Aller au contenu

Messages recommandés

Posté
Le 17/06/2026 à 13:37, fotografeur a dit :

à partir du moment où on regarde, on voit, ça devient du visuel

Mais non. Si on fait de la spectroscopie, on regarde les spectres ; si on fait de la radioastronomie, on regarde des courbes ; si on fait de l'astrophoto, on regarde les photos. L'observation visuelle, ce n'est pas regarder quelque chose, sinon tout est visuel.

 

L'observation visuelle, ça a toujours été l'observation directe des ondes lumineuses émises par les astres, par opposition à l'astrophoto où on observe une image construite par un procédé chimique (photo argentique) ou électronique (imagerie numérique). La nouvelle pratique consiste à observer une image numérique qui n'est pas destinée à être sauvegardée. C'est une forme d'imagerie, si on veut, d'autant que le matériel nécessaire est le matériel de l'imagerie (il faut une caméra, un suivi équatorial...) et que les critères sont ceux de l'imagerie (importance du rapport F/D plutôt que du diamètre par exemple).

 

Appeler ça de l'observation visuelle jette à la poubelle ce qu'on a toujours appelé « observation visuelle » et trompe les gens qui cherchent du matériel adapté. C'est une erreur majeure et c'est pour ça que je suis intervenu.

  • J'aime 1
Posté

Bonjour, je suis d'accord avec Bruno.

Est-ce qu'un terme tel que "Imagerie en Temps Réel" (ITR) pourrait convenir et être une bonne traduction du "live stacking" déjà bien utilisé par les anglo-saxons.?

Posté (modifié)
il y a 32 minutes, joker0247 a dit :

Est-ce qu'un terme tel que "Imagerie en Temps Réel" (ITR) pourrait convenir et être une bonne traduction du "live stacking" déjà bien utilisé par les anglo-saxons.?

Plutôt en accord avec ton terme même si on il perds la notion d'accumulation des images.
Une traduction plus littéral serait "Accumulation d'images en temps réel". C'est moins sexy du coup.

 

Ce débat sur le terme "visuel assisté" me rappelle le débat avec le terme "jeu vidéo" qui pour certains, en la faisant simple, regroupe sous le même mot des expériences narratives et des jeux sans histoire. L'usage tellement courant du terme a clôturé ce débat depuis au moins 10 ans.

Modifié par Axeldark
  • J'aime 1
Posté

Effectivement. Mais en soit le terme d'accumulation est pratiquement implicite dans cette discipline. Qui pratique l'imagerie astronomique aujourd'hui sans empiler plusieurs poses ?

Posté

Bonjour les gens,

 

Cette discussion est très intéressante. Cadrer un concept qui ne fait pas unanimité de manière sure et biunivoque est un exercice intellectuel passionnant.

 

La question qui se pose pourrait donc être : "Où commence le Visuel Assisté ?" Prenons cette question comme un sujet de philo au bac. Avant de pouvoir y répondre nous devons nous mettre d'accord sur le sens exact et adopté en commun à donner à chaque terme. Sans ce consensus de définition, nous ne serons bien évidemment jamais tous en accord.

 

Visuel : Ce terme met à peu près tout le monde d'accord, @'Bruno l'a d'ailleurs bien défini, Visuel = ce qui est perçu au niveau cérébral par les yeux. Encore qu'il demeure quelques incertitudes à propos de visuel. En effet lorsque vous entendez la même note de musique jouée par un piano puis par un saxophone, vous ne percevez pas toutes les caractéristiques des différences entre les deux sons. Il vous faut un complément tel que la décomposition graphique en séries de Fourier posée sur une feuille de papier pour saisir toutes les nuances de différence. Dans ce cas c'est bien le Visuel qui donne la meilleure information.

 

Assisté : C'est bien sûr sur ce terme que le bât blesse car chacun met selon sa sensibilité, le début de l'assistance à des points différents.

Je pense que chacun sera d'accord pour admettre que regarder le ciel en simplement levant la tête est du visuel pur.

 

Je serais bien tenté de dire que cela s'arrête là. En effet dès l'instant qu'un dispositif technique vient s'interposer entre l’œil et l'objet observé il y a assistance. Difficile par exemple de ne pas admettre que l'emploi d'un télescope de 1, 10 ou 30 mètres de diamètre est bien de l'assistance à l'observation, et pourtant spontanément chacun se laisse aller à classer ces observations en Visuel pur.

 

D'aucun est alors tenté de placer le début de l'assistance lorsqu'on ne reçoit plus directement les photons issus de l'objet sur la rétine. Ici une simple analyse du comportement quantique du photon montre que c'est bien une légende urbaine de laisser croire que c'est un photon "fossile" parti il y a 10, 100, 1 000 ans et davantage qui nous arrive sur la rétine. Ce photon a subi des milliards de transformation chaque seconde de sa traversée du vide quantique et ne possède qu'une seule propriété vérifiable (du moins en l'état de nos connaissances) celle d'être une copie conforme du photon de départ au redshift près lié à la dilatation de l'Univers. Ceci pour dire qu'il y a moins de transformations photoniques en nombre à la captation par une caméra qu'il n'y en a eu durant tout le voyage du "grain d'énergie". Donc capter sur la rétine les photons représentatifs de l'objet observé n'est plus suffisant pour affirmer d'être en visuel pur, ils ont subi des myriades de transformations.

 

Aussi pour l'instant je me contente de traduire l'expression V.A. par Visuel Amplifié. Cette amplification peut être de diverses natures :

 

1) Amplification de la taille et/ou de la luminosité par des dispositifs optiques, miroirs ou lentilles. Qui peut dire que c'est le photon entré dans la lentille qui en ressort, et non une copie quantique générée lors de la traversée de la matière ? Personne à ma connaissance.

 

2) Amplification par des dispositifs photosensibles qui permettent "d'additionner" dans le temps des photons arrivés à des instants différents.

 

Voilà un tout début de réflexion, l'aide d'un philosophe nous serait précieuse pour creuser davantage le sujet.

 

Toutes et tous à vos plumes !

 

Ney

 

 

  • J'aime 2
Posté

Bonjour Ney, 

d'accord avec toi pour considérer que le visuel pur s'arrête à l'instant où un dispositif s'interpose entre l'oeil et l'objet observer. Mais dans ce cas quid des lunettes de vue et lentilles correctrices. On va jusque là ? Bon c'est pour causer, car c'est HS pour moi.

Pourquoi pas visuel amplifié pour tout le reste. Mais alors il faut tout de même affiner la granulométrie et distinguer par un terme différent tes points 1 et 2, qui selon moi se classent respectivement dans une catégorie d'observation visuelle pour le 1, et d'imagerie pour le 2 (ou observation sur écran pour reprendre le terme proposé par Bruno).

Selon moi le point 2 se divise encore en deux, selon que l'image observée est obtenue a posteriori après traitements, etc.. dans ce cas il s'agit d'imagerie "classique" (il faudrait trouver un terme plus élégant), ou selon que l'image est observée en temps-réel sous les étoiles à côté du dispositif  et dans ce cas on entre dans la catégorie mal-nommée visuel assité (VA) que je propose d'appeler imagerie en temps-réel (ITR).

Je ne sais pas si je suis bien clair mais voilà comment je vois les choses.

C'est en effet très stimulant intellectuellement comme débat, tant que ça reste bienveillant et constructif.

Alexis

Posté (modifié)

Oui ce sujet est passionnant.

Où commence le visuel et où s'arrête -t-il ?

 

On pourrait y aller par étape et répondre doucement a la question " est ce du visuel?" dans différentes configurations :

 

1. Je regarde le ciel avec mes yeux,

2. Yeux plus lunette de correction pour oeils défaillants,

3.  Et avec des jumelles,

4. Lunettes de Galilée et/ou télescopes avec uniquement des systèmes optiques,

5.et avec caméra sans traitement d'image,

6. Avec traitement d'images,

7. Etc.

 

Pas simple de se forger une réponse définitive.

 

Une paire de lunettes de correction est bien une assistante a une bonne vision, mais la plupart d'entre nous diront que c'est du visuel pur.

 

Une lunette ou un télescope purement optique et également considéré comme du visuel pur, malgré le fait que les dispositifs optiques améliore nettement noutrevision.

 

Le césure semble arriver avec le point 5 ... où beaucoup de personnes n'y reconnaissent plus du visuel pur.

 

Le problème suivant et de trouver un vocable qualificatif des différents moyens utilisés pour assister/améliorer ce que nous pouvons voir et comment ce réalise l'observation :

* en temps réel 

* légèrement différée (avec un traitement minimal de l'information)

*a posteriori (après traitement approfondi)

 

Dernier point.

Il faudrait que ce ou ces vocables soient unanimement reconnus et utilisés comme tel par la communauté.

 

 

 

 

 

Modifié par Effer
Posté

Voilà qui pose une belle pierre à l'édifice @22Ney44 ! J'adore ce débat constructif !

En considérant les nouvelles réponses de @joker0247 et @Effer il me vient quelque chose d'assez clair en tête.

 

Si je puis me permettre, revenons à un examen de ce qu'il nous reste à déterminer :

- Nous sommes tous d'accord pour dire qu'observer le ciel à l'oeil nu est du visuel pur. On peut prolonger une peu cette idée et dire qu'elle fonctionne même pour les porteurs de lunettes ou de lentilles, car leur vue n'est pas "assistée" par les dispositifs, mais corrigés.

- On pourrait dire qu'observer dans un instrument est encore du visuel, car c'est notre oeil qui sert de capteur "primaire" (comprendre transformation d'un signal lumineux en signal électrique). Du visuel amélioré, mais du visuel.

- En revanche après ça se complique, car la lumière est transformée une première fois en signal électrique, pour être retransmise en signal lumineux par un écran, puis récupérée par notre oeil.

- L'astrophotographie se distingue pour moi par le traitement qu'il y a derrière, et le fait que l'image ne soit pas quasi instantanée.

 

Voilà une petite poursuite de raisonnement :) 

Posté
il y a 19 minutes, joker0247 a dit :

dans ce cas il s'agit d'imagerie "classique" (il faudrait trouver un terme plus élégant)

 

il y a 5 minutes, Le jupitérien a dit :

L'astrophotographie

Ben voilà tout simplement ! Merci @Le jupitérien :) 

  • J'aime 1
Posté (modifié)
il y a 30 minutes, Le jupitérien a dit :

- L'astrophotographie se distingue pour moi par le traitement qu'il y a derrière, et le fait que l'image ne soit pas quasi instantanée. 

 

J’aime bien définir une activité par le but recherché.

 

Pour moi, l’astrophotographie se caractérise par le fait de produire une image. Et j’aurais même tendance à ajouter une image à visée esthétique parce que je n’irais pas appeller un utilisateur d’hubble « astrophotographe ».

 

Ou plutot, l’image doit être le produit final, et pas un sous produit ni une simple étape du processus.

 

Parce que par exemple, un photographe de presse reste un photographe même si l’image n’a pas de visée esthétique, mais l’image est bien son produit fini. Alors que le produit fini après réception des données d’hubble c’est l’analyse de ces données.

 

Et n’oubliez pas d’inclure dans votre réflection les dispositifs d’amplification de type vision nocturne.

Modifié par Caius
  • J'aime 1
Posté
il y a 28 minutes, Le jupitérien a dit :

En revanche après ça se complique, car la lumière est transformée une première fois en signal électrique, pour être retransmise en signal lumineux par un écran, puis récupérée par notre oeil.

Oui et non à la fois.

Si tu photographie une 🍎 au final elle ressortira exactement comme ça 🍎. Du coup le cheminement de la lumière est différent mais quand tu développe ta photo tu rends éternel un moment éphémère, celui du moment précis où tu appuie sur le déclencheur.

l’astrophoto c’est prendre des photos des astres avec une technique bien particulière, comme faire des portraits, du paysage, de la photo en pose longue , de la macro photo ……

 

Pour revenir au ¨visuel assisté‘ je doit avouer que j’ai bien du mal à débattre sur un sujet comme celui ci puisqu’il ne s’agit là que de petites nuances d’interprétation des mots. J’ai donc finis par demander une traduction à ChatGPT du terme visuel assisté en astronomie et voici la réponse qu’il m’a donné :

 

En astronomie, « visuel assisté » se traduit simplement en anglais par :

Electronically Assisted Astronomy (EAA)

Ou, de façon plus littérale :

assisted visual observing (« observation visuelle assistée »).

Cela désigne l'observation du ciel avec une aide électronique (caméra, logiciel, empilement d'images en temps réel) pour voir davantage de détails qu'à l'œil seul dans l'oculaire.

Posté
il y a une heure, Caius a dit :

 

J’aime bien définir une activité par le but recherché.

 

Pour moi, l’astrophotographie se caractérise par le fait de produire une image. Et j’aurais même tendance à ajouter une image à visée esthétique parce que je n’irais pas appeller un utilisateur d’hubble « astrophotographe ».

 

Ou plutot, l’image doit être le produit final, et pas un sous produit ni une simple étape du processus.

 

Parce que par exemple, un photographe de presse reste un photographe même si l’image n’a pas de visée esthétique, mais l’image est bien son produit fini. Alors que le produit fini après réception des données d’hubble c’est l’analyse de ces données.

 

Et n’oubliez pas d’inclure dans votre réflection les dispositifs d’amplification de type vision nocturne.

Je suis d'accord avec toi @Caiusqu'au-delà de la technique, qu'il ne faut évidemment pas négliger, il y a la finalité. On n'a pas du tout la même démarche, et on ne met pas les mêmes choses en œuvre (avant, pendant et après) en tant qu'astrophotographe qu'en tant que pratiquant du « visuel assisté ».

 

Ce n'est pas parce qu'on peut prendre des photos et des vidéos avec un smartphone qu'on est pour autant photographe ou caméraman/réalisateur. Le moyen technique ne définit ni la finalité ni le rôle de celui qui est derrière l'appareil.

 

Avec les smart telescopes, en revanche, la frontière entre le visuel assisté et l'astrophotographie devient ténue lorsque ces derniers intègrent, en plus du live stacking, des processus de traitement d'image qui, auparavant, étaient réalisés par l'astrophotographe.

 

Pour finir, il existe par exemple l'OVNI Night Vision, qui permet « d'augmenter » la vision sans aucun dispositif électronique. Selon les propositions de définition faites plus haut, cela resterait pourtant du visuel pur : ce sont toujours des photons qui arrivent sur la pupille de l'œil, même si leur nombre a été considérablement amplifié.

 

Et si on pousse le raisonnement un peu plus loin, qu'en serait-il si, dans quelques dizaines d'années, les aveugles et les malvoyants pouvaient retrouver la vue grâce à des yeux intégrant un capteur de type CMOS, qui enverrait directement l'image au nerf optique ? Serait-ce encore du visuel assisté ?

Posté
il y a 4 minutes, Axeldark a dit :

Et si on pousse le raisonnement un peu plus loin, qu'en serait-il si, dans quelques dizaines d'années, les aveugles et les malvoyants pouvaient retrouver la vue grâce à des yeux intégrant un capteur de type CMOS, qui enverrait directement l'image au nerf optique ? Serait-ce encore du visuel assisté ?

On resterais dans le visuel pur puisque qu’il s’agit là d’une correction de la vue 😅

Rejoignez la conversation !

Vous pouvez répondre maintenant et vous inscrire plus tard. Si vous avez un compte, connectez-vous pour poster avec votre compte.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

×
×
  • Créer...

Information importante

Nous avons placé des cookies sur votre appareil pour aider à améliorer ce site. Vous pouvez choisir d’ajuster vos paramètres de cookie, sinon nous supposerons que vous êtes d’accord pour continuer.