Toute l’activité
- Dernière heure
-
Si tu as suffisamment de budget et si la photo est prioritaire (devant l'observation visuelle), tu aurais intérêt à choisir un Quattro 150/600. C'est aussi un télescope de marque Sky-Watcher, mais optimisé pour la photo, en particulier il a un correcteur de coma intégré.
-
Comavect... logiciel de correction cosmetique de coma/tilt de vos astrophotos v1.2.0
pcsb a répondu à un sujet de kisscool33 dans Logiciels
Bravo et merci -
Quelques images rigolotes ou étranges... bis !
Le jupitérien a répondu à un sujet de RIGEL33 dans On fait une pause
Oui, mais c'est un reflet (qui correspond bien au soleil). La tienne est tout à fait normale, on voit les anneaux du soleil, c'est tout ! Plus sérieusement, c'est un câble électrique ? -
Quelques images rigolotes ou étranges... bis !
QSO a répondu à un sujet de RIGEL33 dans On fait une pause
Il y a bien un rond blanc avec des taches solaires! Et la mienne, pas d'idées? -
Mosaïque Voie Lactée (centrée NGC 6888) au Sigma Art 135 mm
nico1038 a répondu à un sujet de lionthom dans Astrophotographie
Elle est très belle, bravo. Je n'arrive pas du tout à distinguer les panneaux, ce qui prouve que leurs assemblage est bien réussi. Du coup, tu as utilisé PhotometricMosaic ou pas? -
Quelques images rigolotes ou étranges... bis !
Moot a répondu à un sujet de RIGEL33 dans On fait une pause
Gné ? (pas besoin de traduire, ceci est le plan d'une résidence) Un peu de complotisme, que diable ! Et d'ouverture d'esprit, merdre ! -
Quelques images rigolotes ou étranges... bis !
Le jupitérien a répondu à un sujet de RIGEL33 dans On fait une pause
Tiens, moi aussi j'ai une image étrange du soleil. Pour info vous pourrez chercher autant que vous voulez, vous ne verrez pas l'image directe... Edit : Mon télescope ne serait-il pas méchamment "décollimaté" ? -
Le titre est un peu exaspérant car il est désespérément vide! Pour te répondre, je pense que ce n'est pas un mauvais choix, mais avec peu de possibilités d'évolution. Prendre d'emblée une monture plus porteuse (e.g. HEQ5) te laisserait plus de latitude. Mais c'est près de 700€ de plus. Alors, pourquoi pas celle que tu as choisie, et que tu pourras revendre si vraiment tu accroches. Ceci dit, tu as déjà largement de quoi faire avec ça, et exploite la bien avant de changer. Je te recommande le bouquin de T. Legault: https://www.amazon.fr/Astrophotographie-4e-édition-Thierry-Legault/dp/2416006908/ref=sr_1_1?crid=2EK4CZV2R4HBL&dib=eyJ2IjoiMSJ9.2qedUrv9RJFVqIUrNPLr4d4TgxV1umim6h8hhJdav2khlqwMCbgqOgtadrgOe1ewRKQMb0jZrBVTZa9KodR91coT6LFKlPV8hrrDm1iPe6f2cx1L5U7g0NtIjSpqjAw5koEcNiNfuTaIbibG3QyUAO0yuT5FeXjLdeZjLV1JrEaxjf4EnlG_CBFazMa0kz2PmmejUwckLPBILNdxMGMang.uMzT8ueSyVo-3XnPsCSZ9EErEFNCqEurDAJxX2LjPMc&dib_tag=se&keywords=thierry+legault&qid=1790354222&sprefix=legault%2Caps%2C131&sr=8-1&ufe=app_do%3Aamzn1.fos.49fccda8-a887-4188-817b-b9a64bb30e43 C'est vraiment une bonne source. Ne prends pas une caméra trop chère pour les débuts, et apprends à maitriser SIRIL!
-
Quizz alternatif convivial: la résurrection
Le jupitérien a répondu à un sujet de chatbleu54 dans Quizz, Jeux, détente
La lune ? -
Soleil du 21 Septembre 2026 à l'Acuter Phoenix et suivants
rmor51 a répondu à un sujet de rmor51 dans Astrophotographie
-
Salut les astrams, J'ai placé à l'adresse suivante une version complète de ce texte, accompagnée par une petite centaine d'images, que je ne pouvais pas placer sur cette page de forum. https://millimagjournal.wordpress.com/eclipse-2026/ Je vous encourage à aller y jeter un oeil. En particulier, dans le bas de la page web, vous trouverez une image qui correspond à une sorte de "simulateur" d'éclipse espagnole à l'oeil nu, qui fonctionne plutôt pas mal en ce qui me concerne (j'ai l'impression d'y être encore en la regardant). Si vous avez vu l'éclipse outre-Pyrénées le 12 août, vous me direz ce que vous pensez de cette petite manip 😉 Votre avis m'intéresse. Christophe Concerto en hot majeur pour deux coffrés et une éclipse Il y a des pays rouges, et d'autres qui sont verts. Ou gris, ou orange. Prenons le cas d'un pays rouge, par exemple. Et bien, quand tu dis rouge, c'est rouge, il n'y a rien à faire. Il faut voir le tableau. Tu le croirais pas. On est très au-delà de la plaisanterie. Parce que tout est y véritablement rouge. Mais à un point. Le sable, la végétation, la vermine que tu ne parviens même plus à distinguer de l'inerte, ta bagnole grise qui a changé de teinte et qui poudroie désormais façon Vermilion Sands, les nuages, de la rouille jusqu'à l'intérieur de ton froc, et jusqu'au coeur de tes draps de lits défaits, les nuits de brasier, et ça recouvre même la porcelaine du trône sur lequel tu t'assieds à l'aube, sans que tu puisses raisonnablement concevoir d'où pareille engeance peut bien provenir. Et dans la confiture de ton petit déjeuner continental aussi, et jusqu'au plus profond de ta conscience égarée. Du sanguin jusque dans le caractère de la fille aux cheveux carmin qui encaisse ta monnaie, dont tu perçois l'humeur tueuse par-delà ce sourire de Barbie mal embouchée qui n'a pas que ça à faire, parce que tu ne calcules pas assez vite en reais, en pesos ou en dollars. Et des rednecks qui pullulent à droite à gauche. À côté de ça, tu as des contrées, à l'autre bout de l'échelle, qui ne se parent d'aucune couleur dominante, des contrées presque absentes, qu'on pourrait qualifier de transparentes, mais dont l'éloquence s'exprimerait peut-être ailleurs, dans d'autres répertoires. Du moins c'est à supposer, et à espérer : personne n'aimerait à se rendre volontairement dans un pays totalement effacé ou vide de sens. De mémoire je pourrais t'en citer deux ou trois, malgré tout, peut-être même plus en creusant un peu, mais ce n'est pas le propos, on s'égarerait, et puis on ne voudrait vexer personne. Enfin, dernière catégorie, tu as des contrées, plutôt rares, qui réussissent le tour de force de s'imposer à toi d'une manière beaucoup plus vibrante et subtile, en tapant dans plusieurs registres en même temps, de sorte que la chose soit à la fois des plus complexes à analyser, et des plus laborieuses à esquiver, parce que ça te prend directement aux tripes, et à l'âme, et que ça te pompe tout ce que tu as de fluide vital en réserve : mélanges nébuleux de teintes - au pluriel, et de fumets, et de textures : le jaune paille caillouteux d'un sol desséché, admettons, associé au bleu désespérément lavasse, âpre, poussiéreux et bouillonnant d'un ciel sans pitié, mal intentionné et malodorant, peuplé d'esprits ailés prêts à se saisir de ton existence malingre au moindre faux pas de ta part. Cette histoire de couleur, qu'on soit au singulier ou au pluriel, ça te revient à la figure comme un boomerang à chaque fois que tu prends la décision d'aller te faire mettre à l'Ombre. Pas anodin, en tout cas. À chaque fois, tu y as droit. C'est à la fois ce que tu encaisses dans les toutes premières heures de ton errance, dès que tu traverses une frontière, passé les premiers instants toujours un peu pénibles de l'arrivée à destination, la confrontation d'avec les préposés à la sécurité, la douane, something to declare ?, les adminitratifs de bas étage, les regards soupçonneux, les coups de tampons sur le passeport, la luminosité différente, les cris au dehors, les odeurs, déjà ... ce que tu encaisses, donc, et aussi ce qui te reste en mémoire sur le long terme, quand tu y repenses, des années plus tard. Ce n'est ni l'aspect des bijoux de famille, de la couronne, du diamant, ou du collier de perles, ni la qualité intrinsèque d'une nuit de deux minutes, sans sommeil, que tu revois en première intention, tout ça, ça part très vite, très très vite, n'étaient les photos que tu peux toujours ressortir de leur boite à chaussures pour te rafraîchir la mémoire à l'occasion, mais la couleur du pays : c'est ça qui perdure. A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, comme souligné jadis ; une sorte d'analogie. Mais ça resterait à démontrer, tout ça, bien sûr. Juste une théorie de plus, qui te circule entre les oreilles quand il fait trop chaud et que tu n'as rien d'autre à faire qu'à traînasser ; parce que depuis le temps que tu râpes tes bottes sur le bitume, on the road again, tu es toujours là à te lamenter, sans couleur qui t'appartienne en propre, tache irrésolue sur un fond de lavabo jamais récuré. Et encore. Alors, accréditer une théorie sur la puissance suggestive des couleurs ... dans d'autres pays, ben faudrait voir. Autre point de détail qui te turlupine ces dernières heures, dernière lubie, dernière théorie à la mode entendue en terrasse quand tu as fait un stop à Morón de Almazan quelques jours plus tôt, et dont tu ne parviens pas à te départir : à ce qu'il paraîtrait que la vie ne serait qu'un éternel recommencement. Éblouissante perspective. Tu l'as entendu dire là-bas. Tu ne causes pas castillan, d'accord, mais les types ont dérivé là-dessus pendant toute la soirée, sur fond de telenovelas, et de vidéos TikTok, alors forcément, au bout d'un moment tu as capté un minimum, tandis que tu avais le nez dans ton rioja, trois quatre bricoles, pas plus, les mots se ressemblent tellement, parfois, d'une langue à l'autre. Les intonations, les expressions des visages, le langage des mains. Ou du moins, tu as cru que tu avais capté quelque chose, et puis ton imagination aura suivi. Mais toi, tu n'y crois pas trop, à tout ça, en fait. À cette vaste blague selon laquelle la vie recommencerait encore et encore, toujours de la même manière. Tu écoutes, tu y repenses, mais t'y crois pas vraiment. Le genre métaphysique de garçon porcher imbibé à la Corona, à deux heures du matin, chez Miguel. Le milieu de la nuit, c'est l'heure où les garçons porchers deviennent causants, vu que le reste du temps, ces gars-là n'ont pas particulièrement le verbe. Faut bien qu'ils se lâchent à un moment ou à un autre, vu le sale boulot qu'ils se traînent, globalement. La mierda de cerdo, il faut bien que quelqu'un la ramasse. Sinon pas de lard dans tes haricots. Et pas de chorizo non plus dans ta poele. Merci les gars. Pour ce qui est des garçons porchers, et des types dans les abattoirs - c'est du pareil au même, justement, on s'y connait un peu, par ici ; ce ne sont pas les porcheries qui manquent. Enfin, pas exactement-exactement ici, vu qu'à vrai dire, dans le coin, on ferait plutôt dans le mouton. On est un peu trop haut dans la montagne pour le cochon. Mais c'est tout comme. Les porcheries, c'est juste là-bas en bas, à l'autre bout de la vallée, vers l'Ebre. Et je peux te dire que quand le vent vient de l'est, ce n'est pas précisément la fraise que ça sent. Le porc, c'est ludique et participatif, comme on dit. Le Miguel, soit dit en passant, il est malin : il s'est parfaitement intégré à l'économie locale quand il s'est installé. C'était mûrement réfléchi, l'emplacement de son bar à cuites, judicieusement installé au milieu de tout ça, entre le haut et le bas de la vallée, juge de paix ultime ; comme ça pas de jaloux, même si au début - c'est lui qui te raconte ça dans un français incertain, mâtiné de castillan dégradé et de catalan - c'était plutôt baston toutes les semaines. La guerre entre le porc et le mouton n'aura pas lieu. N'aura plus lieu. Le suin de brebis, à longueur de journées, de semaines et de mois, d'années, faut se le taper aussi. Un point de chaque côté. Donc, la vie qui ne serait qu'un éternel recommencement, t'y crois pas. Et pourtant, si tu prends le cas des mouches, par exemple, et bien tu remarques qu'il y en a toujours, toujours, là où ça se produit. Est-ce que ça en fait pour autant un éternel recommencement de la vie, les mouches ? Bonne question. Les mouches. Noires, bleues, vertes, marron, jaunes, avec des yeux globuleux à facettes qui t'observent de travers. Là-bas elle te sucent la moëlle, là elles te piquent le gras du bide, et ici elles te pompent la cervelle. Rien que leurs bzzz bzzz, jamais une minute de relâchement. Elles cherchent à se coller dans tes oreilles ou dans tes trous de nez. Partout, ça procède de la même perversion de la nature. Que tu sois tranquille à siester sur le zocalo, à El Tuito, Routa Federal 200, État de Jalico, en direction de Puerto Vallarta, une annulaire en vue sur le Pacifique, ou à buller à Mbembezi, sur la route de Bulawayo, Umguza Bar, après une totale d'enfer, mâtinée aux gospels, ou dans le désert, au Billabong Roadhouse, km 770, Highway 1, WA, dans l'attente de tu sais pas trop quoi au juste, encore une totale ? Mais une totale "à poissons", cette fois, au milieu des récifs coralliens ? Là-bas, sous l'eucalyptus d'en face, il y a deux stoppeuses qu'ont pas l'air mal du tout. Tu les prends ou tu les prends pas ? Et d'abord, comment elles sont arrivées là ? Et pourquoi leur chauffeur les a larguées ici, précisément, dans ce trou à rats perdu au milieu de rien ? Il n'y a qu'une route, nord-sud, au Billabong. Comment tu fais pour larguer deux filles en apparence sublimes en plein désert ? Va savoir. Tu te poses trop de questions. La route ça rend dingue. Et les mouches encore plus. Ou à Nafria de Ucero, altitude 1050m, Castilla y León, entre porcs et moutons. La distance au point d'origine ne fait rien à l'affaire. Seule l'arrivée compte. Comment es-tu arrivé-là, d'ailleurs ? Encore une bonne question. Le hasard de la route. Tu as dérivé de 500 km vers l'ouest en quatre jours. Rien de prévu à l'avance, le ciel seul en a décidé ainsi. Ou alors ? Alors quoi ? La quête de l'Ombre parfaite ? La folle théorie du moindre nuage, divisé par l'altitude de la bagatelle à la minute du maximum, en fonction du sinus de l'angle de l'azimut, versus le thermomètre, donné en Fahrenheit, à moins que ce ne soit divisé par le coefficient de Kellner à la puissance 3 ? Le sais-tu toi-même ? Quatre ou cinq maisons, admettons une vingtaine. Pas totalement touristique, la destination, tu en conviens. Cinq mille, dix mille moutons ? Quoi d'autre ? Qui d'autre que toi face à l'Ombre ? Mais pourtant, tu y es en ce moment même, à Nafria, c'est une certitude, et il faut assumer. Minuit au clocher du village, ou peu s'en faut. Quatre mille têtes de brebis vampires aux yeux rouges massées autour de ta monture, à la fraîche, justement, pendant que tu tentes d'aligner sur la polaire, c'est quelque chose, point de vue émotions, j'aime autant te dire. Mais au moins, à cette heure-là, les mouches sont-elles allées se faire mettre au pieu. La terre qui tremble sous leurs griffes d'ovins sans sommeil, et leur bêlements terrifiques de bêtes assoiffées, aux yeux qui ont déjà entrevu l'au-delà, et les sonnailles, les milliers de sonnailles qui te démontent les tympans. Sans compter la poussière que ça soulève, et le tapis de crottes que ça laisse. Ça défile pendant un nombre interminable de minutes. À tout moment la monture peut valser, et toi avec, et tu te ferais piétiner sans discernement sur un coup de panique de leur part, ou sur une fêlure de ton cerveau démantibulé. Et tu ne serais dès lors plus qu'une ligne dans le quotidien local, tandis que ta monture prendrait l'air et la poussière, ad vitam aeternam, les jambes en l'air, à s'enterrer progressivement sous les couches de sédiments. Un gringo acabó aplastado bajo una oveja de 16 000 patas; y eso que le habían dicho que no olvidara llevar un diente de ajo. Des bêtes qui passent, comme ça, sans berger ni chiens pour les contraindre, comme autant d'automates, ça pause question. En parlant de questions ... La situation présente pourrait presque se résumer à une ou deux problématiques bien senties : quand le prochain tourbillon de poussière va-t-il se produire encore, et surtout, quand le type va-t-il enfin se décider à bouger ? Non pas qu'il s'agisse-là d'interrogations fondamentales, au bout desquelles l'avenir de l'univers pourrait être remis en question, mais il faut bien passer le temps. Alors depuis le point du jour, tu as décidé de compter les tourbillons de poussière. Le vingt-et-unième, pour l'heure. Une idée comme une autre. Et de surveiller le type d'en face. Tu as remarqué que les bourrasques se produisaient toutes les dix à quinze minutes, et que ça pouvait t'aider à conserver une vague idée du temps qui passe, du style quatre ou cinq par heure, quarante ou cinquante par jour, dès fois que tu basculerais dans une autre dimension temporelle, faite d'immobilité et d'ennui. Et à avoir comme une sensation légère de fraîcheur, aussi, par moment. Il y a d'abord comme une sorte de vent du sud qui siffle entre les roues de la mécanique, qui pousse une sorte de chuintement sinistre qui va crescendo, qui vient pourtant à s'atténuer en de rares moments. Oui, un hululement, ce serait presque ça : un hululement. Un hululement qui, pour autant, viendrait à s'annuler totalement pendant de brefs instants, juste avant qu'une turbulence presque déchirante, un coup de taloche collé dans le paysage, ne survienne d'un coup, précédée de – peut-être – trois ou quatre claquements de porte lointains, quelque part à cent ou deux mètres de là, en arrière, dans la bergerie abandonnée, à moins que ce ne soit dans la ferme isolée, localisée là-bas, à l'autre bout du plateau caillouteux. Tu ne sais pas où ça se passe, pour en avoir le coeur net, il faudrait peut-être te lever, dresser une oreille et écouter plus attentivement, mais tu t'y refuses, tout est si lourd, si coûteux, il fait si chaud, si hot, et puis ça soulèverait peut-être des masses de mouches supplémentaires assez malvenues. Une turbulence qui soulève la poussière, donc, toutes les dix à quinze minutes, en une sorte de tornade d'une dizaine de mètres de haut, qui traverse le plateau du sud au nord. Enfin, poussière, poussière ; tu te dis que c'est de la poussière qui est soulevée, pour te rassurer, mais si ça se trouve, ce n'est pas de la poussière, mais plutôt des particules de crottes de moutons morts-vivants, va savoir. L'ensemble pouvant se dérouler sur une minute de temps tout au plus, avant que la situation ne s'inverse, avec un appaisement soudain du courroux atmosphérique, suivi du retour du chuintement sinistre dans la mécanique juste derrière. Vooouhhhhh, vooooouhhhhh, voooooouhhhhh ; ça fait vouhhhhhhhhh, dans le moindre interstice à l'intérieur duquel l'air peut se faufiler : entre les roues de ta caisse, dans les portières mal fermées, jusque dans les soupapes de ton camion. Vooooooouhhhhhhhhhhhh. Un hululement. Dix à quinze minutes entre chaque tornade, c'est une estimation, car tu n'as pas chronométré. Pour ça, il faudrait que tu lèves ton poignet gauche vers ta face de coffré suant, et que tu regardes ta montre, ou ton portable, ce qui te demanderait un effort, si petit fût-il, et qui plus est : tu t'en fous. Non, pas le portable : aucune connection. Trop de somnolence pour que ça ait véritablement de l'importance. La calima, il parait. Vent du Sahara. Le fait est que lorsque le vortex survient, une nette amélioration de ta situation se produit pour un court laps de temps, et ça te suffit. Là réside le principal, sinon l'unique attrait de la chose, qui justifie que tu essayes à minima d'anticiper la prochaine survenue du dust-devil. Les mouches se barrent, et le miaulement permanent qui te perce la cervelle te lâche la grappe pour quelques dizaines de secondes. Motivation, motivation. Tiens, si, après tout. Peut-être que ton portable te donnerait l'heure quand même, sans connection. Faudrait voir. Tu n'es plus certain de rien, depuis que tu es là. Ta vie décalée dans un ailleurs impalpable. Même pas TikTok pour te perdre dans l'insondable nullité du monde contemporain. La voix qui t'accompagne depuis une semaine également. La voix de Sentenza se casse pour quelques minutes. Il m'a donné mille dollars, et sais-tu pourquoi ? Tu le sais, n'est-ce pas ? Tu dérailles, mon pauvre gars. Le type est donc arrivé un peu avant l'aube, dans une berline noire plutôt racée. Ou une sportive ; tu n'y connais pas grand chose en bagnoles. Peut-être que c'est une Porsche. L'heure blafarde d'avant le début de l'attaque des dyptères, en tout cas : plus totalement opaque, la nuit, pas encore présente, la lumière du jour. Il t'a réveillé avec des phares arrogants qu'il a planté direct dans ta tronche de vampirisé aux black sheeps. Une bagnole noire assez tape-à-l'oeil, tout à fait incongrue dans ce désert de chaleur. C'est à peine si, un peu plus tard, tu lui as accordé plus d'un clignement d'oeil au travers de la vitre teintée, tandis qu'il manoeuvrait pour se coller juste devant ta position, avant de retourner à ta non occupation du moment – le demi sommeil. Pensant à un type de passage, venu achever sa nuit avant d'aller au taff, ou régurgiter sa corona dans les buissons, comme il pourrait tant y en avoir sur une route passante du même genre, dans une région de passage, tu as laissé tombé, et n'a pas investigué plus avant le paradoxe. Car la région ne l'est pas du tout : passante. Et la route encore moins. Qui plus est, la bagnole ne colle pas avec la clientèle porcine ou moutonnière de fin de nuit des habitués de chez Miguel. Plus de deux cent mètres de côté, la zone de caillasses dégagée, soit quarante mille mètres carrés, au minimum – combien en centimètres carrés ? –, mais le type est là, désormais, comme collé à tes basques, planté à seulement 15 mètres de tes relents de sueur et d'angoisses, à se laisser butiner par les mêmes mouches que toi, si ça se trouve, avec des insectes qui font l'aller-retour d'une bagnole à l'autre. Tu étais seul au milieu de ce rien du tout depuis la veille au soir, coincé au fond de ton apathie anhydre, et ça n'était pas plus mal, finalement. Avant la venue de l'autre. L'avant-veille tu avais aussi passé la fin d'après-midi ici, et la soirée, et c'est à peine si tu avais pu dénombrer le passage d'une fourgonnette de matériel agricole en quelques heures, et de deux voitures, dont celle blanche et verte du Sargento Sentenza, de la police rurale, avec lequel tu avais discuté un moment, un grand type un peu osseux, entre deux âges, buriné, avec une moustache du genre cynique, la stéréotypisation, c'est quelque chose, quand ça te prend comme ça, la stéréotypisation. Un individu que tu avais catalogué d'entrée de jeu comme antipathique, et possiblement dangereux, malgré un sourire de circonstance comme figé, appendu à sa moustache. Vêtu d'un trois-quart marron un peu crasseux et puant, malgré la chaleur ambiante, avec une chemise réglementaire mouillée d'auréoles de sueur, et affublé d'un chapeau noir élimé qui passe à peine sous l'encadrement de la portière lorsqu'il regagne sa voiture, et des intonations péremptoires, soulignées par un majeur droit amputé de sa dernière phalange, qu'il n'hésite pas à te coller sous le nez à chaque instant, oui on peut se garer là pour la nuit mais pas camper, amigo, pas sortir de siège, ni quoi que ce soit d'autre, sin fuego amigo, comme si faire du feu pouvait être une option dans les parages, tu te dis, comme si ça pouvait partir d'un coup, un feu, comme ça, l'incendie, jaillir de ton briquet pour dévaster le pays tout entier, alors que, entendons-nous bien, il n'y a que de la caillasse jaunâtre et crottée à perte de vue, en tout cas pas le moindre brin d'herbe à fumer à des kilomètres, ou quoi que ce soit du même genre. Même chez Miguel. Oui, le lendemain on pourra aussi y être, no problemo. Mais l'ennui, c'est que moi, je finis toujours le travail pour lequel on me paye, tu le sais, n'est-ce pas ? Sentenza. Sentenza. La voix de Sentenza dans ta tête depuis des jours, et des semaines, depuis que tu sais que tu auras ce rendez-vous inéluctable, ici même, avec l'Ombre. Et dans la bagnole du sergent aussi, maintenant, la voix. Et si ce n'était encore que ça, la voix de Sentenza, mais il y a aussi son affreuse bobine de déterré qui ne te quitte pas non plus. Sentenza. Mais maintenant, tu n'es plus seul face au sergent. Il y a ce type dans cette bagnole noire et sportive, qui est là, positionné en face, qui te surveille et te nargue et qui, tout comme toi, circonstance aggravante, est allongé à l'ombre de sa tire, comme prostré au fond de son coffre largement ouvert, également accablé de chaleur ; qui a enlevé ses grosses bottes à éperons de porcher ou de moutonneux, et les a balancées en dehors du véhicule, et dont tu ne vois rien d'autre que les pieds qui dépassent de la vitre, des pieds dédaigneux, avec des chaussettes blanches, que dans ton dérangement de l'instant présent, tu te prends à espérer propres, surtout, rapport aux mouches que ça ne manquerait pas d'attirer en sus, le cas échéant. Quand va-t-il se décider à bouger, ce type ? Depuis l'aube. Sans bouger, tout comme toi. Que veut-il, au juste ? Que te veut-il ? Toi et lui. Lui et toi. Depuis longtemps, tu aurais dû aller le voir, faire le premier pas, comme ça, sans arme, aller discuter le bout de gras, ou du moins essayer, en guise d'appaisement, mains levées au-dessus de ta tête. Mais maintenant, c'est trop tard. Vous êtes liquéfiés tous les deux et c'est une lutte sans merci qui s'est engagée. Le premier qui bouge un orteil se trahit et perd la partie ? C'est ça le deal ? Le premier qui dégaine descend l'autre ? C'est ça le marché ? Le premier qui sort un trépied est foutu ? Mais dans ce cas, ta monture, plantée au centre de l'arène depuis la veille. Au demeurant, que peut-il discerner de toi et de ta vie, le type aux chaussettes blanches caparaçonné dans l'obscurité toute relative de sa bagnole noire ? Distingue-il tes propres chaussettes noires qui dépassent du coffre ouvert de ton camion blanc ? Que peut-il savoir de tes buts et menées, de tes attentes profondes ? Sait-il pourquoi tu es là, à attendre cette sorte de fin del mundo pour touriste désoeuvré ? À te désecher là, plutôt qu'à t'humecter le fond du gosier chez Miguel – à supposer que le bar fût ouvert à cette heure-ci, ce qui est loin d'être prouvé ? Toi en noir et blanc, lui en blanc et noir, antithèse de toi-même ? Vos existences. Ton existence limitée à la couleur de tes chaussettes, limitée au sans couleurs de ton véhicule, existence qui ne serait elle-même qu'une manière d'abyme, ou un éternel recommencement sans but avéré ? Parce que, résister à l'adversité tant mal que bien, dans l'attente de pouvoir t'afficher in fine en lumineux vainqueur d'une Ombre à venir peut-il être sérieusement considéré comme un but dans la vie ? La chaleur t'accable et fausse ton jugement, il semblerait bien. La vie ne serait-elle finalement qu'un éternel recommencement ? Après tout ? Le noir de tes chaussettes peut-il seulement être envisagé comme une couleur, alors même que d'aucuns affirment sans hésitation que le noir ne résulterait que d'une absence de couleur. Absence. Absence ... Ce serait bien ton lot. Et le blanc, dans tout ça ? S'amuse-t-il, le conducteur de la berline noire, tout comme toi, à dénombrer les vortex de poussière à l'occasion ? À gober les mouches à temps perdu ? Ce serait trop simple. On ne se méfie jamais assez d'un type dans une berline noire, quoi qu'il en soit. Un type qui a des chaussettes. Midi. 35 degrés à l'ombre de ton coffre blanc. Et pas un nuage. La température qui monte inexorablement aide à tout prendre en mode suspense mou. Rien depuis l'aube, depuis l'intrusion de ce tas de ferraille noir dans ton paysage. Et puis soudain, sans crier gare, en cinq minutes, deux nouvelles bagnoles. News ! La police locale a fermé El Mirador, le belvédère à touristes situé dans le Parc Naturel d'à côté. À peut-être vingt ou trente kilomètres de là, c'était un point de visibilité tout naturel, localisé en altitude, où tous les gens du Pays, les moutonneux comme les porchers, comptaient se rendre au moment voulu. Rien d'extraordinaire : une grosse montagne en face, aucun horizon véritable, mais néanmoins, un point d'observation crédible pour beaucoup, avec peut-être une centaine d'emplacements sur une passerelle métallique, plantée au bord du vide, instable et tremblante au moindre déplacement de chairs – sinon branlante, dans la broussaille, sans possibilité d'allonger les jambes d'un trépied, avec des flics nerveux tout autour, qui balancent des prunes pour un oui, pour un non, pour une chaussure en dehors du chemin, pour une cale ou deux placées sous les roues d'un camping-car, ou dix minutes de stationnement en dehors de l'heure légale, en fin de journée. À dix heures, le Sergent Sentenza a décidé de bouter les touristes hors du mirador et de renvoyer tous les nouveaux venus ici, à Nafria, un terre plein granuleux et encrassé, posé au centre de la Castille, sur le trajet de l'Ombre. La raison pour laquelle te voici désormais transformé en agence de renseignement annexe pour la police rurale : oui, c'est bien ici, non, il n'y a aucune autre aire observable sérieuse à 40 bornes à la ronde, j'ai fait le tour hier, oui, ce sera parfaitement visible de là, entre ces deux ridicules petits buissons qu'on voit là-bas, tu esquisses un geste un peu las et transpirant en direction de la végétation rabougrie en question, oui on peut passer la soirée ici, tu répètes ce que le sergent Sentenza t'a martelé la veille ou l'avant veille, oui, une vidéo au smartphone, ça le fait facile, non, le capteur ne risque rien, oui, un millième de seconde ou un cent-vingt-cinquième avec ton appareil automatique, t'inquiète, ça marchera tout aussi bien, non, c'est pas trop dangereux la nuit, sauf si tu tombes sur un troupeau de brebis mortes-vivantes, non on ne sait pas qui est le type dans la grosse bagnole noire, ni ce qu'il veut, oui c'est inquiétant, je sais bien, mais c'est comme ça. Le tout, avec force gestuelle et mimiques, car tu ne causes pas un mot de spanish, à peine si tu sais ce que signifient olé et sangria, et ton anglais est plus pitoyable encore que le leur. Il y a pourtant comme un air de gratitude dans leurs regards, à la fin de la conversation, leurs sourires et leurs remerciements, leurs doigts croisés, la quasi larme que tu aperçois au coin de son oeil à elle, qu'elle ne peut s'empêcher d'écraser d'un doigt qu'elle espère discret, sont sincères et chaleureux. Tu leur a apporté l'espoir d'assister à l'instant crucial, celui-là même que le Sergent Sentenza leur a volé en leur refusant l'accès au mirador une heure plus tôt. Ce n'est pas grand chose, mais c'est beaucoup pour ce jeune couple tout tatoué, et de rose vêtu, et pour cette mère de famille presque désespérée d'avoir traversé le pays du sud au nord pour rien, au volant du vieux break rouillé. Pas loin de mille bornes. La région est montagneuse et boisée, austère, les routes peu nombreuses et peu sûres, et pleine de moutons, avec de relents de cochons, et la plupart des points d'accès à la nature défendus par une Guardia Civile armée jusqu'aux dents, qui n'hésiterait pas à faire feu sur le moindre desperado aperçu, s'il le fallait, bottes à éperons ou pas. Sans compter les bandoleros et les types des abattoirs. À moins de refaire une centaine de kilomètres dans l'autre sens, au travers du pays des garçons porchers, et puis, de là-bas, reitérer la quête illusoire d'un parking bien situé, avec vue, le tout en quelques heures à peine, sans compter d'éventuels nuages qui pourraient toujours revenir histoire de te le mettre bien profond, si d'aventure. Nul espoir dans ce pays de couleurs et de textures, autant que d'odeurs déplaisantes, où le moindre chemin de traverse est désormais interdit d'accès. Tandis que tu soumettais péniblement ton castillan à l'épreuve du feu, le type dans la bagnole noire n'a pas bronché. À peine s'il a modifié la position de ses pieds. Le gauche par-dessus le droit, désormais – des fourmis dans les orteils. Immatriculé en Espagne, il aurait pu venir à ton aide, lui qui connaît très probablement la langue. Quatorze heures. 41 degrés à l'ombre, sans aucune ombre au tableau. Depuis quelques minutes, profitant d'un appaisement certain des conditions atmosphériques, ou d'une aggravation, pour selon, une bande de vautours - sont-ce bien des vautours, et sont-ils vivants ? - survole la scène en quête de possibles bonnes affaires à réaliser. Sept-cent-vingt-huitième tourbillon de poussière au compteur. Le vent a molli, les dust-devils se font moins fréquents, à mesure que la touffeur se fait plus écrasante. Il te vient à l'esprit que la poussière elle-même pourrait en être venue à répugner à l'idée même de se soulever. Poussière, poussière, avez-vous donc une âme ? Autre questionnement d'importance : penser à rationner l'eau ; tu te l'étais déjà dis la veille, mais cette fois-ci, l'affaire devient sérieuse, et tu n'y couperas pas. Rhâaaaahahahaha ! Héhéhéhéhéhé. Blondin, Blondin. Tu continues ton bain de Soleil. Tu as soif, Blondin ? Héhéhéhéhéhé ! Tu veux de l'eau ? Ben vas-y, bois, Blondin ... Rhâaaaahahahahahahahaha ! Les voix s'entremèlent dans ce qui te sert de tête. Celle de Sentenza, et puis celle de Tuco, désormais. Relire le Quichotte, dans la traduction de Damas Hinard, édition d'époque, en deux tomes de cinq cent pages, caractères 8, interligne 0.1. Quoi d'autre ? Même tourner les pages t'est pénible. “O princesse Dulcinée, dame souveraine de ce coeur captif ! Daignez, daignez, ô ma dame ! Daignez, daignez ...” A ces sottises, il en ajoutait d'autres de même genre, toutes à la manière de celles que ses livres lui avaient apprises, imitant de son mieux leur langage. Et cependant il cheminait si lentement, et le soleil montait si vite et avait tant de force, que cela aurait suffi pour lui fondre la cervelle, s'il en eût conservé quelque peu. Dix-sept heures. 39 degrés. Il t'apparaît que, dans son infinie mansuétude, le Soleil a finalement consenti à infléchir sa trajectoire, en cette fin d'après-midi, pour tendre vers un horizon certes encore un peu hypothétique, mais néanmoins plausible. Te vient alors l'idée de bouger quelque peu, de te débarrasser, s'il est possible, de ce voile d'accablement qui t'encroûte, peu importe les vues du type aux chaussettes blanches, après tout, toujours claustré dans son fardier, chacun sa vie. Il peut bien faire ce qu'il veut, qu'est-ce que ça peut bien te faire ? Étendre les jambes, et surtout – surtout – envoyer ces foutues mouches se faire voir ailleurs. Il faudra bien, de toute façon, sortir ta quincaillerie et l'installer avant le rendez-vous contracté, sauf à constater que tu auras encore fait toute cette route pour rien. L'alignement des planètes, tout ça. Vaste foutaise. Des amis à visiter. Un couple de Grecs dont tu as fais la connaissance il y a quelques jours, dont il t'a semblé apercevoir le van miroiter de nouveau, depuis un moment, à l'autre bout du plateau, du côté de la ferme inhabitée. Ils seront arrivés à la faveur de l'abaissement tout relatif de la température. Ils auront mis en station un clone du fameux ETX de jadis, un vieux tromblon un peu poudreux, sur une monture de fortune dont la motorisation vient de crier grâce, une optique simple mais qui a amplement démontré son efficacité au fil des décennies. L'image tremble un peu, mais elle est fantastique de netteté. À ton retour, c'est l'effarement. En quelques minutes, l'esplanade s'est emplie de façon inconcevable. Plusieurs dizaines de bagnoles. C'est à peine si tu peux encore te frayer un passage jusqu'au trépied que tu as installé, qui est sensé marquer le centre des hostilités, les quelques acres de caillasses crottées dont tu t'es arrogé la propriété il y a deux jours, où tu te prosterneras peut-être, comme tous les autres, si l'Ombre condescent réellement à se donner en spectacle dans quelques dizaines de minutes, ainsi qu'elle a promis aux Ibériques, depuis des millénaires, de le faire. 19h34 et 32 secondes. C'est l'heure. La ronde des longs manteaux a commencé. La frénésie accélère. La voix du dénommé Tuco, Benedictio, Pacifico, Juan, Maria, Ramírez fait une nouvelle apparition, supplantant celle de Sentenza, qui joue les matadors là-bas, sans doute, dans son mirador, en accablant les foules. Blondin ... Blondin ... Écoute, Blondin ... Des marchands du temple. Une foule bigarrée de tous âges et de toutes complexions, des baby-relax, des ballons de foot, des fauteuils de camping, des plaids comme à la plage, une armée de trépieds - frêles - supportants jumelles et smartphones, des appareils photos achetés pour le mariage de tante Stella, quelques téléobjectifs – peu nombreux, des perches à selfies, des smartphones en pagaille, des smartphones, un ou deux petits réfracteur chinois, partout des lunettes éclipses sur des visages benoîts ou hilares, des perches à selfies et des smartphones, pourquoi pas des boules de pétanque en plastique, et des parasols, des glacières, avec de la corona bien fraîche, l'apéro et les rires, des cris de joie et des plaisanteries dans une demi douzaine de langues au moins. C'est un fait, la bagnole noire est vide, présentement. Un rapide coup d'oeil vers la droite t'a permis de t'en assurer. L'homme aux chaussettes blanches, dégagé de sa torpeur depuis quelques minutes, se sera extirpé de son tombereau et levé, imposant sa formidable stature à l'assemblée. En l'espace d'un instant, la nuée de badauds aura quitté le secteur, comprenant sans doute qu'il était de son intérêt de ne pas s'attarder au-devant du champ de tir, au moment où le duel allait s'engager. L'arène est à vous, maintenant. À lui, à toi, au sergent Sentenza, à Tuco, et à l'Ombre. Pendant une seconde, vous vous êtes toisés du regard ; vous vous êtes jaugés pour la première fois d'une oeillade inquiète – autant qu'il est possible en pareilles circonstances ; avec avidité, un rictus aux lèvres, un sourire peut-être. Puis vous avez fourbi vos armes. Que le meilleur descende l'autre. Tandis que tu écouvillonnais ton apo de 90 mm, à f5, et l'approvisionnais, un 650D introduit dans sa lumière, prêt à bouter le feu à la charge, un objo de 55 disposé en appoint à main gauche, l'homme dégainait un canon scié d'au moins 600 mm de focale sur 6D, qu'il installait sur un trépied carbone à très large assise, disposé sur le capot de son tas de ferraille ; gonflée, la solution, mais efficace, stabilité assurée. Le duel allait être serré. Très serré. Dans la plaine en contrebas, loin vers l'Occident, d'instant en instant, le paysage s'est comme obscurci, réveillant de vieux démons tout étonnés, provoquant de facétieux esprits par-ici, titillant des spectres endormis de longue date, dans des nécropoles abandonnées depuis longtemps. Depuis Sad Hill, le cimetière aux cinq mille tombes, situé à quelques kilomètres de là, en direction de l'ouest, dans ton 283, l'azimut exact depuis lequel surgira l'Ombre, une mélopée se fait entendre, un concerto pour trompettes et cordes, El triello, au milieu des croix disposées en cercles autour de l'esplanade centrale, ténue d'abord, puis lourde de sens et sévère ensuite. Le Morricone au plus haut de son art. Et puis les applaudissements des centaines de spectateurs installés là-bas, qui t'arrivent par vagues discrètes, qui ont un peu d'avance sur toi. Le ciel n'est pas bon, à dire vrai. Pas bon du tout. Depuis des semaines, l'Espagne et la Navarre sont la proie des flammes, qui s'envolent au firmament, en fumée, par dizaines de milliers d'hectares à la fois, bouchant les espaces aériens, ajoutant au dramatique de la situation. La frange horizontale est crasseuse, vaguement blanche, peut-être un peu roussâtre, quand bien même l'altitude locale dépasserait le kilomètre. Pourtant, des ombres bougent depuis quelques minutes, c'est indéniable. Des fantômes s'agitent. Le peuple des mouches est sidéré, qui cesse de bouffer l'assistance. Les pieds aux chaussettes blanches se crispent, les bottes aux éperons dansent la gigue, et les mains de Tuco tremblent, prêtes à se crisper sur la gachette du flingue. Le Sergent Sentenza, a quitté sa bagnole, et son mirador, et sa montagne, pour entrer dans l'arène et honorer le rendez-vous. 20h28 et 16 secondes. Une minute avant le bonbon. Dans le ciel, le solitaire, énorme, brille d'un éclat rouge orangé inusité, à seulement une hauteur de corde de pendu au-dessus de l'horizon, tandis qu'une chevelure couleur d'or tend à apparaître sur un fond de ciel bleu sombre un peu hésitant, presque verdâtre. La foule est aux aguêts, le souffle suspendu. Soudain, un tumulte enthousiaste monte des environs, où cent à cent cinquante voix - moins qu'à Sad Hill, et des applaudissements, et des vivas, et des coups de sifflets, s'ajoutant à celles des âmes damnées, viennent clamer l'approbation générale. SETnC. SETnC. SETnC. Le soft sensé contrôler tes caméras a foiré d'entrée de jeu. Tu avais deux vieux APN bien dociles à contrôler, seulement deux, l'un derrière la lunette, l'autre en mode paysage, plan large, sur un trépied indépendant, était-ce si compliqué que cela à concevoir ? Avec deux scripts différents. Pas la mer à boire, et pourtant. D'autant qu'ici, la mer … Tu avais testé l'opération plus d'une douzaine de fois, avant le voyage, en mode répétition, en mode temps réel, et ça avait toujours fonctionné. La config t'avais obéi au doigt et à l'oeil. Un PC, une config, c'est fait pour ça, non ? Obéir ? Et pourtant là, dans l'instant réel, sous l'Ombre : la malédiction. L'ordinateur qui refuse de reconnaître ton second boitier, et puis les deux, même après reset. Quelques mots sévères en apparté, deux-trois coups de fouet balancés en mode hacker au PC récalcitrant, histoire de bien te faire comprendre, et malgré tout, la bête qui finit par se rallumer, acquiescer et repartir à l'assaut du ciel. Avec une seule caméra. Pas deux. L'enflure. Le duel qui part en sucette avant même d'avoir commencé. Tu as bien perdu une douzaine d'images de la partielle, dans l'escarmouche. Ton script qui démarre avec 45 minutes de retard. Mais après tout, sous l'Ombre, la partielle, ce n'est pas véritablement ce qu'on regarde, non ? Tous ces gens, là, devant, derrière ... Ils ne sont pas venus pour mater une partielle. Tu te répètes ça en boucle, moitié pour te remonter, moitié pour aller de l'avant, parce que l'erreur ne t'est plus permise désormais. Il te reste la mitrailleuse de 90, à 450 mm, plus de trois cent images attendues en quatre minutes, et la gachette manuelle au 55. Ça va passer. Tant pis pour le spectacle. Il faut que ça passe. Il en va de ta vie et de ta santé mentale. La piste de poussière, terminus le Pays Jaune et Bleu, n'autorise aucune autre conclusion. SETnC. SETnC. SETnC. C'est toi ? Sentenza ? C'est bien toi ? Sentenza ? SETnC ? C'est toi ? SETnC ? Sentenza ? La voix nasillarde et péremptoire est revenue. Celle du sergent. Tu penses à elle, et elle revient. La voix. C'est comme ça. Qu'est-ce qu'il faut y faire ? Ah j'oubliais, il m'a donné 1 000 dollars, et sais-tu pourquoi ? Pour que je te tue... Mais l'ennui c'est que moi, je finis toujours le travail pour lequel on me paie, tu le sais n'est-ce pas ? Hahaha ! 20h 29 et 20 secondes. Le dernier diamant s'est éteint, ne reste plus maintenant que cet énorme Oeil terrifiant dans le ciel - la foule est terrifiée, dont les paupières orangées ondulent au son du concerto pour trompettes. C'est noir et c'est rouge, et c'est orange, bleu et vert, monstrueux et injecté de protubérances roses fantastiques et terrifiantes, dont l'une, bubon phénoménal, te semble prête à crever, en bas à gauche, et à infecter la foule de ses humeurs méphitiques, la horde des observateurs avalée par le drame, qui s'est tue en une seconde, après l'arrivée de l'Oeil, et demeure prostrée, maintenant, dans l'attente de la suite. Et il y a ce gigantesque voile sombre qui traverse le ciel du nord au sud, passant lentement de la droite vers la gauche, qui participe sans nul doute de la tétanie de l'attroupement. Derrière toi, un enfant qui braillait à tue-tête, jusqu'à maintenant, que l'éclipse n'avait pas réussi à interpeller, était-ce l'heure de son biberon, il braillait, la démarche encore mal assurée, était-il tombé dans les caillloux, il braillait, braillait et braillait sans fin. Espérait-il le réconfort de sa mère après un sommeil trop court, dérangé qu'il avait été par la survenue de la soudaine et immense clameur ? Un enfant qui pleurait s'était tu brusquement, sans autre avertissement, le regard finalement happé par le Trou dans le ciel, qui accaparait toutes les attentions sur l'esplanade. L'Oeil noir. Les cris des vautours au zénith, et l'Oeil démesuré, et scrutateur, qui était maintenant au-dessus de la tombe d'Arch Stanton, et regardait le duel. Le monde se divise en deux catégories, dit-il : ceux qui ne se sont chargés que d'une paire de lunettes éclipses, et ceux qui creusent leur tombe avec la technologie. Toi tu creuses. Et puis le rideau funeste dans le ciel trépasse. Deux ou trois coups de feu. Ou des pétards. Des applaudissements. L'Oeil cligne une dernière fois des paupières, et le jour revient en un instant, tandis que la foule en délire ovationne. Lentement, la minute d'après la fin du combat, tu te vois fendre l'attroupement compact, qui se congratule, qui rit aux larmes, et commente bruyamment, une canette à la main. L'homme aux chaussettes blanches est à deux pas, maintenant, encore deux pas. Bientôt vous vous serrez la main, et vous vous tapez dans le dos, comme si vous aviez fait vos Humanités ensemble et ne vous étiez pas quittés de trente ans. Ses images de la partielle sont étonnantes de netteté, celles du diamant et de la totalité, surtout, sont tout simplement stupéfiantes de contraste, avec un piqué absolument ahurissant, et une limpidité que tu n'aurais pas pensé concevable, en dépit de l'évident mauvais esprit de collaboration dont a fait preuve l'atmosphère dans les minutes précédentes. Si tu ne les avais pas là, sous les yeux, offertes à ta concupiscence exacerbée, ces images, tu ne pourrais tout simplement pas croire en leur véracité. Tellement plus fortes que les tiennes, avec un niveau de détails dans les protubérances, sans commune mesure avec aucune photographie d'éclipse que tu as pu contempler ces dernières années. 600 mm. Il t'a bien eu, en vérité. Il a bracketé en semi manuel comme un fou pendant une centaine de secondes, mais il t'as bel et bien descendu la tronche. C'est toi qui git au centre de l'arène, comme cloué sous la mitraille. Ton apo de 90 n'a pas tenu la route face au canon scié de l'homme, voilà tout. Son tromblon était meilleur que le tien. The winner takes it all, tu t'entends lui dire – vieux relents de pop désuets ressortis pour l'occasion, ton répertoire d'anglais un peu restreint. Crucifié, tu as tourné les talons, quand le type te rattrape. Hey, amigo … ¿ Me enseñas tus imágenes ? Hey, mon pote, j'ai pas de motorisation. J'ai shooté au 1/100ième au maximum, j'ai presque rien vu de l'éclipse. Tu me fais voir tes photos ? Frénétiquement, vous visionnez d'abord une vidéo obtenue au smartphone ; l'Ombre est là, ainsi que la tenture dans le ciel. Puis tu manipules des boutons, tu tournes compulsivement des molettes, et vous découvrez les images, que tu avais fait défiler un peu négligeamment juste après la totalité, sans les détailler vraiment, sous la prunelle étonnée et émue du conducteur de la voiture noire, qui ne peut s'empêcher de tonitruer, de vociférer, et de s'extasier à l'apparition de chaque nouvelle vignette, comme tu l'avais fait l'instant d'avant, en découvrant les siennes sur le petit écran flatteur de son 6D. À dire vrai, tes images ne sont pas vraiment excellentes, ni mauvaises, mais elles se dissolvent dans votre corona, et font votre nuit. Les éclipses n'existent réellement que dans la tête des grands enfants qui y croient, et qui sont assez fous pour aller les visiter, là-bas, tout au bout de la route, mouches ou pas. Comme dans les films des frères Coen, toute ressemblance avec des personnes ou des événements existants, ou ayant existés, serait purement fortuite.
-
Soleil du 21 Septembre 2026 à l'Acuter Phoenix et suivants
rmor51 a répondu à un sujet de rmor51 dans Astrophotographie
-
Mosaïque Voie Lactée (centrée NGC 6888) au Sigma Art 135 mm
toumreg83 a répondu à un sujet de lionthom dans Astrophotographie
C'est magnifique bravo 👏 Et oui la V2 est encore mieux ! -
Sensibilité selon les personnes aux disques noirs (vignettage ? , kidney bean ?)
cmltb612 a répondu à un sujet de Ainef75 dans Matériel général
Rollala ... Ah oui, alors. Un bon vieux vinyle d'époque. Après, ça dépend ce que c'est bien sûr. -
Bonsoir les ami(e)s J'espère que vous allez bien . Je suis heureux Franck que tu vas mieux ,comme tu le dis encore quelques jours de rétablissement et ça sera presque fini . Merci pour superbe video ! Super nette et bien contrastée . Merci aussi Le Jupiterien pour les infos très intéressantes et ses remarques sur la qualité de la video et la détection des yeux rouges que je n'avais pas vu ........ Merci aussi à Lune cendrée pour son intervention concernant la video . Sans oublier joker 247 fascinants bravo Charles Bonne soirée à toutes et à tous amicalement Charles .
- Aujourd’hui
-
bonjour a tous j aimerais votre avis sur ce télescope pour débuter dans l'astrophotographie Télescope N 150/750 PDS Explorer BD EQ5 Pro SynScan GoTo merci pour vos retour
-
Un Perl JMP 115/900 à restaurer
HasBeen a répondu à un sujet de Manu Fonfon dans Restauration de matériels anciens de L'astronomie vintage !
Sacré boulot à venir ! C'est "inhumain" de l'avoir laissé dans cet état, comme ça, à l'abandon. J'avais un 115/900 Nikko Stirling acheté en 1971 que j'ai gardé 45 ans (!) et il m'a pas mal servi sous divers horizons et supports. Aussi, je m'en "occupais" très souvent, toujours opérationnel. Amélioré pour correspondre aux sujets de mes observations : motorisations 2 axes -secteur lisse avec rattrapage avec "manette filaire" pour l'une et ancien moteur de barbecue reconverti pour l'autre, accessoires, peintures au gré des époques, colonne dans abri de jardin reconverti, etc...) et surtout réglages et entretien régulier...comme un grand. Tout ça pour un 115/900 ? Y'en a t'il des comme moi ? Quelques exemples en images. Bon courage pour cette restauration à son état d'origine. HasBeen😄 -
Mosaïque Voie Lactée (centrée NGC 6888) au Sigma Art 135 mm
lionthom a répondu à un sujet de lionthom dans Astrophotographie
Merci. Ah oui, je ne savais pas pour StarX, case non cochée. Ceci doit expliquer pourquoi je trouve toujours mes étoiles un peu ternes après StarX... Du coup une V2 avec des étoiles + piquantes -
Si c'est bien aujourd'hui, 41 ans !!!! 😊 Un grand merci !
-
Voici une nouvelle image réalisée le 23 septembre 2026 avec mon CPC925 et une caméra Altaïr GPCAM3 462M équipée d'un filtre Astronomik pro planet BP642. Les dômes de Marius constituent une vaste région volcanique située à l'ouest du cratère Marius (41 km de diamètre), dans l'immense plaine sombre de l'océan des Tempêtes (Oceanus Procellarum). Cette région regroupe la plus grande concentration de dômes volcaniques lunaires, avec plus de 300 formations répertoriées. Notez la présence d'une belle rainure également, il s'agit de Rima Marius. https://planetes-au-telescope.blogspot.com/2026/09/le-grand-champ-de-domes-volcaniques.html
-
- 1
-
-
bonjour c'est pas ce jour ?? bon anniverssaire je l'utilise depuis le début. toujours plein d'infos c'est mon logiciel météo. merci pour les nouveautées ALAIN
-
J'ai posé la même question sur l'autre forum, mais Philippe ne peut pas apporter d'autres infos, dommage.
-
soleil A quoi ressemble le Soleil en ce moment
SBRCoach a répondu à un sujet de Newton dans L'actualité du ciel
Soleil Picard du VENDREDI 25 Septembre 2026 - Images souvenirs - HA & CaK - - Ha ==> Heliostar 76 + Asi 585mm - Calcium ==> Evostar 80EDX + Asi 183mm + Antlia Cak 5 Encore une superbe journée estivale - Pas un nuage de la journée 29° * Acquisitions de ce matin ==> CLIQUEZ les images pour une meilleure résolution -
Un flip flat pour 4 sous Nouvelle version / Nouvelle gen!
ghelle a répondu à un sujet de astrolivier dans Les bricoleurs
@astrolivier Merci! J'avais raté le lien sur le code... 😁 ça marche avec INDI? je suis sur un Raspberry PI5 avec Kstars/Ekos Guillaume -
Un flip flat pour 4 sous Nouvelle version / Nouvelle gen!
astrolivier a répondu à un sujet de astrolivier dans Les bricoleurs
@ghelle Bonjour, quand tu parles de code source, tu parles de quoi? Moi je veux bien tout donner, mais je l'ai déjà fait lol!! je n'ai que le code ino fournit au début. donc il va falloir être un peu plus clair
-
Actualités
-
-
Constellia
-
Mes clubs
-
L'astronomie vintage !
Club ouvert · 343 membres
-
Ben astropixels
Club fermé · 19 membres
-
Siril et Sirilic
Club ouvert · 394 membres
-
L'impression 3D en astronomie
Club ouvert · 481 membres
-
Linux et astronomie
Club ouvert · 390 membres
-
