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Tout ce qui a été posté par 'Bruno
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Après, il existe aussi des Dobson repliables : https://www.pierro-astro.com/materiel-astronomique/marques/skywatcher/telescopes-dobson/dobson-flextube-et-go-to_detail
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Viking Asgard : j'ai l'impression que tu n'as pas compris le message de Popov. En tout cas, tu as raison de souligner qu'il y a peu de possesseurs d'Evscope sur les forums alors qu'ils sont de plus en plus nombreux à en utiliser. Mais ces instruments sont neufs, il suffit peut-être de patienter. En attendant, ça tombe bien que tu sois là !
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Choix du matériel pour débuter confortablement
'Bruno a répondu à un sujet de Yawp Solo dans Support débutants
Pas facile ! Ce sont deux façons différentes d'observer. L'une moderne, l'autre à l'ancienne... Sans pointage automatique, il est possible que tu aies du mal, au début, à trouver les objets. Est-ce que ça te semble un problème, ou au contraire est-ce que le genre de défi qui pourrait t'attirer ? Je pense que l'utilisation du pointage automatique est une question d'état d'esprit, selon qui ce qui nous importe, c'est l'astre qu'on veut observer ou le bonheur d'avoir passé une nuit sous les étoiles même si on n'a rien trouvé. L'un ou l'autre est tout aussi honorable, bien sûr. Peut-être que tu as déjà une idée ? Note que le 150/1800 a 1800 mm de focale, c'est une longue focale, le champ sera relativement étroit, ce qui rendra le pointage plus difficile. Est-ce que tu auras beaucoup de temps pour observer ? Genre ce sera juste pour des séances d'une heure ou guère plus. Ou bien tu sais que tu pourras y passer des nuits ? Ceux qui considèrent le pointage automatique comme indispensable ont souvent peu de temps pour observer (pour diverses raisons qu'on peut rencontrer souvent, par exemple les contraintes familiales). J'ai débuté à quatorze ans. J'ai galéré pour trouver la galaxie d'Andromède : trois échecs avant enfin de la voir. Ces quatre soirées (à la quatrième je l'ai trouvée) font partie des plus beaux moments de ma vie. Parce que j'étais jeune, oui, mais aussi parce que ce sont les soirées où je suis tombé amoureux du ciel. Même si je n'ai pas vu grand chose au début je me suis éclaté, la preuve c'est que j'ai continué. Si tu comprends cet état d'esprit, il est possible que tu puisse te passer de goto. Mais j'ai lu des témoignages de débutants qui en ont eu marre de galérer. Ils avaient acquis un télescope pour découvrir l'univers, pas pour se perdre dans les constellations, et ils ont découvert l'astronomie lorsqu'ils ont remplacé ce premier télescope par un matériel avec goto. Si faire de l'astro « à la dure » ne te tente pas du tout, il serait peut-être plus prudent d'acquérir celui avec goto, même s'il est un peu moins performant. Le premier est motorisé ? Pour montrer le ciel à ton fils, ce serait un avantage. -
Je vois qu'ils ne se sont pas améliorés au niveau publicité... Le four à micro-onde, l'appareil qui peut faire de n'importe qui un cuisinier... (Un Vespera permet d'obtenir des photos sans être astrophographe, et c'est ça qui est épatant, de même qu'un micro-onde permet d'avoir à manger sans être cuisinier.)
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Houlà, je suis distrait ! Du coup 4,7 mm, ça me paraît une bonne idée, mais à la place du 4 mm. Patcubitus et Guillame : vous avez les mêmes focales, si on tient compte que le 11 de Patcubitus aurait dû être un 14. Je trouve que ces choix sont parfaits : voilà des exemples à suivre
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C'est vraiment rédhibitoire, ou c'est juste un inconvénient parmi d'autres ? Moi je le trouve tout petit, ce Dobson... Son carton peut se poser sur une armoire, et la base n'est pas bien grosse. N'oublie pas que, en gros, plus un télescope est encombrant, plus il est performant (à cause de la loi du diamètre). Mais si c'est vraiment rédhibitoire, il faut effectivement chercher plus petit, tant pis pour les performances. Le Maksutov 127 mm dépasse ton budget (en neuf)... En Dobson 150 mm de table, il y a le Sky-Watcher Heritage, qui a un tube ouvert (je n'ai jamais essayé, mais ça me fait un peu peur vu qu'on observe juste à côté), du coup le Bresser me tenterait plus : https://www.astronome.fr/telescopes/2709-telescope-dobson-bresser-messier-6-.html . Mais mon avis est théorique : je ne les ai jamais essayés (je dis ça juste pour proposer autre idée).
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Non, pointer la Polaire avec une lunette sur monture équatorial est très difficile. Pour s'y retrouver, il faut apprendre à repérer les constellations. Mais la première chose à faire, là, ce soir, maintenant !, c'est d'observer Vénus. Et pas besoin de veiller tard : elle est facilement visible dès le coucher du Soleil. (La première chose à faire après l'alignement du chercheur, bien sûr. La notice en parle sûrement.) Vénus, c'est l'« étoile » très lumineuse visible depuis quatre mois, chaque soir juste après le coucher du Soleil, au-dessus de l'horizon ouest (et qui vous a peut-être intrigué). Vous ne pouvez pas la manquer, sauf s'il y a des obstacles qui la cachent. Vénus présente actuellement un très joli croissant, fin et esthétique. Il faut la pointer d'abord avec un faible grossissement, puis augmenter peu à peu les grossissements. Je lis que la lunette est livrée avec deux oculaires K25 et K9 (K comme Kellner : normalement c'est mieux que les "Super" livrés avec de nombreuses lunettes d'initiation). Il faudra donc pointer Vénus avec le K25, la centrer, puis changer l'oculaire. Le K9 grossira 100 fois, c'est amplement suffisant pour admirer le croissant de Vénus, bien qu'il ne soit pas bien gros (attendez-vous à ce que soit plus petit que ce que vous attendiez). Pensez à faire la mise au point, notamment lors du changement d'oculaire. (Ne pas attendre que Vénus soit trop basse, car alors la turbulence atmosphérique empêchera d'avoir une image nette.) (Et je confirme ce qui a été dit au-dessus : ne t'embêtes pas avec la mise en station. Tu poses la trépied de façon à ce que l'axe de la monture pointe à peu près vers le nord, ça s'appelle un « jeté de monture » (un mot-clé pour les recherches sur internet) et basta. Quand on découvre le ciel, on ne veut pas perdre de temps... ) ------------------ Chaque fois qu'on te répond avec du jargon, cherche sur Internet. Là je tape « renvoi coudé lunette 70/900 » et le moteur de recherche me trouve comme premier site : https://www.astromanie.ch/3200-thickbox_default/renvoi-coude-explore-scientific-2-99.jpg Pas du tout ! Ne te prive de rien (à part le Soleil bien sûr). La Pleine Lune est facile à pointer, et une lunette de 70 mm a un petit diamètre, elle n'éblouira pas. Par contre elle se lève après minuit, c'est ça qui est embêtant pour les enfants.
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Il est en stock au magasin L'Astronome, si j'en crois les infos du site. ----------------- Ça suggère qu'il atteint la magnitude 9,5 mais pas systématiquement, puisque Uranometria va lui aussi jusqu'à la magnitude 9,5 mais avec 332 556 étoiles (pour la première édition). (D'ailleurs ce ne serait pas bête de mettre une magnitude limite moins élevée dans la Voie Lactée.)
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Non, ce n'est pas étonnant. Le livre d'O. Gadal présente 370 objets. Le livre de Gilis (J'observe le ciel profond) en présentait 400 et quelques, celui de Brunier (Nébuleuses et galaxies) près de 500. Et le Night Sky Observer's Guide, plusieurs milliers. Mais ici on parle d'un atlas. Le Pocket Sky Atlas contient environ 1000 objets, à peu de choses près. Uranometria, c'est largement plus de 10 000 objets (tous les NGC, tous les IC, ça fait déjà plus de 13 000, et plein d'autres trucs). Je ne possède pas l'Interstellarum (vu que j'ai Uranometria) mais je crois que c'est du même ordre. Par contre il y a un peu moins d'étoiles que sur Uranometria, ce qui est un inconvénient pour l'observation visuelle (quand on pointe par cheminement). Qu'est-ce qui ne se revend plus ? N'hésite pas à parcourir les sites des magasins d'astronomie, qui ont toujours une section « librairie ». L'atlas le plus avancé que je connaisse, mais je crois qu'il n'est plus édité, c'est le Millenium Star Atlas. En guide d'observation, c'est le Night Sky Observer's Guide. Tu peux utiliser ces titres comme mots-clés pour voir si on les vend encore, mais j'ai peur que non.
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Et voici un nouveau CROA ! En fait il y en a plusieurs, et des dessins par dessus le marché ! Le but de ces CROAs est de vous raconter ce qui me fait plaisir lorsque j'observe le ciel. Ici ce sont de bonnes surprises inattendues. Préliminaire : toutes les observations sont faites au Dobson 300/1200 depuis mon jardin dans un village qui coupe les lampadaires à 22h. Sauf exception, les dessins ont été faits au XW 7 mm. Le nord est en haut. Pour commencer, précisons quel étalt mon programme de printemps : − Chaque fois que la météo prévoit du beau temps pour toute une nuit de week-end (de préférence samedi à dimanche), et si la Lune ne gêne pas : sortir le Dobson 495 mm. Normalement il y a toujours des week-ends de beau temps au printemps. Ben là non (ou alors à la Pleine Lune, bien entendu). − Au Dobson 300 mm, terminer ma liste d'observations des galaxies jusqu'à la magnitude 11,5. Il m'en reste quelques-unes dans l'Hydre ou la Balance. L'Hydre, je l'ai terminée en février, du moins jusqu'à pas plus bas que -20°. − Commencer ma nouvelle liste : les objets vus dans un 200 mm mais que je n'ai jamais observés dans un 300 mm. Il y a notamment quelques galaxies assez brillantes de la Grande Ourse. Finalement j'ai ajouté un quatrième programme. M'étant rendu compte que dans certaines constellations j'avais vu toutes les galaxies jusqu'à magnitude 12,0 (par exemple Pégase et le Cancer, ), j'ai décidé de monter le curseur : voir toutes les galaxies jusqu'à la magnitude 12,0. Pour le Lion il me restait 5 galaxies : NGC 2872 (magn. 11,9) − NGC 3098 (12,0) − NGC 3485 (12,0) − NGC 3801 (12,0) et NGC 4008 (12,0). Pour le Petit Lion il me restait 4 galaxies : NGC 3158 (11,9), NGC 3254 (11,7), NGC 3396 (12,0) et NGC 3430 (11,6). En fait c'est lui mon programme du printemps. Comme vous le voyez, ce n'est pas très séduisant. La magnitude 12 au 300 mm, ça va encore, mais c'est quand même faible. Bref, ça va être le festival de la tache floue ! À moins que ? Samedi 25 mars Je sors juste avant minuit, l'heure d'extinction des lampadaires. Voyons ma fiche... NGC 2872 ! Avec un n° pareil, elle est tout à l'ouest du Lion. Donc, comme je le disais plus haut, je m'attends à voir une tache floue. Hé non, perdu : il y a deux taches floues. Juste à côté de NGC 2872, je vois immédiatement NGC 2874, plus faible, plus petite, plus allongée (en vision décalée elle est presque aussi étendue que 2872). Et deux galaxies pour le prix d'une ! (Et serrées, en plus.) Du coup j'en ai fait un petit dessin : http://www.astrosurf.com/bsalque/Dessins/2023/ngc2872-g.png Hélas, comme prévu en fait par la météo, le ciel s'est couvert avant que je puisse pointer NGC 3098. Dimanche 09 avril - Pâques Au programme, les 4 galaxies restantes du Lion : NGC 3098 (12,0) − NGC 3485 (12,0) − NGC 3801 (12,0) et NGC 4008 (12,0). Les observations détaillées et les dessins sont faits avec l'oculaire XW 7 mm (×170). Pour optimiser le temps (car la météo prévoit le retour des nuages dans la nuit), je commence un peu plus tôt : pas besoin de l'extinction des lampadaires pour pointer, puis pour commencer le dessin. Donc, NGC 3098. C'est joli : une galaxie très allongée avec un noyau stellaire au milieu d'une zone centrale allongée, elle même au milieu d'un bulbe bien allongé, le tout entouré d'un disque très allongé et étendu, surtout en vision décalée. Ensuite je passe à NGC 3485 (je me suis aperçu plus tard que je l'avais déjà vue en 2022...), le contraire de la précédente : c'est une galaxie ronde, plus faible que la précédente, avec un bulbe peu contrasté et c'est tout. Puis NGC 3801, encore une tache floue. Mais comme pour celle du 25 mars, elles sont en fait deux ! J'ai mis une limite à la magnitude : 12,0. Mais il suffit qu'un compagnon de magnitude 12,5 ou 13,0 soit côté pour avoir une deuxième galaxie en prime. Là je vois NGC 3802, nettement plus faible (magnitude 13,3), juste en-dessous (nord). Je commence le dessin, et il y a un truc bizarre au nord-est, comme une étoile floue extrêmement faible. Comme j'utilise Uranometria, je sais qu'il y a une poignée de galaxies très serrées, mais l'atlas n'est pas assez précis. Le lendemain, j'ai compris que j'avais vu NGC 3806, galaxie petite et extrêmement faible (magnitude 13,6). Et pareil de l'autre côté : NGC 3790 a été vue, tout aussi faible (magnitude 13,9). L'atlas indique d'autres galaxies, mais je n'ai vu que ces quatre là. N'empêche, je prévoyais juste une galaxie, et cette fois j'en ai quatre d'un coup ! Et un nouveau dessin : http://www.astrosurf.com/bsalque/Dessins/2023/ngc3801-g.png Je finis avec NGC 4008, plutôt brillante (pour une galaxie de ce calibre) allongée, avec un tout petit noyau presque stellaire et un bulbe assez marqué. Des nuages commencent à cacher une bonne moitié du ciel. Comme j'ai fini le Lion et que, de plus, la Lune devrait bientôt se lever, j'arrête là, vers 23h15 (heure d'été). Samedi 15 avril Encore une soirée où la météo prévoit que le beau temps ne durera pas. Mais j'ai un programme à remplir : NGC 3158 (11,9), NGC 3254 (11,7), NGC 3396 (12,0) et NGC 3430 (11,6). Donc je commence par NGC 3158. Je m'attends à une petite tache floue plutôt faible, vue la magnitude. En fait elle est plutôt facile. On voit le bulbe et elle est très légèrement allongée.Tiens, il y a une faible galaxie à droite (direction sud). Du coup je commence un dessin. Ah non, elles sont deux à droite (mais la deuxième, j'ai du mal à la situer, je l'ai vue à deux endroits différents). Et une autre à gauche. Ça alors, quatre galaxies dans le champ ! En fait j'aurais pu m'en douter car Uranometria les dessine toutes. Sauf qu'il est trop imprécis pour les situer. Ah non, il y en a plus que ça sur l'atlas ! Je regarde mieux : en fait elles sont trois à droite, c'est pour ça que la deuxième, je l'avais vue à deux endroits différents. Donc cinq galaxies, wahou ! Bon, je vais chercher le Night Sky Observer's Guide. Il y a un dessin, avec onze galaxies ! Dont 7 NGC. En faisant attention j'en vois une de plus, mais pas les autres. J'ai vu : NGC 3158 (de loin la plus brillante), au nord NGC 3152 et 3160 (la plus faible), et au sud NGC 3163 (plus faible que 3158 mais moins que les autres), NGC 3161 et NGC 3159. Pas de NGC 3150. Les deux plus faibles sont celles côté nord : NGC 3152 a la magnitude 14,2 et NGC 3160 la magnitude 14,1. Mais la première est un peu moins difficile. NGC 3150 est à magnitude 14,6 : c'était effectivement trop faible. Bref, voici le dessin (où les contrastes sont exagérés pour que toutes les galaxies apparaîssent sans nécessiter la vision décalée...) : http://www.astrosurf.com/bsalque/Dessins/2023/ngc3158-g.png Et maintenant, NGC 3430, la plus « brillante » du programme (V = 11,6). Je chemine à l'aide de l'atlas, et selon lui il y aurait deux galaxies à côté. Bah, c'est classique : les galaxies les plus faibles étant les plus nombreuses, ce sont sans doute des galaxies de magnitude 15. Hé non ! Je vois bien NGC 3430, bien sûr (allongée, avec un bulbe et de faibles extensions en VI), mais juste à côté, à peine plus faible, NGC 3424 (de même longueur, mais bien plus allongée). On dirait M81-M82 (en beaucoup plus petit). Du coup je fais un dessin du couple ! Une fois le dessin terminé, je me déplace un peu à l'ouest et découvre la troisième : NGC 3413, un peu plus faible, sensiblement plus petite que les deux autres. Toutes trois sont visibles dans le même champ, j'aurais dû la chercher avant de faire le dessin... Ces trois galaxies ont des magnitudes de 11,6 - 12,4 - 12,1 : c'est un beau trio, même si elles ne sont pas si serrées. Le dessin : http://www.astrosurf.com/bsalque/Dessins/2023/ngc3430-g.png (La troisième galaxie est juste à droite du champ.) Galaxie suivante : NGC 3396. L'atlas en montre deux. Encore ? Effectivement, c'est un couple : il y a NGC 3396 (magnitude 12,0) et NGC 3395 (magnitude 12,1). Voilà l'inconvénient de définir des magnitudes limites arbitraires, juste pour avoir un chiffre rond... J'adore ce couple ! Ces deux galaxies sont parfaitement identiques : même magnitude (0,1 d'écart, c'est zéro), même taille, même éclat, même allongement, même bulbe avec un noyau dedans... seule l'orientation change : elles sont presque perpendiculaires et se touchent presque. Elle ressemblent aux Siamoises (dans l'amas Virgo), mais sont nettement plus faibles et font partie du Petit Lion. Du coup je les appelle les Petites Siamoises. Quelle bonne surprise ! Et bien sûr j'ai un dessin : http://www.astrosurf.com/bsalque/Dessins/2023/ngc3395-96-g.png (L'angle entre les galaxies était un poil plus petit, presque un angle droit.) Et je termine avec NGC 3254. Alors, qu'est-ce que je vais voir, cette fois ? Un trio ? Un quintette ? Un amas de galaxies ? Perdu : une seule galaxie, isolée, sans compagne. Mais jolie comme tout ! C'est une galaxie très allongée, pas autant que NGC 4565 mais quand même beaucoup plus longue que large. Mais elle est faible. En vision directe, elle est déjà pas mal allongée, mais c'est la vision décalée qui montre toute son extension. J'aime bien les galaxies allongées. Celle-ci n'est pas la plus allongée, mais c'est la plus étendue (en longueur) de la soirée. Du coup je l'ai dessinée : http://www.astrosurf.com/bsalque/Dessins/2023/ngc3254-g.png Quatre galaxies au programme, mais douze galaxie observées. Le Petit Lion cache de belles surprises (et dire que je les ai pointées seulement à la fin, après avoir pointé toutes les autres galaxies moins intéressantes...) ! Programme terminé, d'ailleurs le ciel s'est couvert juste après (pas le temps de commencer les galaxies vues au 200 mais pas au 300). Voilà une soirée qui aurait dû être quelconque mais qui m'a bien plu. C'est pour ce genre de petit plaisir que l'observation visuelle est faite pour moi !
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A y est ! Je l'ai vue la supernova ! Bon, pas besoin d'un demi-mètre de diamètre pour voir une supernova aussi brillante ! D'ailleurs je pense qu'elle est toujours aussi brillante que lors de mon observation d'il y a huit jours. Et à mon avis une simple lunette de 80 mm doit suffire à la détecter. Et je l'avais déjà vu il y a huit jours au 300 mm. J'avais alors remarqué, juste à côté, une faible nébulosité entourée de sorte d'arcs à peine perceptibles : des « bras spiraux ». Je me suis dit qu'un 495 mm devrait aider à détailler tout ça... ( Bon, j'exagère, la région centrale de M101 n'était pas si faible que ça : une petite boule assez brillante juste au sud d'une étoile d'avant-plan d'éclat moyen, sensiblement plus faible en tout cas que la supernova.) La météo annonçait un grand beau temps la nuit de samedi à dimanche. Nuit courte puisqu'on vient juste de dépasser le solstice. Mais c'est la première fois depuis l'été dernier que j'ai à la fois : un samedi soir, le beau temps toute la nuit, et la Lune qui se couche... zut, qui se couche vers 1h. Bon, elle n'est pas encore en quartier. Bref, enfin les conditions ont été réunies pour que je sorte le Dobson 495 mm (je ne le sors pas pour une petite séance d'observation genre entre deux averses, du coup il sort rarement). L'installation a été rapide car je n'ai pas attendu : dès 21h j'ai tout monté. Collimation du secondaire avec le laser, du primaire avec le cheshire. Youpi, j'ai fait vite ! Je pointe la Lune au XW 20 mm (×100) : hé, c'est déjà joli bien qu'il fasse jour ! Je reconnais Catherine, Cyrille et Théophile, avec plein de fins détails à l'intérieur. Mais la Lune ne m'intéresse pas : trop proche ! Car ce soir, j'ai prévu un voyage à 20 millions d'années-lumières ! D'ailleurs parlons de la préparation : j'ai prévu de dessiner M101, le trio du Dragon et NGC 6946. Ensuite, on verra, ce sera à l'improvisation s'il reste du temps (la nuit sera courte !). Pour gagner du temps et aider à bien localiser les bras, j'ai imprimé trois cartes à partir du logiciel Guide avec le dessin des étoiles du champ. Oui, je l'ai fait aussi pour le trio du Dragon, où la question de localiser les bras ne va pas se poser. Par contre je vais devoir me contenter des deux plus brillantes, pour ne pas avoir un champ trop étendu à dessiner. Je sors plusieurs fois à mesure que la nuit tombe (leeeeeentement). La turbulence est horrible ! J'imagine que c'est parce que le sol a été surchauffé toute la nuit. Mais elle suffit à découvrir que la collimation est ratée. Encore une fois ! Il y a un truc qui cloche, je soupçonne que la pastille que j'ai mise au centre du miroir (avec moultes précautions, mais ce n'était pas très précis) n'est pas bien au centre. En tout cas je me résout à régler le primaire sur la Polaire, comme les fois précédentes. Bon, ce n'est pas si difficile, d'autant que la turbulence empêche de le faire avec précision. Cela dit le ciel s'est un peu calmé : ε Lyr est quadruplée, mais les disques sont des trucs sans forme qui bouillonnent. Retour dans le jardin à minuit vingt, c'est parti ! Cette nuit le Soleil sera à quasiment -18° entre 1h00 et 2h20 en gros, mais j'ai trois objets à dessiner, autant commencer maintenant, même si le ciel n'est pas complètement noir : ça permettra de placer les étoiles du champ (enfin, de les noter, puisque j'utilise un champ pré-imprimé). Je vise M101 de tête avec le XW 20 mm (en cheminant au chercheur le long d'une chaîne d'étoiles partant de Mizar). Mise au point sur une étoile brillante : hé, la turbulence s'est bien calmée ! Puis M101 : oh ! Immédiatement je perçois une riche structure spirale, mais uniquement en vision très décalée. Le ciel est encore un peu clair, tout ça est à peine perceptible, c'est plutôt une déception. Mais je commence le dessin. D'abord au XW 20 mm, puis au Nagler 9 mm (×225), qui est quand même plus précis. J'ai froid (je suis en tee-shirt), je mets un vêtement supplémentaire (et désormais j'aurais chaud, mais quand je l'enlève j'ai froid...) Je détecte les bras portions par portions, je prends mon temps. C'est vraiment décevant : j'ai le souvenir de les avoir vus plus facilement au 300 mm en rase campagne. Là il faut que j'utilise la vision « très décalée » : je me concentre sur une zone à gauche, et je fixe mon regard tout à droite. Je bouge un peu le champ, aussi. Mais sur la fin ça s'améliore, et nettement ! Je dirais que l'essentiel des bras ont été placés dans les dix dernières minutes du dessin. Je suis surpris que le passage du Soleil de -17° à -18° ait une telle influence. En fait je crois que c'est aussi la Lune : elle était à ras de l'horizon au début, mais pas encore couchée. Située dans le Lion, elle n'était pas si loin de M101 et, effectivement, le ciel semblait plus clair qu'au sud. Mais vers 1h le ciel devient magnifique, en particulier la Voie Lactée est structurée comme à ses plus beaux jours, même si elle n'est pas terrible à basse hauteur. Je crois avoir déjà vu mieux depuis mon jardin, mais pas souvent. C'est quand même pas mal du tout ! En tout cas, la vision des bras est moins difficile, notamment les petites nodosités à l'intérieur. Le dessin, une fois mis au propre, est spectaculaire et ne ressemble pas à la vision à l'oculaire. Je n'ai jamais vu tout ça, en tout cas pas en même temps (et pas aussi nettement !). C'est une synthèse de tout ce qui a été perçu. Certains bras semblent segmentés, peut-être parce que j'ai détaillé portion de bras par portion de bras, mais la comparaison avec une photo me rend optimiste : il est réussi ! J'ai l'impression de savoir à nouveau dessiner... (J'ai l'air de faire mon prétentieux, mais il faut savoir que lorsque je me suis remis au dessin en 2020, j'avais l'impression de ne plus savoir dessiner et ça m'avait un peu découragé. J'ai continué à dessiner à l'oculaire, mais je ne remettais plus grand chose au propre, attendant que je retrouve mes capacités... Le moment est peut-être venu ?) Voici le dessin : http://www.astrosurf.com/bsalque/Dessins/2023/m101-t495-g.png Mine de rien, j'ai dû passer près d'une heure sur M101. Le trio du Dragon est tout proche, j'ai préparé une carte pré-imprimée, ne perdons pas de temps ! Encore un objet haut ! J'ai dessiné M101 depuis la deuxième, puis la première marche de l'escabeau. Là je suis de nouveau sur la deuxième. La plus brillante galaxie est NGC 5982, l'elliptique. À part son allongement, elle fait penser à un amas globulaire non résolu : il y a un fort contraste entre son noyau brillant, son centre à peine moins brillante, et son faible halo. Mais NGC 5985 est à peine plus faible. Elle est aussi un peu plus grands. Deux portions de bras, formant de petits arcs opposés, sont perçus en vision décalée en faisant attention. J'ai même perçu leur liaison avec le bulbe. Je n'espérais pas détecter l'ensemble de la structure spirale et j'avais même peur de ne rien voir. Mais la Lune est couchée et le ciel est bien noir : le 495 mm peut être exploité à plein rendement ! Au XW 20 mm on voit le trio ensemble, avec NGC 5981 très jolie : elle est nettement plus faible, mais pas si faible que ça. Elle est surtout toute fine, très allongée. Le bulbe est à peine marqué, très allongé lui aussi. Au Nagler 9 mm les trois débordent. Tant pis pour la petite aiguille. Voici le dessin : http://www.astrosurf.com/bsalque/Dessins/2023/ngc5985-t495-g.png Mais ne perdons pas de temps et passons à NGC 6946 ! Je l'ai sélectionnée parce que c'est une des rares galaxies du ciel d'été à montrer ses bras spiraux : je les ai vus au 300 mm. Mais je profite de mon passage pour jeter un œil rapide à l'amas ouvert NGC 6939, très riche, spectaculaire, avec des étoiles brillantes. Il y a une zone centrale dense (un peu décentrée, en fait) qui semble granuleuse à première vue (au Nagler 9), et qui se résout en une trentaine d'étoiles très faibles en vision décalée, comme dans les amas globulaires à la limite de résolution. Mais je ne m'attarde pas et passe à NGC 6946. Là aussi j'ai préparé le champ : heureusement, car la galaxie est perdue au milieu d'innombrables étoiles ! D'ailleurs je ne les ai pas toutes représentées, pour ne pas perdre de temps à identifier les plus faibles. Le disque de NGC 6946 est aussi faible que celui de M101, et sa région centrale est un poil moins brillante. Les deux bras principaux sont perçus immédiatement en vision décalée, mais ne sont pas si faciles. Peu à peu, en examinant bien la galaxie, je perçois un début de troisième bras, puis de quatrième. J'ai comparé avec mon dessin fait au 300 mm sous de bonnes conditions : le 495 mm montre un peu plus de choses bien que je ne soit pas en rase campagne et que je pointe au nord-est, donc vers les villes (Nancy et Toul). Par contre il y a une étoile brillante que je n'ai pas ! Ah oui : c'était une supernova, c'est normal que je ne la vois plus... Voici le dessin : http://www.astrosurf.com/bsalque/Dessins/2023/ngc6946-t495-g.png Il est un peu plus de 2h, j'en ai marre, je suis crevé (observer debout et sur un escabeau − elle aussi, j'ai dû grimper sur la deuxième marche − c'est pas mon truc). J'avais dit que je terminerai sur une dernière observation si j'ai le temps, mais j'ai surtout le temps de faire une pause. Oui mais non, le ciel va bientôt s'éclaircir, pas le moment de glander ! En fait je me souviens d'un projet datant de l'été dernier : refaire le dessin de NGC 6905. L'an dernier, c'était un de mes premiers dessins au 495 mm (depuis sa remise en marche) et je l'avais raté : je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas examiné sa forme. J'ai tracé un rond avec l'étoile centrale (car elle était bien visible) puis j'ai cherché des détails dedans. Alors qu'elle est allongée ! (Un petit peu, mais quand même.) Je pointe NGC 6905 à partir de la Flèche. Ah, pas besoin de l'escabeau cette fois ! En fait si : pour me tenir et poser la planche à dessin. Je pose le pied sur la première marche pour le stabiliser, le coude sur la plus haute marche et je m'appuie dessus. Bref, je chemine au chercheur (il faut être bien concentrée, il y a plein d'étoiles partout) puis je place le XW 20 mm : oh ! C'est une toute petite nébuleuse un poil allongée (oui, même au XW 20 mm ça se voit ! et on voit immédiatement les deux portions d'anneau dans le sens de la loingueur) avec une teinte bleu-vert un poil plus bleutée. La teinte est subtile mais j'adore : déjà, je vois souvent les nébuleuses planétaires verdâtres plutôt que bleuâtres (j'exagère : pas bleuâtre mais bleu-vert un poil bleuté), et son éclat est particulier, peut-être grâce à sa forte luminosité : elle est comme (subtilement) fluorescente. L'étoile centrale, minuscule mais relativement lumineuse, est blanche, elle. Je ne vais pas refaire un dessin, je n'ai pas le courage, alors je dessine juste la nébuleuse et quelques étoiles immédiatement autour, et j'utiliserai cette observation pour corriger le dessin de l'an dernier. On verra. Je n'ai donc pas de dessin au propre à vous montrer, ce sera pour plus tard. Une description rapide : au XW 7 mm (×290) cette nébuleuse est bleu-vert, je n'ai plus ce léger caractère bleuté. Mais elle n'est pas verdâtre comme certaines. Et je perds aussi l'aspect « fluorescent ». Moralité : les nébuleuses planétaires, il faut aussi les observer à faible grossissement. Bon, quant aux détails, il y a le léger allongement de la nébuleuse, en plus des nodosités sur les deux portions brillantes de l'anneau déjà vues l'an dernier (mais légèrement différentes, aïe...) Le filtre OIII aide un peu à préciser certaines détails, et encore. Il est vrai qu'à la fin du dessin, la Voie Lactée était un poil moins riche que tout à l'heure, signe que la nuit venait de se terminer. Et j'ai enfin pu faire une pause ! Ah non, il faut ranger tout le matériel. Pour ça, je me suis remis en tee-shirt, et ça ne m'a pas empêché de transpirer à la fin. Voilà, c'est fait. Bon, j'ai rien oublié ? Non, enfin la pause, ouf ! La Lune va maintenant être gênante et les prochaines sorties du 495 mm sont remise à juillet. J'espère qu'il y aura du beau temps, j'ai plein de choses à faire !
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Voici mon récit de l'observation de M101 de la nuit dernière. − Lieu : le jardin de ma petite maison dans un village qui éteint les lampadaires la nuit. − Instrument : Dobson Orion Optics 300/1200. Comme j'étais fatigué, je n'avais qu'un objectif : observer M101 et voir sa supervova. Mais la supernova est-elle encore visible ? Elle devrait être en train de décroître, peut-être est-elle retombée à sa magnitude 14 de la découverte, voire pire ? Et la nuit sera-t-elle suffisamment noire ? Je suis un peu à la limite. D'après un site d'éphémérides, il n'y a pas de nuit noire à Nancy, mais à Épinal c'est OK un court instant. Je suis à une latitude intermédiaire, donc ça doit se jouer à une fraction de degré. Genre : le Soleil descend à -17,7° au lieu de -18,0°. Effectivement, entre 1h00 et 2h15 le ciel était pas mal, si j'en juge par la Voie Lactée. J'ai donc sorti le Dobson 300 mm, sans attendre de mise en température : il fait aussi frais dans la cuisine que dans le jardin. Pointage de M101, que je n'avais pas observé depuis une éternité. Au Pentax XW 20 mm, la galaxie est faible, sauf la petite région centrale parfaitement ronde. Mais le disque est bien plus faible : c'est une zone autour du bulbe, plus étendue d'un côté que de l'autre, où le ciel est plus clair. En fait, une fois qu'on s'est habitué, c'est plutôt facile. Elle est plut petite que je ne le croyais, il est vrai que j'ai 1° de champ. J'avais préparé un petit schéma pour situer la supernova, au cas où elle aurait faibli : ben elle n'a pas faibli du tout ! Comment ça se fait ? En tout cas on ne voit qu'elle. Normalement, une supernova, c'est une étoile faible cachée dans le disque de la galaxie. Là on voit une étoile brillante et une faible nébulosité un peu à l'écart. J'ai commencé le dessin au XW 7 mm : placement des étoiles, recherche des étoiles les plus faibles (le champ est pauvre...) et dessin des bras de M101. Oui, on voit les bras, mais c'est difficile ! La seule fois où j'ai bien vu la structure spirale de M101, c'était en 2004 (les débuts du 300 mm !) et je les avais vus mieux que ça. Mais je sais que je grossit trop. Alors je passe au XW 20 mm... Non : je ne sais pas pourquoi, je décide d'essayer le Nagler 9 mm d'abord. Ah, c'est mieux : on voit les mêmes étoiles (j'imaginais que le 7 mm montrerait mieux les plus faibles, en fait non) et on voit mieux les bras. Il faut utiliser la vision décalée à outrance, et même très décalée, et alors on devine une structure complète : plusieurs bras parallèles. Mais difficile à placer, c'est vraiment à la limite, et la vision est fugace. Le disque de M101 est vu aussi bien qu'au 20 mm (donc faible !), mais il est plus grand et donne l'impression d'une structure laiteuse. Je retourne au XW 20 mm : les étoiles faibles sont éteintes, et la structure spirale n'est pas mieux qu'au 9 mm. Étonnant : le 9 mm est vraiment mon oculaire préféré sur cet objet. Le dessin d'hier soir (nord en haut) : http://www.astrosurf.com/bsalque/Dessins/2023/m101-sn2023.png (J'ignore pourquoi l'image ne s'affiche pas.) La supernova est facile : c'est l'étoile la plus brillante sur le dessin, sur un bras très faible (d'ailleurs l'étoile gênait...) Conclusion : voici une supernova qui devrait être facile à suivre !
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Réflexions et témoignages sur les télescopes à offrir à un enfant
un sujet a posté 'Bruno dans Support débutants
Noël approche, les parents souhaitent offir des télescopes pour leurs enfants et consultent Webastro pour trouver de l'aide comme l'indiquent plusieurs discussions récentes. Du coup voici une réflexion à ce sujet. Il y a deux parties : 1) Quelques réflexions. Ce ne sont pas des affirmations mais des idées voire des interrogations. 2) Des témoignages. Là c'est à vous de jouer ! Je pense qu'il serait très utile que les webastrams qui ont découvert l'astronomie suite à un cadeau (de Noël ou autre) témoignent. Ma première lunette 60/700, je l'ai achetée avec mes économies, ce n'était pas un cadeau et je ne peux pas apporter de témoignage, aussi la suite de mon message ne concerne que la première partie. A/ Comment offrir un télescope à un enfant ? Je n'ai pas d'enfant, donc je ne suis pas crédible pour donner des leçons, je sais. Mais je le répète, il s'agit ici plutôt de réflexions que d'affirmations (si j'ai l'air un peu trop affirmatif, c'est parce que je crois en ce que je dis). Et puis j'ai eu la chance, autrefois, d'être un enfant, et je m'en souviens encore... - Observer le ciel se fait dehors la nuit. Mine de rien, c'est très contraignant pour un jeune enfant. Je pense qu'offrir un télescope à un très jeune enfant est une mauvaise idée, à moins d'être sûr de son coup. Si vous n'avez pas de lieu d'observation (pas de jardin ou pas de balcon), ne croyez pas qu'on peut faire de l'astronomie par la fenêtre. Si vous n'habitez pas un endroit favorable à la pratique de l'astronomie, offrez-lui autre chose plutôt que de le dégoûter. - Pour un enfant, un cadeau est important. Nous, adultes, on s'offre des trucs par politesse. « Tiens, machin m'invite, je vais lui offrir un bibelot. » Pour un enfant je crois qu'on ne doit pas raisonner ainsi : il est interdit de se tromper. (Je parle d'un cadeau important, genre un télescope.) - Je suis contre les surprises. Une surprise est destinée à faire plaisir à celui qui offre. Or un cadeau doit d'abord faire plaisir à celui à qui on l'offre. Surtout pour un télescope, à cause de ce qui suit. - Dans un petit télescope d'initiation (j'emploie le mot télescope au sens large, lunette comprise), on ne voit pas grand chose. Il faut être passionné d'astronomie pour exploiter un petit télescope. Donc je crois qu'un télescope n'est pas un cadeau qu'on fait à la légère. « Tiens, on va lui offrir un télescope, ça devrait lui plaire vu qu'il aime bien la nature » --> mauvaise idée ! (Il risque de l'utiliser deux ou trois fois épicétou.) Il faut lui offrir s'il est passionné d'astronomie, s'il en a vraiment envie, s'il le demande. D'où l'intérêt de le consulter au lieu de vouloir lui faire une surprise. - On pourrait même imaginer qu'il lise la discussion initiée au sujet de son cadeau sur Webastro, voire qu'il y participe. B/ Sur quelles bases choisir le télescope ? - Il est normal que le budget soit modéré. Mais en entrée de gamme, il y a beaucoup de machins inutilisables qu'il faut à tout prix éviter. Si votre budget est trop faible, peut-être bien qu'il vaut mieux lui offrir autre chose qu'un truc inutilisable qui le dégoûtera de l'astronomie. - Je suis persuadé qu'un télescope destiné à un enfant doit être d'aussi bonne qualité qu'un télescope destiné à un adulte. Si un enfant veut une voiture, il se contentera d'une voiture à pédales, on ne va pas lui offrir une « voiture pour adulte ». Mais pour un télescope la logique est différente : un jouet ne permet tout simplement pas de faire de l'astronomie, or le but de ce cadeau est de permettre à son enfant de découvrir l'astronomie, donc un télescope de mauvaise qualité est inacceptable (il existe réellement des télescopes tellement mauvais qu'on ne peut pas faire d'astronomie avec). - Il existe des petites lunettes montées sur des montures tellement instables qu'on ne peut pas observer avec. Offir à un enfant ce genre d'instrument, c'est détruire son rêve de découvrir le ciel. Ne faites surtout pas ça ! (Comme c'est un cadeau il ne pourra pas se plaindre, donc il sera malheureux.) - Il faut favoriser l'autonomie de l'enfant, donc lui choisir un télescope qu'il pourra utiliser tout seul. Si seuls les parents peuvent le manipuler, ce sera le télescope des parents ─ c'est pas un cadeau, c'est une arnaque ! Il doit pointer tout seul (ce qui n'empêche pas de le surveiller (*)), regarder tout seul dedans. D'abord il est toujours bon de favoriser l'autonomie d'un enfant (qui ne demande pas mieux), et surtout il n'y a rien de tel pour le stimuler que de le laisser découvrir les choses. Imaginez sa fierté lorsqu'il vous appellera : « hé, j'ai trouvé Saturne, venez-voir ! ». (Bien sûr il faut lui donner les moyens de progresser, mais ne faites pas les choses à sa place.) Il se trouve que tous les télescopes ne sont pas adaptés à une utilisation autonome, surtout pour un jeune enfant. Les montures équatoriales sont compliquées à manipuler (il faut desserrer les axes avant de bouger le télescope) et il faut d'abord apprendre à les manipuler. Un Dobson, par contre, est bien adapté à la manipulation par un enfant. Ce sont juste deux exemples pour illustrer l'intérêt de se poser la question. (*) Observer en plein jour sera bien sûr interdit. - Certaines personnes conseillent parfois des jumelles. Je crois que c'est un mauvais conseil pour deux raisons essentielles : 1° des jumelles, ce n'est pas un télescope, ça compte pas ; 2° on ne peut pas observer les planètes. Beaucoup d'enfants vivent en ville, et comme ils n'ont pas le droit de prendre la voiture pour observer en rase campagne sous un ciel bien noir, les jumelles ne serviront qu'à mater les voisins. C/ Quelques exemples de matériel - La petite lunette azimutale 60/700 ou 70/700 : souvent livrée avec une monture qui la rend inutilisable ─ dans ce cas, à proscrire absolument. Toutefois il existe des modèles utilisables, et alors ce sont des modèles tout à fait recommandables. Exemple : la Skywatcher 70/700 (pour 100 € en neuf, c'est probablement le meilleur choix). - Newton catadioptrique 114/1000 ou 150/1400. Ces modèles sont moins bons que les Newton "normaux" pour des raisons optiques. Cela dit ce n'est pas forcément catastrophique (surtout à faible grossissement), et en étant bricoleur on peut améliorer les choses. Mais pour un enfant, je pense que ce serait lui mettre des bâtons dans les roues. - Le 114/900 équatorial : je pense que pour un jeune enfant il faut éviter, à cause de la monture équatoriale qui nécessite un apprentissage pour la manipuler. Pour un adolescent, ça devrait aller, surtout s'il est motivé. Ce télescope a comme principal intérêt de s'initier à la manipulation d'une monture équatoriale, chose très utile plus tard pour faire de la photo, mais c'est un intérêt qui ne concerne pas forcément un enfant. - Petit Dobson 114/900, 150/1200 ou même 200/1200 : excellent choix ! Voilà les télescopes idéaux pour enfant si j'en crois mon expérience et pas mal de témoignages (et pas que pour enfant bien sûr). Évidemment, ce n'est pas le même budget. Mais pour seulement deux ou trois fois plus cher que le matériel bas de gamme, on a dix fois plus de choses à voir (façon de parler). À partir de 150 mm on a du matériel qui pourra servir des années durant (une petite lunette aura vite épuisé ses possibilités). - Lunette courte, genre 80/400 : je n'aime pas trop, principalement parce que les images planétaires seront moins contrastées à cause du chromatisme. Mais c'est un instrument qui a des avantages, surtout si on dispose d'un bon ciel. ---- Et maintenant, je pense qu'il serait utile de lire vos témoignages. Que vous a-t-on offert ? Était-ce adapté à vos attentes ? Qu'aurait-il fallu faire ou ne pas faire ? Quels sont les pièges à éviter, les choses auxquelles on ne pense jamais ? Etc. -
De temps en temps, des participants s'interrogent sur les théories de l'Univers (big bang et tout ça), mais ont une idée fausse des théories scientifiques. C'est le cas notamment de ceux qui ne "croient pas" en le big bang. Le texte qui suit est destiné à essayer d'expliquer ce que je crois avoir compris de la théorie, en espérant que ça colle à peu près à nos connaissances scientifiques, et dans le but de servir de rappel à ceux qui voudraient comprendre l'Univers. Oui, c'est prétentieux, mais je crois que c'est utile et il faut bien que quelqu'un s'y colle. Et comme les scientifiques n'ont pas le temps (il faut croire)... Dans cette présentation, il y a deux parties. La conclusion de la première partie est sûre à 100 %. Par contre, la seconde partie est moins sûre, parce qu'il est possible que j'ai mal compris ce dont je parle. Ça me paraît quand même tenir debout, mais je vous laisse juger et on peut en débattre, on est là pour ça. Important : je cherche à décrire la théorie actuelle de l'Univers. Je ne cherche pas à décrire l'Univers. Première partie : le Big Bang. Il fait froid. Il fait noir. Il n'y a pas un bruit. Pas une lumière. Rien. Le vide. Et puis soudain, dans un flash aveuglant et extrêmement bref, une explosion gigantesque, colossale, armageddonesque, illumine le ciel. C'est là, juste à côté, qu'a lieu l'évènement le plus important de tous : le Big Bang. Une explosion créatrice de matière. Le Grand Boum ! L'énergie libérée est inimaginable. Elle est si forte que des milliards d'années après, la matière surgie du néant et éjectée dans toutes les directions par l'effroyable explosion, eh bien cette matière continue de s'éloigner inexorablement vers les confins de l'espace. Si forte que, peut-être, rien ne peut arrêter les débris de l'explosion. Et ces débris, ces particules de matière créées par l'explosion, c'est nous : des atomes, des molécules, puis des planètes, des étoiles, des galaxies. C'est cette fantastique explosion qui explique que toutes les galaxies s'éloignent aujourd'hui progressivement les unes des autres. Entraînées en ligne droite vers les confins de l'espace (dont on ne sait s'il est infini ou non), les galaxies continuent à avancer à des vitesses vertigineuses. Peu à peu, tout en s'éloignant de l'endroit où a eu lieu l'explosion, l'ensemble de ces galaxies s'étend et forme un Univers en expansion. L'éloignement progressif des galaxies a été mesuré grâce à la spectroscopie : lorsqu'une galaxie s'éloigne de nous, ses raies sont décalées vers le rouge. Eh bien toutes les galaxies ont leur raies spectrales décalées vers le rouge, et d'autant plus qu'elles sont éloignées. C'est la confirmation que l'Univers est en expansion, ou plus précisemment que l'ensemble des galaxies forment une masse en expansion. Il se trouve que la lumière ne se propage pas instantanément. Elle se parcourt "que" 300.000 km chaque seconde. C'est une chance, car lorsqu'on observe une galaxie lointaine, on l'observe telle qu'elle était dans le passé. Grâce à cette propriété de la lumière, on peut même observer des objets qui étaient très jeunes. Si l'on pointe un radiotélescope vers un point précis du ciel (situé du côté de la constellation du Centaure, je crois), on peut même observer la lueur primordiale du Big Bang, ce qu'on appelle le rayonnement de fond cosmologique. Il s'agit du résidu d'énergie causé par l'explosion. Cet objet n'est âgé que de 300.000 ans. L'énergie colossale libérée lors du Big Bang a provoqué une température monstrueuse. La lumière issue de cette zone chauffée à blanc (et même plus que ça, bien plus) nous parvient fortement décalée vers le rouge, elle est en quelque sorte refroidie. Mais elle fait encore 2,7K. C'est exactement ce qu'a prévu la théorie. Mais qu'est-ce qui a provoqué cette explosion ? D'où vient l'énorme énergie qui a "poussé" la matière au point que, des milliards d'années après, elle continue à être expansion ? D'ailleurs, à quelle vitesse a lieu cette expansion ? Où s'est produit exactement le Big Bang ? Et qu'y avait-il avant cette explosion ? Est-ce l'oeuvre de Dieu ? Par ailleurs, l'expansion va-t-elle durer ou bien est-ce que la matière va reprendre le chemin inverse ? Et qu'y a-t-il au delà de l'Univers, devant nous en quelque sorte ? Peut-être y a-t-il eu d'autres Big Bang ailleurs, plus loin, trop loin pour qu'on puisse encore apercevoir ces autres Univers ? Que se passerait-ils si nous croisions ces autres Univers (à force de s'étendre, on finira bien par les rejoindre) ? Toutes ces questions sont souvent posées par les amateurs d'astronomie, et je les lis souvent sur les forums. Ce sont des questions naturelles. Après tout, cette histoire de Big Bang paraît tellement bizarre. Une explosion fulgurante, de la matière qui est éjectée partout et qui forme l'Univers... Certaines personnes trouvent ça absurde, d'autres y voient une confirmation de l'existence de Dieu, il y a aussi les sceptiques, et puis ceux qui ont confiance dans la science et se disent que, sans doute, c'est ainsi qu'est né l'Univers. En fait, il y a un problème. Ce que j'ai décrit plus haut, c'est n'importe quoi. C'est bidon. Un délire. Du pipeau. C'est aussi abracadabrant que le mythe de la Terre plate portée sur les épaules du géant Atlas. Et pourtant, beaucoup de personnes croient que c'est ainsi que les scientifiques décrivent l'Univers. Comme c'est très important, je le répète : la descriptions ci-dessus est du grand n'importe quoi, c'est drôle, c'est fascinant, c'est beau, peut-être... comme les mythes de nos ancêtres. Mais ce n'est pas ainsi que les scientifiques décrivent l'Univers. L'Univers n'a pas été engendré par une explosion fulgurante. Non, l'Univers n'a pas été engendré par une explosion fulgurante. Pour les scientifiques, l'Univers n'a pas été engendré par une explosion fulgurante. Mais la théorie du big bang est tellement compliquée que si on la vulgarise mal, ou si on comprend mal une bonne vulgarisation, on risque de comprendre la théorie de travers et croire qu'elle parle d'une explosion primordiale. D'où une floppée de questions (voir plus haut) qui, en fait, n'ont pas lieu d'être. Par exemple, la question "où a eu lieu le Big Bang ?" suppose que le Big Bang est une explosion ayant eu lieu quelque part. N'importe quoi. Du coup, la quesiton n'a plus tellement de sens (mais j'en parlerai quand même). Notez bien : j'ai parlé de la théorie du big bang, pas du Big Bang. Le Big Bang (nom propre) est un évènement mythique construit par ceux qui n'ont pas compris la théorie (et ceux qui l'ont mal expliquée, surtout). Le big bang (nom commun) est le nom d'une théorie de l'Univers. Ce nom est trompeur car dans cette théorie il n'y a pas de Big Bang. En fait, le nom a été affublé à la théorie par ses premiers détracteurs, pour la ridiculiser. Mais les cosmologistes de l'époque avaient de l'humour et l'ont gardé. Le nom est malheureusement porteur d'ambigüité. Évidemment, les chercheurs savent bien qu'il n'y a pas de Big Bang dans le big bang, mais le grand public se fait souvent avoir, je l'ai constaté maintes fois dans les forum. D'autant mieux que j'étais moi aussi tombé dans le panneau la première fois ! Deuxième partie : le big bang, cette fois pour de vrai ! Tout ce qui suit va utiliser des diagrammes d'espace-temps. Alors commençons doucement. Voici un premier diagramme : (Figure 1) Ce diagramme représente l'espace-temps autour de nous. Comme la feuille de papier n'a que deux dimensions, on a représenté l'espace par 1 seule dimension (au lieu de 3). L'espace est représenté par des lignes horizontales (abscisses). Le temps correspond aux ordonnées. Le point O (comme "observateur"), c'est nous au temps t=0. B (comme "Bibi") est un point situé à 300.000 km de nous, au temps t=0 également. La ligne horizontale qui passe par A, O et B est l'espace au temps t=0. La ligne verticale qui passe par O représente tous les états passés, présent et futurs de O. La ligne verticale qui passe par B représente tous les états passés, présent et futurs de B. Par exemple, le point B" est un point d'espace-temps qui représente l'état à t=2 secondes de Bibi. C'est "Bibi dans le futur". Du moins si on suppose que personne ne se déplace. Envoyons un rayon de lumière vers Bibi. Il ne parvient qu'au bout de 1 seconde, à cause de la vitesse finie de la lumière. Il atteint donc Bibi au point d'espace-temps appelé B'. La trajectoire dans l'espace-temps de ce rayon de lumière est le segment dessiné en bleu (entre O et B'). En choisissant une échelle où 1 seconde et 300.000 km sont représentés par la même longueur, ce segment est forcément "en diagonal", à 45° par rapport aux axes. Remarque importante : les rayons de lumière parcourent toujours, dans l'espace-temps, des trajectoires faisant 45° par rapport aux axes. C'est obligé puisqu'un photon, pour parcourir 300.000 km, met toujours 1 seconde. Si maintenant nous envoyons à Bibi une baballe à la vitesse de 150.000 km/s, il lui faudra 2 secondes pour l'atteindre. Elle va donc l'atteindre au point d'espace-temps B". La trajectoire dans l'espace-temps de la balle est donc le segment dessiné en vert. Comme rien ne va pas plus vite que la lumière, toutes les trajectoires allant de l'observateur à Bibi sont des segments situés "au-dessus" du segment bleu (et font un angle plus petit que 45° avec l'axe vertical). Quand nous observons des galaxies, nous recueillons la lumière issue de ces galaxies. Comme la lumière est représentée par des trajectoires faisant 45° avec les axes, les rayons de lumière qui nous parviennent sont représentés par les demi-droites rouges. Ainsi, lorsque nous voyons Bibi, nous le voyons tel qu'il était il y a 1 seconde, donc sa lumière n'est pas partie de B mais d'un point de l'espace-temps situé aux coordonnées (300.000 km ; -1 s). C'est pourquoi les deux demi-droites rouges représentent notre Univers observable (évidemment, elles se prolongent dans le passé). Sur le dessin, il s'agit d'un espace à 1 dimension. Donc en réalité c'est un espace à 3 dimensions, bien sûr. L'espace qu'on observe en regardant au télescope, c'est uniquement ce qui correspond à la portion rouge. Mais bon, ce dessin correspond à un Univers plat. Or on sait qu'il n'est pas ainsi. Voici une représentation d'un premier modèle (le mot est un peu exagéré) d'Univers, assez simpliste : (Figure 2) La petite portion quadrillée représente celle de la première figure. Le temps est représenté par les axes qui partent du point appelé "BB". J'ai juste dessiné l'axe du temps pour le point O. Les cercles représentent l'espace à un temps donné. Cet espace est courbe : ce n'est plus une ligne. De plus, il est fini : il n'y a pas de limite et on peut parcourir l'Univers sans s'arrêter, mais son volume est fini. Les trois cercles extérieurs correspondent à l'espace âgé de 8,7 milliards d'années ("Ga" = milliard d'années), 13,7 Ga (présent) et 18,7 Ga. Le cercle intérieur représente l'Univers âgé de 300.000 ans (en réalité il devrait être situé plus près du centre, je n'ai pas respecté l'échelle pour qu'il ne soit pas minuscule.) Il est important de bien comprendre que les lignes horizontales de la figure 1 ont été remplacées par des cercles, et que les lignes verticales de la figure 1 ont été remplacées par des lignes radiales. Rappel : chaque ligne (ou courbe) d'espace de dimension 1 sur la figure correspond en réalité à un espace de dimension 3, pusiqu'on perd 2 dimensions dans la représentation. A est une galaxie lointaine. A' est sa position dans l'espace-temps il y a 5 milliards d'années (t=8,7 Ga). La courbe rouge partant de A' et atteignant O fait 45° avec tous les cercles concentriques intermédiaires : il s'agit donc de la trajectoire des photons. Autrement dit, la lumière issue de A', il y a 5 milliards d'années, nous a rejoint aujourd'hui : nous pouvons observer cette galaxie. La galaxie est donc située à 5 milliards d'années-lumières. Aujourd'hui, la galaxie est en A, mais en A nous ne pouvons pas l'observer puisque sa lumière ne nous a pas encore atteint. C'est donc A' que nous voyons. Et si on regarde plus loin que cette galaxie ? Eh bien il suffit de prolonger la courbe rouge, qui correspond en fait à notre Univers observable. En F, nous voyons un point de l'Univers âgé de 300.000 ans. Cet âge correspond au découplage photon/matière, et à l'émission du rayonnement 3K (fond diffus cosmologique). Il est impossible de regarder plus loin en arrière car l'Unviers était alors opaque, c'est pourquoi j'ai arrêté la courbe à ce point F. Les points F et G ont 0 dimension, donc représentent un espace de dimension 2 en réalité. (J'ai oublié de dessiner G ! G est l'extrêmité de l'autre branche de courbe rouge.) Comme il s'agit de l'ensemble des points de l'espace situés à 13,6997 milliards d'années-lumière de nous, c'est une sphère (rappel : la sphère est la surface d'une boule). Nous sommes à l'intérieur de cette sphère, au centre. Et la portion d'espace-temps dessinée en rouge, c'est-à-dire l'Univers observable, est un espace de dimension 3. C'est l'ensemble des points dont la distance est inférieure ou égale à 13,6997 milliards d'années-lumières, donc c'est une boule (l'intérieur d'une sphère). Le schéma montre bien que nous sommes au centre de l'Univers observable, que celui-ci est une boule, et qu'il est limité par la sphère d'où provient le rayonnement 3K. C'est cette sphère qu'a cartographiée COBE, par exemple. Notons bien que la carte correspond, non pas à tout l'Univers âgé de 300.000 ans, mais seulement à la portion qui fait partie de notre Univers observable. Une autre propriété est montrée dans cette figure : l'éloignement des galaxies. O et A sont immobiles : leur coordonnées spatiales ne changent pas (ils restent sur le même axe radial). Pourtant, la distance entre O et A augmente peu à peu (en fait, je crois que c'est la distance OA' puis O''A qu'il faut regarder). La récession des galaxies n'est pas une fuite des galaxies, ce n'est pas un mouvement, c'est juste une conséquence de l'expansion de l'espace. Si on remonte en arrière, on voit que l'Univers (disons : l'espace d'âge donné) est de plus en plus petit (les cercles sont de plus en plus petits). En t=0, ils se confondent en un point. Et si t<0 ? Eh bien le schéma montre qu'il n'existe pas de point d'espace-temps ayant une coordonnée temporelle nulle. Dans cette réprésentation, tous les points de l'espace-temps ont une coordonnée temporelle >=0, ce qui signifie que le temps démarre au point BB (comme Big Bang, bien sûr). La question : "qu'y a-t-il avant le Big Bang" n'a donc pas de sens. (Mais : voir précision complémentaire 1 dans les messages qui suivent.) En outre, chaque point de l'Univers (par exemple A ou O), si on remonte le temps en arrière, finit par atteindre le point BB. Ceci illustre le fait que le Big Bang s'est produit partout. Il n'y a pas d'endroit précis, dans l'Univers, où le Big Bang se serait produit, l'Univers est né partout. C'est pour ça, d'ailleurs, que le rayonnement 3K s'observe partout autour de nous (sur le schéma, c'est {F,G}, qui représente une sphère dont on est à l'intérieur, au centre, comme on l'a dit plus haut). Voilà donc un modèle où le Big Bang s'est produit partout, où le temps est né avec le Big Bang (qui n'est pas un évènement mais juste l'origine des temps), où l'espace est fini et fermé, mais sans limites bien sûr, et en expansion. C'est à peu près ce que décrit la théorie du big bang, sauf que ce schéma est encore trop simpliste et que le point BB n'appartient pas à la science (on ne sait pas ce qui s'est passé avant t=10^-42 seconde). De plus, la feuille où j'ai dessiné ce schéma est plane. Or c'est tout l'espace-temps qui est courbe, il faudrait donc faire un dessin sur une feuille courbe. On en reparlera plus loin. De plus, ici le taux d'expansion est constant (l'espace augmente régulièrement). Or on sait qu'il y a probablement eu d'abord une phase d'inflation, où l'Univers s'est considérablement agrandi en un temps extraordinairement court, puis une phase d'expansion bien plus lente, qui est aujourd'hui en accélération (ce qu'on ne sait pas expliquer autrement qu'en parlant d'énergie sombre, si j'ai bien compris). Pour simuler l'inflation sans courber la feuille, j'ai trouvé une astuce : l'échelle des temps est variable. Voici le schéma obtenu : (Figure 3) Sur un axe temporel quelconque, quelques milliardièmes de seconde sont représentés par une bien plus grande longueur que les miliards d'années qui suivent (du coup on perd la propriété des rayons lumineux qui font 45° : qu'importe car l'inflation s'est produite quand l'Unviers était opaque). Ainsi, à t=300.000 ans, quand l'Univers cesse d'être opaque, il est déjà très étendu. Par la suite, il continue à s'étendre bien plus lentement. C'est pourquoi la courbure est faible : les cercles sont immenses, du coup ils sont proches d'être des droites. Effectivement, le satellite WMAP a mesuré la courbure de l'Univers et a trouvé qu'il était presque plat. C'est la preuve que l'Univers total (pas seulement l'Univers observable) est effectivement énorme ! La double courbe rouge représente toujours l'Univers observable. On voit bien que celui-ci est minuscule par rapport à l'ensemble de l'Univers. D'ailleurs, l'Univers est peut-être infini (dans ce cas, cette représentation n'est pas valide). Le point "BB" sort du dessin (j'ai indiqué par une flèche qu'il se trouve par là, en bas à droite). En fait, ce point sort aussi de nos connaissances, ce dont la figure 2 ne tenait pas compte (je l'y avais mis juste afin d'illustrer le fait que le Big Bang s'est produit partout). À quoi ressemble un schéma d'une expansion accélérée, si on veut garder une échelle uniforme sur l'axe des temps ? Il faut en fait utiliser une feuille courbe. Il est temps de dessiner un vrai espace-temps courbé ! Voici un dessin assez imprécis qui montre une expansion accélérée de l'espace : (Figure 4) Cette fois, j'ai dessiné en perpective la feuille courbe où le diagramme d'espace-temps est dessiné... On voit bien que l'espace (les cercles) est en expansion, et celle-ci est accélérée : le rayon des cercles augmente de plus en plus vite. On reconnaît sur ce dessin les deux courbes rouges issues de O qui représentent l'Univers observable, et la galaxie lointaine A (A' est caché). Le schéma suivant montre l'Univers tel qu'on le connaît aujourd'hui : issu d'une inflation (expansion accélérée extrêmement rapide), puis subissant une expansion moins rapide qui, aujourd'hui, s'accélère, avec une orgine inconnue (car la science ne permet pas de remonter plus loin que t=10^-42 seconde). (Figure 5) L'espace-temps ressemble à une espèce de cloche. C'est un espace-temps courbe. En haut de la "cloche", le '?' représente le fait qu'on ne sait pas remonter plus loin que t=10^-42 seconde, par conséquent rien ne prouve qu'il y ait un point du type BB (de la figure 2). Une fois l'inflation terminée, l'Univers poursuit son expansion de façon plus modérée, d'où la forme en cloche. À nouveau, on reconnaît le point O, les deux courbes rouges représentant notre Univers observable et la galaxie A' située à 5 milliards d'années-lumière (donc à 5 milliards d'années en arrière). En fait, la "cloche" est beaucoup plus large, car l'inflation a démesurément gonflé l'espace. Elle est donc plus proche du petit dessin en bas à droite. Et encore, c'est plus plat en haut et bien, bien plus large. L'Univers observable (en rouge) est donc tout petit par rapport à l'Univers complet. Est-ce que ces représentation correspondent bien aux théories des scientifiques ? Est-ce qu'elles sont au moins de bonnes analogies, meilleures que l'analogie trompeuse du ballon à gonfler ? Certes, elles ne décrivent pas un Univers hyperbolique et encore moins un Univers infini, donc pas le cas général. Mas j'ai espoir qu'elles sont plutôt valides. D'ailleurs, dans un livre de R. Penrose, j'ai trouvé ces diagrammes : (Figure 6) Ce sont les mêmes que la figure 5, sauf que les "cloches" sont à l'envers. Donc j'ai confiance. Voilà. J'espère avoir été clair, et surtout aider ceux qui ont été contaminés par de la mauvaise vulgarisation (comme celle de ma première partie ) à rectifier un peu leurs idées...
