, le HOO sur cet objet en particulier ne rend rien d'intéressant. Beaucoup trop bas en cette période pour tenter du RGB, en hiver oui pourquoi pas. Si j'ai pris du SHO c'est que ça prend très bien la résolution sur des objets très bas. Et le signal entre RGB et SHO n'est pas du tout le même. Ben justement non, j'ai pas voulu faire une image à la Hubble, c'était juste pour comparer avec Hubble que j'ai pris la palette Hubble et que j'ai vu que ça collait pas. La preuve moi j'ai dit que je préférais la seconde. Donc tu ne fais jamais de SHO alors ? Après les goûts de chacun, ça se discute pas.
  17. Merci @gadac @180Vision @T350 @shibon Alors : aucun choix artistique de ma part, vu que je suis daltonien j'ai décidé dorénavant de me fier à la palette Foraxx que tout le monde a l'air d'aimer ici, sans rien changer ensuite si ce n'est un petit SCNR. Je pense que la construction RVB sur l'image Hubble a utilisé du pixelmaths pour mixer un pourcentage des couches sur les autres. Ce que je fais chaque matin quand je viens bâcher la lunette Orion est magnifique en ce moment, je vais maintenant pouvoir me concentrer sur les couleurs de IC434 que j'avais fait l'an dernier en Ha... Rahhh, tu te fais chier pendant 5 jours à te documenter profondément sur le sujet, tu passes tous tes après-midi à écrire un texte sympa; à faire des images et des gif animés, et tu te prends ça dans la gueule : "Mais quel domage que ce soit une palette de fausses couleurs..." Ca sent le RAGEUX ça Tu l'as lu au moins mon texte ? Blague à part, j'ai essayé de faire une HOO là-dessus bien évidemment, c'était même mon premier projet puisque mon filtre S n'est pas un 3nm mais un 7nm ZWO. Mais déjà c'est se passer de l'énorme signal SII, et ensuite la compo HOO ça donne que du blanc, les 2 couches Ha et OIII s’annihilent et ça donne rien de propre. En palette Foraxx, c'est pareil que ma SHO mais en moins beau. Attention, sur plusieurs années les filaments se déplacent très vite !
  18. Salut à toi noble visiteur, lecteur assidu de ce forum ou simple passant… Non le titre de ce topic n'a pas de lien avec le film d'Oliver Stone ! Mais puisque le titre t'a intrigué et que tu as cliqué dessus, alors reste un peu s'il te plait... Installe-toi confortablement, laisse-moi te conter une histoire, et… IMAGINE… L'APPARITION... IMAGINE, donc, nous sommes un matin du 4 juillet... Quelque part sur un continent lointain, très lointain, dans quelques centaines d'années, cette date sera historique mais pas pour les mêmes raisons… Non, dans cette histoire, nous sommes effectivement le 4 juillet au matin, mais de l'année 1054, et nous sommes... en Chine… IMAGINE : tu es chinois vivant en 1054, tu te lèves tôt car à cette époque faut taffer dur pour manger, tu sors pisser en regardant les étoiles, et soudain, dans le matin, un nouvel astre très lumineux s'invite dans le ciel, aussi brillant que Vénus ! Mais seulement voilà… Ce n'est pas Vénus. LES ARCHIVES RETROUVÉES... IMAGINE : Ici en Chine et en 1054, c'est le règne de la dynastie Song, et l'astronomie ainsi que l'astrologie chinoise de l'époque tiennent une part importante dans toutes les décisions prises. Il faut dire que la civilisation chinoise répertorie scrupuleusement tout phénomène céleste depuis 776 avant JC, mentionner cette étoile invitée était donc obligatoire pour les astronomes chinois ! Plusieurs documents mentionnant l'apparition de 1054 sont archivés et les originaux se trouvent actuellement à la Bibliothèque Nationale de Chine à Pékin. - Le traité astronomique du Song Shi (宋史) : Texte original :至和元年五月己丑,客星出天關東南可數寸,歲餘稍沒。Traduction littérale : "Première année de l'ère Zhihe, cinquième mois lunaire, jour jichou. Une étoile invitée est apparue au sud-est de Tianguan, à une distance de peut-être quelques pouces." Et il est ajouté dans une encre un peu différente : "Après plus d'une année, elle a graduellement disparu." La date précise : Grâce au système sexagésimal chinois (le jour jichou du 5ᵉ mois de l'ère Zhihe), les astronomes modernes ont pu dater l'apparition exacte au 4 juillet 1054 du calendrier julien. L'Étoile invitée (客星 - Kèxīng) : C’est le terme technique utilisé par le Bureau Astronomique impérial pour désigner des objets stellaires temporaires (supernovae ou comètes sans queue). La position (Tianguan) : Tianguan (la Porte Céleste) correspond précisément à l'étoile Zeta Tauri dans notre constellation moderne du Taureau. L'écart des "quelques pouces" : Les astronomes chinois utilisaient des « pouces » (cun), le bras tendu, pour mesurer les distances angulaires sur la sphère céleste. Un pouce valait environ 2.5 degrés. - Au chapitre 12 de ce même traité astronomique (« Annales ») il est mentionné : « Ère Jiayou, première année, troisième mois lunaire, jour xinwei [6 avril 1056], le Directeur du Bureau Astronomique a rapporté que depuis le cinquième mois lunaire de la première année de l'ère Zhihe [juillet 1054], une étoile invitée était apparue à l'aube, dans la direction de l'est, montant la garde auprès de Tianguan. Désormais elle a disparu. » - Le Song Huiyao (宋會要) : Ce rapport intègre les observations de l'astronome en chef de la cour de l'Empereur, Yang Weide, et décrit la brillance phénoménale de l'étoile comme ceci : Texte original : 客星晨出東方,守天關,晝見如太白,芒角四出,色赤白,凡見二十三日。 Traduction littérale : "L'étoile invitée est apparue à l'aube dans la direction de l'est, montant la garde près de Tianguan. Elle était visible en plein jour, semblable à Vénus. Elle avait des rayons pointus pointant dans toutes les directions, et sa couleur était rouge-blanc. En tout, elle fut visible en plein jour pendant 23 jours." Visible en plein jour, semblable à Vénus (晝見如太白) : C'est l'indication clé pour estimer la magnitude de l'astre invité. Pour être vue en plein jour à l'œil nu, sa magnitude visuelle devait être comprise entre -4 et -5. Montant la garde (守 - Shou) : En astrologie chinoise, lorsqu'une étoile "monte la garde" près d'un astérisme sans entrer en collision directe ou "l'envahir", c'était souvent interprété comme un présage favorable ou stable pour l'Empereur (et non comme une catastrophe). Rayons pointus et couleur rouge-blanc : Ces descriptions montrent une scintillation intense due à l'atmosphère terrestre face à une source lumineuse ponctuelle extrêmement puissante, ainsi que l'évolution thermique des gaz éjectés lors des premiers jours de l'explosion. IMAGINE : Cette étoile invitée aura donc été visible pendant 23 jours en plein jour et près de 21 mois au total ! Carte du ciel le matin du 4 juillet 1054 : ET AILLEURS SUR TERRE ? - Plusieurs documents historiques du Japon de l'époque de Heian confirment de manière indépendante l'observation de cette « étoile invitée ». Le témoignage japonais le plus précieux et le plus précis figure dans le Meigetsuki (Le Journal de la pleine lune), rédigé par le célèbre poète et courtisan Fujiwara no Teika (1162–1241). Bien qu'il ait vécu plus d'un siècle après l'événement, Teika a compilé avec soin des archives de la cour remontant à l'an 1054. Ce que révèlent les chroniques japonaises : Une luminosité comparable à une planète : Les observateurs japonais ont noté que cette nouvelle étoile apparue dans la constellation du Taureau était "aussi lumineuse que Jupiter". D'autres mentions historiques : L'événement est également rapporté de façon plus concise dans deux autres textes tardifs qui découlent de ces mêmes données de cour : l'Ichidai Yoki (XIVe siècle) et le Dainihonshi (XVIIe siècle). - La Chronique d'Ibn Butlan (médecin chrétien à Bagdad) : Écrit dans le monde arabe mais par un chrétien, ce texte mentionne l'étoile observée depuis Constantinople et l'associe à une terrible épidémie survenue la même année. - Les pièces de monnaie de Constantin IX : Certaines pièces de monnaie frappées à Constantinople en 1054 montrent deux étoiles entourant la tête de l'empereur, ce que certains historiens interprètent comme une représentation de l'étoile polaire (ou de Vénus) et de la fameuse "étoile invitée". - Bien qu'il y ait eu quelques suggestions selon lesquelles il existe des enregistrements européens de l'étoile invitée de 1054, il ne semble pas y avoir de rapport précis de celui-ci en provenance d'Europe. Contrairement à ce qu'on voudrait faire croire, on n'observait pas forcément le ciel de façon assidue en Europe et au moyen-âge, notamment à cause des dogmes religieux imposant des mouvements de pensée assez stricts (géocentrisme, etc..) qui ont valu le bûcher à certains progressistes ! Cependant il existe une gravure représentant Henri III (1017-1056), Empereur du Saint Empire Romain germanique, pointant du doigt une étoile qui pourrait être l'étoile invitée de 1054. - Chez les amérindiens, notamment les Anasazis (les ancêtres des peuples Pueblos), un événement céleste majeur était un message des esprits à immortaliser. Plusieurs œuvres d'art rupestre (pétroglyphes gravés ou pictogrammes peints) découverts dans le Sud-Ouest des États-Unis sont étudiées par les archéoastronomes comme de possibles témoignages de l'apparition de 1054, à prendre avec des pincettes néanmoins. Le cas le plus documenté se trouve sous un surplomb rocheux à Chaco Canyon, un centre culturel et cérémoniel majeur des Anasazis au XIe siècle. Ce pictogramme peint à l'ocre rouge associe trois symboles distincts : Une étoile à dix branches : Elle représente l'astre invité. Un croissant de lune : Il s'agit de la Lune descendante. Une empreinte de main : Symbole sacré signifiant la présence humaine, le témoignage, ou marquant le caractère sacré du lieu. En remontant le temps grâce à des logiciels astronomiques, les scientifiques ont calculé que le matin du 5 juillet 1054 (le lendemain de la première observation par les Chinois), le croissant de lune morcelé se trouvait à seulement 2 à 3 degrés de l'astre invité dans le ciel de l'aube. Ceci dit il pourrait tout aussi bien s'agir d'un rapprochement Lune-Vénus. MAIS QUE S'EST-IL PASSÉ EXACTEMENT CE MATIN DU 4 JUILLET 1054 ? IMAGINE : Environ 6500 années auparavant, soit le temps qu'a mis la lumière émise par l'événement pour nous parvenir, une étoile de type supergéante rouge entrait dans la dernière phase de sa vie, celle où son processus de fusion commence à s'emballer. Cette étoile, estimée entre 8 et 12 masses solaires, a brulé la chandelle par les deux bouts ! Elle va enchaîner les cycles de fusion nucléaire de plus en plus rapidement, d'abord l'hydrogène en hélium, comme notre Soleil le fait actuellement mais bien plus rapidement (entre 10 et 12 millions d'années). Puis elle va fusionner son hélium en carbone, azote et oxygène et gonfle, jusqu'à devenir une supergéante rouge. La température augmentant au centre de l'étoile, celle-ci commence alors à fusionner le carbone pour donner du néon, du sodium et du magnésium. Le cœur atteint alors des températures encore plus élevées, et fusionne en seulement quelques années le néon puis l'oxygène pour donner du silicium, dernière étape stable de combustion. L'étoile fusionne enfin le silicium et produit alors du soufre, encore du silicium et enfin du fer. Ce dernier processus de la fusion du fer ne dure que quelques jours seulement. L'étoile, qui était jusqu'alors dans un équilibre stable entre la force de gravité qui pousse ses couches externes vers le centre et la force radiative de fusion qui pousse vers l'extérieur, entre dans une impasse : la fusion du fer absorbe de l'énergie, la force radiative ne parvient plus à contrebalancer la force de gravitation et provoque alors l'effondrement gravitationnel instantané de l'étoile. Cet effondrement entraine une explosion cataclysmique appelée Supernova de type II. IMAGINE : Environ 6500 années plus tard, soit ce matin du 4 juillet 1054, les photons émis par l'explosion de la supernova arrivent dans les yeux des premiers témoins chinois en train de pisser au petit matin en regardant les étoiles ! Plusieurs heures plus tôt, la Terre avait dû recevoir un flux massif de neutrinos. Lorsque le cœur de fer de l'étoile s'effondre sur lui-même, les protons et les électrons fusionnent pour former des neutrons, ce qui génère une quantité colossale de neutrinos. Ceux-ci traversent les couches de l'étoile instantanément, contrairement aux photons lumineux qui mettent des heures à émerger de l'étoile, et nous parviennent donc plus tôt sur Terre. Mais en 1054 on ne savait évidemment pas encore les détecter contrairement à aujourd'hui… Voici ci-dessous, dans une galaxie lointaine, très lointaine, l'apparition d'une supernova, parvenue à nos yeux en ce début septembre 2026. Quelque part dans l'environnement proche de cette galaxie appelée NGC7331 se situant dans la constellation de Pégase, il y a 45 miilions d'années, des êtres vivants ont peut-être eux aussi vu apparaitre dans leur ciel une étoile invitée… (Photo bibi) ET ENSUITE ??? - Dans un premier temps, tout le monde finit par oublier l'apparition de cette supernova pendant des siècles. - Nous sommes un soir de 1731, 700 ans après l'explosion... John Bevis, un astronome amateur anglais, découvre une nébuleuse dans la constellation du Taureau à la position de l'étoile invitée. - Un soir de 1758... IMAGINE : depuis l'observatoire de la Marine à Paris, l'astronome français Charles Messier découvre une lueur diffuse alors qu'il cherche la comète de Halley sensée revenir cette année-là dans son cycle de 76 ans (comète de Halley qui, soit dit en passant, était déjà connue depuis très longtemps par les astronomes chinois, mentionnée pour la première fois vers 611 avant JC et dont l'ensemble des passages a été consigné de manière quasi-ininterrompue par la bureaucratie céleste chinoise à partir de 12 av. J.-C !!!). Réalisant sa méprise, il décide alors de lister tous les objets nébuleux fixes du ciel afin que les chasseurs de comètes ne les confondent plus. Cet objet nébuleux dans le Taureau devient tout naturellement le premier objet (Messier 1) de son célèbre catalogue. Il sera attribué plus tard à la nébuleuse les appellations NGC 1952, Taurus A, Taurus X-1, ou encore Sh2-244, LBN 833 et Ced 53 ! - Entre 1842 et 1843 (date exacte non connue) William Parsons, dit "Lord Rosse'' réalise un dessin de la nébuleuse à l'aide de son télescope de 36 pouces. Curieusement, lui n'y voit pas une nébuleuse, mais un amas. Un de ses visiteurs qui observait avec lui, John Pringle Nichol, y voit un crabe et c'est cette dénomination qui sera officialisée lorsque le dessin de Lord Rosse sera publié en 1844 dans l'article "Philosophical Transactions of the Royal Society". Lord Rosse lui-même n'avait jamais évoqué cette forme de crabe, pourtant c'est à lui que sera attribué la paternité de ce nom. Il commencera à utiliser la mention "Crab nebula" à partir de 1848 quand il réalisera un nouveau dessin, cette fois à l'aide de son nouveau télescope de 72 pouces, le "Léviathan", plus gros télescope au monde à cette époque. Il reconnaîtra alors son erreur d'y avoir vu un amas auparavant. - Nous sommes maintenant en 1928, presque 900 ans après l'explosion… L'astronome américain Edwin Hubble est le premier à proposer officiellement d'associer la nébuleuse du Crabe à l'explosion de l'étoile invitée documentée par les astronomes chinois en l'an 1054. En étudiant la vitesse d'expansion de la nébuleuse, les scientifiques (dont Hubble) ont pu remonter le temps par le calcul et confirmer que ce nuage de gaz provenait bien d'une supernova historique ayant explosé près de 900 ans plus tôt. - En 1942, Un nombre important d'enregistrements de l'étoile invitée, provenant de Chine et du Japon, ont été rassemblés par le sinologue néerlandais Duyvendak. - Nous sommes cette fois en 1968. Au centre de l'étoile à l'origine de la supernova subsiste un noyau d'une vingtaine de kilomètres seulement, composé essentiellement de neutrons d'une masse de 1.4 fois celle du Soleil. IMAGINE : À cette densité, une simple cuillère à café de sa matière pèserait des milliards de tonnes sur Terre ! Ce noyau tourne à très exactement 30.2 Hertz, soit 30 tours par seconde, et projette deux faisceaux de rayonnements très intenses à ses pôles magnétiques. À chaque fois que ces faisceaux balayent la Terre, les instruments perçoivent un "pulse", d'où le nom de PULSAR (PSR). Voici l'explication en vidéo de l'origine de ces 2 faisceaux, par le Dr Eric Simon : La découverte officielle du pulsar du Crabe (PSR B0531+21) a lieu cette année-là par les astronomes David H. Staelin et Edward C. Reifenstein depuis l'observatoire de Green Bank aux États-Unis, grâce à la mise en évidence du rayonnement radio périodique de l'astre. Il s'agit du pulsar le plus énergétique connu. Il rayonne environ 200 000 fois plus d'énergie que le Soleil à travers tout le spectre électromagnétique (des ondes radio aux rayons gamma très énergétiques). C'est ce flux d'énergie continu qui illumine et excite les gaz de la Nébuleuse du Crabe tout autour de lui. ANECDOTE : C'est pendant l'explosion d'une supernova que sont produits les éléments plus lourds que le fer, comme l'or, le platine ou même l'uranium ! Et ceux qu'on retrouve sur Terre proviennent précisément des centaines de milliers de supernovae que le système solaire a reçus depuis les 4.55 milliards d'années de son existence. IMAGINE : ta gourmette Cartier en platine ou ta Rolex en or provient d'une supernova ou de la fusion de deux étoiles à neutrons ! Nan je déconne, tout le monde sait bien qu'un astronome qui se respecte ne mettrait pas autant d'argent dans une telle babiole futile, alors que dans un télescope, là OUI !!! - Nous sommes maintenant 972 ans après l'explosion… Les filaments de gaz et de poussières éjectés lors de l'explosion de la supernova s'étendent à la vitesse incroyable de 1500 km/s ! IMAGINE : Pour comparaison la vitesse du vent solaire est en moyenne de 450km/s et la vitesse de la sonde la plus rapide fabriquée par l'homme , Parker Solar Probe, est de 192 km/s !! - Depuis 1999, soit environ 25 ans, Hubble, non pas l'astronome précédemment cité, mais le télescope spatial qui porte son nom, prend régulièrement des images de cette nébuleuse. IMAGINE : une vidéo de ces images montre l'expansion rapide de la nébuleuse à une vitesse de plusieurs millions de kilomètres par heure ! Mention spéciale à notre ami @exaxe17 qui a réussi à mettre en évidence lui aussi en 2018 les mouvements de plasma du Pulsar du Crabe : https://www.webastro.net/forums/topic/160473-m1-un-pulsar-qui-se-voit/ IMAGINE : En presque 1000 ans, ces filaments ont parcouru plus de 5 années-lumière dans tous les sens, donnant à la nébuleuse résultante un diamètre d'environ 11 années-lumière à ce jour pour une magnitude apparente d'environ 8.4. - Tout ce qui vivait dans un diamètre de 10 années-lumière a donc été vaporisé par l'onde de choc et par le flux de matière éjectée. - Entre 25 et 50 années-lumière de distance, l'énorme quantité de rayons gamma et de rayons cosmiques éjectés lors de l'explosion a tué toute cellule vivante et détruit une hypothétique couche d'ozone de toute planète se trouvant dans cette zone, la laissant exposée aux radiations de son étoile. Concernant notre système solaire, aucune étoile dans les 50 années-lumière n'est susceptible de finir en supernova, nous sommes donc à l'abri ! Les plus proches candidates au statut de supernova sont : IK Pegasi ~150 années-lumière (type Ia, binaire avec une naine blanche qui vampirise la matière d'une autre étoile) Nunki (Sigma Sagittarii) ~225 années-lumière (type I binaire avec 2 étoiles massives proches qui vont fusionner) Bételgeuse ~500 à 600 années-lumière (type II) Antarès ~550 années-lumière (type II) Une dernière image réalisée par le télescope James Webb : ET MAINTENANT ? Et bien maintenant est venu pour moi le moment de t'expliquer pourquoi je t'ai raconté toute cette histoire ! - 972 ans après l'explosion de l'étoile invitée, un petit matin de septembre, en allant pisser dehors en regardant les étoiles vers l'est et en IMAGINANT ces chinois faisant la même chose que moi 972 ans plus tôt, je me suis mis en tête d'imager cette nébuleuse avec la meilleure résolution possible. - Tous les matins de septembre, entre 3h et 6h du matin, parfois alors que le crépuscule nautique était terminé, la TOA 150 a pointé toujours le même objet proche de l'étoile chinoise Tianguan, j'ai nommé Messier 1, ou encore NGC 1952, Taurus A, Taurus X-1, ou Sh2-244. - Les conditions de seeing de ce mois de septembre étaient exceptionnelles. Entre 1.7" de FWHM pour les brutes les plus pourries et 1.25" pour les meilleures, en Ha notamment. Matériel utilisé : TOA150 + correcteur TOA645 + EFW 7x36 ZWO + ASI2600MM (filtres Antlia 3nm), échantillonnage 0.7" Guidage par ASI174 mini sur OAG-L ZWO ; Le tout sur EM400 Temma2 avec réhausse faite maison et l'ensemble piloté par ASiair Plus ; Connexion de l'ASiair à un CPL TPLink, puis second CPL Wi-Fi dans le camion ; Batterie LIFePo4 "boîte-accus" de 37Ah pour alimenter l'ensemble. Poses et traitement : - 60 poses de 300s conservées (sur plus de 100 poses au départ) pour chaque couche S, H, O soient 5 heures par couche ou encore 15 heures au total. - Pré-traitement SiriL 1.4.4 en drizzle 2x avec tri des brutes sur Rondeur > 0.9 et FWHM < 1.8" pour chacune des couches - Extraction gradient sous Pix sur chaque couche - BlurX ML5 avec 0.5 sur le non stellar et -0.05 sur les halos d'étoiles sur chaque couche - NoiseX 3.1 avec 0.5 et 5 itérations sur chaque couche - Stastistical stretch sur chaque couche - recalage des 3 couches sous SiriL - StarX puis script Foraxx SHO ou OSH (pour coller à la palette Hubble) - Suppression du bruit vert - Remise de l'image à 80% de sa taille originale soit un échantillonnage résultant de 0.56" - finition sous Photoshop CS5 La FWHM mesurée sur les brutes d'empilement S, H et O : LA BIZARRERIE HUBBLE : C'est en voulant comparer mon image avec celle d'Hubble, notamment pour chercher à obtenir un peu la même palette de couleurs, que je me suis aperçu que les gars qui ont traité l'image d'Hubble n'ont pas pris la même palette que d'habitude (généralement SHO ou parfois HSO). Sur cette animation de mes 3 couches SHO, on voit bien que le soufre est le moins étendu et le OIII est plus étendu que le Ha : Cela s'explique comme suit : - le soufre, situé très près du cœur de l'étoile dans sa structure en pelure d'oignon, possède également une masse atomique beaucoup plus élevée que l'hydrogène et l'oxygène, par conséquent il est éjecté plus tardivement et avec moins de vitesse. - Le pulsar génère un vent de particules ultra-énergétiques qui produit un rayonnement dit synchrotron (très riche en rayons X et en ultraviolets extrêmes). L'hydrogène s'ionise très facilement avec des photons de basse énergie. Il a tendance à briller intensément dans des zones plus denses et confinées (les cœurs des filaments). L'oxygène doublement ionisé (OII ou OIII) responsable de la lumière verte/bleue très étendue, nécessite des photons beaucoup plus énergétiques (35,1 eV) pour être produit. Les photons très énergétiques du pulsar voyagent plus loin à travers le gaz moins dense avant d'être absorbés, créant ainsi une enveloppe ionisée beaucoup plus large et diffuse autour du cœur des filaments. Le bord externe du filament est directement exposé au rayonnement violent du pulsar. Le gaz y est moins dense, plus chaud, et l'oxygène y est fortement ionisé en OIII, créant cette impression visuelle de filaments d'oxygène enveloppant et dépassant largement les structures d'hydrogène. Pour obtenir la même palette que Hubble, j'ai du appliquer le OIII dans… le rouge !! La palette utilisée pour l'image de Hubble est ici OSH, très curieux ! Et enfin la photo... Je vous propose donc 2 palettes, réalisées avec le script Foraxx. Palette OSH comme pour Hubble : (cliquez ICI pour obtenir la full en bien meilleure qualité) Et palette SHO classique que je trouve personnellement plus jolie et surtout plus proche de la réalité de l'expansion des gaz : (cliquez ICI pour obtenir la full en bien meilleure qualité)
  19. M45 rentre pas dans le champ malheureusement, déjà tenté... NGC225 je vais la faire pour voir ce que ça donne, à suivre... En fait on a eu l'orage qui nous a tourné autour toute l'après-midi et puis là c'est tout dégagé
  20. Merci @danielL @180Vision et @Tromat Si tu n'as pas suivi les épisodes précédents, voici un lien vers le descriptif du matos : C'est piloté avec un ASiair Plus. Par contre les amas stellaires, c'est très banal comme truc, ça mettrait pas forcément à contribution l'excellent seeing que j'ai ici en Corse. Maintenant si t'as un objet particulier en tête n'hésite pas à demander Oui je l'adore aussi, je vais faire l'effort d'y coller la couleur à celle-ci Le seeing ici ne bouge pas depuis maintenant 3 semaines. Bon ça sent le pâté là, les orages arrivent, d'ailleurs le gîte a coupé le Wi-Fi je suis en 4G là. Va peut-être falloir que je coupe le courant d'ici peu, ici ça tabasse dur les orages
  21. Bonjour à tous, toujours en Corse depuis maintenant un mois, j'enchaine les nuits avec à ce jour uniquement 3 nuits non exploitables sur 30... c'est dire... Ces derniers jours on a commencé un nouveau concept avec mes amis, sur Whatsapp ils me demandent un objet le soir et je le leur livre le lendemain matin à leur réveil Un remote humain en quelque sorte Depuis maintenant 3 nuits j'ai livré NGC2146, NGC891 et Jones 1 ! Bon ya pas énormément de poses, généralement 2 heures par objet, mais ça suffit pour les contenter, ils sont pas exigeants les potos Voici donc ces 3 objets, livrés tels quels sans trop de traitement derrière, et en NB pour les galaxies. Le matériel reste le même que d'habitude, TOA150 sur EM400 et ASI2600 mono, le tout sur EM400 Temma2. NGC891, 2 heures de pose en L : la full http://colmic.astrosurf.com/TOA150/N891L17x120s.jpg NGC2146, 2 heures de pose en L : la full http://colmic.astrosurf.com/TOA150/NGC2146_L55x120s.jpg Et enfin la nébuleuse planétaire Jones 1 dans Pegase, 2 heures de pose totales en Ha et OIII, palette couleur script Foraxx : la full http://colmic.astrosurf.com/TOA150/JONES1_HOOForaxx_10x300s.jpg
  22. Quand je raconte cette blague, je dis également "la mort par le Tchitchi", c'est évidemment plus drôle. Mais je n'ai pas trouvé de version avec cette chute, désolé.
  23. CLAP CLAP CLAP !!! +10000000000 pour moi, surtout que la petite, elle est bien mignonne
  24. Pour le moment je continue d'engranger les poses sur NGC7331 pour tenter une courbe de luminosité de la SN. La L qui regroupe tous les soirs : http://colmic.astrosurf.com/TOA150/NGC7331_L88x180s.jpg J'ai tenté hier en début de nuit NGC7822 mais ça demande quelques heures pour être bien visible. Sinon ce matin j'ai fait ça rapidos pour tester (ya juste 10 poses de 5 minutes en H et O), mais ça donne clairement envie d'y mettre quelques heures au cul http://colmic.astrosurf.com/TOA150/M1_HOForaxx_10x300s.jpg
×
×
  • Créer...

Information importante

Nous avons placé des cookies sur votre appareil pour aider à améliorer ce site. Vous pouvez choisir d’ajuster vos paramètres de cookie, sinon nous supposerons que vous êtes d’accord pour continuer.